LOGINLe lendemain, le soleil se leva à nouveau sur l’île des Corbeaux, éclairant les tours de l’Académie d’une lueur dorée. Bientôt plus haut dans le ciel, il inonderait la forêt. Les corbeaux, témoins éloignés de cette scène, volaient en cercle au-dessus, leurs croassements résonnant comme un chant ancestral. Le parfum salin de l’océan qui s'insinuait entre les arbres se mêlait à l’odeur du feuillage et de la terre mouillée. Les novices, les yeux encore embués de sommeil, se rassemblèrent dans la clairière qui leur était dévolue comme cadre de classe extérieure pour leurs leçons pratiques, leurs uniformes noirs brillant sous la rosée du matin. La Directrice Lyra, drapée de sa cape de fourrure, les observa depuis une branche d'arbre, son regard perçant comme toujours. Le sous-directeur, le Bêta Sinbad, se tenait debout devant eux, son regard perçant balayant les louveteaux. « Aujourd’hui, vous commencez votre véritable formation.» déclara le sous-directeur d’une voix puissante qui
Raïhm se tint au seuil, les cheveux noirs encore légèrement humide de rosée, les yeux bleu cobalt brillants d’une nouvelle détermination. Il savait qu’il devait réparer les torts causés à Tano, qu’il devait montrer à la meute qu’il était capable de diriger... d’admettre ses erreurs. Il traversa la grande salle du trône où les gardes Cetas montaient toujours la garde et les autres loups civils, leurs regards curieux suivant le prince qui avançait d’un pas plus léger. Beaucoup de chuchotements. Il se dirigea vers la salle de commandement où les trois lieutenants des Cetas, Deltas et Sigmas attendaient avec quelques-uns de leurs éléments, leurs yeux attentifs, leurs corps fébriles. Ils prirent chacun des nouvelles des autres, et en donnèrent aussi. Au moment où Raïhm prenait son souffle pour leur parler sérieusement, un des Deltas posa la question qui intriguait tout le monde ce matin : -" Quelque chose s'est-il passé entre vous et le futur Bêta ? " Raïhm serra la mâchoir
« Mais enfin , qu’est‑ce qu t’es arrivé ? » s’écria Fanta en voyant son fils entrer, la voix tremblante d’inquiétude et de surprise, alors que la porte principale de leur belle et grande maison à deux étages se refermait dans un grincement sourd. La nuit était déjà bien avancée, et les lanternes à huile projetaient des ombres dansantes sur les murs de terre cuite rose du salon. Au centre de la pièce, Tano se tenait debout, le pelage noir encore légèrement hérissé par le froid de la brise marine qui s’était glissée à l’intérieur. Son œil droit, à moitié caché par une fine pellicule de sang séché, était déjà en train de cicatriser, le contour rougeâtre prenant une teinte plus pâle sous la lueur vacillante. Tano s’avança d’un pas, les griffes légèrement sorties, non pas en signe d’agression mais d’une protection instinctive. Le vieux Tindiko, étendu de tout son long sur la longue chaise de détente en bois de chêne massif, qui se trouvait près de la cheminée, ouvrit un œil paresse
"Tu n'en feras rien ! Tu m'entends ?"Alors Raïhm repris le dessus. Il se transforma en humain les secondes suivantes, suscitant la contrariété de son Lycan."Si le loup de Tano t'a dit des faits dérangeants, cela n'en reste pas moins la stricte vérité ! Alors, fais avec... et fiche lui la paix !" gronda le prince dans son subconscient. Il se souvint des enseignements des Instructeurs Deltas, ces loups à l'esprit brillant qui lui avaient parlé de la gestion du stress, de la nécessité de trouver l’équilibre entre le pouvoir et la sérénité - avec sa Luna à ses côtés.Mince.Pas déjà.Il n'était pas prêt.Alors Raïhm bloqua la communication avec Blade, voulant réfléchir sans être perturbé par l'agitation de son Lycan. Certains lui avaient parlé de la méditation, de la respiration profonde, de la marche dans la nature, de la musique des cours d’eau. Mais il n’avait jamais vraiment prêté attention, trop occupé à devenir fort, à s'occuper de la meute.Il entra et referma derrière lui,
"...Comment oses-tu ?..." Là ce n'était plus Rahim qui s'adressa à Tano, mais c'était plutôt le Lycan Blade qui s'adressa directement à son loup subordonné Cisco. Le futur Bêta sentit venir l'explosion, mais il campa résolument sur ses pattes puissantes. "Je te le dis pour ton propre bien ! Tu es très nerveux, et cela depuis plusieurs mois - même les membres influents de notre meute avaient remarqué cette tension chez toi avant même ton départ de l'île de Kilwa. Et ça a empiré depuis..." Le prince Alpha était contrarié. Très contrarié. "Je ne peux pas prendre n'importe quelle femelle à ce stade de ma vie ! Pas une qui n'est pas mon âme sœur ! Ma compagne doit être mon âme sœur... et tu le sais très bien, crétin !" Quel toupet... Non mais... quel culot ! « Mon prince, » d’une voix qui portait à la fois la fierté de son rang et une pointe d’insolence, « je ne peux m’empêcher de remarquer que ton célibat commence à peser sur la meute. » Il fit un pas en avant, les oreil
Raïhm, le prince Alpha, s’appuya contre la balustrade de fer forgé, les griffes légèrement enfoncées dans le métal froid, tandis que Tano, le fils du Bêta Tindiko, se tenait à ses côtés, les oreilles dressées, le regard perdu dans le panorama qui s’étendait à leurs pieds. « Tano, » commença Raïhm d’une voix qui portait le poids du devoir, « je veux un rapport complet de l’opinion publique de la meute. » Il tourna la tête, les yeux perçant l’obscurité comme s’il pouvait y lire les pensées de chaque loup qui habitait les ruelles rosées. « Je ne veux plus de suppositions, je veux des faits, des chiffres, des voix... » Tano resta silencieux un instant, le souffle se mêlant au bruissement des feuilles de citronnier qui bordaient le balcon. Il ferma les yeux, comme pour rassembler les fragments d’une enquête qui l’avait occupé depuis son retour sur l’île, une semaine avant le retour du prince. Quand il rouvrit les yeux, ils brillaient d’une lueur d’analyse, mais aussi d’une pointe de
Raïhm, prince Alpha héritier de son père l’Alpha Ab‑Shalom, foulait le sable rouge de la plage de Kilwa, les pieds nus s’enfonçant légèrement dans la latérite chaude qui semblait pulser sous chaque pas comme le cœur d’un dragon endormi. Le soleil, déjà haut dans le ciel d’un bleu automnal doux, pro
Tano, le fils du Bêta Tindiko, était un loup au pelage noir comme l’ébène, mais dont les yeux brillaient d’un éclat marron clair qui trahissait à la fois la jeunesse et une détermination déjà bien ancrée. Il avait passé les derniers jours à se familiariser à nouveau avec la cour royale, à s’entraî
— Père, commença Raïhm, la voix basse mais ferme, je suis revenu, non pas pour réclamer le trône, mais pour rappeler à la meute les valeurs qui nous ont été enseignées. L’avidité ne doit pas être notre héritage. L'accusation à peine voilée fit voler en éclats les bonnes intentions et la maîtrise
Yara, fille d’Indé, trottinait à travers les couloirs obscurs du Palais‑Royal, son pelage gris‑câlé éclaté par la lueur pâle des torches qui vacillaient sur les murs de pierre. Le souffle court, les oreilles dressées, elle glissait comme une ombre entre les colonnes sculptées, évitant les éclats de







