LOGINYvana a tout quitté pour Gabriel : sa carrière, ses amis, et surtout Anthony, l'homme qui l'aimait sincèrement et qui était prêt à tout pour elle. Dix ans plus tard, elle vit un enfer quotidien. Gabriel ne l'a jamais aimée. Il la méprise, l'humilie devant ses amis, la force à avoir des rapports sexuels pour assouvir ses besoins. Quatre nuits par semaine, il dort chez sa maîtresse, Élisabeth, mère de ses deux enfants. Quand Yvana ose lui demander des explications, il répond : « Je n'ai aucune explication à te donner. » Le seul rituel matinal qu'il partage avec elle : deux comprimés blancs. « Pour ta santé », dit-il. « Des vitamines. » Pendant dix ans, elle avale ces mensonges. Épuisée, au bord du gouffre, Yvana se rend à l'hôpital. Là, une pharmacienne lui apprend la vérité : ce sont des contraceptifs. Elle ne pourra jamais avoir d'enfants. Sans un mot, sans une larme devant lui, elle rentre, prépare deux valises. Le jour même, elle quitte la maison. Dans la rue, une voiture noire s'arrête. Anthony, l'homme qu'elle a abandonné dix ans plus tôt, en descend. Il n'a jamais cessé de veiller sur elle, de loin. Elle monte. Il l'emmène. Et commence un long combat judiciaire et psychologique pour faire condamner Gabriel, retrouver confiance en l'amour, et reconstruire sa liberté.
View MoreUn silence. La salle retint son souffle. Yvana sentit son cœur manquer un battement. Elle regarda Maître Valois, qui haussa les sourcils, étonnée.« De quel adultère parlez-vous ? demanda le juge.– Madame Vernier entretient une relation adultérine avec un certain Anthony L., qu’elle a retrouvé après avoir quitté le domicile conjugal. Cette relation a débuté bien avant la séparation officielle. »Yvana ouvrit la bouche pour protester. Maître Valois lui serra le bras discrètement.La défense déposa des photos. Des photos d’Yvana et Anthony, prises à son insu. Dans le jardin, sur le pas de la porte, dans la voiture. Des photos volées, de loin, de mauvaise qualité. Mais assez nettes pour qu’on les reconnaisse.« Ces photos ont été prises après mon départ, dit Yvana, la voix tremblante.– Pas toutes, répliqua Maître Delcourt. Certaines datent d’avant la séparation. »Il sortit d’autres clichés. Une photo d’Yvana et Anthony dans un café, l’air complice. Un autre, devant le musée, un jour d
Sa voix était blanche, presque mécanique.« Des mensonges ? répéta le juge.– Cette femme est jalouse. Je l’ai éconduite, elle se venge. Elle invente des histoires pour me nuire.– J’ai des preuves, dit Élisabeth en se tournant vers lui. Des messages, des photos, des relevés bancaires. Nos voyages, nos nuits, nos enfants. Tu ne peux pas tout nier. »Le visage de Gabriel se décomposa. Pas complètement. Juste une fissure. Une fêlure dans le mur.Maître Valois déposa les preuves. Les messages doux, les photos d’eux en famille, les billets d’avion. Tout y était. Les heures, les dates, les lieux. Gabriel ne pouvait pas nier.« Ces preuves sont amplement suffisantes, commenta le juge. L’adultère de Monsieur Vernier est établi. »Gabriel ne réagit pas. Il n’avait plus de mots.Élisabeth continua son témoignage. Elle parla des mensonges de Gabriel, des promesses non tenues, des manipulations. Elle parla de ses enfants, qu’elle ne voulait pas voir souffrir. Elle parla de Yvana, qu’elle avait l
En sortant du tribunal, Yvana croisa Élisabeth dans le couloir. Les deux femmes se regardèrent, un long moment. Puis Élisabeth s’approcha.« Je suis désolée, dit-elle.– De quoi ?– De ne pas avoir compris plus tôt. De vous avoir fait du mal. »Yvana secoua la tête.« Ce n’est pas vous qui m’avez fait du mal. C’est lui. »Elles ne se dirent rien de plus. Élisabeth sortit. Yvana la regarda s’éloigner, les épaules basses, les cheveux grisonnants. Elle n’avait pas d’enfant. Mais elle avait ses preuves, sa liberté.Anthony l’attendait devant la voiture.« Tu as parlé à Élisabeth ?– Oui.– Qu’est-ce que tu ressens ?– Je ne sais pas. Pas de haine. Pas de joie. Juste de la fatigue. »Il ouvrit la portière. Elle monta.Le soir, Yvana sortit le carnet. Elle écrivit :« Élisabeth a témoigné. Contre lui. Pour elle. Pour ses enfants. Je ne lui en veux pas. Je ne l’ai jamais haïe. C’était sa prison, aussi. »Elle referma le carnet. Le jardin était calme. Les bulbes qu’elle avait plantés commença
Le coup de téléphone arriva un dimanche matin, alors qu’Yvana était seule dans le jardin, en train de planter des bulbes de printemps. Ses mains étaient dans la terre, ses genoux sur un vieux coussin. Il faisait froid, mais le soleil, timide, réchauffait ses épaules. Elle reconnut le numéro sur son téléphone. Élisabeth. Elle essuya ses mains sur son jean, décrocha.« Allô ? dit-elle, la voix calme.– C’est moi », répondit Élisabeth.Sa voix était fatiguée, presque éteinte. Yvana attendit.« Il est venu me voir. Hier soir. Il était ivre. Il m’a dit que si je témoignais, il me ferait perdre mes enfants. Il a dit qu’il dirait au juge que je suis une mère indigne, que je le trompais aussi, que j’étais instable. »Silence.« Il m’a frappée ? demanda Yvana.– Non. C’est pire. Il m’a prise dans ses bras. Il m’a dit qu’il m’aimait, qu’il ne pourrait pas vivre sans moi. Et il m’a dit que si je l’aimais, je devais le protéger. »Élisabeth pleurait, maintenant. Des sanglots étouffés, qu’elle ten
Les jours passèrent, apaisés, comme une rivière qui retrouve son lit après la crue. Yvana ne vivait plus chez Sarah. Elle avait pris la chambre d’amis chez Anthony, sans que cela soit un engagement, sans que cela soit une déclaration. Juste une nécessité. Elle avait besoin de calme, d’espace, de si
« Parce que j’avais honte », souffla-t-elle. Honte. Le mot était là, lourd, violent. Il la regarda.« Honte de quoi ?– De ce que j’étais devenue. De t’avoir quitté pour lui. De m’être trompée. D’avoir laissé faire. D’avoir été si faible. »Il hocha lentement la tête. Pas pour acquiescer. Pour sign
Elle ne se souvint pas du trajet jusqu’au laboratoire. Ses jambes avaient marché seules, ses pieds avaient trouvé le chemin, sa main avait ouvert la porte. Mais sa tête était ailleurs, suspendue entre les mots de la pharmacienne et ceux du médecin qu’elle allait voir. Elle avait pris rendez-vous le
Quatre nuits par semaine. Quatre. Le calcul était implacable.Elle ne dormit pas, cette nuit-là. Elle resta éveillée, à écouter la maison grincer, le vent souffler, le silence lui bourdonner aux oreilles. De l’autre côté du mur, Gabriel dormait – peut-être chez Élisabeth, peut-être dans la chambre












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