LOGIN(Point de vue d’Aria)
J’essuyais encore les larmes de mon visage, essayant de respirer à travers la douleur dans ma poitrine, quand j’entendis le clic de la porte d’entrée en bas. Rien qu’à l’odeur familière, je sus que Lucien était de retour. Il était à la maison. Et je ne savais pas comment le regarder ni comment lui parler. Mais pouvais-je simplement me tenir devant lui, lui jeter les papiers de divorce au visage et lui crier de les signer ? Je souris amèrement. Qui est-ce que je voulais tromper ? Ce serait difficile pour moi. Je me redressai, essuyant les dernières larmes même si d’autres les remplaçaient instantanément. Je n’étais pas prête. Je ne le serais jamais. Mais ce moment arrivait que je le veuille ou non. Je devais le faire, quoi qu’il arrive. Ses pas se firent plus forts tandis qu’il montait les escaliers. La pièce me parut soudain trop petite, trop étouffante, comme si les murs se referment sur moi. Mon cœur battait si fort que je crus que j’allais m’évanouir. La porte s’ouvrit, et Lucien entra. Il avait l’air… normal, comme si de rien n’était, comme s’il n’avait pas été dans le lit d’une autre femme quelques heures plus tôt. Sa cravate était légèrement desserrée, les manches de sa chemise relevées, ses cheveux en désordre après une longue journée… ou autre chose. Son parfum se répandit dans la pièce avec lui, le même parfum que j’aimais autrefois respirer quand je le serrais dans mes bras. Il s’arrêta net en me voyant assise sur le lit. Ses sourcils se froncèrent. « Aria ? » dit-il doucement, comme s’il se souciait vraiment de moi. « Ça va ? » Je déglutis difficilement, fixant l’homme que j’avais autrefois aimé plus que moi-même. L’homme pour qui j’avais tout donné. L’homme dont la trahison me brûlait encore la gorge comme de l’acide. Il s’approcha, l’inquiétude se peignant sur son visage quand il remarqua mes yeux. « Tu as pleuré. » Il tendit la main vers moi. « Que s’est-il passé ? Qu’est-ce qui ne va pas ? Maman a encore dit quelque chose ? » Je me reculai immédiatement, et quelque chose passa dans son expression : de la confusion, de l’irritation, peut-être même de la culpabilité, même si je n’étais pas assez naïve pour croire que cette culpabilité était pour moi. Je tenais le téléphone dans ma main, l’écran tourné vers le bas. Mes doigts tremblaient. Il ne l’avait pas encore remarqué. Il soupira, déjà agacé. « Aria, si c’est à propos de tout à l’heure, si c’est parce que j’ai jeté la nourriture que tu avais préparée… Je suis désolé, tu sais que je déteste manger trop tôt et que j'étais… » « Ne le fais pas », murmurai-je, d’une voix si basse que je l’entendais à peine moi-même. « Assez. » Il se tut, étonnamment. Je pris une inspiration tremblante, levai les yeux et le regardai droit dans les yeux, cet étranger que j’avais épousé. « J’ai vu la vidéo. » Son visage ne réagit pas tout de suite, mais une lueur de panique passa dans ses yeux, et sa mâchoire se contracta. La façon dont son regard se posa sur le téléphone dans ma main. « Quelle vidéo ? » demanda-t-il en essayant de rester calme, mais sa voix tremblait légèrement, un tremblement qu’il tenta de dissimuler. Je déverrouillai l’écran et le lui tendis. Ses yeux s’écarquillèrent une demi-seconde avant qu’il ne les masque derrière un air sombre. « Aria, où as-tu trouvé une vidéo aussi dégoûtante ? Et pourquoi regarderais-tu du porno ? » « Je ne veux plus entendre tes mensonges », dis-je, la voix se brisant au milieu de la phrase. « Pas cette fois. Plus jamais. Pas après tout ça. » Il passa une main frustrée dans ses cheveux et fit un pas vers moi, mais je me levai si brusquement qu’il s’immobilisa. « Alors, qu’as-tu à dire ? Que je n’étais pas assez bonne au lit ? Que j’hallucinais ? Que tu as été piégé ? Que c’est un mensonge, que cette femme n’est pas ma secrétaire ? » « Aria… » « Je t’ai donné tant de chances », dis-je en respirant difficilement. « Je t’ai demandé à chaque fois que je sentais que quelque chose n’allait pas. Et à chaque fois, tu m’as menti. Tu m’as fait sentir stupide. Tu m’as fait douter de ma propre santé mentale. Tu m’as fait croire que j’étais le problème. » « Aria, tais-toi. » « Non ! » Le mot sortit de moi avec une telle violence qu’il se tut instantanément. « Non. Tu n’as plus le droit de me faire taire. » Les larmes coulaient à nouveau sur mes joues, mais je ne les essuyait pas. Je voulais qu’il voie ce qu’il avait fait. Je voulais que la culpabilité l’étouffe. « Tu m’as gaslightée. Tu m’as manipulée. Tu m’as traitée comme si je ne comptais pas. Comme si mes sentiments n’étaient rien. Comme si j’étais… jetable, pendant que tu étais occupé à baiser quelqu’un derrière mon dos. » Il déglutit, son regard se détournant, évitant mon regard glacial. « Et pendant tout ce temps », murmurai-je, la voix brisée, « tu étais avec elle. » Il ferma les yeux un instant et inspira profondément, comme s’il préparait son excuse. Mais je ne lui en laisse pas le temps. Je me dirigeai vers le tiroir à côté du lit, l’ouvris silencieusement et en sortis l’enveloppe que j’y avais cachée depuis des semaines, non pas parce que j’avais prévu de m’en servir, mais parce que je pensais qu’un jour la douleur serait trop forte à supporter. Et aujourd’hui était ce jour. Quand je me retournai vers lui, il avait enfin l’air effrayé. « Qu’est-ce que c’est ? » demanda-t-il, bien que sa voix fût déjà tendue. J'avance lentement, mes doigts tremblant tandis que je lui tendais l’enveloppe. « Des papiers de divorce. » « Quoi ? » « Tu m’as bien entendue », murmurai-je. « Des papiers de divorce, Lucien. Ils sont déjà signés de mon côté. Signe-les. » Il ne les toucha pas. « Tu plaisantes », dit-il avec un rire forcé. « Aria, ne sois pas ridicule. On peut en parler. » « Il n’y a plus rien à dire », répondis-je calmement. « Tu as mis fin à ce mariage bien avant moi. Je n’ai juste pas voulu le voir. » Il fait un pas en avant. « Aria, arrête. Range ça. » « J’en ai fini de tout ranger », lançai-je. « J’en ai fini d’avaler mes sentiments. J’en ai fini de faire semblant que tout va bien. J’en ai fini de te laisser me traiter comme si je ne valais rien. » Il sursauta, comme si les mots l’avaient physiquement frappé. Il tendit finalement la main et me saisit le poignet, par désespoir. « Aria, ne fais pas ça. » Je regardai sa main sur moi, cette main qui m’avait autrefois donné un sentiment de sécurité et qui maintenant me donnait la chair de poule. « Lâche-moi. » « Aria, s’il te plaît, je te promets de changer, je ne trahirai plus, je jure que je vais changer… » dit-il en suppliant, avec ses plaintes manipulatrices. « J’ai dit lâche-moi… » Il me relâcha lentement. Je posai l’enveloppe dans sa main. Ses doigts se refermèrent instinctivement dessus. Il la regarda, puis me regarda. « Ce n’est pas possible », chuchota-t-il en secouant la tête. « Je ne peux pas te laisser partir, je t’aime, Aria… Je n’aime pas ma secrétaire, je m’amuse juste avec elle. » Il le dit comme si je devais bondir de joie qu’il m’aime moi et non sa secrétaire. Quelle audace. Il m’avait trompée, traitée comme un déchet, et il avait le culot de me dire qu’il m’aimait, pas la pute avec qui il me trompait. « Va te faire foutre avec tes sentiments, j’en ai fini ! » lui criai-je avant d’entrer dans mon dressing pour faire mes bagages. « Aria, tu ne peux pas vivre sans moi et on le sait tous les deux ! » s’exclama-t-il d’un air sombre. Je ne répondis pas immédiatement. Je rangeais mes affaires dans ma valise et sortais du dressing. Je laissai échapper un rire amer en le fixant. « Regarde-moi bien le faire ! » dis-je avec finalité.(PoV d’Aria)Ethan s’assit à côté de moi en silence, assez près pour que je sente la chaleur de son bras à travers le tissu fin de ma manche. Il ne me pressa pas, ne posa pas de questions tout de suite. Il tendit simplement la main, passa un bras autour de mes épaules et m’attira doucement contre sa poitrine, comme s’il savait déjà que je tenais à peine debout et que tout ce dont j’avais besoin, c’était d’une étreinte.Pendant une seconde, je résistai.Je n’avais plus l’habitude d’être réconfortée. Pas sans conditions. Pas sans que cela soit ensuite utilisé contre moi.Mais ma force céda avant ma fierté.« Ne verse pas de larmes à cause de lui », dit Ethan doucement, sa voix calme et douce. « Il ne mérite aucune de tes larmes. »J’essayai de répondre, mais ma gorge se serra. À la place, un reniflement tremblant m’échappa, embarrassant et incontrôlable. Je détestais ce son. Il me faisait me sentir faible, exposée. Comme si j’exposais ma faiblesse devant quelqu’un qui ne me connaissait
(PoV d’Aria)« Qui êtes-vous ? » criai-je en arrachant ma main comme si son toucher brûlait. « Et qu’est-ce qui vous a donné le culot de me tenir les mains comme ça ? »Mon cœur cognait violemment dans ma poitrine, chaque battement résonnant dans mes oreilles. J’étais furieuse, tellement en colère que mes mains tremblaient, mais sous cette colère se cachait la peur. Pas la peur qui vous rend faible, mais celle qui vous rappelle les blessures que vous pensiez guéries.Je savais que ce moment arriverait. Je ne m’attendais juste pas à ce que ce soit ce soir.Et je savais aussi qu’à un pas hors du manoir de Devi, bien sûr, Lucien me trouverait.« Aria, ne sois pas têtue », lança-t-il en resserrant son emprise, son pouce s’enfonçant dans ma peau comme s’il avait besoin de me rappeler sa force. « Viens avec moi. »Ce ton. Le commandement dans sa voix envoya une vague nauséeuse de souvenirs s’écraser sur moi. Cela me rappela nos disputes qui se terminaient par des portes claquées, des excuse
(PoV de Lucien)Je pouvais accepter tout ce qu’Aria voudrait me faire pour me punir, absolument tout. Elle pouvait me crier dessus, me gifler, m’insulter, m’humilier devant toute la ville si elle le voulait. Je le méritais. Et je le savais. J’avais trompé. J’avais franchi une ligne qui n’aurait jamais dû l’être. J’avais brisé quelque chose que je n’aurais pas dû briser, quelque chose de sacré, quelque chose qui avait mis deux années entières à se construire.Mais elle avec un autre homme ? Je ne pouvais pas imaginer ma femme avec quelqu’un d’autre.C’était là que je tirais un trait.Elle ne pouvait pas simplement passer à autre chose. Elle ne pouvait pas effacer deux ans de nos vies comme si ce n’était rien. Elle ne pouvait pas me remplacer comme un vieux manteau dont elle se serait lassée juste parce que j’avais fait une erreur.Oui, j’admettais que j’avais tort. Je ne le niais pas une seule seconde. J’avais trompé. J’avais brisé sa confiance. J’avais brisé son cœur. Mais je n’avais
(PoV de Lucien)Je pénétrai dans les locaux de la société Volkov l’air furieux.Ma mâchoire était crispée, mon visage glacial, chaque pas alourdi par le poids de tout ce qui avait mal tourné dans ma vie. Les employés qui se précipitaient d’habitude pour me saluer reculèrent, leurs voix mourant dans leur gorge dès qu’ils virent mon expression.Je ne m’arrêtai pas à mon bureau. Je ne jetai même pas un regard vers l’ascenseur.Je me dirigeai droit vers le bureau de ma secrétaire. La porte était entrouverte, le parfum de celle-ci flottant dans le couloir.J’aurais dû le faire il y a une semaine, bien avant. J’aurais dû la confronter dès l’instant où mon mariage avait commencé à s’effondrer, quand Aria était sortie de la maison sans se retourner.Mais je ne l’avais pas fait. Parce qu’une partie de moi refusait d’affronter la vérité.Je poussai la porte.Elle leva les yeux de son bureau et sourit.« Bonjour, M. Lucien », salua-t-elle d’un sourire éclatant.Et c’est alors que je remarquai ce
(PoV d’Aria)Yo !Je pris une grande inspiration en descendant l’escalier. La lumière du matin traversait les hautes fenêtres, soulignant la chaleur du salon en contrebas. Mon cœur battait la chamade ; j’étais nerveuse et j’anticipais déjà la conversation que j’allais avoir avec Ethan.Aujourd’hui, je prenais le petit-déjeuner avec lui. Peut-être que j’apprendrais enfin son emploi du temps, que j’aurais enfin l’occasion de lui parler vraiment.Passer à autre chose après une semaine n’était pas une si mauvaise idée. Une semaine à me rappeler que Lucien n’avait plus sa place dans ma vie, que ses manipulations et son arrogance n’avaient plus à dicter mes matinées. Mais, aussi fort que j’essayais de le chasser, une partie têtue de moi savait que je le rencontrerais à nouveau un jour, par accident ou par un cruel concours de circonstances.Et je prierais toujours pour que, ce jour-là, je ne tremble pas, que je ne fléchisse pas, que je ne…Saint Père, pourquoi est-ce que je pense encore à l
Mon cœur s’emballait à cause d’Ethan, et cela seul me terrifiait.Je souris, une petite courbe de lèvres qui me semblait nouvelle sur mon visage, et je chassai cette sensation comme si elle n’avait aucune importance. Comme si ce n’était rien. Comme si mon corps ne m’avait pas trahi en réagissant à un homme qui n’était pas mon mari.Mari ? Qui n’était même pas proche de moi.Je ne peux accueillir aucune forme d’amour pour le moment. Lucien s’est assuré de cela. Il n’a pas seulement brisé mon cœur, il l’a reconfiguré. Il m’a enseigné la prudence à la dure, m’a appris à quel point il était dangereux de faire confiance trop vite, de donner trop, d’aimer sans demander de preuves.Et si j’étais honnête, vraiment honnête, je ne pouvais pas lui jeter toute la faute.Je devrais aussi me blâmer moi-même.Pourquoi aurais-je épousé un homme que je ne connaissais que depuis trois mois ? À quoi pensais-je ? Étais-je charmé ? Aveuglée ? Désespérée d’appartenir quelque part, n’importe où ? Ou étais-j







