LOGINLa femme qu'il a détruite Le jour où sa sœur est retrouvée morte, le puissant homme d'affaires Noah Dumas accuse sa femme, Jade, d'être responsable du drame. Sans enquête, sans preuve, il la chasse de sa maison et demande le divorce. Quelques semaines plus tard, Jade découvre qu'elle est enceinte. Brisée, elle disparaît. Sept ans plus tard, Noah tombe sur une fillette qui possède exactement son regard. La vérité éclate : Jade a élevé seule leur fille pendant toutes ces années. Mais ce n'est pas le pire. L'enquête sur la mort de sa sœur est rouverte, révélant que la véritable coupable est la femme que Noah a protégée et aimée comme une sœur. Alors que Noah tente désespérément de reconquérir sa famille, Jade est poursuivie par les fantômes du passé et par un secret capable de détruire l'empire Dumas.
View MoreCHAPITRE 1
Noah
Je suis l'héritier Dumas.
Ce nom fait trembler les marchés, plier les conseils d'administration, rêver les femmes et pâlir mes concurrents. J'ai trente-deux ans, une fortune qui dépasse l'entendement, des immeubles dans douze capitales, un jet privé qui m'attend en permanence sur le tarmac de l'aéroport international, et une réputation d'homme de glace que personne n'ose contester. On m'appelle le loup des affaires. On murmure que je n'ai jamais perdu un combat. On dit vrai. Je n'ai jamais perdu parce que je ne recule jamais, parce que je ne doute jamais, parce que je ne laisse personne s'approcher assez près pour me blesser.
Sauf elle.
Jade.
Je la regarde dormir et le monde s'arrête. La respiration suspendue, le corps immobile, j'observe la courbe de ses cils sur ses joues, la façon dont ses lèvres s'entrouvrent légèrement, le mouvement lent et régulier de sa poitrine sous le drap de soie ivoire. La lune perce à travers les rideaux de la chambre, dessinant des ombres argentées sur sa peau. Elle est belle. Pas de cette beauté criarde et vulgaire que l'on voit dans les magazines. Une beauté douce, grave, mystérieuse, qui ne se dévoile qu'à ceux qui savent regarder.
Ses cheveux bruns sont déployés sur l'oreiller comme une vague d'encre, épais, soyeux, légèrement ondulés par le sommeil. Sa main repose sur le drap, paume ouverte, doigts légèrement repliés, confiante. Elle porte encore à l'annulaire le diamant que je lui ai offert pour notre premier anniversaire, une pierre taillée en forme d'étoile, sertie dans du platine. Elle ne l'enlève jamais. Elle dit qu'il lui rappelle la première fois que je l'ai regardée vraiment, une nuit d'été, sur une terrasse qui surplombait la mer, quand elle n'était encore qu'une inconnue dans une robe rouge.
Je me souviens de cette nuit. Je me souviens de tout. La musique qui montait du jardin, le parfum des roses et du sel, la lumière des lanternes sur ses épaules nues. Elle riait avec une amie, elle ne m'avait pas vu. Je suis resté figé, mon verre à la main, incapable de détourner les yeux. Quelque chose en elle m'avait frappé en pleine poitrine, une évidence que je ne m'expliquais pas, une certitude qui s'était imposée sans prévenir. Elle. C'était elle. Je ne savais pas son nom, je ne savais rien d'elle, mais je savais déjà qu'elle serait ma femme.
Aujourd'hui, trois ans plus tard, elle est allongée dans notre lit, dans notre maison, dans notre vie. Madame Dumas. La femme la plus enviée du pays, dit-on. Celle qui a dompté le loup, celle qui a fait fondre la glace, celle qui a obtenu ce que personne n'avait jamais obtenu. Les journaux ont fait leurs gros titres. Les mères envieuses ont fait leurs commentaires. Peu m'importe. Elle est à moi. Elle est mon seul trésor véritable, le seul luxe qui ne s'achète pas, la seule victoire qui compte vraiment.
Je m'allonge près d'elle, avec des gestes lents pour ne pas la réveiller. Mon bras entoure sa taille, ma joue effleure ses cheveux. Son odeur me submerge. Un mélange de vanille et de fleur d'oranger, léger, intime, addictif. Je ferme les yeux. Demain, j'annulerai ma réunion. Je resterai ici, avec elle, toute la matinée. Nous prendrons le petit-déjeuner au lit, nous marcherons dans le parc, nous parlerons de tout et de rien. Elle sourira. Elle a un sourire qui transforme la lumière, qui adoucit les angles de ma vie, qui me fait croire que je suis meilleur que ce que je suis.
Je ne suis pas meilleur. Je suis un homme dur, froid, calculateur. J'ai écrasé des concurrents sans pitié. J'ai brisé des carrières, ruiné des familles, gagné des guerres que personne n'osait mener. Je ne regrette rien. Les affaires sont les affaires. Mais avec elle, je suis différent. Avec elle, je ne suis plus le loup, plus le PDG, plus l'héritier. Je suis juste Noah. Un homme qui aime une femme, avec la dévotion maladroite et absolue de ceux qui n'ont jamais appris à aimer.
Elle bouge dans son sommeil. Un murmure indistinct, un froncement de sourcils. Elle rêve. De quoi ? De nous, j'espère. De notre avenir. Des enfants que nous aurons peut-être un jour. Elle n'en parle pas encore, mais je sais qu'elle y pense. Je le vois à la façon dont elle regarde les petits dans la rue, à la tendresse dans ses yeux quand elle croise une poussette. Moi, je n'y pensais pas avant elle. Maintenant, j'y pense. Un enfant aux yeux gris, aux cheveux bruns, un mélange d'elle et moi. Un héritier Dumas qui ne serait pas seulement riche et puissant, mais aimé.
Je lui donnerai tout. Je lui offrirai le monde. Elle ne manquera jamais de rien. Ni d'amour, ni de sécurité, ni de liberté. Je la protégerai de tout. Même de moi.
Je dépose un baiser sur sa tempe, à peine effleuré, un souffle plus qu'un geste. Elle ne se réveille pas. Elle sourit dans son sommeil.
Je ne sais pas que dans quelques jours, tout s'effondrera.
Je ne sais pas que ma sœur va mourir.
Je ne sais pas que la femme que j'aime sera accusée de ce meurtre.
Je ne sais pas que je la chasserai de chez moi, de ma vie, de mon cœur, sans une preuve, sans une chance, sans un regard en arrière.
Je ne sais pas que je vais la détruire.
Je ne sais pas que je passerai sept ans à chercher son fantôme.
Je ne sais rien.
Pour l'instant, je suis un homme heureux, allongé près de sa femme endormie, dans la chaleur d'une nuit d'été, et le monde est encore parfait.
Le monde est encore entier.
CHAPITRE 46NoahJe suis dans ce palace pour affaires. Une réunion avec des investisseurs étrangers, un déjeuner avec un associé, une conférence en début d'après-midi. Rien d'exceptionnel, rien qui sorte de l'ordinaire d'un PDG de mon rang. J'ai l'habitude de ces journées millimétrées, de ces enchaînements de rendez-vous qui ne laissent aucune place à l'imprévu. Je les traverse avec l'efficacité mécanique d'un homme qui a depuis longtemps cessé d'attendre quoi que ce soit de la vie.Je descends dans le hall pour rejoindre mon associé qui m'attend devant l'entrée. Mes pas résonnent sur le marbre blanc veiné de gris, ponctués par le cliquetis discret de mes talons. Mes pensées sont ailleurs, déjà tournées vers la prochaine réunion, le prochain dossier, la pro
CHAPITRE 45LilyL'hôtel est immense. J'ai jamais rien vu d'aussi grand de toute ma vie. Les murs sont en marbre brillant comme des miroirs, avec des veines dorées qui courent partout comme des rivières magiques. Le plafond est si haut qu'on dirait le ciel, avec des peintures magnifiques et des lustres en cristal qui scintillent comme des milliers d'étoiles. Il y a des gens partout, des messieurs en costume noir qui marchent vite, des dames en robe longue qui glissent sans faire de bruit sur les tapis épais, des bagagistes qui poussent des chariots chargés de valises. Tout brille, tout est beau, tout sent le parfum et les fleurs fraîches.Maman est partie travailler dans une salle de réunion au bout du couloir. Elle m'a embrassée sur le front avant de partir, elle m'a dit d'être sage, de ne pas bouger, de l'attendre tranquillement dans le hall avec la baby-sitter. Elle
CHAPITRE 44JadeLe téléphone sonne sur mon bureau, un vieux modèle à clapet que je n'ai jamais remplacé, et je décroche machinalement sans vérifier le numéro. C'est une erreur. J'aurais dû vérifier. J'aurais dû me méfier. Mais après sept ans de tranquillité, on baisse la garde. On oublie que le danger existe, qu'il rode, qu'il attend son heure. On se croit en sécurité, et c'est là qu'on est le plus vulnérable.La voix à l'autre bout du fil est suave, professionnelle, parfaitement huilée. Un certain monsieur Delcourt, organisateur d'événements pour le compte d'une fondation caritative. Il a entendu parler de mon agence, de mon sérieux, de ma discrétion. Il souhaite me confier la décoration florale et l'organisation logistique d'un gala de charit&eacut
CHAPITRE 43ArianaSept ans de patience. Sept ans à me rendre indispensable, à tisser ma toile, à creuser ma place dans cet empire que je considère comme mien. Sept ans à attendre que Noah oublie, qu'il tourne la page, qu'il pose enfin les yeux sur moi. J'ai été patiente. J'ai été sage. J'ai été parfaite. La perfection faite femme, la douceur incarnée, le dévouement absolu. Voilà ce qu'ils voient tous. Voilà ce qu'il voit, lui.Mais ce soir, ma patience a touché ses limites. Ce dîner était une nouvelle tentative, une nouvelle main tendue, une nouvelle occasion de lui faire comprendre que je suis là, que je l'aime, que je l'attends. Et il m'a encore repoussée. Poliment, avec ménagement, avec respect. Mais il m'a repoussée. Comme il le fait depuis sept ans.Je suis












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