LOGINEthan ne me regarde pas. Enfin, officiellement parce que chaque fois que je tourne légèrement la tête, ses yeux sont exactement là.Min-Jae parle. Je réponds. Je ris.Et je découvre quelque chose d’extrêmement agréable : Ethan Hopkins est jaloux. Très jaloux.Il ne fait aucune scène. Il ne fronce même pas les sourcils mais son verre n’a presque pas quitté sa main.Et l’homme qui lui parle depuis cinq minutes pourrait parfaitement être invisible.Min-Jae se penche légèrement.— Votre ami n’a pas l’air de beaucoup m’aimer.— Ethan n’aime personne.— Ethan ?Je grimace intérieurement.Trop familier.— Longue histoire.— Votre petit ami ?— Non.Réponse immédiate.Pourquoi ai-je soudain envie de regarder vers lui ?Je résiste.— Dommage, dit Min-Jae.— Pourquoi ?— Pour lui.Je ris malgré moi.Lorsque la musique s’arrête, il garde ma main une seconde.— Je t'offre un verre ?— Avec plaisir.— Non.Je me fige.Min-Jae aussi.Ethan se tient derrière nous.Je me retourne lentement.— Pardon
Je hais les petits-déjeuners. Plus précisément, je hais les petits-déjeuners organisés par ma sœur lorsqu’elle estime avoir réussi quelque chose. Léna rayonne. Jonathan aussi.Ils sont insupportables.— Bien dormi ? demande Léna.Je prends mon café.— Très bien.— Vraiment ?— Pourquoi je dormirais mal ?— Aucune raison.Jonathan cache un sourire derrière sa tasse.Je pointe mon couteau vers lui.— Toi.— Moi ?— Si tu souris encore comme ça, je t’enfonce cette cuillère dans l’œil.— C’est un couteau.— Encore mieux.— Tu vois ? dit-il à Léna. Elle est heureuse.— Radieuse.— Je vous déteste.La porte s’ouvre. Je n’ai pas besoin de regarder. Mon corps sait avant moi. Ethan entre.— Bonjour.Jonathan répond. Léna aussi. Moi, je bois mon café.Ethan s’assoit en face de moi.— Bonjour, Mila.Je relève les yeux.— Ethan.Voilà. Civilisés. Adultes. Parfaits.Ses yeux descendent vers ma bouche une fraction de seconde.Salaud.Je reprends mon café.Léna nous observe.— C’est fascinant.— Qu
Je l’embrasse et je comprends immédiatement mon erreur. En Irlande, j’avais encore la peur, le chaos, Amelia, Vale. Ici, il n’y a rien.Seulement Mila.Elle répond à mon baiser avec la même violence contenue.— Ethan…Je quitte sa bouche juste assez pour respirer.— Ne dis pas mon nom comme ça.— Comme quoi ?— Comme si tu voulais que j’oublie pourquoi je devrais être raisonnable. Tu prends vraiment plaisir à me pousser à bout.— Énormément.Je l’embrasse encore. Elle s’accroche à moi. Tout en moi réclame davantage.— Non.Je baisse les yeux vers elle.— Non quoi ?— Ne t’arrête pas maintenant.Bon sang.Je pose mon front contre le sien.— Tu n’as aucune idée de ce que tu demandes.Elle lève les yeux.Je recule d’un centimètre.Elle fronce les sourcils.— Qu’est-ce que tu fais ?— J’essaie de ne pas faire quelque chose que nous allons compliquer demain matin.— Nous compliquons absolument tout.— Justement.Elle attrape de nouveau ma cravate.— Ethan.— Non.Son expression change.— N
— Tu aurais pu me prévenir que nous dînions dans un endroit pareil.Je regarde une nouvelle fois l’adresse envoyée par Léna.Dernier étage.Salon privé.Vue panoramique sur Séoul.Évidemment.Ma sœur habite cette ville depuis quelques semaines et se comporte déjà comme si elle y a vécu toute sa vie. Léna a toujours été ainsi..Je range mon téléphone dans mon sac et suis l’hôtesse.— Madame Jensen vous attend.Je grimace encore en entendant son nouveau nom.Madame Jensen.Je ne m’y habituerai jamais.Les portes coulissantes s’ouvrent.— Surprise !Je lève les yeux.Léna est debout au milieu du salon, magnifique dans une robe bleu nuit.Jonathan se tient derrière elle.Je souris.— Tu es complètement folle.Je fais deux pas.Puis je m’arrête.Il y a quelqu’un près des baies vitrées.Grand.Costume noir.Une main dans la poche de son pantalon.L’autre autour d’un verre.Il tourne la tête.Et mon cœur cesse de fonctionner.Ethan.Putain.Ethan.Pendant quelques secondes, personne ne parle
Le lendemain matin, je serre Léna dans mes bras devant la voiture.— Tu m’appelles en arrivant.— Oui.— Tu m’envoies le nom de ton obstétricien.— Mila.— Et les résultats de tes prochains examens.— Je suis ta sœur, pas ta patiente.— Les deux ne sont pas incompatibles.Jonathan s’approche.— Je vais surveiller.Je pointe un doigt vers lui.— Je te tiens personnellement responsable.— Je sais.— Elle doit dormir.— Oui.— Pas de réunions de douze heures.— Mila.— Et si elle a la moindre douleur…Léna m’embrasse brutalement sur la joue.— Respire.Je la regarde.Ses yeux brillent.Les miens aussi.— Tu vas me manquer.— Toi aussi.Cette fois, nous nous prenons réellement dans les bras.Quand elle monte dans la voiture, quelque chose se serre dans ma poitrine.En quelques jours, la maison s’est vidée.Amelia.Les Hopkins.Maintenant Léna.Je regarde la voiture disparaître.Encore des feux arrière.Je commence à détester les départs.Mon téléphone est dans ma poche. Silencieux. Toujou
— Tu regardes ton téléphone.Je relève les yeux.Léna est assise en face de moi.— Non.— Mila.— Quoi ?— C’est la quatrième fois en six minutes.Je retourne mon téléphone écran contre la table.— Contente ?— Immensément.Nous prenons le petit-déjeuner dans la cuisine.Enfin, elle prend son petit-déjeuner.Moi, je torture un morceau de pain depuis vingt minutes.— Il ne t’a pas écrit, constate-t-elle.Je la fusille du regard.— Qui ?Elle éclate de rire.— Sérieusement ?— Je ne sais absolument pas de qui tu parles.— Ethan.Mon couteau s’immobilise.Traître.— Pourquoi Ethan devrait-il m’écrire ?— Aucune idée.Elle boit son café.— Peut-être parce que vous avez passé la moitié de la semaine à vous regarder comme si vous alliez vous arracher vos vêtements ou vous entretuer.Je manque m’étouffer.— Léna !— Quoi ?— Tu es enceinte. Essaie d’avoir des pensées décentes.— Je suis enceinte précisément parce que j’ai eu des pensées indécentes.Je ferme les yeux.— Je regrette cette conv







