MasukPoint de vue de Zora
HUIT ANS PLUS TARD Ariana est devenue une belle jeune fille intelligente. Elle a de magnifiques yeux verts et un très joli sourire. Elle est la meilleure chose qui me soit arrivée durant toutes ces années. Elle est le portrait craché de Derrick ; la seule chose qu’elle a héritée de moi, ce sont mes fossettes. Ces huit années en tant que mère célibataire ont ressemblé à des montagnes russes. Le parcours n’a pas été facile. J’ai travaillé très dur pour m’assurer que ma fille et moi vivions convenablement. Je suis tellement reconnaissante que tous mes efforts aient porté leurs fruits et que je sois aujourd’hui à la tête de ma propre entreprise. Cela n’a pas été simple, mais abandonner n’a jamais été une option. Je me suis assurée de donner à ma fille à la fois l’amour d’une mère et celui d’un père afin qu’elle n’ait jamais à ressentir le besoin de demander après son père. Mais il y a deux ans, lors d’une réunion familiale organisée par son école, elle était particulièrement renfermée. J’ai remarqué qu’elle regardait autour d’elle alors que presque tous les enfants étaient accompagnés de leurs deux parents. Puis une question est soudainement sortie de sa bouche. — Maman. Elle regardait un enfant en particulier qui était avec ses deux parents. — Oui, mon bébé ? répondis-je rapidement, sachant déjà quelle serait sa question. — Pourquoi est-ce que je n’ai pas de papa ? Elle se tourna vers moi, les sourcils légèrement froncés. — Mon bébé, quand tu seras plus grande, je t’expliquerai pourquoi, d’accord ? J’esquissai un sourire, essayant de retenir mes émotions. Je repoussai une mèche de ses cheveux derrière son oreille et elle me répondit par un petit sourire avant de hocher la tête. Ce que j’admire le plus chez Ariana, c’est qu’elle écoute toujours. Elle n’aime pas être distraite et n’oublie jamais ce qu’on lui dit ni les promesses qu’on lui fait. J’ai fait de mon mieux pour ne pas laisser couler une larme afin qu’elle ne remarque rien. Depuis ce jour, elle n’a plus jamais posé la question. Mais je suis certaine qu’un moment viendra où elle demandera à nouveau, ou bien où je lui raconterai moi-même ce qui s’est passé. Mais pas tout de suite. — Allez, allez, on y va maintenant, Ana. Je l’appelle Ana. Nous avions terminé notre petit-déjeuner et étions prêtes à partir. Je la dépose toujours à l’école avant d’aller travailler. — D’accord maman, laisse-moi aller chercher mon sac. Elle sauta de sa chaise et courut vers le salon. — Mary, prends soin de la maison. Je rentrerai tôt aujourd’hui, alors ne te donne pas la peine d’aller chercher Ana. Je m’en occuperai moi-même. Mary est la nounou d’Ana. Elle est avec nous depuis que ma fille a deux ans et je la considère désormais comme un membre de ma famille. — Très bien, Madame Zora. Elle sourit et nous dit au revoir tandis que nous partions. Nous déposâmes Ana à son école. — Ana, maman te verra plus tard, d’accord ? Je déposai un baiser sur son front. — D’accord maman, au revoir ! Elle me fit signe de la main avant d’entrer dans l’établissement. Ana est toujours impatiente d’aller à l’école, même pendant les vacances. Et lorsqu’elle rentre à la maison, elle me raconte tout ce qui s’est passé sans rien oublier. Elle a une personnalité tellement agréable et je l’aime de tout mon cœur. J’arrivai finalement au bureau. Il n’y avait pas grand-chose à faire ce matin-là. Après avoir assisté à une réunion, ma secrétaire entra dans mon bureau avec un dossier à la main. — Madame Zora, vous avez une réunion à quatorze heures. Elle n’était pas prévue dans l’agenda, elle vient d’être ajoutée en urgence. C’était Sophia, ma secrétaire. — Pourquoi ne pas l’avoir programmée pour demain ? Je ne pense pas que ce soit possible aujourd’hui. Je répondis immédiatement. J’avais promis à Ana d’aller la chercher moi-même et je voulais passer du temps avec elle aujourd’hui. Cela faisait longtemps que nous n’avions pas pu le faire à cause de mon travail. — Ils ont insisté pour que cela se fasse aujourd’hui pour certaines raisons. Elle avait l’air légèrement inquiète. — De quelle entreprise s’agit-il ? Mon visage se crispa légèrement car mon humeur venait déjà d’être gâchée. — Exela Inc., l’une des plus grandes entreprises des États-Unis. Mes yeux s’écarquillèrent légèrement. J’avais déjà entendu parler de cette société, mais je ne connaissais pas son propriétaire. C’était une entreprise très réputée et j’avais moi-même envisagé de collaborer avec elle. Je suppose que je devrais tenter ma chance. — Très bien. Reprogramme la réunion à quinze heures et informe-les. — Bien, madame. Elle hocha la tête avec un léger sourire avant de sortir. Heureusement que je n’avais rien dit à Ana à propos de notre sortie. Sinon, j’aurais eu de gros ennuis avec elle. Je ris doucement à cette pensée. Je vais simplement appeler Mary et lui demander d’aller chercher Ana à l’école. Je sortis mon téléphone et appelai Mary pour lui demander de récupérer Ana tout en lui expliquant pourquoi je ne pourrais pas venir la chercher moi-même. Quelques heures plus tard, je me préparais pour la réunion. Il était presque quatorze heures trente lorsqu’on frappa à ma porte et que Sophia entra. — Madame Zora, il reste trente minutes avant le début de la réunion. Elle venait me le rappeler. C’était l’une des règles que j’avais instaurées : elle devait toujours me prévenir trente minutes avant une réunion ou un rendez-vous avec un client. — Très bien. Apporte ces documents dans la salle de réunion. Je vous rejoins dans un instant. Je rangeais mon bureau afin de ne laisser aucun document important derrière moi. — Bien, madame. Elle prit les dossiers posés sur mon bureau avant de sortir. Je me sentais étrangement nerveuse. Je ne savais pas pourquoi. Je remarquai que mes mains étaient moites. Pourquoi est-ce que je me sens comme ça ? J’ai conclu des accords avec tellement d’entreprises et je ne me suis jamais sentie ainsi auparavant. Ma gorge devint soudainement sèche. Je bus un peu d’eau et essayai de me calmer. Ce n’est qu’une réunion. Rien n’a encore été décidé. Je ne devrais pas me stresser pour rien. Je quittai mon bureau en direction de la salle de réunion. Et je remarquai qu’ils n’étaient pas encore arrivés. — Mary, ils ne sont pas encore là ? Je fronçai les sourcils, légèrement agacée. — Veuillez nous excuser de vous avoir fait attendre. J’entendis une voix grave derrière moi et me retournai immédiatement pour voir de qui il s’agissait.Chapitre 99Point de vue de DerrickJe me réveillai dans une chambre d’hôpital et aperçus une infirmière près de moi.« Monsieur Derrick, vous êtes enfin réveillé ! Euh… restez allongé, je vais chercher le médecin, d’accord ? »Elle sortit presque en courant de la chambre.Une douleur vive me traversa le dos.Depuis combien de temps étais-je cloué à ce lit ?À voir l’expression qu’elle avait eue, cela devait faire un moment.La dernière chose dont je me souvenais était le coup de feu.Quelques minutes plus tard, le médecin entra, l’air visiblement soulagé.« Enfin, Monsieur Derrick, vous êtes réveillé. »Il me sourit avant de procéder à quelques examens.« Docteur, combien de temps ai-je été inconscient ? »« Un peu plus d’une semaine. »Je restai bouche bée.Puis les souvenirs revinrent brusquement.Ana.« Ana ! »Je saisis aussitôt le bras du médecin.« Où est-elle ? »« Calmez-vous. Elle va bien. Elle n’est simplement pas là pour le moment. Elle viendra probablement plus tard. »Je
Chapitre 98Point de vue de Zora« Dans quel hôpital ? »Ma voix était à peine audible.« Allons-y tout de suite », dit Stacy.Nous montâmes dans la voiture et elle démarra sans perdre une seconde.Lorsque nous arrivâmes enfin à l’hôpital, nous nous précipitâmes à l’intérieur.On me conduisit immédiatement vers la chambre où se trouvait Ana.« Maman ! »Elle sauta de son lit et courut vers moi.Je m’accroupis aussitôt pour la serrer contre moi avec toute la force dont j’étais capable, couvrant son front de baisers.« Mon Ana... mon bébé... »Les larmes dévalèrent mes joues tandis que je retrouvais enfin ma fille.« Comment vas-tu, mon cœur ? Ils ne t’ont pas fait de mal ? Tu n’es blessée nulle part ? »Je l’examinai de la tête aux pieds.« Je vais bien, maman. Papa a veillé sur moi. Mais j’ai peur... Est-ce que papa est toujours vivant ? Ces hommes méchants lui ont tiré dessus. »Elle éclata en sanglots.J’essuyai doucement ses larmes.« Ton papa va s’en sortir. Il ne lui arrivera rie
Chapitre 97Point de vue de Zora« Conduis prudemment, ma chérie. »Après m’avoir laissée sortir de chez lui, j’ai réussi à rejoindre ma voiture, avançant comme un enfant qui apprend tout juste à marcher.Une fois à l’intérieur, j’ai éclaté en sanglots.Il n’y avait aucun espoir.Personne vers qui me tourner.Comment allais-je sortir de ce cauchemar ?Je devais faire ce qu’il exigeait, sinon ma famille serait détruite.J’ai pleuré jusqu’à ne plus avoir une seule larme à verser avant de finalement démarrer et rentrer chez moi.À mon arrivée, j’ai trouvé Stacy et Sophia dans le salon.Dès que Stacy m’a vue, elle s’est précipitée vers moi pour me serrer fort dans ses bras.« Je sais que c’est difficile pour toi en ce moment, mais tu dois rester forte. »Elle finit par me relâcher et essuya mes larmes.« Madame Zora... »Sophia avait l’air profondément inquiète.Elle me prit à son tour dans ses bras avant de me relâcher.Elles m’installèrent sur le canapé le plus proche.« Je suis content
Chapitre 96Point de vue de Zora« Qu’est-ce que tu veux dire par Ana a été kidnappée ? »Je ne sentais plus mes jambes après avoir entendu ça. Immédiatement, je me suis effondrée au sol pendant que Mary m’expliquait ce qui s’était passé.« Austin ! Austin est allé beaucoup trop loin ! »J’ai crié de toutes mes forces, attirant l’attention de la plupart de mes employés ainsi que des personnes présentes dans la salle de conférence.« Madame Zora, qu’est-ce qui ne va pas ? Que s’est-il passé ? »Sophia s’est précipitée vers moi tandis que je fondais en larmes.« Ma fille... Austin m’a pris ma fille. »Mais je ne pouvais pas rester là à pleurer.J’ai brusquement essuyé mes larmes et Sophia a poussé une exclamation de stupeur.« Sophia, la réunion est annulée. »Je me suis relevée et me suis dirigée vers mon bureau pour récupérer quelques affaires avant de partir.Austin ne pouvait pas me manipuler ainsi et s’en sortir sans conséquence.Alors que j’approchais de mon bureau, je remarquai q
Chapitre 95Point de vue de DerrickJe me réveillai brusquement, le cœur battant à tout rompre.Ce cauchemar...Il paraissait tellement réel.La première pensée qui traversa mon esprit fut Ana.J’espérais de toutes mes forces qu’elle allait bien.Sans perdre une seconde, j’attrapai mon téléphone et appelai Zora.À sa voix, tout semblait normal, mais malgré cela, je lui demandai immédiatement où était Ana.C’est alors qu’elle m’expliqua qu’elle était en route pour aller la chercher à l’école.Un léger soulagement m’envahit.Je lui demandai de conduire prudemment et lui racontai le rêve horrible que je venais de faire.Dès que je lui en parlai, elle paniqua.« Zora, écoute-moi. Tu dois conduire prudemment. Ana sera là, à t’attendre. Va simplement la récupérer, d’accord ? »Après quelques secondes, elle réussit à retrouver un peu son calme.« D’accord. »« Je te parlerai plus tard. »Nous raccrochâmes.À peine l’appel terminé, je regrettai mes paroles.Je n’aurais jamais dû lui raconter
Chapitre 94Point de vue de Zora— Qu'est-ce que tu veux dire par là ?Je le questionnai immédiatement après avoir entendu le ton brutal de sa voix.Pendant quelques secondes, Austin resta silencieux.Puis il reprit.— Zora, ne me pousse pas à faire quelque chose de stupide. Tu ne peux pas ruiner mes plans maintenant. Tu vas m'obéir. Ce mariage aura lieu le jour prévu, que cela te plaise ou non.Sa voix était glaciale.Froide.Autoritaire.Presque menaçante.Je serrai les dents.— Tu es en train de me forcer à faire quelque chose que je ne veux pas ? Ça n'arrivera jamais, Austin...Mais il raccrocha brusquement avant même que je termine ma phrase.Je restai figée quelques secondes, le téléphone à la main.Qu'est-ce qui lui arrivait ?Il n'avait jamais été comme ça auparavant.Qu'est-ce qui avait bien pu le transformer à ce point ?Peu importe.Il n'oserait rien tenter.Je refusais de croire qu'il irait jusque-là.Je reposai mon téléphone puis retournai à mon travail.À l'heure du déje
Je me réveillai avec les entrailles délicieusement endolories et les jambes courbaturées. Chaque partie de mon corps me faisait mal, comme si j’avais utilisé mon corps pour mouler des parpaings. J’étirai inconsciemment les bras en travers du lit et ne rencontrai que du vide. Le voile de sommeil
Point de vue de DerrickJ’aurais dû me retenir. Je n’ai jamais voulu coucher avec cette femme. Même si elle savait que j’étais à moitié ivre, elle aurait dû me laisser tranquille. Elle agit toujours comme une personne faible, cherchant constamment des excuses pour tout.Pourquoi prétend-elle soudai
« Tu m’as très bien entendu. » Il cracha ces mots et me lança un regard dur, rempli de dégoût.Immédiatement, je m’effondrai au sol, les larmes coulant sur mes joues. J’avais l’impression que le monde allait s’écrouler sur moi. Comment pouvait-il prononcer un tel mot ? Cela brisait mon cœur de faço
« Tu m’as très bien entendu. » Il cracha ces mots et me lança un regard dur, rempli de dégoût.Immédiatement, je m’effondrai au sol, les larmes coulant sur mes joues. J’avais l’impression que le monde allait s’écrouler sur moi. Comment pouvait-il prononcer un tel mot ? Cela brisait mon cœur de faço







