LOGINMon nom se propage parmi les soldats.
Certains reculent comme si les morts étaient contagieux. D’autres se penchent pour mieux me voir. Derrière les rangs, les villageois commencent à parler tous en même temps.
Le chancelier retrouve sa voix le premier.
— Ne vous laissez pa
La bataille ne dure pas une heure. Elle suffit pourtant à couvrir la cour de flèches et de sang.La première volée frappe les remparts lorsque les soldats eldoriens atteignent la pente. Je me baisse derrière un merlon. En contrebas, leurs lignes se divisent : la moitié avance sous les boucliers tandis que l’autre disparaît derrière les écuries brûlées.Je reconnais la manœuvre. Mes instructeurs l’appelaient la lance brisée. Le premier groupe attire les archers ; le second contourne la défense et prend la porte de l’intérieur.— La galerie basse, dis-je. Ils ne veulent pas les remparts. Ils veulent rouvrir le passage.Draeven ne perd pas de temps à me demander si j’en suis certaine. Il déplac
Nous atteignons la tour de Nerath avant la seconde cloche.La fumée couvre la vallée. Les portes ont été enfoncées de l’intérieur et une partie du chemin de ronde s’est effondrée dans la cour. Des soldats de Nocthra transportent les blessés loin des écuries en flammes.Je descends de cheval avant que Soren puisse m’en empêcher.— Trouvez les survivants du poste de garde, ordonne Kaelor. Draeven, fermez le passage oriental. Personne ne poursuit les assaillants au-delà des bornes.— Ils ont attaqué votre royaume, dis-je.— Et ils attendent que je leur offre une image plus convaincante que vos
Le carreau quitte l’arbalète.Une ombre le frappe en plein vol.Le bois éclate au-dessus du pont. Les fragments retombent autour de moi tandis que les ténèbres s’étirent depuis la tour ouest. Kaelor apparaît derrière le parapet, une main levée et le visage fermé par une colère que même les soldats d’Eldoria comprennent.— Personne ne tire ! crie Harven.Trop tard.Draeven abaisse la main depuis la crête. Une flèche nocthrienne se plante dans l’épaule de l’arbalétrier. L’homme tombe de l’estrade, mais trois autres silhouettes quittent la foule. L’une renve
Mon nom se propage parmi les soldats.Certains reculent comme si les morts étaient contagieux. D’autres se penchent pour mieux me voir. Derrière les rangs, les villageois commencent à parler tous en même temps.Le chancelier retrouve sa voix le premier.— Ne vous laissez pas tromper ! Nocthra maîtrise les ombres et les illusions.— Vous me décevez, dis-je. Après avoir signé ma condamnation, vous pourriez au moins reconnaître mon visage.Quelques soldats étouffent un rire. Le chancelier serre son parchemin.— Si vous êtes réellement Vespera, franchissez le pon
Le col de Veyr apparaît avec l’aube.Après une nuit passée sur les routes, ses falaises grises se découpent sous un ciel sans couleur. Le vieux pont relie les deux royaumes au-dessus d’un ravin noyé de brume. D’un côté, les pierres claires d’Eldoria entourent une estrade couverte de tentures blanches. De l’autre, les murailles noires de Nocthra se confondent avec la montagne.Je reconnais aussitôt le goût de Morgana pour les symboles. Elle a fait dresser mon portrait derrière un cercueil vide. La peintre m’a donné un visage trop doux, des yeux baissés et aucune colère. Même morte, je dois encore paraître docile.— Vous pouvez toujours renoncer, dit Kaelor.Il se tient dans l’ombre de la tour ouest, loin des regards eldoriens. Son manteau dissimule les marques qui couvrent sa main, mais pas la raideur de ses gestes. Le brasier du Petit Conseil n’a pas suffi à lui rendre toute sa chaleur.— Vous avez accepté ce plan.— J’ai accepté de ne pas vous faire enfermer jusqu’à la fin de la céré
Personne ne répond tout de suite.Kaelor replie la proclamation. Les lignes noires couvrent encore sa main. Il la dissimule sous sa manche avant de se tourner vers moi.— Comment comptez-vous faire ?— Au col de Veyr. Mon père y a placé deux cent trente soldats et trois chroniqueurs pour que tout Eldoria le voie tenter de me sauver. Je vais utiliser son propre public.— Non, tranche Soren.— Je ne vous demandais pas votre permission.— Cela tombe bien. Je ne comptais pas vous la donner.Eryx reprend le message et relit la date.— Même si les chroniqueurs vous voient, la Couronne peut leur ordonner d’écrire qu’il s’agissait d’une imposture.— Peut-être. Mais deux cent trente soldats ne pourront pas tous oublier mon visage. Les mensonges voyagent vite. Les témoins aussi.Kaelor fait signe au garde de nous précéder.— Nous en parlerons dans la salle du Petit Conseil. Pas au milieu d’un passage que quelqu’un utilise encore pour circuler sous mon palais.Nous remontons. Kaelor refuse toute







