LOGINChapitre 50CaydenJe l'écoute. Sans me défendre. Sans l'interrompre.Chaque mot est une lame. Chaque reproche est mérité.— Tu ne sais pas ce que c'est, dit-elle. D'élever un enfant seule. De te demander chaque jour si tu vas y arriver. De pleurer en silence pour qu'il ne te voie pas.Je baisse les yeux.— Tu ne sais pas ce que c'est d'expliquer à ton fils que son père n'est pas là. Qu'il ne viendra pas. Qu'il ne sait même pas qu'il existe.— Mélina...— Non. Laisse-moi finir.Je me tais.— Tu veux savoir pourquoi je ne t'ai jamais cherché ? Après l'hôpital ?— Oui.— Parce que j'ai compris que je n'avais aucune chance. Ta famille était plus forte. Ils m'ont menacée. Ils m'ont dit que si je revenais, ils s'en prendraient à moi. À mon enfant.
Chapitre 49MélinaJe le regarde. Il est là. Sur les marches. Il attend.Je devrais le laisser dehors. Je devrais ne plus jamais lui ouvrir. Mais quelque chose en moi refuse de le laisser partir.Je rouvre la porte. Il relève la tête. Ses yeux s'éclairent. Une lueur d'espoir. Ça me fait mal.— Entre, je dis.Il se lève. Il me suit. Il s'assoit sur le canapé. Je reste debout.— Tu veux boire quelque chose ? je demande.Ma voix est froide. Distante. Je ne veux pas qu'il voie à quel point sa présence me bouleverse.— Non. Merci.Je m'assois en face de lui. Je croise les bras.— Parle.— Mélina, je...— Non. Écoute-moi d'abord.Il se tait.— Tu te souviens de l'hôpital ? je demande.— Pas vraiment. J'ai des fragments.— Moi, je m
Chapitre 48CaydenElle est là. Devant moi. Après sept ans.Mais ce n'est plus la même femme.Mélina se tient droite. Les bras croisés. Le regard dur. Elle ne tremble pas. Elle ne pleure pas. Elle ne se jette pas dans mes bras.Elle me fixe. Froide. Distante. Méconnaissable.Je cherche la jeune femme qui courait vers moi. Celle qui riait. Celle qui m'aimait.Elle n'est plus là.— Mélina, je dis.Ma voix tremble. Je ne veux pas qu'elle tremble. Mais elle tremble.— Qu'est-ce que tu veux, Cayden ?Son ton est glacial. Chaque mot est une lame.— Je veux te parler.— De quoi ?— De nous. De toi. De notre fils.— Il n'y a plus de nous.— Mélina...— Ne prononce pas mon prénom comme ça.— Comme quoi ?— Comme si tu avais le droit.Je me tais. Elle a raison. Je n'ai pas le droit.— Pourquoi tu es venu ? demande-t-elle.— Parce que je sais. Pour l'enfant. Pour tout.— Et alors ?— Je veux réparer.Elle rit. Un rire sec. Amer.— Réparer ? Tu veux réparer sept ans de silence ?— Je ne savais pas
Chapitre 47MélinaJe vis ici depuis sept ans. Une petite maison près de la plage. Des voisins discrets. Une vie simple. Paisible.J'ai appris à ne plus attendre Cayden. À ne plus espérer son retour. À ne plus scruter les voitures qui passent, les silhouettes qui s'approchent.J'ai appris à vivre sans lui.Mais ce matin, quelque chose est différent.Je prépare le petit-déjeuner pour Célian. Il dessine à table. Il me parle de l'école. Je l'écoute à moitié. Mon esprit est ailleurs. Je ne sais pas pourquoi.Je m'approche de la fenêtre. Je regarde la rue. Les maisons. Les arbres. La mer au loin.Et puis je la vois.Une voiture luxueuse. Noire. Immatriculée dans une autre région. Elle s'arrête près de chez moi.Mon cœur se serre. Une étrange inquiétude m'envahit.Je ne connais personne avec une voiture comme ça. Personne dans cette ville.Je recule. Je me cache derrière le rideau. Je regarde.Un homme descend. Grand. Élégant. Il porte un costume sombre. Il regarde la maison. Longuement.Je
Chapitre 46CaydenJe pars immédiatement. Pas de bagages. Pas de préparatifs. Juste l'adresse qu'Adrian m'a donnée. Une petite ville sur la côte.Je conduis. Les kilomètres défilent. Mais les souvenirs aussi.Mélina dans mes bras. Mélina riant. Mélina me regardant avec amour.Puis les autres souvenirs. Ceux qui font mal.Mélina pleurant. Mélina suppliant. Mélina à l'hôpital.Je serre le volant. Mes jointures blanchissent.Je l'imagine. Seule. Humiliée. Chassée par ma famille. Elle a essayé de me voir. Encore et encore. Et on l'a rejetée.Combien de fois a-t-elle pleuré ? Combien de nuits a-t-elle passées seule, sans personne pour la consoler ?Sept années. Sept années sans moi. Sans mon soutien. Sans mon amour.Je pense à sa grossesse. Seule. Les nausées. La fatigue. Les rendez-vous médicaux. Les échographies. Tout ça sans moi.Je pense à la naissance. Seule. La douleur. La peur. La joie. Tout ça sans moi.Je pense aux premiers mots de mon fils. Ses premiers pas. Ses premières nuits.
Chapitre 45CaydenJe ne pense plus qu'à une chose. Les retrouver. Mélina. Mon fils. Les retrouver.Cette pensée m'obsède. Elle me réveille la nuit. Elle me poursuit le jour. Elle ne me laisse aucun répit.Je sais que je n'ai pas le droit d'exiger leur pardon. J'ai abandonné Mélina. Sans le savoir. Sans le vouloir. Mais je l'ai abandonnée.Je sais aussi que sept années ne peuvent pas être effacées par quelques excuses. Sept années de solitude. Sept années de peur. Sept années sans père pour mon fils.Rien ne peut effacer ça. Ni les mots. Ni l'argent. Ni les promesses.Pourtant, je refuse de rester éloigné d'eux.Je veux entendre Mélina me raconter tout ce qu'elle a vécu. Sa grossesse seule. La naissance. Les nuits sans sommeil. Les inquiétudes. Les joies. Les peines.Je veux rencontrer mon fils. Le voir. Lui parler. Le toucher. Découvrir l'enfant qu'il est devenu. L'enfant que j'aurais dû accompagner depuis sa naissance.Je m'assois. Je fixe la photo. Celle que m'a envoyée Adrian. Un g







