Masuk(PoV de Lucien)
Je pénétrai dans les locaux de la société Volkov l’air furieux. Ma mâchoire était crispée, mon visage glacial, chaque pas alourdi par le poids de tout ce qui avait mal tourné dans ma vie. Les employés qui se précipitaient d’habitude pour me saluer reculèrent, leurs voix mourant dans leur gorge dès qu’ils virent mon expression. Je ne m’arrêtai pas à mon bureau. Je ne jetai même pas un regard vers l’ascenseur. Je me dirigeai droit vers le bureau de ma secrétaire. La porte était entrouverte, le parfum de celle-ci flottant dans le couloir. J’aurais dû le faire il y a une semaine, bien avant. J’aurais dû la confronter dès l’instant où mon mariage avait commencé à s’effondrer, quand Aria était sortie de la maison sans se retourner. Mais je ne l’avais pas fait. Parce qu’une partie de moi refusait d’affronter la vérité. Je poussai la porte. Elle leva les yeux de son bureau et sourit. « Bonjour, M. Lucien », salua-t-elle d’un sourire éclatant. Et c’est alors que je remarquai ce qu’elle portait. La même robe noire transparente. La même robe qu’elle avait portée ce jour-là, le jour où tout avait franchi une ligne qui n’aurait jamais dû être touchée. Le tissu collait à son corps comme une erreur calculée, révélant bien plus que ce que le professionnalisme n’autorisait jamais. Ma poitrine se serra, non de désir, mais de fureur. Le souvenir me brûla le crâne et je me haïs pour cela. Assez. Je n’étais pas venu ici pour revivre des erreurs, j’étais venu pour lui arracher la vérité. « Tu as envoyé notre vidéo de sexe à ma femme ? » demandai-je en la fixant avec colère. Son sourire vacilla une demi-seconde avant qu’elle ne se redresse, relevant le menton comme si elle avait tout à fait le droit d’être là. « Oui », dit-elle. « Je l’ai fait. Elle devait savoir, elle devait savoir que nous avions quelque chose… de spécial. » « Tais-toi. » Je frappai du poing sur son bureau, le bruit résonnant dans le bureau. « Tu as envoyé cette vidéo sur ordre de qui ? » exigeai-je. « Tu m’as séduit sur ordre de qui ? » Ses yeux s’écarquillèrent. Parce que c’était précisément ce qui n’avait jamais eu de sens. Elle avait été ma secrétaire pendant des années. Elle n’avait jamais franchi les limites, jamais flirté avec moi, jamais s’était habillée de façon provocante. Elle m’avait même présenté son petit ami une fois, souriant fièrement comme si elle n’avait rien à cacher. Et puis, soudain, une nuit, tout avait changé. Ce n’était pas le fruit du hasard. C’était comme si c’était planifié. « Personne », dit-elle rapidement. Je bougai avant de pouvoir m’en empêcher. Ma main se referma autour de son cou, la projetant contre le mur. Son souffle lui échappa en un hoquet aigu, ses doigts griffant mon poignet tandis que la panique éclatait sur son visage. « Tu vas me répondre, putain ? » rugis-je. Elle se débattait, toussant, le visage devenant rouge tandis qu’elle se battait pour respirer. Mon emprise se resserra ; je me fichais qu’elle puisse s’étouffer à mort, parce qu’un peu plus de force et elle y passait. Je relâchai légèrement mon emprise. « Votre… votre mère », balbutia-t-elle. « Elle… elle m’a dit de… » Je la repoussai, les yeux rougis par la colère. Elle s’effondra contre le mur, glissant légèrement en toussant, aspirant l’air comme si on venait de la tirer des profondeurs. Ma mère ? Les mots résonnèrent lourdement dans ma tête, c’était inimaginable pour moi. Pourquoi avait-elle fallu qu’elle fasse ça ?! « Vous êtes licenciée », dis-je froidement. Elle releva la tête, la secouant. « Monsieur, je vous en prie », pleura-t-elle en se relevant tant bien que mal et en s’agrippant à ma main. « Pardonnez-moi, je vous en supplie. C’est ma seule source de revenus. » « Sortez de ma vue. » Je lui arrachai la main. Elle était choquée, les larmes dévalant ses joues, mais je ne me retournai pas. Ma mère. Elle m’avait piégé. Elle avait détruit mon mariage de ses propres mains. Pas étonnant que mon divorce soit devenu un spectacle public du jour au lendemain. J’avais blâmé mon nom, mon statut, la malédiction d’être Lucien Volkov. Mais ça ? Non, non, non, non. Je quittai immédiatement le bâtiment. Le trajet jusqu’au manoir de ma mère me parut interminable, mes jointures blanches sur le volant tandis que les souvenirs défilaient encore et encore, chaque dispute, chaque fois qu’Aria m’avait regardé comme si elle s’éloignait, chaque avertissement que j’avais ignoré. Il était tard quand j’arrivai. Le manoir était silencieux, le genre de silence qui faisait résonner chaque pas. Même le bruit de la porte se refermant derrière moi me sembla trop fort. « Mère ! » appelai-je. Je n’obtins aucune réponse d’abord, jusqu’à ce que j’entende des voix dans le salon. Bien sûr, ma mère parlait à ma sœur. Essayant de réparer un autre mariage brisé. Essayant de forcer Sabrina à retourner dans les bras d’un homme qui l’avait traitée de la même façon que j’avais traité Aria. L’hypocrisie fit bouillir mon sang. « Mère ! » appelai-je de nouveau en entrant dans la pièce. Elle se tourna lentement, impassible. « Fils », dit-elle. « Pourquoi cries-tu comme ça ? » Je la fixai. « Tu as ruiné mon mariage », dis-je. Elle rit. « Allons, Lucien », dit-elle en agitant une main méprisante. « Je te croyais assez intelligent pour savoir de quoi je suis capable. » Mes mains se crispèrent en poings. « Aria est ma vie », lançai-je. « Et tu le sais. » Sabrina s’avança. Et quand elle parla, chaque mot s’abattit comme une lame. « Si elle était ta vie », dit-elle calmement, « tu n’aurais pas trompé. Si elle était ta vie, aucune femme n’aurait pu te sortir la queue du pantalon. Si elle était ta vie, tu ne l’aurais pas traitée comme si elle n’avait aucune importance. » Ma gorge se serra. « Si elle était ta vie », continua-t-elle, ses yeux me brûlant, « tu n’aurais pas laissé mère la manquer de respect. Tu te souviens quand je t’ai prévenu ? Tu te souviens de ce que tu as dit ? Tu as dit qu’elle t’aimait. Qu’elle tolérerait n’importe quoi. » Ma colère s’évapora, remplacée par quelque chose de bien pire. Je me sentais coupable, tellement coupable. Mon visage s’adoucit. Mes épaules s’affaissèrent. Elle avait raison, sur chaque point qu’elle avait mentionné. « Eh bien », dit ma mère en brisant le moment, « la vérité, c’est que tu ne la mérites pas. Et elle ne te mérite certainement pas non plus. Je suis contente que vous ayez chacun pris votre chemin. » « Mère, arrête », gémis-je en me passant une main sur le visage. Elle rit de nouveau, indifférente à ce que je ressentais. « Quand tu auras fini de faire la tête à propos d’Aria », dit-elle d’un ton autoritaire, « prépare-toi à sortir avec la fille du président. C’est bon pour la société. Et pour toi. » Puis mon téléphone vibra. Mon cœur manqua un battement. J’hésitai, puis le sortis de ma poche. Un message de l’agent que j’avais engagé, celui qui surveillait Aria. « Monsieur, votre femme a été vue dans un restaurant avec un autre homme. » Je levai les yeux vers ma mère sans réagir au message que je venais de lire. « Je suis assez homme pour admettre que j’avais tort », dis-je, la voix tremblante. « Assez homme pour admettre que j’ai été puéril. Immature. Et que j’ai merdé d’une façon que je n’aurais jamais dû. » Elles me regardèrent toutes les deux. Oui, elle avait été la meilleure pour moi et j’avais été le pire pour elle. Je lui avais fait du tort d’une manière que je n’aurais pas dû. Nos souvenirs me revinrent, et j’avais tellement envie de lui dire que personne ne la comprenait comme moi. Comment étais-je censé la laisser partir ? « Mais je dirai ceci », continuai-je. « Je récupérerai ma femme. Et je te le flanquerai à la figure. Tu m’as assez poussé. » Puis je me retournai. Et je partis. « Aria, je suis désolé, mais tu ne peux pas me quitter pour un autre homme. »(PoV d’Aria)Ethan s’assit à côté de moi en silence, assez près pour que je sente la chaleur de son bras à travers le tissu fin de ma manche. Il ne me pressa pas, ne posa pas de questions tout de suite. Il tendit simplement la main, passa un bras autour de mes épaules et m’attira doucement contre sa poitrine, comme s’il savait déjà que je tenais à peine debout et que tout ce dont j’avais besoin, c’était d’une étreinte.Pendant une seconde, je résistai.Je n’avais plus l’habitude d’être réconfortée. Pas sans conditions. Pas sans que cela soit ensuite utilisé contre moi.Mais ma force céda avant ma fierté.« Ne verse pas de larmes à cause de lui », dit Ethan doucement, sa voix calme et douce. « Il ne mérite aucune de tes larmes. »J’essayai de répondre, mais ma gorge se serra. À la place, un reniflement tremblant m’échappa, embarrassant et incontrôlable. Je détestais ce son. Il me faisait me sentir faible, exposée. Comme si j’exposais ma faiblesse devant quelqu’un qui ne me connaissait
(PoV d’Aria)« Qui êtes-vous ? » criai-je en arrachant ma main comme si son toucher brûlait. « Et qu’est-ce qui vous a donné le culot de me tenir les mains comme ça ? »Mon cœur cognait violemment dans ma poitrine, chaque battement résonnant dans mes oreilles. J’étais furieuse, tellement en colère que mes mains tremblaient, mais sous cette colère se cachait la peur. Pas la peur qui vous rend faible, mais celle qui vous rappelle les blessures que vous pensiez guéries.Je savais que ce moment arriverait. Je ne m’attendais juste pas à ce que ce soit ce soir.Et je savais aussi qu’à un pas hors du manoir de Devi, bien sûr, Lucien me trouverait.« Aria, ne sois pas têtue », lança-t-il en resserrant son emprise, son pouce s’enfonçant dans ma peau comme s’il avait besoin de me rappeler sa force. « Viens avec moi. »Ce ton. Le commandement dans sa voix envoya une vague nauséeuse de souvenirs s’écraser sur moi. Cela me rappela nos disputes qui se terminaient par des portes claquées, des excuse
(PoV de Lucien)Je pouvais accepter tout ce qu’Aria voudrait me faire pour me punir, absolument tout. Elle pouvait me crier dessus, me gifler, m’insulter, m’humilier devant toute la ville si elle le voulait. Je le méritais. Et je le savais. J’avais trompé. J’avais franchi une ligne qui n’aurait jamais dû l’être. J’avais brisé quelque chose que je n’aurais pas dû briser, quelque chose de sacré, quelque chose qui avait mis deux années entières à se construire.Mais elle avec un autre homme ? Je ne pouvais pas imaginer ma femme avec quelqu’un d’autre.C’était là que je tirais un trait.Elle ne pouvait pas simplement passer à autre chose. Elle ne pouvait pas effacer deux ans de nos vies comme si ce n’était rien. Elle ne pouvait pas me remplacer comme un vieux manteau dont elle se serait lassée juste parce que j’avais fait une erreur.Oui, j’admettais que j’avais tort. Je ne le niais pas une seule seconde. J’avais trompé. J’avais brisé sa confiance. J’avais brisé son cœur. Mais je n’avais
(PoV de Lucien)Je pénétrai dans les locaux de la société Volkov l’air furieux.Ma mâchoire était crispée, mon visage glacial, chaque pas alourdi par le poids de tout ce qui avait mal tourné dans ma vie. Les employés qui se précipitaient d’habitude pour me saluer reculèrent, leurs voix mourant dans leur gorge dès qu’ils virent mon expression.Je ne m’arrêtai pas à mon bureau. Je ne jetai même pas un regard vers l’ascenseur.Je me dirigeai droit vers le bureau de ma secrétaire. La porte était entrouverte, le parfum de celle-ci flottant dans le couloir.J’aurais dû le faire il y a une semaine, bien avant. J’aurais dû la confronter dès l’instant où mon mariage avait commencé à s’effondrer, quand Aria était sortie de la maison sans se retourner.Mais je ne l’avais pas fait. Parce qu’une partie de moi refusait d’affronter la vérité.Je poussai la porte.Elle leva les yeux de son bureau et sourit.« Bonjour, M. Lucien », salua-t-elle d’un sourire éclatant.Et c’est alors que je remarquai ce
(PoV d’Aria)Yo !Je pris une grande inspiration en descendant l’escalier. La lumière du matin traversait les hautes fenêtres, soulignant la chaleur du salon en contrebas. Mon cœur battait la chamade ; j’étais nerveuse et j’anticipais déjà la conversation que j’allais avoir avec Ethan.Aujourd’hui, je prenais le petit-déjeuner avec lui. Peut-être que j’apprendrais enfin son emploi du temps, que j’aurais enfin l’occasion de lui parler vraiment.Passer à autre chose après une semaine n’était pas une si mauvaise idée. Une semaine à me rappeler que Lucien n’avait plus sa place dans ma vie, que ses manipulations et son arrogance n’avaient plus à dicter mes matinées. Mais, aussi fort que j’essayais de le chasser, une partie têtue de moi savait que je le rencontrerais à nouveau un jour, par accident ou par un cruel concours de circonstances.Et je prierais toujours pour que, ce jour-là, je ne tremble pas, que je ne fléchisse pas, que je ne…Saint Père, pourquoi est-ce que je pense encore à l
Mon cœur s’emballait à cause d’Ethan, et cela seul me terrifiait.Je souris, une petite courbe de lèvres qui me semblait nouvelle sur mon visage, et je chassai cette sensation comme si elle n’avait aucune importance. Comme si ce n’était rien. Comme si mon corps ne m’avait pas trahi en réagissant à un homme qui n’était pas mon mari.Mari ? Qui n’était même pas proche de moi.Je ne peux accueillir aucune forme d’amour pour le moment. Lucien s’est assuré de cela. Il n’a pas seulement brisé mon cœur, il l’a reconfiguré. Il m’a enseigné la prudence à la dure, m’a appris à quel point il était dangereux de faire confiance trop vite, de donner trop, d’aimer sans demander de preuves.Et si j’étais honnête, vraiment honnête, je ne pouvais pas lui jeter toute la faute.Je devrais aussi me blâmer moi-même.Pourquoi aurais-je épousé un homme que je ne connaissais que depuis trois mois ? À quoi pensais-je ? Étais-je charmé ? Aveuglée ? Désespérée d’appartenir quelque part, n’importe où ? Ou étais-j







