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chapitre 2

last update Tanggal publikasi: 2026-08-22 06:39:51

Joys avançait derrière Michael dans un long couloir silencieux.

À chaque pas, elle avait davantage l’impression de traverser un hôtel cinq étoiles plutôt qu’une maison.

Le sol brillait tellement qu’elle pouvait presque y voir son reflet. De magnifiques tableaux couvraient les murs et, sur les petites tables disposées le long du couloir, des bouquets de fleurs fraîches étaient soigneusement arrangés.

Joys n’osait même pas imaginer leur prix.

— Évitez de toucher à quoi que ce soit, lui rappela Michael.

Elle hocha immédiatement la tête.

— D’accord.

Il lui jeta un coup d’œil avant de sourire.

— Et ne soyez pas aussi tendue. Avec le temps, vous vous habituerez à cet endroit.

Joys regarda autour d’elle.

— Je ne suis pas sûre de pouvoir m’habituer à une maison pareille.

Michael laissa échapper un petit rire.

— Pour être honnête, personne ne s’y habitue vraiment.

Ils arrivèrent dans la cuisine.

Joys s’arrêta net.

La pièce était immense. Plusieurs réfrigérateurs occupaient un pan du mur, des appareils dont elle ignorait même l’utilisation étaient parfaitement alignés sur les comptoirs, et une longue table pouvait facilement accueillir une dizaine de personnes.

— C’est ici que vous passerez la plus grande partie de votre journée, expliqua Michael.

Il lui indiqua ensuite les différentes pièces de la maison.

— Le salon doit toujours être impeccable. Le bureau de monsieur Wilson est interdit d’accès sans son autorisation. Quant à sa chambre, vous la nettoierez uniquement lorsqu’il sera absent.

Joys mémorisa chaque consigne.

— D’accord.

Michael poursuivit son chemin avant de s’arrêter devant une porte.

Son expression changea.

— Cette partie de la maison est privée.

Joys acquiesça.

— Je comprends.

— Et retenez bien ceci : même si vous entendez du bruit derrière cette porte, vous n’entrez pas.

Joys fronça légèrement les sourcils.

— Pourquoi ?

Michael la fixa quelques secondes.

— Parce que je viens de vous dire de ne pas entrer.

Le ton de sa voix ne laissait aucune place à la discussion.

Joys comprit le message.

— Très bien.

Michael lui tendit ensuite un uniforme soigneusement plié.

— Vous commencerez après le déjeuner.

Joys prit la tenue entre ses mains.

Elle était simple, mais propre et parfaitement repassée.

— Merci.

Michael allait partir lorsqu’il se retourna.

— Une dernière chose.

— Oui ?

Son visage était devenu sérieux.

— Monsieur Wilson n’apprécie pas qu’on lui pose des questions sur sa vie privée.

— Je n’ai pas l’intention de lui en poser.

— Tant mieux.

Il marqua une courte pause.

— Et évitez de rester seule avec lui lorsque ce n’est pas nécessaire.

Joys le regarda avec étonnement.

— Pourquoi ?

Michael soupira.

— Vous venez d’arriver. Contentez-vous de faire votre travail. Monsieur Wilson n’est pas un homme facile.

Avant qu’elle puisse demander davantage d’explications, il s’éloigna.

Joys resta seule dans la cuisine, l’uniforme entre les mains.

Elle le regarda quelques secondes avant de sourire.

Son patron pouvait être difficile.

Ce n’était pas son problème.

Elle avait besoin de ce travail et elle comptait bien le garder.

---

Quelques heures plus tard, Joys enfila son uniforme et commença sa journée.

Elle nettoya les salons, dépoussiéra les meubles, rangea les pièces et s’assura que chaque objet était exactement à sa place.

Elle travaillait vite, mais sans négliger les détails.

Elle ne voulait surtout pas donner à quelqu’un une raison de la renvoyer.

Lorsqu’elle arriva devant le bureau de Jason, elle ralentit.

La porte était légèrement entrouverte.

Joys se souvint immédiatement de l’avertissement de Michael.

Ne touchez jamais au bureau de monsieur Wilson sans autorisation.

Elle allait continuer son chemin lorsqu’un bruit sec retentit à l’intérieur.

Un verre venait manifestement de tomber.

Joys sursauta.

Sans vraiment réfléchir, elle poussa légèrement la porte.

— Monsieur Wilson ?

Jason était assis derrière son bureau.

Une bouteille de whisky était posée devant lui. Sa cravate était desserrée et ses cheveux, habituellement impeccables, étaient légèrement en désordre.

Il leva lentement les yeux vers elle.

Son regard était froid.

— Qu’est-ce que vous faites ici ?

Joys se figea.

— Je suis désolée. J’ai entendu un bruit et…

— Sortez.

Elle baissa aussitôt la tête.

— Oui, monsieur.

Elle se retourna.

— Attendez.

Joys s’immobilisa.

Jason désigna les morceaux de verre éparpillés au sol.

— Ramassez ça.

— Oui, monsieur.

Elle alla chercher une pelle et une balayette avant de s’agenouiller.

Elle commença à ramasser les morceaux avec précaution.

Mais l’un d’eux glissa sous ses doigts.

— Aïe !

Joys retira brusquement sa main.

Une petite coupure venait d’apparaître sur son doigt. Une goutte de sang perla immédiatement.

Jason se leva.

— Vous êtes blessée ?

Joys regarda son doigt.

— Ce n’est rien.

— Montrez-moi.

Elle hésita.

— Monsieur…

— Votre main.

Son ton ne permettait aucune discussion.

Joys finit par lui tendre la main.

Jason prit un mouchoir propre et le pressa doucement contre la coupure.

Le contact fut bref.

Pourtant, Joys sentit son cœur accélérer.

Elle retira doucement sa main.

— Je peux m’en occuper.

Jason la fixa.

Pendant quelques secondes, aucun mot ne fut échangé.

Joys sentit ses joues chauffer.

Finalement, Jason détourna les yeux.

— Allez dans la salle de bains et désinfectez votre doigt.

— D’accord.

Elle quitta rapidement le bureau.

Une fois dans le couloir, elle s’arrêta.

Sa main se posa instinctivement sur sa poitrine.

Son cœur battait beaucoup trop vite.

Elle secoua la tête, comme pour chasser cette sensation étrange.

— Ce n’est que mon patron…

Elle souffla doucement avant de reprendre son chemin.

À l’intérieur du bureau, Jason était toujours debout.

Son regard resta fixé sur la porte après le départ de Joys.

Il ne comprenait pas pourquoi cette jeune femme le troublait autant.

Il finit par retourner s’asseoir derrière son bureau et se força à reprendre son travail.

---

Le soir venu, Joys s’installa sur son lit et appela sa mère.

— Maman ?

— Joys !

La voix de Sarah semblait déjà plus joyeuse.

— Alors ? Comment s’est passée ta première journée ?

Un sourire apparut sur le visage de Joys.

— J’ai obtenu le travail.

— Vraiment ?

— Oui.

Sarah poussa un petit cri de soulagement.

— Combien vas-tu gagner ?

Joys lui annonça son salaire.

Un silence s’installa à l’autre bout du téléphone.

Puis Sarah souffla :

— Joys… c’est énorme.

— Je sais.

La voix de sa mère trembla.

— Tu vas enfin pouvoir reprendre tes études.

Joys regarda par la fenêtre de sa petite chambre réservée au personnel.

La lumière du jardin éclairait faiblement les arbres.

Elle resta silencieuse quelques secondes.

— Peut-être.

— Promets-moi que tu le feras.

Joys sourit malgré la fatigue.

— Je te le promets.

Elles échangèrent encore quelques mots avant de raccrocher.

Joys posa son téléphone sur la table de chevet et s’allongea.

Son corps était épuisé.

Mais, pour la première fois depuis longtemps, elle ressentait une petite lueur d’espoir.

Elle ferma les yeux.

Elle n’eut pas le temps de s’endormir.

Toc. Toc. Toc.

Joys ouvrit immédiatement les yeux.

Trois coups venaient de résonner contre sa porte.

Elle se redressa sur son lit.

— Qui est-ce ?

Aucune réponse.

Elle attendit quelques secondes.

Toujours rien.

Avec prudence, elle se leva et s’approcha de la porte.

Sa main se posa sur la poignée.

Elle hésita.

Puis ouvrit.

Jason se tenait de l’autre côté.

Joys resta surprise.

Son regard était sombre et son visage fermé.

— Monsieur Wilson ?

Il ne répondit pas immédiatement.

Il la regarda quelques secondes avant de parler.

— J’ai besoin de vous parler.

Le cœur de Joys se serra.

Elle jeta un coup d’œil à l’heure.

— À cette heure-ci ?

Jason ne répondit pas.

Il entra simplement dans la petite chambre.

Puis il referma la porte derrière lui.

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