LOGINLe message envoyé, Sara sentit une vague de soulagement mêlée à une peur viscérale. Elle avait appuyé sur "envoyer", et cette simple action venait de sceller son destin. Elle allait travailler pour Sutton Investissement , infiltrer l'empire qu'elle haïssait de toutes ses forces, et jouer un jeu dangereux. Pourtant, au fond d'elle-même, un doute immense persistait. Était-elle en train de devenir exactement ce qu'elle méprisait ? Était-elle en train de trahir ses convictions les plus profondes ?Clara l'avait prévenue, et Sara entendait encore sa voix résonner dans son esprit, comme une conscience qu'elle essayait de faire taire.« Tu vas te perdre, Émilie . Tu crois que tu contrôles la situation, mais Sutton Investissement avale tout. Ils te transformeront avant même que tu ne t'en rendes compte. »Elle avait balayé l'avertissement de Clara avec une façade de confiance, mais maintenant, seule dans son appartement, les murs semblaient se refermer sur elle.La peur d'échouer, la peur de
Sara avait passé une nuit blanche après l'appel d'Éric Sutton. Les mots de l'homme résonnaient dans son esprit comme un écho persistant: « Une opportunité », « Vous seriez un atout précieux ».Comment cet homme pouvait-il être si audacieux ? Après avoir démoli tout ce qu'elle avait construit, ruiné ses espoirs de justice et piétiné les preuves qu'elle avait si méticuleusement rassemblées, il osait lui proposer une place dans son empire corrompu. C'était aussi insultant que déconcertant.Assise à la table de sa cuisine, un café froid entre les mains, elle fixait le vide. Le soleil du matin filtrait à travers les volets, mais sa lumière douce ne parvenait pas à dissiper l'ombre qui planait sur son esprit. Elle sentait la colère bouillir en elle, une colère qui se mêlait à une frustration sourde.Mais, derrière cette rage, une autre émotion s'insinuait lentement : le doute.Et si accepter cette offre était la clé pour obtenir sa vengeance ? Et si infiltrer Sutton Corp lui donnait accès à
Le silence dans la salle d'audience était assourdissant. Assise à la table des plaignants, Sara sentait chaque battement de son cœur résonner dans ses tempes. Tout son corps était tendu, chaque muscle prêt à affronter l'inévitable. Elle n'avait pas dormi depuis des jours, et son esprit, toujours en alerte, rejouait en boucle chaque moment de ce procès: les témoignages intimidés, les preuves qu'elle avait minutieusement rassemblées, les regards hautains des avocats de Sutton Investissement . Tout cela menait à cet instant. Le juge, un homme d'âge mûr au visage impassible, se racla la gorge. Le bruit sembla déchirer l'atmosphère étouffante de la salle. Sara serra les poings sous la table, son souffle retenu. Elle n'osait pas regarder Clara, sa meilleure amie et soutien indéfectible, assise à quelques rangs derrière elle. Elle savait que le regard de Clara serait plein d'espoir, mais cet espoir, Sara n'y croyait plus. « Après avoir examiné les preuves et entendu les arguments des d
La tension dans le tribunal était palpable. Après des mois de préparation, de rebondissements et de menaces voilées, Sara se tenait enfin face à la cour pour le procès tant attendu contre Sutton investissement . La salle était bondée ce matin-là : des journalistes, des victimes, et même des curieux venus assister à ce qu'on décrivait comme « l'affaire de l'année ». Sutton était là, entouré de son équipe d’avocats tous plus corrompus les un que les autres , son visage impassible dissimulant l'agacement qu'il devait ressentir. Sara, elle, se tenait droite, vêtue d’un tailleur noir qui lui allait à merveille . Ses yeux déterminés fixaient le juge et les jurés. Elle savait que ce procès ne serait pas seulement une bataille juridique, mais aussi un combat moral pour rendre justice aux nombreuses victimes. Le premier jour du procès commença avec les déclarations d'ouverture des deux camps. Maître Lutz ( Emilie Lutz /Sara)prit la parole en premier, sa voix claire et posée résonnant d
Le téléphone de Sara vibra alors qu’elle terminait de se préparer. « Dis-moi que tu n’es pas encore en tailleur noir », supplia Clara dès la première sonnerie. Sara esquissa un sourire devant le miroir. « Non ». « Non comment ? » « Robe bleu nuit. Simple.Talons bas ». « Dieu merci ». Clara soupira dramatiquement « Tu mets les cheveux attachés ou lâchés ?Sara observa son reflet. Ses cheveux retombaient naturellement sur ses épaules ». « Lâchés ». « Parfait. Tu vois ? Même sans le vouloir, tu fais des efforts ». « Ce n’est pas un rencard, Clara ». Répondit Sara peu sûre d’elle « Bien sûr que si. C’est juste toi qui refuses de l’admettre ». Sara attrapa son manteau. « Je t’appelle après ». « Non. Tu m’appelles après. Et tu me racontes tout ». Sara raccrocha sans répondre, mais son sourire ne la quitta pas. Elle ajusta une mèche de cheveux derrière son oreille, jetant un dernier coup d’œil au miroir de sa chambre . Sara se demandait ce que tout ceci pouvait
La nuit fut courte. Sara dormit par à-coups, le corps encore tendu, l’esprit incapable de décrocher. Chaque bruit prenait une ampleur démesurée. Le vent contre les volets. Un craquement dans les murs. Le cliquetis lointain d’une voiture qui passait trop lentement dans la rue. Elle se leva avant l’aube. La maison baignait dans une pénombre grise, lourde. Elle traversa le salon pieds nus, encore engourdie, et s’arrêta net. Quelque chose n’allait pas. Ce n’était pas un détail précis, plutôt une sensation. L’ordre avait été rompu. La table basse était légèrement déplacée. Un coussin avait glissé au sol. Rien de spectaculaire. Rien qui ressemblait à un cambriolage ordinaire. Mais Sara sentit immédiatement son estomac se nouer. Elle avança lentement. Le tiroir de son bureau était ouvert. Elle ne se souvenait pas de l’avoir laissé ainsi. Son cœur accéléra. Elle s’approcha, ouvrit complètement le tiroir… vide. Le dossier. La clé USB. Les copies papier soigneusement classées la ve