LOGINChapitre 49
Vaelys
La nuit est tombée depuis longtemps sur la demeure des Serhan, et le salon où nous travaillons, Kaïren et moi, est plongé dans une pénombre que seules troublent les flammes dansantes de la cheminée et la lueur douce d'une lampe à huile posée sur la table basse. Les documents sont éparpillés autour de nous, cartes, rapports de surveillance, relevés bancaires d
Chapitre 87VaelysC'est ainsi que commence ma double vie.Les semaines qui suivent sont un enfer silencieux, un ballet de mensonges et de dissimulations, où chaque sourire échangé avec Kaïren me coûte un peu plus de mon âme. Le jour, je suis la femme aimante, l'épouse dévouée, celle qui veille sur son mari, qui l'écoute, qui le soutient. La nuit, quand il s'endort, je me glisse hors du lit, je me rends dans mon bureau, et je compile les informations que Sterling me réclame.D'abord, ce ne sont que des détails. Des dates, des noms, des montants. Rien de vraiment sensible. Je me dis que je peux le faire, que ce n'est pas si grave, que je protège Kaïren en évitant que la vérité éclate. Mais Sterling ne se contente pas de ces miettes. Il veut plus, toujours plus. Les noms des conseille
Chapitre 86VaelysJe n'aurais jamais dû accepter ce rendez-vous.Sterling m'a contactée deux jours après notre retour de lune de miel, par l'intermédiaire d'un messager discret, une lettre posée sur mon bureau dans la demeure des Serhan, alors que Kaïren était en réunion. L'écriture était fine, élégante, presque aristocratique, et le message, laconique mais terriblement précis : « Madame Volkov, j'ai en ma possession des informations que vous souhaiteriez garder secrètes. Je vous propose de nous rencontrer, seuls, pour en discuter. Je vous attends demain, à trois heures, au café Le Lys Noir. Ne manquez pas à ce rendez-vous. »Le Lys Noir. Ce même café où j'avais rencontré Dorian autrefois, où j'avais tissé les premiers fils de ma ven
Chapitre 85KaïrenL'hélicoptère survole Noctharis au coucher du soleil, et la cité se déploie sous nos yeux comme un écrin de pierre et de lumière, ses canaux scintillants reflétant les dernières lueurs orangées du jour, ses palais de marbre blanc se teintant de rose et d'or, ses mille fenêtres s'allumant une à une comme des étoiles qui naîtraient sur terre. Je sens la main de Vaelys dans la mienne, chaude et confiante, ses doigts entrelacés aux miens avec cette douceur qu'elle a retrouvée pendant ces semaines sur notre île, loin du monde, loin des intrigues, loin des fantômes.Elle est plus belle que jamais, les joues hâlées par le soleil tropical, les yeux plus clairs, le sourire plus facile. Le vent de l'hélice fait voleter ses cheveux blonds qu'elle a laissés dénou
Chapitre 84VaelysL'île est un secret gardé jalousement par les Volkov depuis des générations, un bout de terre perdu au milieu de l'océan, à des milliers de kilomètres de Noctharis, là où le ciel est toujours bleu et la mer toujours chaude. Kaïren a fait aménager une villa au bord d'une crique déserte, une bâtisse blanche aux volets bleus, entourée de palmiers et de bougainvilliers en fleur, dont les pétales pourpres jonchent le sable comme un tapis de bienvenue.Nous y arrivons par un hélicoptère privé, au coucher du soleil, alors que l'horizon se teinte d'orange et de rose, et que l'océan, en contrebas, scintille comme une mosaïque de saphirs et d'émeraudes. Je descends la première, mes pieds nus s'enfonçant dans le sable chaud, et je ferme les yeux pour mieux resp
Chapitre 83VaelysLe matin de mon mariage, la pluie a cessé, et les nuages se sont dissipés un à un, comme s'ils obéissaient à une consigne venue d'en haut. Le ciel de Noctharis est d'un bleu si pur, si lumineux, qu'on le croirait repeint à neuf, lavé de toutes les tempêtes passées. La demeure des Serhan, ma demeure, resplendit dans cette lumière d'hiver, ses fenêtres étincelant comme des miroirs, ses rosiers blancs encore parsemés de givre, la glycine de la pergola déjà chargée de bourgeons prometteurs.Je suis dans ma chambre, celle où j'ai dormi enfant, celle où j'ai pleuré mon exil, celle où Kaïren est venu me supplier à genoux il y a quelques mois. Les murs sont tendus de soie ivoire, et les oiseaux peints sur le papier peint, autrefois à moiti&ea
Chapitre 82KaïrenLe silence qui s'est installé entre nous depuis quelques jours n'est pas un silence ordinaire, ni cette pause confortable que l'on partage après l'amour, quand les corps sont encore mêlés et que les mots deviennent superflus, remplacés par la simple chaleur d'une présence aimée. Non, celui-ci est différent, plus tranchant, plus inquiétant. Il est fait de choses retenues, de regards qui se détournent au dernier moment, de mains qui se retirent un peu trop vite, comme si la peau de l'autre s'était soudain mise à brûler, comme si le contact, autrefois si désiré, était devenu une source de souffrance diffuse et inavouable.Je suis assis dans mon fauteuil de cuir havane, ce meuble massif aux accoudoirs sculptés que j'ai fait venir de mon bureau du palais Volkov, près de la fen&eci
Chapitre 54KaïrenJe flotte dans un brouillard cotonneux, entre le sommeil et la veille, entre la vie et la mort. La douleur est une présence sourde, un feu qui couve sous mon épaule, mais je n’y prête pas att
Chapitre 50KaïrenL'orage qui gronde au-dehors n'est rien comparé à celui qui fait rage en moi. Depuis des jours, des semaines, je vis suspendu à un fil, oscillant entre l'espoir et le désespoir, entre la raison et la fol
Chapitre 48KaïrenLes jours qui suivent notre accord sont étranges, suspendus dans une atmosphère de guerre froide. Nous nous rencontrons chaque matin dans mon bureau ou dans la bibliothèque des Serhan, selon l’urgence. Do
Chapitre 46KaïrenLe bureau du palais Volkov est silencieux, seulement troublé par le crépitement du feu dans la cheminée et le tintement lointain d’une horloge qui égrène les heures. La nuit es







