تسجيل الدخولAprès leur petit-déjeuner, Ethan prit contact avec Samuel grâce à la radio. La communication grésillait par intermittence, mais cette fois la situation semblait enfin stabilisée.Les hommes armés qui avaient pris le contrôle du camp avaient disparu avant l’arrivée des renforts, probablement alertés par les mouvements militaires dans la région. Samuel leur expliqua qu’il envoyait malgré tout plusieurs véhicules escortés par des gardes armés afin de sécuriser définitivement la zone.— Vous reviendrez demain matin, déclara Samuel à travers les interférences. Les hommes arriveront avant la tombée de la nuit aujourd’hui.Ethan jeta un regard vers Jabari avant de répondre :— Compris.Le roi du village, assis à côté de lui, prit alors calmement la parole.— Certains de mes hommes vous accompagneront jusqu’au camp demain.Ethan tourna la tête vers lui.— Ce n’est pas nécessaire.Jabari eut un léger sourire.— Ici, rien n’est laissé au hasard. Les routes sont devenues dangereuses depuis plusi
Je suis la femme du chef du village à travers les sentiers étroits qui s’éloignent progressivement des habitations. Plus nous avançons, plus les bruits du village disparaissent derrière nous pour laisser place à autre chose. Le vent dans les feuillages. L’eau au loin. Les cris lointains des oiseaux cachés dans la végétation.Après presque une demi-heure de marche, le paysage s’ouvre soudainement devant moi et je m’arrête net.Une immense chute d’eau descend le long des rochers noirs dans un grondement puissant avant de se jeter dans un bassin parfaitement clair entouré de végétation tropicale. La lumière du soleil traverse les gouttes suspendues dans l’air et donne à l’endroit quelque chose d’irréel.Je reste quelques secondes sans parler.— Mon Dieu…La femme du chef sourit doucement en voyant ma réaction.— C’est magnifique, n’est-ce pas ?Je tourne lentement sur moi-même, incapable de détourner les yeux du paysage.— On dirait un endroit caché du reste du monde.Elle acquiesce lent
La première chose que je sens en ouvrant les yeux, c’est la chaleur, pas celle de la hutte mais une chaleur différente, agréable.Il me faut quelques secondes pour comprendre pourquoi mon corps est aussi confortablement installé alors que, quelques heures plus tôt, cette natte me semblait être l’invention la plus cruelle de l’humanité.Puis je réalise.Je suis blottie contre Ethan.Sa respiration est lente, profonde, régulière contre mes cheveux, et l’un de ses bras repose autour de ma taille comme si mon corps avait naturellement trouvé sa place contre le sien pendant la nuit. Je me fige immédiatement.Mon premier réflexe devrait être de m’éloigner, de retrouver un minimum de dignité avant qu’il ne se réveille. Mais je ne bouge pas parce que malgré moi… je me sens bien.Son corps dégage une chaleur rassurante qui contraste violemment avec tout ce que je suis censée ressentir envers lui. Même endormi, Ethan semble solide, calme, comme si rien au monde ne pouvait réellement l’atteindre
Avant que tout se casse entre nous, Mila était simplement… Mila.Elle arrivait toujours trop vite dans mes journées, sans prévenir, comme si elle avait décidé que ma présence faisait partie de son emploi du temps et qu’il n’y avait rien à négocier là-dessus. Je la retrouvais après les entraînements, assise en haut des gradins, les jambes croisées, en train de lire ou de griffonner dans un carnet qu’elle refermait dès que je m’approchais.— T’as encore perdu des points en défense aujourd’hui, lançait-elle sans même lever les yeux.Je levais les yeux au ciel, mais je souriais déjà.— Tu comptes aussi les réussites ou juste ce qui t’arrange ?Elle relevait enfin la tête, avec ce regard trop vif pour son âge.— Les réussites, tout le monde les voit. Les erreurs, c’est plus intéressant.C’était toujours comme ça avec elle. Direct. Sans filtre. Et étrangement, ça ne me dérangeait pas.On marchait souvent ensemble ensuite, sans vraiment décider où aller. Elle parlait de tout, des cours, des
Chapitre 1 — EthanLa première fois que j’ai mis les pieds en République de Karsana, je pensais savoir à quoi m’attendre.Je m’étais trompé.Pas sur la pauvreté, ni sur les routes inexistantes, ni même sur le chaos discret qui remplace ici ce que d’autres appellent l’ordre. Ce que j’avais sous-estimé, c’était le silence entre deux explosions, la manière dont les gens continuent à vivre malgré tout, comme si la survie était une habitude plus qu’un combat.Depuis, je suis revenu deux fois.Non pas parce que j’y suis attaché.Mais parce que certains endroits ne te quittent jamais vraiment, peu importe combien tu fais semblant de les laisser derrière toi.Cette mission devait être différente.Plus courte. Plus simple. Une rotation de terrain classique : sécurisation de zones, assistance logistique, protection des équipes médicales locales. Rien que je n’aie déjà fait.Rien que je ne contrôle pas.C’est ce que je me répète en regardant les dossiers sur la table, dans un bureau provisoire d
Il était midi passé lorsque nous coupons enfin le moteur, à une cinquantaine de kilomètres du camp que nous avons fui, laissant derrière nous la poussière, les tirs et cette impression persistante d’avoir quitté un endroit où tout pouvait encore basculer.La radio grésille.Ethan l’attrape immédiatement, son regard durci par une concentration que je ne lui ai encore jamais vue.— Samuel, ici Ethan. On a quitté la zone.Quelques secondes de silence, puis une voix saturée par les interférences répond.— Ethan, situation ?Ethan jette un coup d’œil rapide autour de nous, comme s’il vérifiait encore une fois ce qu’il a déjà compris.— C’était une embuscade. Trop organisé pour être spontané.Je me tourne vers lui, attentive.— Tu es sûr ?Il ne me regarde pas, mais sa réponse est immédiate.— Oui.La radio grésille à nouveau.— Précise.Ethan inspire lentement, comme pour structurer ce qu’il va dire.— Pas de mouvement désordonné, pas de fuite. Le camp était déjà sous contrôle quand on est
Le téléphone de Jason vibra brusquement sur la table, interrompant une de ses phrases mielleuses. Il jeta un œil à l’écran, et aussitôt, son visage changea. Sa confiance disparut, remplacée par une tension nerveuse. Ses yeux se plissèrent, sa mâchoire se crispa.— Excuse-moi une seconde, dit-il en
La salle d’audience était pleine à craquer. Les bancs de bois grinçaient sous le poids des curieux, journalistes et familles venus assister à ce procès hors du commun. L’air était lourd, saturé d’une tension palpable. Tous attendaient de voir tomber le verdict qui allait sceller le destin d’Elena M
Le grand portail du tribunal s’ouvrit. J’avais tenu le choc à l’intérieur, devant tout le monde, devant Elena, devant les juges. J’avais parlé, j’avais raconté, j’avais affronté. Mais une partie de moi était encore tremblante, écorchée vive.Je marchais entourée de mes parents, l’avocat de ma famil
Jason resta encore un instant à contempler Lila, sa main prisonnière de la sienne. Elle semblait fragile, brisée, mais son regard reconnaissant suffisait à nourrir sa fierté.— Tout ça est derrière toi maintenant, murmura-t-il. Je veillerai toujours sur toi.Elle détourna les yeux, troublée par tan







