LOGINLeonardo CrossJe me sentais torturé à l'idée d'abandonner Carmela seule à Milan, sans moi ni ses proches pour la protéger si ce tocard de Lucca Marone revenait la harceler.À mesure que le VTC s'éloignait, mes yeux s'étaient instinctivement tournés vers l'arrière, mesurant la distance qui grandissait entre la femme de ma vie et moi.Il fut aisé de repérer l'individu qui venait de fondre sur elle, plantée sur le trottoir à guetter la berline qui m'emportait.— Arrêtez ce véhicule, tout de suite ! — somai-je au chauffeur, interloqué par mon timbre de voix, qui fléchit l'allure et rabattit l'auto sur le bas-côté.— Qu'y a-t-il, monsieur ? — s'enquit-il, éberlué, les prunelles écarquillées dans mon rétroviseur.Je sautai de la voiture sans un mot et rebroussai chemin en courant pour fondre sur Carmela.— ... tu dois te rendre à l'évidence, Mel. Discutons et remettons les pendules à l'heure... — m'arrivèrent les diatribes de ce salopard à mesure que je fondais sur eux.— Décampe sur-le-ch
Carmela BianchiJe m'affairais à me préparer tout en regardant Leonardo s'habiller pour son départ.J'avais réussi à lui faire prolonger son séjour de deux jours, mais il lui était impossible de rester plus longtemps, entre ses lourdes responsabilités et ses urgences à Castiglioncello.J'avais fait mon possible pour taire l'incident d'avant-hier, lorsque ce salopard de Lucca avait débarqué au studio pour menacer mon équipe et exiger de me voir.Si Leonardo apprenait cette provocation, il refuserait net de me laisser seule à Milan, et je ne pouvais me résoudre à jeter mon travail aux orties pour lui.C'était un compromis douloureux, mais je me heurtais à un refus catégorique d'abandonner ma carrière et mon studio à cause de ce narcissique abject.— Quand reviendras-tu me voir, Leo ? — demandai-je, la poitrine étreinte rien qu'en songeant à la distance.La présence de cet homme était devenue mon addiction la plus absolue et incontrôlable.— Je ne peux te fixer de date exacte, ma rebelle
Diana CrossJ'avais réussi à convaincre les parents de Marcela de laisser Pilar venir en Italie sous prétexte de rendre visite à sa sœur et de lui faire une surprise.Mais au fond de mon cœur, quelque chose me soufflait qu'il y avait bien plus derrière les secrets unissant cette famille et ce monstre de Rafael Tomazo.J'entendis la sonnette retentir avec insistance dans le vestibule privé, devinant qu'il s'agissait de Pilar.J'avais organisé des billets en première classe et tout le transfert privé pour l'amener jusqu'ici dans un confort et une sécurité absolus.— Bonjour... Je suis Pilar — se présenta la jeune fille dès que j'ouvris la porte de l'appartement, arborant un sourire chaleureux pour l'accueillir.— Vous êtes bien Mme Diana Cross, n'est-ce pas ? — s'enquit-elle, serrant la lanière de son sac à dos de ses mains tremblantes de nervosité.Pilar était d'une beauté saisissante, ne paraissant pas plus de vingt ans, à la peau diaphane et aux cheveux sombres comme la nuit.Elle af
Marcela SalazarAprès le départ abrupt de Tereza de ma chambre, je me pris à songer à l'identité de cette mystérieuse amie venue me rendre visite.Cette surprise inattendue faisait-elle partie du plan de M. Bianchi pour m'arracher définitivement à cette geôle ?Pour mon plus grand soulagement, le tyran Rafael n'était pas en Italie. Il s'était absenté pour affaires, m'assurant un répit de quatre jours loin de sa présence terrifiante.Nourrie par une lueur d'espoir quant à ma future évasion, je trouvai la force de m'offrir une longue douche.À présent, mon estomac criait famine en attendant que Lina ou l'insupportable Tereza m'apportent une pitance nourrissante.— Mademoiselle, je n'ai guère de temps, je dois faire vite avant la ronde de Mme Tereza — s'introduisit Lina en portant un plateau.— Lina, sais-tu qui est cette amie qui débarque demain ? — demandai-je avec impatience, relevant mes oreillers.— Aucune idée, mademoiselle. Mais si c'est un émissaire de votre ami, je saurai tout c
Enzo BianchiJe me sens encore tout étourdi par ce que je viens d'entendre de la bouche de ma belle-sœur dans mon bureau.Diana a-t-elle idée du danger colossal dans lequel elle s'est mise ? S'il lui arrivait quoi que ce soit, Lorenzo ne me le pardonnerait jamais, et moi encore moins.— Diana, tu n'aurais pas pu faire une telle folie sans nous consulter avant ! — me levai-je du fauteuil, pris d'une nervosité palpable.Je fais les cent pas en me massant les tempes, sentant la pression monter : — Rafael Tomazo est un homme froid, malade et extrêmement dangereux.— Oh, Enzo ! Je suis venue ici en pensant que tu serais heureux d'avoir une chance de sortir Marcela de ce cachot, et tout ce que j'entends, c'est toi qui te plains ! — se défendit Diana, frustrée.— Ce n'est pas ça, Diana ! C'est juste que... ce qu'on sait de Rafael n'a rien de réjouissant. J'ai vu de près de quoi il est capable, et je ne veux pas que tu prennes de risques.— Raison de plus pour que tu te motives et élabores un
Leonardo CrossJe laissai Carmela pleurer toutes les larmes de son corps, tout en la maintenant fermement blottie et protégée dans mes bras.Malgré la nécessité d'obtenir la vérité sur son passé avec Lucca, je n'aurais jamais imaginé me heurter à une telle infamie et à une telle cruauté.Une vague de révolte aveugle et primitive me consumait de l'intérieur, faisant bouillir mon sang à la seule idée de ce misérable.Je désirais de toutes mes forces traquer ce maudit individu et le faire payer au centuple chaque seconde de terreur qu'il lui avait infligée.Malgré le poids de la culpabilité pour l'avoir forcée à revivre cet enfer, je savais que la vérité demeurait notre unique bouclier pour l'avenir.— Viens avec moi à Castiglioncello, Carmela... Je ne te laisserai pas ici seule avec cette vermine rôdant près de ta porte — murmurai-je, pressant son corps contre le mien.— Je viens tout juste de lancer ma nouvelle collection, Leo. J'ai un tas d'événements professionnels et d'interviews pr







