Se connecterPOV de MaëlleAu deuxième matin, la marque sur ma joue a presque disparu.Mes poignets restent sensibles. J’ai essayé de remettre ma montre, mais le bracelet frottait exactement sur la peau abîmée. Elle attend maintenant sur la table de nuit, à côté de la crème laissée par le médecin.Mia va mieux.Elle a réclamé des crêpes au petit déjeuner, regardé deux fois le même dessin animé et insisté pour choisir elle-même ses vêtements. Dorian a fait apporter quelques affaires depuis Lyon. Elle porte une robe jaune et des collants dépareillés parce qu’elle refuse d’écouter la femme chargée de nous aider.Vers dix heures, une voiture s’arrête devant la maison.Mia abandonne ses crayons et vient aussitôt se coller contre ma jambe.— C&rsqu
POV de SachaMaëlle monte sans se retourner.J’attends que la porte de la chambre se referme avant de reprendre mon téléphone. Apolline a déjà envoyé deux messages.**À quelle heure arrives-tu ?****Je peux faire préparer le dîner.**Je réponds seulement que je la préviendrai.Dorian entre dans le salon quelques minutes plus tard. Je lui donne les dernières consignes concernant la maison. Personne ne s’approche sans être identifié. Maëlle et Mia restent ici jusqu’à ce que nous ayons vérifié tous les accès utilisés par mon père.— Tu veux que je t’accompagne à Paris ? demande-t-il.— Non. Tu restes avec elles.Je quitte la maison sans remonter.À Paris, la voiture me conduit directement chez Apolline. Elle occupe un appartement
POV de MaëlleMia se réveille en sursaut peu après notre arrivée.Elle se redresse au milieu du lit et m’appelle alors que je suis assise juste à côté d’elle. Dès qu’elle me voit, elle grimpe sur mes genoux et passe ses bras autour de mon cou.— Je suis là, mon cœur.— Papa aussi ?— Il va venir.Elle garde ma main lorsqu’elle se recouche.La maison est silencieuse. Dorian et les gardes occupent le rez-de-chaussée. De temps en temps, une portière claque dehors ou des pas traversent le couloir. Chaque bruit réveille Mia. Elle ouvre les yeux, me touche le visage et vérifie que je suis toujours près d’elle.Vers cinq heures, elle demande encore :— Il a oublié ?— Non.— Il avait dit qu’il venait.— Je sais.
POV de SachaLes policiers me retiennent vingt minutes.Mes avocats leur remettent les images de l’école, l’adresse où Maëlle a été enfermée et les noms des hommes arrêtés dans la villa. Après cela, il leur reste surtout des formulaires à remplir et une version mensongère rédigée par les avocats de mon père.Je les laisse régler le reste.À mon retour, la villa a changé de propriétaire sans que le nom inscrit sur l’acte ait bougé.Les gardes ont disparu du hall. Les armes sont rangées dans des caisses et les téléphones saisis couvrent la longue table de la salle à manger. Mes hommes occupent les portes, les couloirs et la pièce où mon père donnait ses ordres quelques heures plus tôt.Lui est déjà parti.Je l’ai lais
POV de Maëlle— Mia !Elle se débat dans les bras de Sacha dès qu’elle me voit. Je cours jusqu’à eux et la récupère presque brutalement.Ses jambes entourent ma taille. Elle s’accroche à mon cou, enfouit son visage contre moi et pleure si fort que son souffle se coupe. J’essaie de la calmer, mais ma propre voix tremble.— Je suis là, mon cœur. Maman est là.Je l’embrasse dans les cheveux, sur les joues, partout. Mes mains passent sur ses bras, son dos, ses jambes. Je veux seulement sentir qu’elle est entière.— Tu es venue, sanglote-t-elle.— Bien sûr que je suis venue.— Le monsieur a dit que tu viendrais pas.La colère se mêle au soulagement. Je la serre davantage contre moi, jusqu’à ce qu’elle proteste faiblement.— Il a menti. Je
POV de SachaJe sors mon téléphone et le pose sur la commode, écran tourné vers lui. Le dossier préparé par Dorian est prêt à partir. Photographies, messages, plaques d’immatriculation, noms des sociétés utilisées pour déplacer Maëlle et Mia. Tout ce que mon père règle habituellement derrière des portes fermées.— Si je quitte cette pièce sans Mia, tout sort. La police reçoit le dossier complet. Les administrateurs aussi. Demain matin, ton visage sera associé à l’enlèvement de ta petite-fille dans tous les journaux qui comptent.— Tu serais emporté avec moi.— Sans doute.Il s’attend à ce que cette réponse me gêne. Son regard reste fixé sur moi, à la recherche du calcul, de l’hésitation qui me ramènera ve







