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La soumise du millionnaire
La soumise du millionnaire
Author: Meli

Chapitre 1

Author: Meli
last update Petsa ng paglalathala: 2026-08-19 20:39:34

Chapitre 1

Le réveil vibra à cinq heures trente précises. Livia Sinclair ouvrit lentement les yeux avant de fixer le plafond défraîchi de sa petite chambre. Pendant quelques secondes, elle resta immobile, essayant de repousser cette boule d’angoisse qui s’installait chaque matin dans sa poitrine. Elle n’avait pas le luxe de rester au lit.

Elle devait aller à l’université, travailler au café jusqu’à la fermeture, rentrer réviser ses cours… puis recommencer le lendemain.

Elle se leva silencieusement pour ne pas réveiller Grachi.

En passant devant la chambre de sa petite sœur, elle entrouvrit la porte.

La jeune adolescente dormait profondément, son visage pâle contrastant avec ses longs cheveux noirs étalés sur l’oreiller. Malgré son sourire presque permanent, la maladie l’affaiblissait un peu plus chaque semaine.

Livia s’approcha doucement d’elle.

Elle écarta une mèche de cheveux de son front.

— Je te promets que je vais trouver une solution…

Grachi remua légèrement dans son sommeil sans ouvrir les yeux.

Livia esquissa un sourire triste avant de quitter la chambre.

Quelques minutes plus tard, elle était déjà dehors, sac sur l’épaule, un café bon marché à la main.

Le froid du matin lui fouettait le visage.

Son téléphone vibra.

Felina.

Un léger sourire apparut enfin sur ses lèvres.

— Salut.

— Tu es déjà debout ? demanda Felina d’une voix encore endormie.

— Depuis un moment.

— Tu vas encore passer la journée à courir partout…

— Comme tous les jours.

Felina soupira.

— Tu finiras par tomber de fatigue.

— Je n’ai pas le choix.

— Et Grachi ?

Le sourire de Livia disparut aussitôt.

— Elle dort encore. Son rendez-vous à l’hôpital est cet après-midi.

— Tu veux que je vienne avec toi ?

— Non… mais merci.

— Tu es sûre ?

— Oui.

Felina resta silencieuse quelques secondes.

— Tu sais que tu peux compter sur moi.

— Je sais.

— Promets-moi juste une chose.

— Laquelle ?

— Arrête de porter le monde entier sur tes épaules.

Livia laissa échapper un petit rire.

— Si seulement c’était aussi simple.

Après avoir raccroché, elle reprit son chemin vers l’université.

La matinée passa à une vitesse folle.

Entre les cours, les exposés et les travaux de groupe, Livia peinait à rester concentrée.

Son esprit revenait sans cesse au rendez-vous médical de Grachi.

Lorsque le dernier cours prit fin, elle courut presque jusqu’à l’arrêt de bus.

À quatorze heures précises, elle franchissait les portes de l’hôpital.

Grachi l’attendait déjà dans le couloir.

Assise sur une chaise, elle balançait doucement ses jambes tout en lisant un vieux magazine.

En apercevant sa sœur, elle afficha un immense sourire.

— Tu es venue !

Livia s’approcha pour l’embrasser.

— Je te l’avais promis.

— Tu as encore couru, hein ?

— Un peu.

Grachi leva les yeux au ciel.

— Tu fais toujours ça.

— Et toi, tu fais toujours semblant que tout va bien.

La jeune fille haussa les épaules.

— Si je commence à me plaindre, tu vas encore t’inquiéter.

— Parce que je m’inquiète déjà.

L’infirmière apparut dans le couloir.

— Mademoiselle Grachi Sinclair ?

Les deux sœurs se levèrent.

Quelques minutes plus tard, elles étaient installées dans le bureau du médecin.

L’homme consulta longuement le dossier médical avant d’enlever ses lunettes.

Son visage sérieux suffit à faire disparaître le peu d’espoir qui restait à Livia.

— Les derniers examens montrent une aggravation de son état.

Le cœur de Livia se serra.

— Qu’est-ce que cela signifie ?

— Nous devons commencer le traitement le plus rapidement possible.

— Il… il y a une chance qu’elle guérisse ?

Le médecin hocha doucement la tête.

— Oui. Mais nous ne pouvons plus attendre.

Livia souffla de soulagement.

Cette sensation ne dura que quelques secondes.

Le médecin poursuivit :

— En revanche, ce traitement est particulièrement coûteux.

Un silence lourd envahit la pièce.

— Combien ?

Le médecin annonça le montant.

Livia sentit le sol se dérober sous ses pieds.

C’était une somme qu’elle ne gagnerait même pas en plusieurs années.

Elle serra discrètement les poings sous la table.

— Il n’existe pas une autre solution ?

— Malheureusement non.

Grachi baissa la tête.

— Je peux arrêter les soins…

— Ne redis jamais ça.

La voix de Livia trembla malgré elle.

— Tu vas suivre ce traitement.

— Mais…

— Il n’y a pas de “mais”.

Grachi sentit les larmes lui monter aux yeux.

— Je ne veux pas que tu sacrifies toute ta vie pour moi.

Livia prit délicatement ses mains.

— Tu es ma famille.

— Liv…

— Tant qu’il me restera un souffle, je me battrai pour toi.

Le médecin détourna le regard, leur laissant un moment.

Après quelques explications supplémentaires, les deux sœurs quittèrent l’hôpital.

Une fois dehors, Grachi força un sourire.

— Tu sais quoi ?

— Quoi ?

— Quand je serai guérie, je t’inviterai dans le meilleur restaurant de la ville.

Livia rit doucement.

— Avec quel argent ?

— Je trouverai.

— Tu rêves beaucoup.

— Quelqu’un doit bien le faire.

Livia la serra contre elle.

Elle refusait de laisser sa sœur voir sa peur.

En début de soirée, Livia arriva au café où elle travaillait.

Le gérant l’attendait déjà.

— Tu es en retard de cinq minutes.

— Désolée, j’étais à l’hôpital.

— Les clients ne paient pas avec des excuses.

Elle baissa la tête.

— Ça ne se reproduira plus.

— Je l’espère.

Elle enfila rapidement son tablier et commença son service.

Pendant des heures, elle servit cafés, pâtisseries et boissons sans prendre une seule pause.

Vers vingt-deux heures, alors qu’elle débarrassait une table, deux collègues discutaient derrière le comptoir.

— Tu as entendu ? demanda l’une.

— À propos de quoi ?

— Le groupe Voss cherche une nouvelle assistante personnelle.

— Sérieusement ?

— Oui. Apparemment, le salaire est complètement fou.

Livia continua son travail sans intervenir.

— On raconte aussi que personne ne reste plus d’un mois avec ce patron.

— Pourquoi ?

— Il paraît qu’il est insupportable.

— Comment il s’appelle déjà ?

— Elias Voss.

Livia releva légèrement la tête. Ce nom ne lui disait rien. Elle reprit aussitôt son travail. Elle était loin d’imaginer que cet homme allait bientôt bouleverser toute son existence. À la fermeture, elle compta son salaire de la semaine. Les billets lui semblèrent dérisoires. Elle sortit ensuite de son sac la feuille remise par le médecin. Le montant du traitement était inscrit en bas de la page. Ses doigts tremblaient. Des larmes silencieuses roulèrent sur ses joues. Pour la première fois depuis très longtemps… Livia ne savait plus comment sauver la personne qu’elle aimait le plus au monde.

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