LOGINChapitre 48
Kaïren
Les jours qui suivent notre accord sont étranges, suspendus dans une atmosphère de guerre froide. Nous nous rencontrons chaque matin dans mon bureau ou dans la bibliothèque des Serhan, selon l’urgence. Dorian nous rejoint parfois, apportant des informations sur les hommes de main de Lord Ashford, leurs déplacements, leurs caches. Ruslan, de son côté, coordonne les équipes de
Chapitre 86VaelysJe n'aurais jamais dû accepter ce rendez-vous.Sterling m'a contactée deux jours après notre retour de lune de miel, par l'intermédiaire d'un messager discret, une lettre posée sur mon bureau dans la demeure des Serhan, alors que Kaïren était en réunion. L'écriture était fine, élégante, presque aristocratique, et le message, laconique mais terriblement précis : « Madame Volkov, j'ai en ma possession des informations que vous souhaiteriez garder secrètes. Je vous propose de nous rencontrer, seuls, pour en discuter. Je vous attends demain, à trois heures, au café Le Lys Noir. Ne manquez pas à ce rendez-vous. »Le Lys Noir. Ce même café où j'avais rencontré Dorian autrefois, où j'avais tissé les premiers fils de ma ven
Chapitre 85KaïrenL'hélicoptère survole Noctharis au coucher du soleil, et la cité se déploie sous nos yeux comme un écrin de pierre et de lumière, ses canaux scintillants reflétant les dernières lueurs orangées du jour, ses palais de marbre blanc se teintant de rose et d'or, ses mille fenêtres s'allumant une à une comme des étoiles qui naîtraient sur terre. Je sens la main de Vaelys dans la mienne, chaude et confiante, ses doigts entrelacés aux miens avec cette douceur qu'elle a retrouvée pendant ces semaines sur notre île, loin du monde, loin des intrigues, loin des fantômes.Elle est plus belle que jamais, les joues hâlées par le soleil tropical, les yeux plus clairs, le sourire plus facile. Le vent de l'hélice fait voleter ses cheveux blonds qu'elle a laissés dénou
Chapitre 84VaelysL'île est un secret gardé jalousement par les Volkov depuis des générations, un bout de terre perdu au milieu de l'océan, à des milliers de kilomètres de Noctharis, là où le ciel est toujours bleu et la mer toujours chaude. Kaïren a fait aménager une villa au bord d'une crique déserte, une bâtisse blanche aux volets bleus, entourée de palmiers et de bougainvilliers en fleur, dont les pétales pourpres jonchent le sable comme un tapis de bienvenue.Nous y arrivons par un hélicoptère privé, au coucher du soleil, alors que l'horizon se teinte d'orange et de rose, et que l'océan, en contrebas, scintille comme une mosaïque de saphirs et d'émeraudes. Je descends la première, mes pieds nus s'enfonçant dans le sable chaud, et je ferme les yeux pour mieux resp
Chapitre 83VaelysLe matin de mon mariage, la pluie a cessé, et les nuages se sont dissipés un à un, comme s'ils obéissaient à une consigne venue d'en haut. Le ciel de Noctharis est d'un bleu si pur, si lumineux, qu'on le croirait repeint à neuf, lavé de toutes les tempêtes passées. La demeure des Serhan, ma demeure, resplendit dans cette lumière d'hiver, ses fenêtres étincelant comme des miroirs, ses rosiers blancs encore parsemés de givre, la glycine de la pergola déjà chargée de bourgeons prometteurs.Je suis dans ma chambre, celle où j'ai dormi enfant, celle où j'ai pleuré mon exil, celle où Kaïren est venu me supplier à genoux il y a quelques mois. Les murs sont tendus de soie ivoire, et les oiseaux peints sur le papier peint, autrefois à moiti&ea
Chapitre 82KaïrenLe silence qui s'est installé entre nous depuis quelques jours n'est pas un silence ordinaire, ni cette pause confortable que l'on partage après l'amour, quand les corps sont encore mêlés et que les mots deviennent superflus, remplacés par la simple chaleur d'une présence aimée. Non, celui-ci est différent, plus tranchant, plus inquiétant. Il est fait de choses retenues, de regards qui se détournent au dernier moment, de mains qui se retirent un peu trop vite, comme si la peau de l'autre s'était soudain mise à brûler, comme si le contact, autrefois si désiré, était devenu une source de souffrance diffuse et inavouable.Je suis assis dans mon fauteuil de cuir havane, ce meuble massif aux accoudoirs sculptés que j'ai fait venir de mon bureau du palais Volkov, près de la fen&eci
Chapitre 81VaelysLa nuit est tombée sur Noctharis, épaisse et froide, pesant sur la ville comme une couverture de plomb trop lourde pour des épaules humaines. La demeure des Serhan baigne dans une obscurité seulement troublée par la lueur vacillante des bougies que j'ai allumées un peu partout, par peur de l'obscurité, ou peut-être pour conjurer les fantômes qui hantent mes pensées.Le coffret est posé sur ma table de chevet, fermé, mais je sais ce qu'il contient. Chaque lettre, chaque mot, chaque virgule est gravé dans ma mémoire, comme une cicatrice qu'on ne peut plus effacer. Ces lettres, ces preuves, ce poison qui pourrait tout détruire si je le laisse se répandre, sont là, à quelques centimètres de ma main, silencieux, menaçants, comme une bombe à retardemen
Chapitre 38KaïrenElle est partie, et le silence retombe sur le salon comme une chape de plomb. Je reste debout, seul au milieu des meubles anciens, des roses fraîchement coupées, des portraits de ses ancêtres qui me transpercent
Chapitre 37VaelysIl sait. Ces deux mots résonnent dans ma tête comme un glas. Kaïren Volkov, l'homme qui m'a condamnée, qui m'a regardée sombrer sans tendre la main, se tient devant moi, dans le salon de la
Chapitre 34VaelysLe matin s'étire sur la demeure des Serhan comme une caresse timide. Les premières lueurs de l'aube percent à travers les rideaux de lin et dessinent sur le parquet ciré des raies de lumiè
Chapitre 29VaelysTrois jours plus tard, la lettre est arrivée.Je rentrais d’une réunion au conseil des Canaux, où j’avais dû parer les attaques de plus en plus désespérées des alliés de Kaïren. La neige fondue crissait sous les pneus de la limousine, et Noctharis disparaissait sous un manteau de







