LOGIN(PoV de Lucien)
Je pouvais accepter tout ce qu’Aria voudrait me faire pour me punir, absolument tout. Elle pouvait me crier dessus, me gifler, m’insulter, m’humilier devant toute la ville si elle le voulait. Je le méritais. Et je le savais. J’avais trompé. J’avais franchi une ligne qui n’aurait jamais dû l’être. J’avais brisé quelque chose que je n’aurais pas dû briser, quelque chose de sacré, quelque chose qui avait mis deux années entières à se construire. Mais elle avec un autre homme ? Je ne pouvais pas imaginer ma femme avec quelqu’un d’autre. C’était là que je tirais un trait. Elle ne pouvait pas simplement passer à autre chose. Elle ne pouvait pas effacer deux ans de nos vies comme si ce n’était rien. Elle ne pouvait pas me remplacer comme un vieux manteau dont elle se serait lassée juste parce que j’avais fait une erreur. Oui, j’admettais que j’avais tort. Je ne le niais pas une seule seconde. J’avais trompé. J’avais brisé sa confiance. J’avais brisé son cœur. Mais je n’avais jamais cessé de l’aimer. Je n’avais jamais cessé de la choisir dans mon esprit et dans ma vie. Je pouvais tout changer, sauf l’amour que j’avais pour Aria. Et quant au divorce ? Elle n’avait pas à décider cela seule. Le mariage n’était pas quelque chose dont on s’éloigne à cause de la douleur. C’était quelque chose pour lequel on se bat, même quand ça fait mal. Surtout quand ça fait mal. Et quand je l’avais traitée comme si elle n’était rien, ce n’avait jamais été mon intention. Je ne m’étais pas réveillé un matin en décidant de la blesser. Je n’avais pas prévu de la faire se sentir invisible. Je me noyais dans le travail, la pression, les attentes, le poids d’un empire sur mes épaules et ainsi de suite. Je n’avais pas réalisé que je la perdais avant qu’elle ne soit déjà partie. Au moment où je montai dans ma voiture, mes mains tremblaient sur le volant. L’agent m’avait envoyé la localisation il y a moins de dix minutes. Je n’avais même pas répondu. Je n’avais pas besoin de lui répondre puisque je savais exactement où j’allais. --- Je conduisis jusqu’à l’endroit que l’agent m’avait envoyé. Le restaurant ressemblait à un palais au cœur de la ville — murs de verre, lumières dorées, entrée bordée de voituriers, sécurité plus serrée que la salle du conseil de ma société. C’était un restaurant réservé aux milliardaires, aux célébrités et aux puissants, pas n’importe quelle merde. Un sourire amer tira mes lèvres tandis que je sortais de la voiture. Alors c’était le genre d’homme qu’elle voulait maintenant ? Quelqu’un qui pouvait s’offrir cet endroit. Quelqu’un qu’elle pensait meilleur que moi. Comme si l’argent avait jamais été le problème entre nous. Dès que j’entrai, l’atmosphère changea, les têtes se tournèrent. Le manager était ravi de me voir dans le restaurant. Après tout, j’étais Lucien Volkov. Le milliardaire le plus riche de la ville. L’homme dont le seul nom pouvait faire trembler les marchés boursiers. Quelques fans se précipitèrent vers moi, téléphones déjà levés, les yeux pétillants d’excitation. Je forçai un sourire poli, pris deux photos rapides, leur donnai mon autographe, et passai devant eux. Je balayai le restaurant du regard. Chaque table. Chaque coin. Chaque ombre. Où était-elle ? Puis mon téléphone vibra, un message de mon agent. Agent : Prenez l’ascenseur. Elle est dans l’espace VVIP. Je serrai la mâchoire, me demandant comment il savait si vite qu’elle était là. La façon dont il l’avait trouvée n’avait pas d’importance. Rien n’avait d’importance sauf le fait qu’elle était là-dedans avec un autre homme. Je pris l’ascenseur, et dès que j’en sortis, j’aperçus des couples riant doucement autour de dîners aux chandelles. Un homme nourrissant sa femme de dessert, tous deux souriant comme si le monde n’existait pas au-delà de cet instant, leurs mains entrelacées et leurs fronts se touchant. L’espace VVIP était plus calme, plus intime, conçu pour l’intimité. Une musique douce vibrait en fond. Mes yeux balayèrent immédiatement la pièce. Et puis je vis Aria. Elle était assise à une table près de la fenêtre. Elle avait l’air… radieuse. Pas habillée de façon extravagante, simplement belle sans effort. Comme elle l’avait toujours été. Et elle souriait. L’homme assis en face d’elle me tournait le dos, ses larges épaules masquant son visage. Il se penchait légèrement en avant, clairement captivé par ce qu’elle disait. La colère que j’avais essayé de réprimer revint comme une vague de fond. Je ne réfléchis pas, je fonçai simplement vers la table et saisis le poignet d’Aria. « Excusez-moi ?! » s’exclama l’homme, mais je l’ignorai complètement, je m’occuperais de lui plus tard. Aria ne tressaillit même pas. Elle se contenta de lever les yeux au ciel, comme si ma présence n’était rien de plus qu’un désagrément. « Qui a laissé entrer ce chien ? » murmura-t-elle, assez fort pour que je l’entende. Le mot frappa plus fort que n’importe quelle gifle. Chien ? Moi ? Mon emprise se relâcha. Venait-elle vraiment de dire ça ou étais-je en train d’halluciner ? C’était la même femme qui traçait autrefois mes jointures quand j’étais stressé. La même femme qui m’attendait peu importe l’heure à laquelle je rentrais. La même femme qui m’aimait. J’étais tellement putain de choqué. Elle n’avait même pas peur de moi. Elle ne se sentait même pas coupable de savoir que je l’avais vue avec un autre homme. « Aria », dis-je, forçant ma voix à rester calme alors même que mon sang bouillait. « Rentrons à la maison. On a besoin de parler. » Elle arracha sa main de la mienne comme si j’étais contaminé. « Qui êtes-vous ?! » cria-t-elle froidement. « Et qu’est-ce qui vous a donné le culot de me tenir la main comme ça ?! »(PoV d’Aria)Ethan s’assit à côté de moi en silence, assez près pour que je sente la chaleur de son bras à travers le tissu fin de ma manche. Il ne me pressa pas, ne posa pas de questions tout de suite. Il tendit simplement la main, passa un bras autour de mes épaules et m’attira doucement contre sa poitrine, comme s’il savait déjà que je tenais à peine debout et que tout ce dont j’avais besoin, c’était d’une étreinte.Pendant une seconde, je résistai.Je n’avais plus l’habitude d’être réconfortée. Pas sans conditions. Pas sans que cela soit ensuite utilisé contre moi.Mais ma force céda avant ma fierté.« Ne verse pas de larmes à cause de lui », dit Ethan doucement, sa voix calme et douce. « Il ne mérite aucune de tes larmes. »J’essayai de répondre, mais ma gorge se serra. À la place, un reniflement tremblant m’échappa, embarrassant et incontrôlable. Je détestais ce son. Il me faisait me sentir faible, exposée. Comme si j’exposais ma faiblesse devant quelqu’un qui ne me connaissait
(PoV d’Aria)« Qui êtes-vous ? » criai-je en arrachant ma main comme si son toucher brûlait. « Et qu’est-ce qui vous a donné le culot de me tenir les mains comme ça ? »Mon cœur cognait violemment dans ma poitrine, chaque battement résonnant dans mes oreilles. J’étais furieuse, tellement en colère que mes mains tremblaient, mais sous cette colère se cachait la peur. Pas la peur qui vous rend faible, mais celle qui vous rappelle les blessures que vous pensiez guéries.Je savais que ce moment arriverait. Je ne m’attendais juste pas à ce que ce soit ce soir.Et je savais aussi qu’à un pas hors du manoir de Devi, bien sûr, Lucien me trouverait.« Aria, ne sois pas têtue », lança-t-il en resserrant son emprise, son pouce s’enfonçant dans ma peau comme s’il avait besoin de me rappeler sa force. « Viens avec moi. »Ce ton. Le commandement dans sa voix envoya une vague nauséeuse de souvenirs s’écraser sur moi. Cela me rappela nos disputes qui se terminaient par des portes claquées, des excuse
(PoV de Lucien)Je pouvais accepter tout ce qu’Aria voudrait me faire pour me punir, absolument tout. Elle pouvait me crier dessus, me gifler, m’insulter, m’humilier devant toute la ville si elle le voulait. Je le méritais. Et je le savais. J’avais trompé. J’avais franchi une ligne qui n’aurait jamais dû l’être. J’avais brisé quelque chose que je n’aurais pas dû briser, quelque chose de sacré, quelque chose qui avait mis deux années entières à se construire.Mais elle avec un autre homme ? Je ne pouvais pas imaginer ma femme avec quelqu’un d’autre.C’était là que je tirais un trait.Elle ne pouvait pas simplement passer à autre chose. Elle ne pouvait pas effacer deux ans de nos vies comme si ce n’était rien. Elle ne pouvait pas me remplacer comme un vieux manteau dont elle se serait lassée juste parce que j’avais fait une erreur.Oui, j’admettais que j’avais tort. Je ne le niais pas une seule seconde. J’avais trompé. J’avais brisé sa confiance. J’avais brisé son cœur. Mais je n’avais
(PoV de Lucien)Je pénétrai dans les locaux de la société Volkov l’air furieux.Ma mâchoire était crispée, mon visage glacial, chaque pas alourdi par le poids de tout ce qui avait mal tourné dans ma vie. Les employés qui se précipitaient d’habitude pour me saluer reculèrent, leurs voix mourant dans leur gorge dès qu’ils virent mon expression.Je ne m’arrêtai pas à mon bureau. Je ne jetai même pas un regard vers l’ascenseur.Je me dirigeai droit vers le bureau de ma secrétaire. La porte était entrouverte, le parfum de celle-ci flottant dans le couloir.J’aurais dû le faire il y a une semaine, bien avant. J’aurais dû la confronter dès l’instant où mon mariage avait commencé à s’effondrer, quand Aria était sortie de la maison sans se retourner.Mais je ne l’avais pas fait. Parce qu’une partie de moi refusait d’affronter la vérité.Je poussai la porte.Elle leva les yeux de son bureau et sourit.« Bonjour, M. Lucien », salua-t-elle d’un sourire éclatant.Et c’est alors que je remarquai ce
(PoV d’Aria)Yo !Je pris une grande inspiration en descendant l’escalier. La lumière du matin traversait les hautes fenêtres, soulignant la chaleur du salon en contrebas. Mon cœur battait la chamade ; j’étais nerveuse et j’anticipais déjà la conversation que j’allais avoir avec Ethan.Aujourd’hui, je prenais le petit-déjeuner avec lui. Peut-être que j’apprendrais enfin son emploi du temps, que j’aurais enfin l’occasion de lui parler vraiment.Passer à autre chose après une semaine n’était pas une si mauvaise idée. Une semaine à me rappeler que Lucien n’avait plus sa place dans ma vie, que ses manipulations et son arrogance n’avaient plus à dicter mes matinées. Mais, aussi fort que j’essayais de le chasser, une partie têtue de moi savait que je le rencontrerais à nouveau un jour, par accident ou par un cruel concours de circonstances.Et je prierais toujours pour que, ce jour-là, je ne tremble pas, que je ne fléchisse pas, que je ne…Saint Père, pourquoi est-ce que je pense encore à l
Mon cœur s’emballait à cause d’Ethan, et cela seul me terrifiait.Je souris, une petite courbe de lèvres qui me semblait nouvelle sur mon visage, et je chassai cette sensation comme si elle n’avait aucune importance. Comme si ce n’était rien. Comme si mon corps ne m’avait pas trahi en réagissant à un homme qui n’était pas mon mari.Mari ? Qui n’était même pas proche de moi.Je ne peux accueillir aucune forme d’amour pour le moment. Lucien s’est assuré de cela. Il n’a pas seulement brisé mon cœur, il l’a reconfiguré. Il m’a enseigné la prudence à la dure, m’a appris à quel point il était dangereux de faire confiance trop vite, de donner trop, d’aimer sans demander de preuves.Et si j’étais honnête, vraiment honnête, je ne pouvais pas lui jeter toute la faute.Je devrais aussi me blâmer moi-même.Pourquoi aurais-je épousé un homme que je ne connaissais que depuis trois mois ? À quoi pensais-je ? Étais-je charmé ? Aveuglée ? Désespérée d’appartenir quelque part, n’importe où ? Ou étais-j







