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chapitre 1

last update Tanggal publikasi: 2026-08-22 06:38:05

Le réveil sonna à six heures précises.

Joys ouvrit les yeux, mais resta quelques instants sans bouger. Elle fixa le plafond de sa petite chambre, encore plongée dans la pénombre.

Elle n’avait pas envie de se lever.

Son corps réclamait quelques minutes de sommeil supplémentaires. Pourtant, elle savait qu’elle ne pouvait pas se le permettre.

Elle repoussa sa couverture et s’assit au bord du lit.

Une nouvelle journée commençait.

Après avoir enfilé une robe simple, elle attacha rapidement ses cheveux en queue-de-cheval. Avant de quitter la pièce, elle s’arrêta devant le petit miroir accroché au mur.

Ses traits étaient tirés. Des cernes marquaient le dessous de ses yeux.

Elle avait mauvaise mine.

Joys soupira, puis força un sourire.

— Ça va aller.

Elle prononçait ces mots chaque matin.

Même les jours où elle n’y croyait plus vraiment.

Dans la cuisine, Daniel était déjà installé devant une tasse de thé. Lorsqu’il entendit ses pas, il leva la tête.

— Tu es réveillée ?

— Oui.

Joys s’approcha de lui et posa une tranche de pain dans son assiette.

— Mange.

Daniel regarda le pain, puis sa sœur.

— Et toi ?

— Je mangerai plus tard.

Le garçon fronça les sourcils.

— Tu dis toujours ça.

Joys lui donna une petite tape affectueuse sur l’épaule.

— Arrête de t’inquiéter pour moi.

Daniel soupira.

Il savait qu’elle mentait.

Depuis plusieurs semaines, Joys sautait régulièrement des repas pour économiser quelques livres. Elle faisait semblant que tout allait bien, mais Daniel voyait bien ses joues creusées et sa fatigue.

Il ne voulait simplement pas ajouter ses propres inquiétudes aux siennes.

Après quelques secondes, il demanda :

— Tu vas vraiment à cet entretien aujourd’hui ?

Le visage de Joys s’éclaira légèrement.

— Oui.

Elle sortit son téléphone de sa poche et vérifia une dernière fois l’adresse.

— Une famille cherche une femme de ménage à temps plein.

— Et ça paie bien ?

Joys hésita.

— Très bien.

Elle n’avait pas envie de lui dire le montant exact avant d’avoir obtenu le poste. Elle avait peur de se réjouir trop tôt.

Si elle était engagée, elle pourrait enfin acheter les médicaments de leur mère sans avoir à calculer chaque pièce.

Daniel lui prit doucement la main.

— J’espère que tu l’auras.

Joys lui adressa un sourire sincère.

— Moi aussi.

Elle se pencha pour embrasser son front avant de prendre son sac.

— Je dois y aller.

Alors qu’elle atteignait la porte, Daniel l’appela.

— Joys ?

Elle se retourna.

— Oui ?

Il hésita avant de parler.

— N’abandonne pas tes études pour toujours.

Le sourire de Joys s’effaça un peu.

Cette phrase lui faisait plus mal qu’il ne pouvait l’imaginer.

— Je n’abandonne rien.

Elle lui sourit une dernière fois.

Mais au fond d’elle, elle savait que ce n’était pas tout à fait vrai.

Elle avait simplement mis ses rêves de côté.

Pour le moment.

---

À neuf heures moins dix, Joys se retrouva devant une propriété immense.

Elle resta immobile quelques secondes.

Son regard remonta lentement jusqu’au sommet du portail noir, qui semblait presque aussi haut qu’un immeuble.

Derrière les grilles, un immense manoir se dressait au milieu d’un jardin parfaitement entretenu.

Tout respirait le luxe.

Joys baissa les yeux vers son téléphone et vérifia l’adresse.

Elle était bien au bon endroit.

— C’est impossible…

Elle avait presque envie de faire demi-tour.

Elle avait l’impression de s’être trompée de maison.

Au moment où elle s’approcha du portail, un homme vêtu d’un costume sombre apparut.

— Vous êtes ?

Joys redressa les épaules.

— Joys Carter. Je viens pour l’entretien concernant le poste de femme de ménage.

L’homme consulta la liste qu’il tenait entre ses mains.

— Vous avez cinq minutes d’avance.

Joys se sentit soudain embarrassée.

— Désolée.

Il releva les yeux vers elle.

— Pourquoi êtes-vous désolée ?

Elle ouvrit la bouche, puis la referma.

— Je… Je ne sais pas.

Un léger sourire apparut sur le visage de l’homme.

— Entrez.

Le portail s’ouvrit lentement.

Joys inspira profondément avant de franchir l’entrée.

Elle ignorait encore qu’elle venait de mettre les pieds dans un monde totalement différent du sien.

---

À l’intérieur du manoir, Jason Wilson descendait les escaliers.

Il avait passé une nuit épouvantable.

Sa tête lui faisait mal et il n’avait pratiquement pas fermé l’œil.

Son téléphone vibrait sans arrêt dans sa poche.

À peine arrivé au rez-de-chaussée, Michael Brown, son bras droit, vint à sa rencontre.

— Monsieur Wilson.

Jason continua d’avancer.

— La réunion avec les investisseurs est prévue à onze heures.

— Annulez-la.

Michael s’arrêta.

— Vous êtes sérieux ?

Jason lui lança un regard glacial.

— Est-ce que j’ai l’air de plaisanter ?

— Non, monsieur.

— Alors annulez.

Michael poussa discrètement un soupir.

Il connaissait suffisamment son patron pour savoir qu’il valait mieux ne pas insister lorsqu’il était dans cet état.

— Autre chose ?

— Oui. La nouvelle employée est arrivée.

Jason fronça légèrement les sourcils.

— Quelle employée ?

— La femme de ménage.

— Faites ce que vous voulez.

Jason continua son chemin.

Puis, après quelques pas, il s’arrêta.

— Attendez.

Michael se retourna.

— Oui ?

— Pourquoi avons-nous besoin d’une nouvelle femme de ménage ?

— L’ancienne a démissionné.

Jason hocha simplement la tête.

— Très bien.

Il allait repartir lorsque quelqu’un parla derrière lui.

— Bonjour, monsieur.

Une voix féminine.

Jason se retourna.

Son regard rencontra celui de Joys.

Elle se tenait près de l’entrée, son sac serré contre elle. Ses doigts agrippaient nerveusement la lanière et ses épaules étaient légèrement raides.

Elle était manifestement mal à l’aise.

— Je suis Joys Carter, dit-elle. Je viens pour le poste.

Jason ne répondit pas tout de suite.

Il la détailla quelques secondes.

Joys baissa rapidement les yeux.

Il ne savait pas pourquoi, mais son visage avait retenu son attention.

Elle n’avait rien à voir avec les femmes qu’il fréquentait habituellement.

Pas de vêtements luxueux.

Pas de bijoux voyants.

Pas de maquillage sophistiqué.

Juste une jeune femme habillée simplement, avec des cheveux attachés et un regard qui trahissait sa nervosité.

Jason finit par demander :

— Vous avez de l’expérience ?

Joys releva les yeux.

— Oui.

— Où avez-vous travaillé ?

Elle lui parla brièvement de ses précédents emplois.

Jason l’écouta sans l’interrompre.

Lorsqu’elle eut terminé, il posa une autre question :

— Pourquoi voulez-vous ce poste ?

Joys hésita.

Elle baissa un instant les yeux vers ses mains.

— J’ai besoin de travailler.

Jason haussa légèrement un sourcil.

— Tout le monde a besoin de travailler.

Cette fois, Joys soutint son regard.

— Ma mère est malade.

Le ton de sa voix avait changé.

Elle n’essayait plus de cacher son inquiétude.

— Et j’ai un petit frère qui est encore au lycée. Je dois subvenir à leurs besoins.

Jason resta silencieux.

À côté de lui, Michael observait attentivement la scène.

Il s’attendait à ce que Jason mette rapidement fin à l’entretien.

Pourtant, son patron poursuivit :

— Vous êtes prête à travailler à temps plein ?

— Oui.

— Même si les horaires sont difficiles ?

— Oui.

Jason la fixa encore quelques secondes.

— Et si vous devez vivre ici ?

Joys fronça légèrement les sourcils.

— Vivre ici ?

— Le poste est logé.

Elle réfléchit rapidement.

Si elle vivait sur place, elle n’aurait plus à payer le transport. Elle pourrait envoyer davantage d’argent à sa mère.

Elle prit une petite inspiration.

— J’accepte.

Jason hocha la tête.

— Vous commencez aujourd’hui.

Les yeux de Joys s’agrandirent.

— Aujourd’hui ?

— Vous avez un problème ?

— Non !

Elle secoua aussitôt la tête.

— Non, monsieur.

Jason se détourna.

— Michael vous expliquera les règles de la maison.

Il fit quelques pas.

Puis il s’arrêta.

— Et Joys ?

Elle releva la tête.

— Oui, monsieur ?

Jason tourna légèrement le visage vers elle.

— Ne vous mêlez pas de ma vie privée.

Joys resta silencieuse une seconde avant de répondre :

— Je n’en avais pas l’intention.

Jason partit sans ajouter un mot.

Michael regarda la jeune femme.

Un sourire amusé se dessina sur ses lèvres.

— Félicitations.

Joys expira enfin, comme si elle avait retenu son souffle depuis plusieurs minutes.

— Merci.

Elle regarda autour d’elle.

Elle venait d’obtenir le travail dont elle avait désespérément besoin.

Pour la première fois depuis longtemps, elle pouvait peut-être respirer un peu.

Elle ignorait seulement qu’en franchissant les portes de cette maison, elle venait aussi d’entrer dans la vie de Jason Wilson.

Et très bientôt, leurs deux vies allaient devenir impossibles à séparer.

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