LOGINChapitre 85: La FondationElaraL'auditorium de la Royal Society of Medicine est comble. J'observe la foule depuis les coulisses, cachée derrière le lourd rideau de velours pourpre, et je sens mon cœur battre à un rythme inhabituel. Pas la douleur sourde de mes crises passées, non. Une émotion différente, plus douce, plus vaste. Quelque chose qui ressemble à de la gratitude, peut-être. Ou à de la plénitude.Aujourd'hui, je lance officiellement la Fondation Vance pour la recherche cardiaque. Ce projet, j'y pense depuis des années, depuis ce jour où l'on m'a diagnostiqué ma cardiomyopathie, depuis ce moment où j'ai compris que mon cœur était une bombe à retardement. J'aurais pu me replier sur moi-même, me lamenter sur mon sort, attendre la fin en espérant un miracle. À la place, j'ai choisi de me battre. Pour moi, pour toutes les femmes qu'on a voulu effacer, pour tous les malades qu'on a laissés dans l'ombre.Mon père est assis au premier rang, à côté de Cassian. Ils forment un tableau
Chapitre 84 : La Fusion des EmpiresElaraLa salle du conseil d'administration de Vance Corporation n'a pas changé depuis mon enfance. Les mêmes boiseries d'acajou, les mêmes fauteuils en cuir, la même table monumentale qui a vu se sceller des alliances et se déclarer des guerres économiques. Mon père y a régné pendant trente ans, seul maître à bord, capitaine inflexible d'un navire qu'il avait construit de ses propres mains. Aujourd'hui, c'est moi qui suis assise à la place qu'il occupait autrefois, et face à moi, de l'autre côté de la table, se tient Cassian Blackwood.La situation a quelque chose de surréaliste. Il y a un an, j'étais cette femme effacée qu'il ne regardait jamais, qu'il faisait disparaître d'un regard indifférent. Il y a six mois, j'étais Spectre, la hackeuse insaisissable qui détruisait ses contrats et le poussait dans ses derniers retranchements. Aujourd'hui, nous sommes assis face à face, égaux, associés potentiels, et la proposition que nous nous apprêtons à ann
Chapitre 83: La Reconstruction de CassianCassianLe cabinet du Dr. Harrison est situé dans une rue calme de Kensington, une de ces rues bordées de platanes où les maisons victoriennes affichent des plaques de cuivre discrètes. Je suis garé devant la porte depuis dix minutes, les mains crispées sur le volant, le regard fixé sur la façade de briques rouges sans la voir vraiment. J'ai pris rendez-vous il y a une semaine, le lendemain de notre premier dîner au restaurant italien, comme je l'avais promis à Elara. Et maintenant que le jour est arrivé, je suis terrifié.L'ancien Cassian n'aurait jamais fait ça. L'ancien Cassian méprisait la thérapie, la psychologie, tout ce qui touchait de près ou de loin à l'introspection. « Des trucs de faibles », disait-il avec ce mépris arrogant qui lui servait de bouclier. L'ancien Cassian préférait enfouir ses émotions sous des couches de travail et de pouvoir, comme on enterre des déchets toxiques dans un terrain vague en espérant qu'ils ne remontero
Chapitre 82: Les Fantômes du PasséElaraLe petit restaurant italien est derrière nous, mais la chaleur de cette soirée m'habite encore. Nous sommes rentrés au manoir, et Cassian est là, assis dans le salon, une tasse de thé à la main. Mon père s'est retiré dans ses appartements avec un sourire entendu, nous laissant seuls dans la pénombre douce de cette pièce où tant de choses se sont jouées. La cheminée crépite, les flammes dansent sur les murs tapissés de livres, et dehors, le vent de février fait bruisser les branches nues des chênes centenaires.Je suis debout devant la fenêtre, les bras croisés, le front appuyé contre la vitre froide. La nuit est noire, sans lune, et mon reflet dans le verre me renvoie l'image d'une femme qui n'a plus rien à cacher. Nous avons ri ce soir, nous avons parlé, nous avons posé les bases d'une nouvelle relation. Mais je sais que ce n'est pas suffisant. Pour guérir vraiment, il faut affronter les fantômes. Il faut nommer les blessures. Il faut que Cass
Chapitre 81: Le Premier Rendez-VousCassianJe ne me souviens pas de la dernière fois où j'ai été aussi nerveux. Peut-être le jour de mon premier contrat important, quand j'avais vingt-cinq ans et que je devais convaincre un conseil d'administration réticent de me confier un portefeuille de plusieurs millions. Peut-être la première fois que j'ai pris la parole en public, devant des centaines d'actionnaires aux visages fermés. Peut-être jamais. Aucune de ces situations ne se compare à ce que je ressens en ce moment, debout devant le miroir de ma chambre, en train d'ajuster ma chemise pour la énième fois.Ce soir, c'est notre premier rendez-vous. Notre premier vrai rendez-vous. Pas un dîner de gala où nous jouions les couples parfaits devant les caméras. Pas une soirée d'affaires où elle m'accompagnait en souriant sans que je lui adresse un seul regard. Un vrai rendez-vous, avec tout ce que cela implique de vulnérabilité, d'espoir et de peur.J'ai choisi chaque détail avec un soin mania
Chapitre 80: Les Premiers MotsElaraLa porte de l'appartement s'est refermée derrière nous, et le silence qui s'installe n'a rien à voir avec les silences d'autrefois. Ce n'est pas le silence lourd des dîners où nous n'avions rien à nous dire, ni le silence glacial des nuits où nous dormions côte à côte sans nous toucher. C'est un silence neuf, vibrant, chargé de tout ce que nous n'avons pas encore osé prononcer.Cassian est debout près de la fenêtre, les mains dans les poches, le regard tourné vers la nuit londonienne qui scintille au-dehors. Je suis assise sur le canapé, mes talons posés à côté de moi, les pieds nus repliés sous ma robe. Nous venons de rentrer du petit restaurant italien, et l'écho de nos rires résonne encore dans ma tête comme une mél







