LOGINLa forêt semblait différente depuis qu’Élena connaissait son secret.
Autrefois, elle n’y voyait que des arbres, des chemins couverts de feuilles mortes et quelques animaux sauvages. Désormais, chaque ombre lui paraissait vivante. Chaque bruissement attirait son attention. Chaque hurlement qui résonnait entre les montagnes lui rappelait que, derrière cette apparente tranquillité, un autre monde existait. Un monde qu’elle n’aurait jamais imaginé découvrir. Un monde auquel appartenait Kaël. Depuis l’affrontement avec son père, les choses avaient changé. Élena ne pouvait plus rentrer chez elle comme si de rien n’était. Son père savait désormais qu’elle aimait un loup-garou. Et même s’il ne l’avait pas tué lorsqu’il en avait eu l’occasion, elle savait que cela ne signifiait pas qu’il avait accepté leur relation. Elle savait aussi que les autres chasseurs ne renonceraient pas. Kaël le savait. Et il avait pris une décision. — Tu dois venir avec moi. Élena releva les yeux. Ils étaient assis près d’un vieux feu de camp, à quelques mètres de la rivière. La nuit était froide et la vapeur de leur respiration se mêlait à la fumée. — Où ? Kaël resta silencieux quelques secondes. — Chez moi. Élena sourit. — Je croyais que la forêt était chez toi. — Ce n’est pas ce que je veux dire. Il se leva. — Je veux te présenter à ma meute. Le sourire d’Élena disparut. — Ta meute ? — Oui. — Ils savent pour moi ? Kaël hocha la tête. — Certains. — Et ils pensent quoi ? Il soupira. — Ils pensent que c’est une mauvaise idée. Élena baissa les yeux. — Ils ont probablement raison. Kaël s’accroupit devant elle. — Ne dis jamais ça. — Mais je suis humaine. — Et alors ? — Tu sais très bien que certains des tiens me détestent déjà. — Certains humains me détestent aussi. — Ce n’est pas pareil. Kaël posa doucement une main contre sa joue. — Pour moi, si. Elle le regarda. Ses yeux semblaient plus clairs sous la lumière du feu. — J’ai peur. Il ne chercha pas à lui mentir. — Moi aussi. Cette réponse la surprit. — Toi ? — Oui. — De quoi ? Il prit une profonde inspiration. — De te perdre. Élena sentit son cœur se serrer. Elle posa son front contre le sien. — Alors ne me perds pas. Il ferma les yeux. — Je ferai tout pour ça. Ils partirent avant l’aube. Le chemin fut long. Kaël avançait rapidement, mais ralentissait chaque fois qu’il comprenait qu’Élena avait du mal à suivre. Après plusieurs heures, ils atteignirent une partie de la forêt qu’elle ne connaissait pas. Les arbres étaient beaucoup plus hauts. Le sol était recouvert d’une épaisse couche de mousse. Puis Élena aperçut une immense montagne. — C’est ici ? — Oui. Elle fronça les sourcils. — Je ne vois rien. Kaël sourit. — C’est le but. Il posa sa main contre une paroi rocheuse. Une étrange marque apparut. Élena recula. La roche se mit à vibrer. Puis une ouverture apparut dans la montagne. Elle resta bouche bée. — C’est impossible… — Tu vas devoir t’habituer à ce mot. Ils entrèrent. Derrière le passage se trouvait un immense réseau de cavernes éclairées par des torches. Élena découvrit alors leur monde. Des maisons construites dans la pierre. Des familles. Des enfants qui couraient. Des femmes qui discutaient autour de grands feux. Des hommes qui revenaient de la chasse. Et partout, des regards. Tous se tournèrent vers elle. Le silence s’installa. Élena sentit sa gorge se serrer. Une petite fille passa devant elle. Elle s’arrêta. Regarda Élena. Puis regarda Kaël. — C’est l’humaine ? Kaël se raidit. — Elle a un prénom. La petite fille sourit. — Élena. Puis elle partit en courant. Élena ne put s’empêcher de sourire. — Elle est mignonne. — Ne te laisse pas attendrir. — Pourquoi ? — Elle est la fille de Lyra. — Et alors ? Kaël soupira. — Tu verras. Comme s’il avait prononcé son nom, une femme apparut au bout du tunnel. Elle ressemblait énormément à Kaël. Même regard. Même cheveux noirs. Mais son visage était beaucoup plus dur. Elle s’approcha. — Kaël. — Lyra. Son regard se posa sur Élena. Un long silence. — C’est elle ? — Oui. Lyra s’approcha. Elle tourna autour d’Élena sans la toucher. Puis elle inspira profondément. — Humaine. Le mot ressemblait presque à une insulte. Élena releva le menton. — Oui. Lyra la fixa. — Tu n’as pas peur ? — Si. — Alors pourquoi es-tu venue ? Élena regarda Kaël. — Parce que je l’aime. Lyra resta silencieuse. Puis elle se tourna vers son frère. — Tu es complètement fou. — Peut-être. — Elle ne survivra pas ici. — Elle n’est pas aussi fragile que tu le crois. — Tu ne comprends pas. Lyra s’approcha de Kaël. — Ce n’est pas seulement une question de sécurité. Kaël fronça les sourcils. — De quoi parles-tu ? Lyra regarda Élena. — Elle ne sait rien. — De quoi ? Lyra hésita. — De la malédiction. Kaël devint livide. Élena sentit son cœur accélérer. — Quelle malédiction ? Kaël se tourna vers sa sœur. — Pas maintenant. — Si. — Lyra. — Elle doit savoir. Élena regarda Kaël. — Qu’est-ce qu’elle raconte ? Il détourna les yeux. — Rien. — Kaël. — Élena… — Tu m’as promis de ne plus me mentir. Il resta silencieux. Lyra soupira. — Viens. Elle conduisit Élena dans une pièce plus éloignée. Sur les murs étaient gravés d’anciens symboles. Des loups. Des lunes. Et des humains. Au centre se trouvait une fresque représentant une femme humaine tenant la main d’un loup-garou. Élena s’approcha. — Qu’est-ce que c’est ? Lyra répondit doucement : — L’histoire de notre malédiction. Elle lui expliqua qu’autrefois, une femme humaine était tombée amoureuse de l’Alpha d’une ancienne meute. Leur amour avait déclenché une guerre. Pour protéger son peuple, l’Alpha avait demandé à une sorcière de supprimer définitivement les sentiments humains des loups-garous. Mais le sort avait mal tourné. Depuis, lorsqu’un loup-garou tombait réellement amoureux d’un humain, son côté animal devenait de plus en plus puissant. Jusqu’à finir par prendre totalement le contrôle. Élena sentit son sang se glacer. — Et Kaël ? Lyra la regarda. — Kaël est l’Alpha. Elle comprit. Tout s’emboîtait. Ses transformations de plus en plus fréquentes. Ses absences. Ses crises de colère. Son refus de parler de ce qui lui arrivait. — Depuis quand ? Lyra baissa les yeux. — Depuis qu’il t’a rencontrée. Élena retourna immédiatement chercher Kaël. Elle le trouva près de l’entrée de la grotte. — Pourquoi tu ne me l’as pas dit ? Il ne répondit pas. — Pourquoi ? — Parce que je voulais te protéger. — Me protéger de quoi ? De la vérité ? — De la peur. Elle s’approcha. — Je suis déjà terrifiée. Il serra les mâchoires. — Tu devrais partir. — Non. — Élena… — Non. Il se retourna. — Tu ne comprends pas ! Sa voix résonna dans toute la caverne. Plusieurs membres de la meute se retournèrent. — Chaque jour où tu restes près de moi, je deviens plus dangereux ! Élena ne recula pas. — Alors je resterai jusqu’à ce que tu arrêtes de fuir. — Tu crois que c’est un jeu ? — Non. Elle s’approcha encore. — Je crois que tu as peur. Kaël la regarda. Cette fois, elle vit réellement la peur dans ses yeux. — Oui. Le mot fut presque inaudible. — J’ai peur. Elle posa sa main contre sa poitrine. — Moi aussi. Il ferma les yeux. Puis il la prit dans ses bras. Pour la première fois depuis leur rencontre, Kaël tremblait. — Si je te fais du mal… — Tu ne le feras pas. — Tu ne peux pas me le promettre. — Alors je te promets autre chose. Il la regarda. — Quoi ? — Je ne partirai pas au premier obstacle. Il sourit tristement. — Tu es têtue. — Et toi, tu es insupportable. — Je sais. Ils s’embrassèrent. Mais leur moment fut interrompu par un hurlement. Tous les loups de la grotte se figèrent. Kaël se redressa immédiatement. — Ils sont là. Lyra courut vers l’entrée. — Combien ? Un autre loup entra précipitamment. — Une vingtaine. Élena pâlit. — Les chasseurs ? Kaël hocha la tête. — Ils ont trouvé l’entrée. Le chaos éclata. Les enfants furent emmenés plus profondément dans les cavernes. Les guerriers prirent leur forme animale. Des grognements envahirent la montagne. Kaël attrapa Élena. — Tu restes ici. — Non. — Élena ! — Je peux aider. — Tu es humaine ! — Et je ne suis pas inutile ! Il voulut répondre. Mais un coup de feu retentit. Une balle traversa l’entrée. La bataille commença. Kaël se transforma. Son corps changea sous les yeux d’Élena. Ses vêtements se déchirèrent. Ses muscles se développèrent. Ses yeux devinrent jaunes. Puis il partit au combat. Élena resta cachée derrière un rocher. Elle entendait les hurlements. Les coups de feu. Les cris. Puis elle aperçut son père. Gabriel. Il avançait parmi les chasseurs. Son regard rencontra celui de sa fille. Il resta figé. — Élena ? Elle courut vers lui. — Arrêtez ! — Écarte-toi. — Non. — Ils vont te tuer ! — Non. Ils me protègent. Gabriel regarda autour de lui. Il vit des loups protéger les enfants. Une louve blessée essayer de mettre ses petits à l’abri. Un vieux loup tomber sous les balles. Son regard changea. — Ce sont des monstres… Mais sa voix manquait de conviction. Élena secoua la tête. — Regarde-les vraiment. Gabriel baissa son arme. Derrière lui, un chasseur leva son fusil. — Gabriel ! Il allait tirer sur Élena. Gabriel se plaça devant sa fille. Le coup partit. Il s’effondra. — Papa ! Élena tomba à genoux près de lui. Mais Gabriel respirait encore. Au même moment, Kaël apparut. Ses yeux étaient rouges de rage. Il vit Gabriel au sol. Puis le chasseur. Un grondement terrifiant sortit de sa gorge. Il bondit. Élena se releva. — Kaël ! Non ! Il s’arrêta. Son regard passa de Gabriel au chasseur. Puis revint vers Élena. Lentement, son visage changea. Il reprit forme humaine. Il s’agenouilla devant elle. — Tu vas bien ? Elle hocha la tête en pleurant. — Mon père… Kaël regarda Gabriel. Puis il le souleva. — On l’emmène à l’intérieur. Élena le regarda, bouleversée. — Tu vas le sauver ? — C’est ton père. Il posa une main sur son épaule. — Et il t’aime. Pour la première fois, Élena comprit que Kaël n’était pas seulement capable d’aimer. Il était capable de pardonner. La bataille prit fin peu après. Les chasseurs avaient fui. Mais quelque chose avait changé. Gabriel, blessé, avait vu la vérité. Les loups-garous n’étaient pas les monstres qu’on lui avait appris à haïr. Et dans le cœur d’Élena, une autre peur venait de naître. Car si les chasseurs avaient découvert l’entrée de la meute une fois… Ils pourraient revenir. Et la prochaine fois, ils seraient beaucoup plus nombreux. Kaël regardait la forêt depuis l’entrée de la montagne. Élena vint se placer à côté de lui. — À quoi tu penses ? — À la guerre qui arrive. — Tu crois qu’elle est inévitable ? Il tourna la tête vers elle. — Non. — Alors ? Il prit sa main. — Je crois qu’elle dépendra de ce que nous sommes prêts à sacrifier pour arrêter la haine. Élena entrelaça ses doigts aux siens. Au-dessus d’eux, la lune commençait à apparaître. Et pour la première fois, Kaël eut peur non pas de devenir un monstre… Mais de perdre la seule personne qui lui donnait encore envie de rester humain.Élena ne bougea pas.Elle resta devant la fenêtre, les yeux fixés sur la forêt.La voix résonnait encore dans sa tête.« Maman… tu m’as enfin entendue. »Derrière elle, Kaël s’était levé.— Élena ?Elle ne répondit pas immédiatement.Il s’approcha.— Qu’est-ce que tu as vu ?Elle se tourna lentement vers lui.— Une enfant.Kaël regarda par la fenêtre.— Où ?— Dans la forêt.— Eden ?Élena secoua la tête.— Non.Un silence.— C’était la petite fille de la photographie.Kaël se figea.— Tu es sûre ?— Elle m’a parlé.Il s’approcha davantage.— Qu’est-ce qu’elle a dit ?Élena hésita.Puis elle murmura :— Elle m’a appelée maman.Le visage de Kaël changea.— Élena…— Je sais.— Non, tu ne comprends pas.Il prit doucement ses mains.— On n’a jamais eu de fille.Elle baissa les yeux.— Je sais.— Alors pourquoi…— Je ne sais pas.Un bruit retentit dehors.CRAC.Ils se retournèrent ensemble.Quelque chose venait de marcher sur une branche.Kaël se plaça immédiatement devant Élena.Ses yeux
Trois semaines avaient passé.Trois semaines sans cris.Sans sang.Sans prophétie.Sans créature surgissant de l’obscurité.Trois semaines pendant lesquelles Élena avait presque réussi à croire que tout était réellement terminé.Presque.Ce matin-là, elle se réveilla avant Kaël.La lumière du soleil entrait doucement dans la chambre.Elle resta allongée quelques secondes, observant son visage endormi.Il avait l’air différent.Plus paisible.Plus humain.Ses cheveux tombaient sur son front et sa respiration était régulière.Élena sourit.Elle passa doucement un doigt sur sa joue.— Mon loup…Kaël ouvrit les yeux.— Je ne dors plus.Elle retira immédiatement sa main.— Tu faisais semblant ?— Oui.— Pourquoi ?Il sourit.— Parce que j’aime quand tu me regardes.Elle leva les yeux au ciel.— Quel idiot.Il l’attira contre lui.— Bonjour.— Bonjour.Il l’embrassa sur le front.Puis sur le nez.Puis sur les lèvres.Un baiser lent.Simple.Normal.Élena aurait pu rester ainsi toute la mati
Le lendemain matin, la forêt était silencieuse.Pas le silence inquiétant qu’Élena avait appris à reconnaître.Pas celui qui précédait une attaque.Pas celui qui cachait une présence derrière les arbres.Un silence simple.Un silence ordinaire.Un silence qui ressemblait presque à la paix.Élena ouvrit lentement les yeux.Pendant quelques secondes, elle resta immobile.Elle regarda le plafond.Puis la fenêtre.La lumière du matin traversait les rideaux et dessinait une longue bande dorée sur le parquet.Elle attendit.Son cœur battait normalement.Aucun murmure.Aucune voix dans sa tête.Aucun battement supplémentaire.Aucune vision.Rien.Elle sourit.— Enfin…À côté d’elle, Kaël bougea sous les draps.— Tu parles toute seule maintenant ?Élena tourna la tête.Il avait les yeux à moitié fermés et les cheveux complètement en bataille.Elle éclata de rire.— Regarde-toi.— Quoi ?— Le grand Alpha terrifiant.Kaël ouvrit un œil.— Je peux encore me transformer si tu veux.— Certainement
La nuit ne ressemblait plus à une nuit.Elle était devenue quelque chose de vivant.Quelque chose qui respirait autour d’eux.Les cinq portes se dressaient toujours au sommet de la montagne.Cinq ouvertures noires.Cinq mondes.Cinq versions d’une histoire qui aurait pu être différente.Et pourtant, une seule devait rester ouverte.Élena se tenait au milieu d’elles.Le sang coulait encore le long de sa main.La lame rouge était tombée à ses pieds.Kaël était à quelques mètres d’elle.À genoux.Il respirait difficilement.Ses yeux avaient changé.Ils n’étaient plus seulement dorés.Ils étaient devenus argentés.Comme ceux du premier loup.Comme ceux de la créature qui avait gardé la dernière porte.Comme ceux de toutes les vies qu’ils avaient déjà vécues.— Élena…Sa voix tremblait.Elle s’approcha.— Je suis là.— Ne viens pas.Elle s’arrêta.Kaël baissa les yeux.— Je ne sais plus lequel de nous deux parle.Élena sentit son cœur se serrer.Derrière lui, le gigantesque loup argenté se
La forêt s’était tue.Plus aucun oiseau.Plus aucun insecte.Même le vent semblait avoir disparu.Tous les arbres étaient immobiles.Leurs branches se courbaient vers le sol comme si elles-mêmes s’inclinaient devant quelque chose.Élena ne respirait plus.Sur la montagne, le loup immense se tenait parfaitement immobile.Ses yeux argentés brillaient dans la nuit.Sur son dos…Eden.Le petit garçon regardait sa mère.Il ne souriait plus.Il avait l’air triste.Terriblement triste.— Maman…La voix traversa la forêt.Élena fit un pas.Kaël lui attrapa le bras.— Non.Elle se tourna vers lui.— C’est mon fils.— Je sais.— Alors lâche-moi.— Non.Ses yeux dorés étaient fixés sur le loup.— Ce n’est pas moi.Élena fronça les sourcils.— Quoi ?Kaël secoua lentement la tête.— Tu l’as entendu.— Quoi ?— Le hurlement.Il regarda la créature sur la montagne.— Il avait ma voix.Un frisson parcourut Élena.— Mais ce n’est pas toi.— Non.Kaël serra les dents.— C’est ce que j’aurais dû deveni
Le dixième battement résonna.BOUM.Puis plus rien.Élena resta immobile.Sa main était toujours dans celle de Kaël.Autour d’eux, la montagne semblait avoir cessé de respirer.Pas un souffle.Pas un murmure.Pas même le bruit des Ombres.Le silence était si profond qu’Élena entendait le sang circuler dans ses propres veines.Elle regarda Kaël.— Tu l’as entendu ?Il acquiesça.— Oui.Noah regardait l’obscurité.— Ce n’est pas un cœur.Lio se redressa lentement.— Non.Noé, lui, ne disait rien.Il fixait la porte blanche.Elle était fermée.Mais quelque chose coulait sous son seuil.Une fine ligne rouge.Du sang.Élena s’approcha.— C’est impossible.Noé attrapa son bras.— Ne touche pas.Elle le regarda.— Pourquoi ?Il murmura :— Parce que ce sang n’appartient à personne.Un frisson parcourut son dos.— Alors d’où vient-il ?Noé ne répondit pas.Le sang continuait de couler.Lentement.Quelques gouttes.Puis davantage.Il s’étendit sur la pierre et forma une inscription.Élena lut.







