LOGINLe lendemain, Raïhm, en compagnie de Tano, se dirigea dans la cour extérieure principale. Autour de lui, les loups haut placés de la meute se rapprochaient. Les Cetas, vêtus de cuir noir renforcé, leurs épées à la main, formaient un cercle impénétrable. Leurs yeux, d’un bleu féroce, scrutaient chaque recoin de la salle, prêts à intervenir au moindre signe de trouble. L'un des Cetas, un loup massif nommé Kor, s’inclina légèrement comme les autres. « La protection de la foire commerciale qui aura lieu dans quelques jours est assurée. Nous avons sécurisé les entrées, surveillé les allées et veillé à ce que aucun fauteur de trouble ne perturbe l'événement. Pas d'inquiétude, mon prince Alpha. La meute sera impénétrable. » Raïhm hocha d
Ils étaient sortis, la rencontre entre Raïhm et son père s'etant achevée, et profitaient pour prendre un peu d'air frais. — « Nous y sommes, » dit-il, « et nous montrerons à tous que la force de la meute réside dans l’unité et la vérité. » Tano sentit une vague de chaleur l’envahir, le sentiment d’appartenir à quelque chose de plus grand que lui. — « Allons, » dit le Bêta, « le chemin est long, mais nous marcherons ensemble. » Et tandis que les silhouettes s’éloignaient dans la nuit, le vent porta avec lui le parfum des cerises et des baies rouges, comme un serment silencieux que la meute de Wade se réparerait, un pas à la fois. Raïhm resta silencieux un instant, le regard perdu dans les profondeurs de la Ville Rose. Puis, d’une voix plus basse, il répondit :
Les dernières portes de la salle du trône se refermèrent dans un grondement sourd. Le marbre rose renvoya l’écho, puis le silence revint, plus dense encore qu’avec la foule. Il n’y avait plus que cinq respirations dans l’immense pièce : celle du Roi Ab-Shalom, lourde et mesurée, celle de Raïhm, courte et maîtrisée, celle de Tindiko, prudente, celle de Tano, brûlante, et celle, presque imperceptible, des lanternes qui vacillaient. Raïhm ne laissa pas le silence s’installer. La contrariété lui tordait encore les mâchoires depuis les mots publics de son père. Il fit un pas. Puis un autre. Il n’était plus au pied des marches. Il était sur le même sol que le Roi. « Père, » dit-il. Sa voix n’avait plus la déférence cérémonieuse de tout à l’heure. Elle était sèche, tranchante comme une lame sortie trop vite du fourreau. « Maintenant qu’il n’y a plus d’oreilles pour colporter, dites-moi. Dites-moi ce qui vous a pris. » Ab-Shalom releva lentement le menton. L’ambre de ses yeux n’avait pl
Les pas lourds, posés, puissants continuaient de résonner dans le couloir de marbre rose. Chaque impact semblait faire vibrer les murs d’ambre et de rubis, comme si la meute elle-même retenait son souffle. Et il apparut, dans toute sa majesté. Le Roi Lycan Ab-Shalom. Il était vêtu d’une djellaba de soie rouge brodé de fils d’or, dont les motifs représentaient les anciennes constellations sous lesquelles les premiers Lycans avaient prêté serment. Un bisht couleur sable, bordé de galons d’or pur, tombait de ses épaules larges jusqu’au sol. À sa taille, une ceinture de cuir rouge sang retenait un poignard cérémoniel dont le pommeau était serti d’une pierre de lune. Sur sa tête, un rond blanc immaculé était maintenu par un agal d’onyx noir. Ses yeux, deux puits d’ambre ancien, balayèrent la salle. Un silence total s’abattit. Même les respirations semblaient suspendues. Ab-Shalom avança. Chaque pas était mesuré, souverain. Les lanternes roses projetèrent sur son passage des éclat
Le lendemain, le soleil se leva à nouveau sur l’île des Corbeaux, éclairant les tours de l’Académie d’une lueur dorée. Bientôt plus haut dans le ciel, il inonderait la forêt. Les corbeaux, témoins éloignés de cette scène, volaient en cercle au-dessus, leurs croassements résonnant comme un chant ancestral. Le parfum salin de l’océan qui s'insinuait entre les arbres se mêlait à l’odeur du feuillage et de la terre mouillée. Les novices, les yeux encore embués de sommeil, se rassemblèrent dans la clairière qui leur était dévolue comme cadre de classe extérieure pour leurs leçons pratiques, leurs uniformes noirs brillant sous la rosée du matin. La Directrice Lyra, drapée de sa cape de fourrure, les observa depuis une branche d'arbre, son regard perçant comme toujours. Le sous-directeur, le Bêta Sinbad, se tenait debout devant eux, son regard perçant balayant les louveteaux. « Aujourd’hui, vous commencez votre véritable formation.» déclara le sous-directeur d’une voix puissante qui
Raïhm se tint au seuil, les cheveux noirs encore légèrement humide de rosée, les yeux bleu cobalt brillants d’une nouvelle détermination. Il savait qu’il devait réparer les torts causés à Tano, qu’il devait montrer à la meute qu’il était capable de diriger... d’admettre ses erreurs. Il traversa la grande salle du trône où les gardes Cetas montaient toujours la garde et les autres loups civils, leurs regards curieux suivant le prince qui avançait d’un pas plus léger. Beaucoup de chuchotements. Il se dirigea vers la salle de commandement où les trois lieutenants des Cetas, Deltas et Sigmas attendaient avec quelques-uns de leurs éléments, leurs yeux attentifs, leurs corps fébriles. Ils prirent chacun des nouvelles des autres, et en donnèrent aussi. Au moment où Raïhm prenait son souffle pour leur parler sérieusement, un des Deltas posa la question qui intriguait tout le monde ce matin : -" Quelque chose s'est-il passé entre vous et le futur Bêta ? " Raïhm serra la mâchoir
Tano, le fils du Bêta Tindiko, était un loup au pelage noir comme l’ébène, mais dont les yeux brillaient d’un éclat marron clair qui trahissait à la fois la jeunesse et une détermination déjà bien ancrée. Il avait passé les derniers jours à se familiariser à nouveau avec la cour royale, à s’entraî
— Père, commença Raïhm, la voix basse mais ferme, je suis revenu, non pas pour réclamer le trône, mais pour rappeler à la meute les valeurs qui nous ont été enseignées. L’avidité ne doit pas être notre héritage. L'accusation à peine voilée fit voler en éclats les bonnes intentions et la maîtrise
Yara, fille d’Indé, trottinait à travers les couloirs obscurs du Palais‑Royal, son pelage gris‑câlé éclaté par la lueur pâle des torches qui vacillaient sur les murs de pierre. Le souffle court, les oreilles dressées, elle glissait comme une ombre entre les colonnes sculptées, évitant les éclats de
Yara s’arrêta, le cœur battant la chamade. Elle savait qu’elle devait rester immobile, se fondre dans l’obscurité, mais la chaleur du feu l’attirait comme un aimant. Elle s’approcha lentement, se glissant derrière une colonne de pierre, observant les renégats. L’un d’eux, un loup au pelage noir com





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