LOGIN(Point de vue de Lucien)
Je la regarde s’éloigner. Puis je ricane lentement. Elle reviendra sûrement. Je n’ai pas besoin de la poursuivre. Elle n’était pas du genre à partir, elle restait toujours avec moi, quoi qu’il arrive. Je suis tellement confiant qu’elle m’aime, peu importe ce qui se passe. Elle a été ma femme pendant deux ans et elle a supporté mon caractère, ma froideur, mon indifférence. Elle a avalé chaque tranchant de mon tempérament et elle est restée. Juste pour une vidéo, elle ne va sûrement pas quitter notre mariage. Je prends les papiers de divorce, tend la main vers un stylo et les signe. Je lui donne juste une journée, et ensuite je verrai si elle peut vraiment vivre sans moi comme elle l’a prétendu. Mon téléphone sonne, l’identifiant affiche « omma ». Ma mère appelle. Je glisse mon doigt sur le bouton vert et réponds. « Lucien, j’ai appris que ta femme a fait ses bagages et a quitté ta maison ? » demande ma mère, la voix teintée d’une satisfaction à peine dissimulée. Elle n’a jamais aimé Aria, et ça se voyait clairement dans la façon dont elle la traitait. « Oui, mère. J’ai couché avec ma secrétaire et la vidéo a fini par lui parvenir d’une manière ou d’une autre. Elle s’est mise en colère et m’a jeté les papiers de divorce au visage. » J’explique, la voix teintée de tristesse. Je n’étais pas heureux, mais ma confiance m'a poussé à continuer. « Tu n’as jamais mérité cette pauvre gamine de toute façon », dit-elle d’un ton méprisant. « Ne t’inquiète pas. Je vais te trouver une autre femme, quelqu’un d’un milieu correct, quelqu’un… » « Ça n’arrivera pas », coupai-je sèchement. « Aria reviendra. Et quand elle le fera, je la traiterai comme il se doit. Je t’ai dit d’innombrables fois que je l’aime. Et elle m’aime aussi. » Sans attendre sa réponse, je mets fin à l’appel. Je déteste ma mère pour une chose : une fois qu’elle a décidé de détester quelque chose, elle empoisonne tout le monde contre ça. Elle détestait Aria parce qu’elle venait de nulle part, sans fortune, sans lignée influente. Ma mère voulait que j’épouse la fille d’un milliardaire, quelqu’un qui correspondait à notre statut. Mais mon cœur avait choisi Aria. Nous avions commencé comme amis, de proches amis. Quelque part en chemin, elle était devenue mon monde entier. Trois mois après le début de notre relation, je l’avais demandée en mariage et elle avait dit oui sans hésitation. Par frustration, je desserre ma cravate, me déshabille et entre dans la salle de bain pour prendre une douche. Mon ego est blessé, meurtri… pas carbonisé, il brûle, parce que jamais, pas une seule fois sur un million, je n’avais imaginé qu’Aria partirait. Bon sang, je m’amusais juste pour la première fois, je n’ai même pas le droit de m’amuser parce que je suis marié ? Après une minute, je coupe la douche, enroule une serviette autour de ma taille et sors de la salle de bain. Je saisis mon téléphone, l’appelle, mais elle ne décroche pas. Je lui envoie des messages sur W******p, T*****r, I*******m et tous ses réseaux sociaux. Chaque tentative échoue, car elle m’a déjà bloqué. Elle pense vraiment que ça va marcher ou me faire paniquer ? Putain… Mais pourquoi ai-je si peur qu’elle l'ait quitté pour de bon cette fois ? Peut-être parce qu’elle n’avait jamais fait ça auparavant, me rassure-je. Non, je ne la laisserai pas partir, même si elle le veut. *** **(Point de vue d’Aria)** J’arrête la voiture dès que je suis assez loin du manoir de Lucien et que je suis certaine que personne ne me suit. Même si je savais qu’il ne me poursuivrait pas, il pense sûrement que je veux juste l’effrayer pour le faire supplier. Eh bien, il verra bien lui-même que je ne plaisante pas… et ça brisera sa stupide fierté. Mon téléphone sonne dans ma main, et je décroche immédiatement. « Allô, Madame Aria Volkov », la voix joyeuse de Devi résonne dans le combiné. « J’ai vu ton appel manqué. » « Je ne suis plus Madame Volkov », dis-je, la voix tremblante malgré tous mes efforts pour rester forte. Devi éclate de rire de l’autre côté de la ligne. Elle a dû croire que c’était encore une menace en l’air, un moment de plus où je lui pardonnerais et resterais. « Devi », continuai-je calmement, « j’ai découvert qu’il me trompait avec sa secrétaire. Pendant tout ce temps, il m’a fait sentir comme une ordure. » Son rire s’éteint instantanément. « Je t’avais dit que ce connard ne te méritait pas », s’emporte-t-elle. « Tu l’as quitté ? Tu lui as jeté les papiers de divorce au visage ? Tu lui as donné un coup de pied dans les couilles ? » Malgré tout, un faible sourire se dessine sur mes lèvres. « Je lui ai jeté les papiers de divorce au visage et je suis partie pour de bon cette fois », dis-je, même si j’aurais bien aimé lui donner un coup de pied dans les couilles. « J’en ai fini d’être une bonne épouse. J’en ai fini… je le jure. » « Ça doit être tellement dur pour toi, ma chérie. Mais tu sais quoi, je suis avec toi, et tu n’es pas seule. » Devi dit ces mots et je sens la chaleur de ses paroles dans mon cœur. « J’aurais voulu t’écouter tout ce temps », murmurai-je, regrettant de n’avoir jamais écouté aucune de mes amies, surtout Devi qui m’a toujours soutenue en toutes circonstances. C’est le genre d'amies qui défend les filles. « Où comptes-tu rester maintenant ? » demande Devi avec inquiétude. « Est-ce que je peux rester… » « Même si je ne suis pas dans le pays pour le moment, mon frère est actuellement dans mon manoir. Reste là-bas avec lui, si ça te va. » dit-elle. « Tant que c’est sûr », répondis-je, un soulagement m'envahit. « Merci beaucoup, Devi. » J’avais pensé rester quelque temps dans un hôtel, puis chercher une maison plus tard. Même si Lucien m’avait toujours mal traitée, financièrement il m’avait toujours installée confortablement chaque mois. J’avais donc assez d’argent pour subvenir à mes besoins pendant des années. Je démarre le moteur et me dirige droit vers le manoir de Devi. Cette nuit marque le début de ma nouvelle vie. Je ne retournerai jamais vers Lucien Volkov. Je suis encore une jeune femme de vingt-six ans, j’ai tant de choses à accomplir, tant de rêves que j’ai enterrés juste parce que je voulais aimer un homme qui se foutait complètement de moi. J’en ai fini d’être la bonne fille. Maintenant, j’ai envie d’explorer la vie à nouveau et de profiter pleinement de mon existence. Je prends mon téléphone et le jette par la fenêtre, retire mon alliance et la jette dehors aussi. « Adieu, Lucien. »(PoV d’Aria)Ethan s’assit à côté de moi en silence, assez près pour que je sente la chaleur de son bras à travers le tissu fin de ma manche. Il ne me pressa pas, ne posa pas de questions tout de suite. Il tendit simplement la main, passa un bras autour de mes épaules et m’attira doucement contre sa poitrine, comme s’il savait déjà que je tenais à peine debout et que tout ce dont j’avais besoin, c’était d’une étreinte.Pendant une seconde, je résistai.Je n’avais plus l’habitude d’être réconfortée. Pas sans conditions. Pas sans que cela soit ensuite utilisé contre moi.Mais ma force céda avant ma fierté.« Ne verse pas de larmes à cause de lui », dit Ethan doucement, sa voix calme et douce. « Il ne mérite aucune de tes larmes. »J’essayai de répondre, mais ma gorge se serra. À la place, un reniflement tremblant m’échappa, embarrassant et incontrôlable. Je détestais ce son. Il me faisait me sentir faible, exposée. Comme si j’exposais ma faiblesse devant quelqu’un qui ne me connaissait
(PoV d’Aria)« Qui êtes-vous ? » criai-je en arrachant ma main comme si son toucher brûlait. « Et qu’est-ce qui vous a donné le culot de me tenir les mains comme ça ? »Mon cœur cognait violemment dans ma poitrine, chaque battement résonnant dans mes oreilles. J’étais furieuse, tellement en colère que mes mains tremblaient, mais sous cette colère se cachait la peur. Pas la peur qui vous rend faible, mais celle qui vous rappelle les blessures que vous pensiez guéries.Je savais que ce moment arriverait. Je ne m’attendais juste pas à ce que ce soit ce soir.Et je savais aussi qu’à un pas hors du manoir de Devi, bien sûr, Lucien me trouverait.« Aria, ne sois pas têtue », lança-t-il en resserrant son emprise, son pouce s’enfonçant dans ma peau comme s’il avait besoin de me rappeler sa force. « Viens avec moi. »Ce ton. Le commandement dans sa voix envoya une vague nauséeuse de souvenirs s’écraser sur moi. Cela me rappela nos disputes qui se terminaient par des portes claquées, des excuse
(PoV de Lucien)Je pouvais accepter tout ce qu’Aria voudrait me faire pour me punir, absolument tout. Elle pouvait me crier dessus, me gifler, m’insulter, m’humilier devant toute la ville si elle le voulait. Je le méritais. Et je le savais. J’avais trompé. J’avais franchi une ligne qui n’aurait jamais dû l’être. J’avais brisé quelque chose que je n’aurais pas dû briser, quelque chose de sacré, quelque chose qui avait mis deux années entières à se construire.Mais elle avec un autre homme ? Je ne pouvais pas imaginer ma femme avec quelqu’un d’autre.C’était là que je tirais un trait.Elle ne pouvait pas simplement passer à autre chose. Elle ne pouvait pas effacer deux ans de nos vies comme si ce n’était rien. Elle ne pouvait pas me remplacer comme un vieux manteau dont elle se serait lassée juste parce que j’avais fait une erreur.Oui, j’admettais que j’avais tort. Je ne le niais pas une seule seconde. J’avais trompé. J’avais brisé sa confiance. J’avais brisé son cœur. Mais je n’avais
(PoV de Lucien)Je pénétrai dans les locaux de la société Volkov l’air furieux.Ma mâchoire était crispée, mon visage glacial, chaque pas alourdi par le poids de tout ce qui avait mal tourné dans ma vie. Les employés qui se précipitaient d’habitude pour me saluer reculèrent, leurs voix mourant dans leur gorge dès qu’ils virent mon expression.Je ne m’arrêtai pas à mon bureau. Je ne jetai même pas un regard vers l’ascenseur.Je me dirigeai droit vers le bureau de ma secrétaire. La porte était entrouverte, le parfum de celle-ci flottant dans le couloir.J’aurais dû le faire il y a une semaine, bien avant. J’aurais dû la confronter dès l’instant où mon mariage avait commencé à s’effondrer, quand Aria était sortie de la maison sans se retourner.Mais je ne l’avais pas fait. Parce qu’une partie de moi refusait d’affronter la vérité.Je poussai la porte.Elle leva les yeux de son bureau et sourit.« Bonjour, M. Lucien », salua-t-elle d’un sourire éclatant.Et c’est alors que je remarquai ce
(PoV d’Aria)Yo !Je pris une grande inspiration en descendant l’escalier. La lumière du matin traversait les hautes fenêtres, soulignant la chaleur du salon en contrebas. Mon cœur battait la chamade ; j’étais nerveuse et j’anticipais déjà la conversation que j’allais avoir avec Ethan.Aujourd’hui, je prenais le petit-déjeuner avec lui. Peut-être que j’apprendrais enfin son emploi du temps, que j’aurais enfin l’occasion de lui parler vraiment.Passer à autre chose après une semaine n’était pas une si mauvaise idée. Une semaine à me rappeler que Lucien n’avait plus sa place dans ma vie, que ses manipulations et son arrogance n’avaient plus à dicter mes matinées. Mais, aussi fort que j’essayais de le chasser, une partie têtue de moi savait que je le rencontrerais à nouveau un jour, par accident ou par un cruel concours de circonstances.Et je prierais toujours pour que, ce jour-là, je ne tremble pas, que je ne fléchisse pas, que je ne…Saint Père, pourquoi est-ce que je pense encore à l
Mon cœur s’emballait à cause d’Ethan, et cela seul me terrifiait.Je souris, une petite courbe de lèvres qui me semblait nouvelle sur mon visage, et je chassai cette sensation comme si elle n’avait aucune importance. Comme si ce n’était rien. Comme si mon corps ne m’avait pas trahi en réagissant à un homme qui n’était pas mon mari.Mari ? Qui n’était même pas proche de moi.Je ne peux accueillir aucune forme d’amour pour le moment. Lucien s’est assuré de cela. Il n’a pas seulement brisé mon cœur, il l’a reconfiguré. Il m’a enseigné la prudence à la dure, m’a appris à quel point il était dangereux de faire confiance trop vite, de donner trop, d’aimer sans demander de preuves.Et si j’étais honnête, vraiment honnête, je ne pouvais pas lui jeter toute la faute.Je devrais aussi me blâmer moi-même.Pourquoi aurais-je épousé un homme que je ne connaissais que depuis trois mois ? À quoi pensais-je ? Étais-je charmé ? Aveuglée ? Désespérée d’appartenir quelque part, n’importe où ? Ou étais-j







