Se connecterLes deux semaines qui suivirent furent les plus étranges de la vie d’Evelyn.Elle n’était pas encore retournée vivre dans le penthouse. À la place, elle séjournait dans une suite d’hôtel calme que Damien avait organisée pour elle — un terrain neutre. Il respectait son besoin d’espace. Chaque matin, il lui envoyait des fleurs accompagnées d’un simple mot :« Je suis toujours là. »Il suivait une thérapie trois fois par semaine et lui envoyait même les comptes rendus de ses séances lorsqu’elle les demandait.C’était lent.Douloureux.Mais réel.Un soir, Damien se présenta à son hôtel avec des plats à emporter de son restaurant italien préféré et un air nerveux dans les yeux.— Je sais que tu as dit qu’il fallait aller doucement, dit-il en restant devant la porte, mais tu m’as manqué. Est-ce que je peux entrer ?Evelyn hésita, puis s’écarta pour le laisser passer.Ils dînèrent sur le balcon qui surplombait la ville. Au début, leur conversation resta prudente. Ils parlèrent surtout de l’é
Evelyn n’arrivait pas à dormir.Elle faisait les cent pas dans la luxueuse suite d’invités du manoir de Richard, son esprit étant devenu un véritable champ de bataille. Chaque fois qu’elle fermait les yeux, elle revoyait Damien à genoux, la suppliant. Puis apparaissait le sourire narquois de Clara. Ensuite, le sourire froid et calculateur de Richard.Son téléphone ne cessait de s’illuminer avec des messages de Damien. Elle n’avait répondu à aucun d’entre eux.À 3 h 17 du matin, elle finit par craquer.Elle composa son numéro.Il répondit instantanément, la voix chargée de fatigue et d’espoir.— Evelyn ?— Je suis tellement fatiguée, Damien, murmura-t-elle, tandis que les larmes coulaient déjà sur ses joues. Je ne sais plus qui je suis. Je ne sais même plus qui tu es.— Je sais, mon cœur, répondit-il doucement. C’est moi qui nous ai fait ça. Mais je suis là. Je me bats pour nous. Dis-moi ce dont tu as besoin. Je ferai n’importe quoi.Elle resta silencieuse pendant un long moment.— J’a
La rencontre eut lieu dans un endroit neutre : une salle de conférence exclusive aux murs de verre, située au dernier étage d’un hôtel du centre-ville. Pas de journalistes. Pas d’avocats. Juste eux trois.Evelyn était assise entre son père biologique et l’homme qu’elle n’arrivait toujours pas à cesser d’aimer. La tension qui régnait dans la pièce était étouffante.Richard Langford était adossé à son siège, calme et imposant. Damien était assis juste en face de lui, les yeux rougis et la mâchoire tellement crispée que cela semblait douloureux.— C’est toi qui as demandé cette rencontre, dit Richard d’un ton posé. Alors parle.Damien ne regarda même pas Richard. Son regard était fixé sur Evelyn.— Je suis venu pour supplier, dit-il d’une voix rauque. Pas pour mon entreprise. Pas pour ma réputation. Je suis venu pour elle.Le souffle d’Evelyn se bloqua. Elle détourna les yeux, incapable de soutenir l’intensité de son regard.— Je sais que je ne mérite pas une seconde chance, poursuivit D
Le scandale éclata à 7 h 02 du matin.« Le milliardaire Damien Voss accusé de fraude d’entreprise et de complot de vengeance contre son épouse »Tous les grands médias relayèrent l’affaire. Les gros titres envahirent les écrans. Les actions de Voss Empire chutèrent de 34 % en moins d’une heure.Damien se tenait dans son bureau au sommet de son penthouse, regardant la couverture médiatique en direct dans un silence stupéfait. Son téléphone n’arrêtait pas de sonner : membres du conseil d’administration, investisseurs, avocats. Mais il ne parvenait à se concentrer que sur la photo utilisée par les journalistes : un cliché de lui et d’Evelyn à une époque plus heureuse, désormais accompagné de la légende :« La Mariée Forcée »Il composa le numéro d’Evelyn pour la centième fois. Messagerie vocale.— Mon amour, s’il te plaît…Sa voix était rauque lorsqu’il laissa son message.— Je sais que je mérite tout ça. Mais ne le laisse pas se servir de toi de cette façon. Rappelle-moi. Je t’en suppli
Evelyn se tenait sur le balcon de l’immense villa en bord de mer de Richard Langford, tandis qu’une brise fraîche agitait son carré noir. Le dossier de preuves reposait ouvert sur la table en verre à côté d’elle. Chaque page lui semblait plus lourde que la précédente.Richard sortit sur le balcon en lui tendant un verre de vin.— Le premier mouvement est déjà en cours, dit-il calmement. Mes avocats préparent une plainte contre Voss Empire pour fraude d’entreprise. Nous divulguerons certains documents à la presse dans trois jours.L’estomac d’Evelyn se noua.— Trois jours ? Aussi vite ?— Il le mérite, répondit Richard. Il a passé des années à planifier ta destruction. Maintenant, nous allons l’achever.Elle hocha lentement la tête, mais son cœur n’y était pas totalement. La voix brisée de Damien au téléphone résonnait encore dans son esprit.« Je te choisis, toi. »Son téléphone vibra de nouveau. Un autre message de Damien.Damien : Je suis devant les grilles. S’il te plaît, laisse-mo
Evelyn regardait par le hublot du jet privé de Richard Langford tandis que les lumières de Manhattan devenaient de plus en plus petites sous eux. Le siège en cuir semblait trop luxueux, presque moqueur face à son état émotionnel. Son carré noir court et parfaitement lisse était légèrement décoiffé à force d’y passer nerveusement les doigts toute la nuit.Richard était assis en face d’elle, un verre de whisky à la main, l’observant avec une patience calculée.« Tu n’es pas obligée de tout décider ce soir », dit-il calmement. « Mais plus tu attends, plus Damien retrouve du pouvoir. Il est déjà en train de raconter à la presse que le “stress” affecte notre “mariage heureux”. »Evelyn se tourna vers lui, les yeux rouges et gonflés.« Je l’aime encore », avoua-t-elle dans un murmure. Les mots avaient un goût de poison. « Même après tout ce qu’il m’a fait… j’aime encore ce salaud. »L’expression de Richard ne changea pas.« L’amour est une faiblesse, Evelyn. Il s’est servi de toi. Il a couc
Evelyn passa toute la nuit dans la chambre d’amis, les yeux rivés sur le dossier que Richard Langford lui avait remis. Chaque document était une arme chargée pointée sur l’empire de Damien. Une seule signature de sa part suffirait à aider à faire tomber l’homme qui avait brisé son cœur.Mais sa mai
Evelyn était assise en face de Richard Langford dans une loge privée d’un restaurant huppé du centre-ville. L’homme qui avait abandonné sa mère ne ressemblait en rien au monstre qu’elle avait imaginé. Il était élégant, charismatique et dégageait la même présence imposante que Damien.« Tu ressemble
Evelyn ne savait plus depuis combien de temps elle était assise sur le sol froid de la cuisine, entourée de morceaux de céramique brisés. Des heures, peut être. Le penthouse était silencieux, à l’exception de ses sanglots étouffés qui revenaient de temps en temps.Son téléphone n’arrêtait pas de vi
Le penthouse, autrefois symbole de luxe et de nouveaux départs, ressemblait désormais à une prison dorée.Evelyn se tenait dans le dressing, observant son reflet dans le miroir. Son carré noir parfaitement lisse était impeccablement coiffé, et elle portait une robe émeraude ajustée qui mettait en v







