MasukJ’ai conduit jusqu’à l’intérieur du luxueux manoir, les pneus craquant doucement sur le parking parfaitement pavé, puis j’ai coupé le moteur. Le silence soudain était presque assourdissant après le long trajet. Je n’étais venue ici que trois fois auparavant, mais les gardes de sécurité, familiarisés avec les instructions de Devi, m’ont laissée entrer sans hésitation, même à cette heure tardive.
Un profond soupir de fatigue m’échappa tandis que je sortais de la voiture. Ma main tremblait légèrement lorsque j’ouvris le coffre, tâtonnant pour saisir ma valise. Une femme de chambre s’avança rapidement, son uniforme impeccable, et me sourit poliment. « Madame, bienvenue. Laissez-moi vous aider avec ça », dit-elle en tendant la main vers la poignée. J’hésitai, peu habituée à accepter l’aide d’inconnus, mais mes bras étaient trop faibles pour protester. D’un petit signe de tête, je la laissai soulever la valise et la suivis à travers l’entrée majestueuse. Le manoir semblait différent. Ou peut-être que c’étaient mes yeux. Tout paraissait plus grand, plus élégant, plus vivant que la dernière fois que j’y étais venue. Les sols de marbre brillaient sous la lumière chaude des lustres, et le parfum de fleurs fraîches flottait faiblement dans l’air. Je n’avais presque pas remarqué la troisième présence dans le hall jusqu’à ce que ma main effleure son bras. Je sursautai, les yeux écarquillés de surprise. Un jeune homme grand et frappant se tenait à côté de moi, sa posture confiante mais détendue, ses yeux empreints d’une curiosité calme. Mes lèvres s’entrouvrirent légèrement, prises au dépourvu. « Bonjour… Vous semblez perdue dans vos pensées », dit-il, sa voix profonde, douce, chargée d’un charme qui me fait rougir inopinément. Je clignai des yeux, reprenant mon sang-froid. « Êtes-vous… Le frère de Devi ? » demandai-je, presque en bégayant. Il hocha la tête, un petit sourire étirant ses lèvres. « Oui. Elle m’a dit que vous arriverez ce soir. » Je hochai la tête maladroitement. « Je m’appelle Aria », dis-je en lui tendant instinctivement la main, même si mes mots me semblaient maladroits dans le grand silence. « Oui… elle m’a parlé de vous. Enchanté de vous rencontrer », répondit-il, sa voix chaleureuse, bien que son expression restât indéchiffrable. Il tendit la main vers moi. « Je suis Ethan Yashoda », dit-il. Je lui serrai la main, notant la force rassurante de sa prise, la tiédeur légère qui contrastait nettement avec la fraîcheur du manoir. Il se retira légèrement, me relâchant, et me fit signe vers le hall. « Laissez-moi vous montrer votre chambre. Vous devez être fatiguée », dit-il, d’un ton poli, et pourtant je pouvais ressentir une attention discrète, comme s’il m’observait de plus près que je ne m’y attendais. Je le suivis, encore distraite par cette présence qui me faisait me sentir remarquée sans être scrutée. C’était différent, réconfortant, d’une manière que je n’avais pas réalisé avoir tant désirée. Tandis que nous avancions dans le vaste corridor, les murs ornés de tableaux élégants et de miroirs ouvragés, je ne pouvais m’empêcher de me demander comment le frère de Devi pouvait dégager une telle sérénité dans cet immense manoir. « Vous devez avoir fait un long trajet », dit-il doucement en me jetant un regard. « Avez-vous besoin de quelque chose avant de vous installer ? » Je secouai la tête, parvenant à esquisser un petit sourire. « Non… Je crois que ça va. Merci, cependant. » Il hocha la tête, et nous atteignîmes la chambre qu’il avait préparée pour moi. La porte s’ouvrit sur un espace à la fois luxueux et accueillant, des lumières chaudes projetant une teinte dorée sur les meubles soigneusement disposés. Ma valise avait déjà été placée à côté du lit. « Vous trouverez tout ce dont vous avez besoin ici. S’il y a quoi que ce soit, appelez-moi simplement », dit Ethan en s’appuyant légèrement contre l’encadrement de la porte, le regard posé sur moi. Je déglutis, essayant de calmer le frémissement dans ma poitrine. « Je vous en suis reconnaissante. Merci. » — *Une semaine plus tard* **(Point de vue de Lucien)** Je jetai un coup d’œil à ma montre-bracelet, déjà habillée pour le travail si tôt le matin. J’avais des réunions auxquelles assister, des réunions que je ne pouvais me permettre de manquer. « Aria, apporte-moi mon café, je suis en retard pour le travail », dis-je. « J’arrive, mon amour », sa voix résonna dans mes oreilles. Après une minute, je réalise que je parlais tout seul, parce qu’Aria était partie depuis une semaine. J’étais confiant qu’elle reviendrait, mais elle n’était pas revenue. Je sortis en colère, pour calmer la tempête qui grondait en moi. Est-ce qu’Aria essayait de jouer avec mon esprit ? Pourquoi mettait-elle autant de temps ? Pourquoi ? Lorsque j’arrivai en bas, ma mère se tenait dans le salon, patiente. « Cette maison sent différent depuis que cette femme est partie », dit-elle, la voix pleine de sarcasme. « Mère, que faites-vous ici ? » lui demandai-je en la fixant d’un regard noir. « Je suis venue vous annoncer une bonne nouvelle », dit-elle en souriant. Je me tournai, maîtrisant ma colère. N’était-elle pas censée se sentir mal pour moi ? Ma femme m’avait quitté, et elle n’était toujours pas de retour. Elle n’était pas revenue pour me supplier, elle ne m’avait pas envoyé de message, elle ne m’avait pas débloqué, et je n’avais aucune idée de l’endroit où elle se trouvait. « Mon fils… » Ma mère me toucha et je me tournai vers elle. « Mère, arrêtez ! » criai-je. « Je souffre ! Ma femme vient de me quitter parce que je l’ai trompée, elle est sortie de mon manoir après m’avoir jeté les papiers de divorce au visage. C’est la seule femme qui m’a aimé inconditionnellement, elle m’a aimé plus que vous ! » « Elle ne vous mérite pas, mon fils. Elle ne vous mérite pas ! » s’emporta-t-elle. « Elle n’est la fille de personne, elle vient d’un milieu pauvre, elle n’a rien à vous offrir ! » « Mère, je l’aime, c’est tout ce qui compte, restez en dehors de mon mariage et allez vous faire foutre si vous n’avez aucune solution à mon problème ! » lui criai-je si fort qu’elle sursauta. « Si elle vous avait vraiment aimé, elle serait restée », murmura-t-elle. « Oui, elle serait restée… si je ne l’avais pas poussée à partir, si je ne l’avais pas poussée à partir, mère », dis-je, la voix tremblante. « Je ne suis pas ici pour parler d’Aria, je suis ici pour parler de votre sœur », commença-t-elle, et mes mains glissèrent dans mes poches. « Votre sœur refuse de retourner dans la maison de son mari… elle affirme que le type la manipule, la traite comme si elle ne comptait pas, la gastil à chaque fois qu’elle se plaint… » « Exactement ce que j’ai fait à Aria… » « Aria… Aria… Aria… est-ce qu’elle compte vraiment autant ? » grogna ma mère. « Oui, elle compte pour moi… vous comprenez ? Maman, si vous n’avez rien d’autre à discuter, s’il vous plaît, sortez ! » dis-je avec colère, et elle sursauta. « Moi ? » demanda-t-elle. « Oui, sortez ! » lui criai-je à nouveau. Des larmes s’accumulèrent dans ses yeux et elle se précipita dehors. Je me frotte les yeux. Devais-je vraiment crier sur ma propre mère ? C’était nouveau, mais je me sentais mieux. Elle s’était toujours préoccupée de la richesse et de la réputation toute sa vie. Et j’étais certain qu’elle était venue ici pour parler d’Aria, pas du problème de ma sœur. Pour une fois, ma mère n’avait jamais aimé Aria, depuis notre mariage. En fait, elle n’avait pas assisté à notre mariage parce qu’elle était tellement en colère qu’Aria n’était la fille de personne. L’erreur que j’avais commise, c’était de la regarder dire des sottises à Aria sans la défendre. Je laissais ma mère manquer de respect, et chaque fois qu’Aria se plaignait, je soutenais ma mère, pas elle. Je jetai un coup d’œil à ma montre-bracelet : il était presque neuf heures du matin, je devais assister à la réunion. Oui, Aria me manquait, mais cela ne m’empêchait pas de continuer à diriger mon entreprise. Puis mon téléphone sonna. Sans hésitation, je glissai mon doigt sur le bouton vert. « Bonjour monsieur, j’ai aperçu Aria dans un parc aujourd’hui et j’ai réussi à obtenir son nouveau numéro », dit la voix au téléphone. « Bien », murmurai-je avant de raccrocher. J’avais engagé un agent secret pour suivre les mouvements d’Aria. Il avait trouvé l’emplacement de son ancien téléphone et son alliance sur le bord d’une route. C’est ainsi que j’avais su qu’elle n’utilisait plus son ancien numéro. Heureusement pour moi, il avait réussi à obtenir son nouveau numéro. Je souris doucement. Aria attendait-elle que je lui envoie un message pour revenir à la maison auprès de moi ? Laissez-moi la satisfaire pour la première fois. Je sais qu’elle ne peut pas vivre sans moi, elle est juste le cœur brisé parce que je l’ai trompée. Ce pour quoi je dois m’excuser auprès d’elle, et elle reviendra à la maison. « Tu es à moi, Aria, et je te trouverai toujours », dis-je avec une grande confiance.(PoV d’Aria)Ethan s’assit à côté de moi en silence, assez près pour que je sente la chaleur de son bras à travers le tissu fin de ma manche. Il ne me pressa pas, ne posa pas de questions tout de suite. Il tendit simplement la main, passa un bras autour de mes épaules et m’attira doucement contre sa poitrine, comme s’il savait déjà que je tenais à peine debout et que tout ce dont j’avais besoin, c’était d’une étreinte.Pendant une seconde, je résistai.Je n’avais plus l’habitude d’être réconfortée. Pas sans conditions. Pas sans que cela soit ensuite utilisé contre moi.Mais ma force céda avant ma fierté.« Ne verse pas de larmes à cause de lui », dit Ethan doucement, sa voix calme et douce. « Il ne mérite aucune de tes larmes. »J’essayai de répondre, mais ma gorge se serra. À la place, un reniflement tremblant m’échappa, embarrassant et incontrôlable. Je détestais ce son. Il me faisait me sentir faible, exposée. Comme si j’exposais ma faiblesse devant quelqu’un qui ne me connaissait
(PoV d’Aria)« Qui êtes-vous ? » criai-je en arrachant ma main comme si son toucher brûlait. « Et qu’est-ce qui vous a donné le culot de me tenir les mains comme ça ? »Mon cœur cognait violemment dans ma poitrine, chaque battement résonnant dans mes oreilles. J’étais furieuse, tellement en colère que mes mains tremblaient, mais sous cette colère se cachait la peur. Pas la peur qui vous rend faible, mais celle qui vous rappelle les blessures que vous pensiez guéries.Je savais que ce moment arriverait. Je ne m’attendais juste pas à ce que ce soit ce soir.Et je savais aussi qu’à un pas hors du manoir de Devi, bien sûr, Lucien me trouverait.« Aria, ne sois pas têtue », lança-t-il en resserrant son emprise, son pouce s’enfonçant dans ma peau comme s’il avait besoin de me rappeler sa force. « Viens avec moi. »Ce ton. Le commandement dans sa voix envoya une vague nauséeuse de souvenirs s’écraser sur moi. Cela me rappela nos disputes qui se terminaient par des portes claquées, des excuse
(PoV de Lucien)Je pouvais accepter tout ce qu’Aria voudrait me faire pour me punir, absolument tout. Elle pouvait me crier dessus, me gifler, m’insulter, m’humilier devant toute la ville si elle le voulait. Je le méritais. Et je le savais. J’avais trompé. J’avais franchi une ligne qui n’aurait jamais dû l’être. J’avais brisé quelque chose que je n’aurais pas dû briser, quelque chose de sacré, quelque chose qui avait mis deux années entières à se construire.Mais elle avec un autre homme ? Je ne pouvais pas imaginer ma femme avec quelqu’un d’autre.C’était là que je tirais un trait.Elle ne pouvait pas simplement passer à autre chose. Elle ne pouvait pas effacer deux ans de nos vies comme si ce n’était rien. Elle ne pouvait pas me remplacer comme un vieux manteau dont elle se serait lassée juste parce que j’avais fait une erreur.Oui, j’admettais que j’avais tort. Je ne le niais pas une seule seconde. J’avais trompé. J’avais brisé sa confiance. J’avais brisé son cœur. Mais je n’avais
(PoV de Lucien)Je pénétrai dans les locaux de la société Volkov l’air furieux.Ma mâchoire était crispée, mon visage glacial, chaque pas alourdi par le poids de tout ce qui avait mal tourné dans ma vie. Les employés qui se précipitaient d’habitude pour me saluer reculèrent, leurs voix mourant dans leur gorge dès qu’ils virent mon expression.Je ne m’arrêtai pas à mon bureau. Je ne jetai même pas un regard vers l’ascenseur.Je me dirigeai droit vers le bureau de ma secrétaire. La porte était entrouverte, le parfum de celle-ci flottant dans le couloir.J’aurais dû le faire il y a une semaine, bien avant. J’aurais dû la confronter dès l’instant où mon mariage avait commencé à s’effondrer, quand Aria était sortie de la maison sans se retourner.Mais je ne l’avais pas fait. Parce qu’une partie de moi refusait d’affronter la vérité.Je poussai la porte.Elle leva les yeux de son bureau et sourit.« Bonjour, M. Lucien », salua-t-elle d’un sourire éclatant.Et c’est alors que je remarquai ce
(PoV d’Aria)Yo !Je pris une grande inspiration en descendant l’escalier. La lumière du matin traversait les hautes fenêtres, soulignant la chaleur du salon en contrebas. Mon cœur battait la chamade ; j’étais nerveuse et j’anticipais déjà la conversation que j’allais avoir avec Ethan.Aujourd’hui, je prenais le petit-déjeuner avec lui. Peut-être que j’apprendrais enfin son emploi du temps, que j’aurais enfin l’occasion de lui parler vraiment.Passer à autre chose après une semaine n’était pas une si mauvaise idée. Une semaine à me rappeler que Lucien n’avait plus sa place dans ma vie, que ses manipulations et son arrogance n’avaient plus à dicter mes matinées. Mais, aussi fort que j’essayais de le chasser, une partie têtue de moi savait que je le rencontrerais à nouveau un jour, par accident ou par un cruel concours de circonstances.Et je prierais toujours pour que, ce jour-là, je ne tremble pas, que je ne fléchisse pas, que je ne…Saint Père, pourquoi est-ce que je pense encore à l
Mon cœur s’emballait à cause d’Ethan, et cela seul me terrifiait.Je souris, une petite courbe de lèvres qui me semblait nouvelle sur mon visage, et je chassai cette sensation comme si elle n’avait aucune importance. Comme si ce n’était rien. Comme si mon corps ne m’avait pas trahi en réagissant à un homme qui n’était pas mon mari.Mari ? Qui n’était même pas proche de moi.Je ne peux accueillir aucune forme d’amour pour le moment. Lucien s’est assuré de cela. Il n’a pas seulement brisé mon cœur, il l’a reconfiguré. Il m’a enseigné la prudence à la dure, m’a appris à quel point il était dangereux de faire confiance trop vite, de donner trop, d’aimer sans demander de preuves.Et si j’étais honnête, vraiment honnête, je ne pouvais pas lui jeter toute la faute.Je devrais aussi me blâmer moi-même.Pourquoi aurais-je épousé un homme que je ne connaissais que depuis trois mois ? À quoi pensais-je ? Étais-je charmé ? Aveuglée ? Désespérée d’appartenir quelque part, n’importe où ? Ou étais-j







