เข้าสู่ระบบUne main se referma brusquement sur le bras de Joys. — Lâchez-moi ! Elle se débattit aussitôt, cherchant à se dégager. Mais dans le noir, elle ne distinguait presque rien. Elle entendait seulement des pas, des souffles courts et le bruit de plusieurs personnes qui bougeaient autour d’elle. — Joys ! Cette voix, elle la reconnut immédiatement. Jason. Elle tourna la tête dans sa direction. Il avançait vers elle, mais plusieurs silhouettes s’interposèrent. — Jason ! Un homme surgit devant lui et le frappa violemment. Jason chancela avant de tomber à genoux. — NON ! Le cri de Joys résonna dans la pièce. Elle voulut courir jusqu’à lui, mais l’homme derrière elle resserra sa prise. — Ne bouge pas. Joys sentit son cœur s'emballer. Elle avait du mal à respirer. Puis, soudain, une petite lumière de secours s’alluma. La pièce apparut faiblement sous cette lumière blafarde. Pendant quelques secondes, personne ne bougea. Joys balaya la pièce du regard. Charles se tenait près
23 h 17. La voiture de Jason roulait depuis plusieurs minutes dans les rues presque désertes. Les lampadaires défilaient sur le pare-brise, projetant des ombres rapides dans l'habitacle. Joys, assise à côté de lui, regardait dehors sans dire un mot. L'ancien domaine Wilson se trouvait à une trentaine de minutes de la ville. Jason n'y avait plus remis les pieds depuis la mort de son père. Cette immense propriété était abandonnée depuis plusieurs années. Personne n'y vivait plus. Du moins, officiellement. Jason jeta un bref regard à Joys. — Tu peux encore me demander de faire demi-tour. Elle tourna la tête vers lui. — Non. — Tu n'as pas peur ? Un sourire triste apparut sur ses lèvres. — J'ai passé ma vie à avoir peur. Sa main glissa instinctivement jusqu'à son ventre. — Maintenant, j'ai une raison de me battre. Jason resta silencieux quelques secondes. Puis il tendit la main et attrapa la sienne. — Alors nous nous battrons ensemble. Joys serra doucement ses doigts.
Le monde de Joys venait de basculer. Elle regardait sa mère sans réussir à assimiler ses paroles. Un Wilson. Ce simple nom suffisait à lui donner le vertige. — Un… Wilson ? Sa voix n'était presque qu'un murmure. Sarah pleurait toujours. Elle hocha doucement la tête. — Oui. Joys recula. — Non. Elle secoua la tête avec insistance. — Non, maman. Tu dois te tromper. Sarah essuya une larme du bout des doigts. — J'aimerais tellement me tromper. — Alors dis-moi que tu as menti. Sarah ferma les yeux. Sa poitrine se soulevait difficilement. — Je t'ai déjà menti pendant vingt ans. Joys porta une main contre son cœur. Elle avait l'impression qu'on lui avait retiré l'air de la pièce. — Qui est mon père ? Sarah ne répondit pas. — Qui ? Cette fois, la voix de Joys se brisa. Mais Sarah resta silencieuse. Jason n'avait pas bougé. Il observait la femme sur le lit avec une expression impossible à déchiffrer. — Vous avez dit un Wilson. Sarah hocha lentement la tête. — Oui.
Victoria était toujours immobile. Elle fixait Sergio, incapable de détourner les yeux. Sa dernière phrase tournait en boucle dans sa tête. Le père de Joys n'est pas son vrai père. Elle secoua lentement la tête. — Tu mens. Sergio se retourna avec un calme presque agaçant. — J'aurais aimé. Victoria sentit un frisson lui remonter le long du dos. — Alors qui est son père ? Un sourire discret étira les lèvres de Sergio. — C'est justement la question que Jason devra poser à Sarah. Victoria resta silencieuse. Elle connaissait déjà Sarah. Une femme malade, affaiblie, qui n'avait plus beaucoup de forces. Pourtant, à cet instant, Victoria comprit qu'elle pouvait détenir une information capable de bouleverser toute leur vie. — Pourquoi Joys ? demanda-t-elle. Sergio s'approcha. — Parce qu'elle possède quelque chose que je cherche depuis vingt ans. Victoria fronça les sourcils. — Quoi ? — Une preuve. — Quelle preuve ? Sergio s'arrêta devant elle. Son regard était devenu séri
La dernière phrase de Sarah resta dans l’air. — C’est ton père. Jason ne réagit pas tout de suite. Il resta debout près du lit, le regard fixé sur Sarah, comme s’il attendait qu’elle retire ses mots. À côté de lui, Joys avait cessé de respirer normalement. Son cœur battait si fort qu’elle en avait presque mal à la poitrine. — Mon père… quoi ? demanda finalement Jason. Sa voix était basse, mais tendue. Sarah détourna les yeux. — Il y a vingt ans, ton père a détruit la vie de Sergio. Jason secoua lentement la tête. — Mon père est mort depuis six ans. S’il y avait vraiment un problème entre eux, pourquoi personne ne m’en a parlé ? Un sourire triste passa sur les lèvres de Sarah. — Parce que les familles riches savent mieux que personne comment enterrer leurs secrets. Joys s’approcha du lit. Elle n'en pouvait plus de ces demi-vérités. — Maman, arrête de parler comme ça. Dis-moi clairement ce qui s’est passé. J’ai passé toute ma vie à croire que mon père était mort. Sarah
Joys resta pétrifiée. L'homme qui se tenait devant elle n'avait rien d'un médecin. Son costume sombre était parfaitement ajusté, ses chaussures impeccables et son visage fermé ne laissaient rien paraître. Surtout, il n'avait pas le regard de quelqu'un venu s'occuper d'un patient. Il était venu pour elle. Daniel se plaça aussitôt devant sa sœur. — Sortez d'ici. L'homme eut un léger sourire. — Tu dois être Daniel. Le visage du jeune homme se crispa. — Comment connaissez-vous mon prénom ? L'inconnu ne prit même pas la peine de répondre. Son regard resta fixé sur Joys. — Tu as toujours été aussi courageuse ? Joys serra les poings. — Qui êtes-vous ? — Quelqu'un qui connaît très bien ton histoire. Elle sentit une boule se former dans sa gorge. — Je ne vous connais pas. — C'est justement le problème. Il fit un pas en avant. Daniel recula avec Joys. — Ne vous approchez pas. L'homme s'immobilisa. — Je ne suis pas venu vous faire du mal. — Alors qu'est-ce que vous faite







