เข้าสู่ระบบPOV de Maëlle— Non, mon cœur. Je suis ta maman. Apolline est la fiancée de Sacha.Mia baisse les yeux vers son dessin.— Et moi, je suis quoi pour elle ?Je cherche une réponse assez simple pour une enfant de quatre ans.— Tu es la fille de ton papa. Ça ne changera jamais.Mia accepte cette réponse et retourne près de ses feutres. Elle ajoute une couronne au-dessus de sa tête, ferme l’enveloppe et écrit PAPA dessus en tirant la langue sous l’effort.Le lendemain, j’arrive devant l’école à l’heure habituelle. La grille s’ouvre et les enfants sortent par petits groupes. Je repère plusieurs manteaux roses, une veste jaune et des boucles brunes qui appartiennent à une autre petite fille.Mia n’apparaît pas.J’attends que la maîtresse accompagne les deux derniers élèves jusqu’au portail.— Mia est encore dans la classe ?La femme me regarde avec surprise.— Elle est partie vers quinze heures quarante.— Partie où ?— Une dame est venue la chercher. Elle avait votre autorisation.Je reste
POV de MaëlleMia pose son dessin sur le carton ouvert.— Pourquoi Mamie a dit que Sacha était mon papa ?Le cutter reste dans ma main. J’avais imaginé cette conversation tant de fois que je devrais savoir quoi répondre. Pourtant, face à elle, je n’arrive même plus à réfléchir.Mia attend, le menton légèrement relevé. Elle a encore une trace de feutre bleu sur le pouce.Je pose enfin le cutter et l’attire contre moi.— Parce que Sacha est ton papa.Elle ne bouge plus.— Pour de vrai ?— Pour de vrai.Son regard cherche quelque chose sur mon visage. J’essaie de sourire, mais mes lèvres tremblent. Mia le remarque. Elle pose aussitôt sa petite main sur ma joue.— Pourquoi tu pleures ?Je n’avais même pas senti mes yeux se remplir.— Parce que j’aurais dû te le dire plus tôt.Elle essuie maladroitement une larme avec son pouce taché de bleu, puis regarde le dessin. Sacha se tient entre elle et moi, avec des bras immenses et un costume entièrement noir.— Il sait que je suis sa fille ?— O
POV de Maëlle— Tu restes loin de ma sœur, reprend Bastien. Si tu lui fais encore du mal, je te promets que ton argent et tes gardes du corps ne serviront à rien.Une nouvelle réponse arrive. Bastien se raidit.— Essaie seulement.Il raccroche et pose le téléphone sur la table.La colère qui le tient depuis mon aveu cherche encore quelqu’un à frapper. Sacha est loin, alors elle reste enfermée dans la pièce avec nous.— Tu n’aurais pas dû l’appeler, dis-je.— Il fallait bien que quelqu’un lui parle.— Il m’a sortie du commissariat hier. Il sait très bien ce qu’il fait.Ma voix tremble sur les derniers mots. Je prends Mia des bras de ma mère et l’installe contre moi. Elle passe immédiatement les siens autour de mon cou.Bastien détourne la tête. Il voulait me défendre. Je le sais. Pourtant, entendre sa menace me laisse une douleur sourde au milieu de la poitrine. Une partie de moi attend encore que Sacha refuse qu’on lui ordonne de disparaître.Je déteste cette partie-là.Le lendemain,
POV de MaëlleJe me réveille un peu avant onze heures avec l’impression d’avoir dormi quelques minutes. La place de Mia est vide et des voix viennent du salon. Je reconnais celle de ma mère avant même d’ouvrir la porte de la chambre.Solène les a appelés pendant que je dormais.Maman se lève dès qu’elle me voit. Elle me prend dans ses bras et je la laisse faire, trop fatiguée pour lui reprocher d’avoir traversé la moitié du pays sans prévenir. Papa est descendu acheter du pain avec Mia. Bastien se tient près de la fenêtre, encore vêtu de la veste qu’il portait pour conduire.Il ne vient pas m’embrasser. Son téléphone est déjà dans sa main.— Sacha est où ?— Il est reparti.Bastien déverrouille son écran et cherche son numéro.Je quitte les bras de ma mère.— Ne l’appelle pas.— Son groupe t’accuse de vol, te met en garde à vue et essaie de te faire signer une dette de cent cinquante mille euros. J’ai deux ou trois choses à lui dire.— Il n’était pas au courant.— Solène m’a raconté c
POV de MaëlleSacha se tient devant la salle d’interrogatoire. Dorian est derrière lui avec un avocat que je n’ai jamais rencontré. Sacha porte un costume sombre et son manteau reste ouvert sur sa chemise. Son visage ne laisse rien passer, mais son regard se fixe sur moi dès que je sors de la cellule.Je m’arrête.Pendant une seconde, je crois que mon esprit l’a fabriqué parce que je n’en pouvais plus.L’avocat s’adresse à la policière. Les deux lambrequins ont été retrouvés. Les accès utilisés pour modifier l’inventaire viennent d’un prestataire extérieur et les documents portant mon nom ont été falsifiés. Le parquet a déjà reçu les nouveaux éléments.Je comprends seulement l’essentiel.Ils savent que ce n’est pas moi.M
POV de MaëlleLa lumière reste allumée au-dessus de la porte.Je ne sais plus depuis combien de temps je suis enfermée. Une heure, peut-être trois. Sans téléphone ni fenêtre, le temps ne passe plus normalement. Il s’étire entre deux bruits de clés, puis disparaît dès que des pas approchent dans le couloir.Chaque fois, je relève la tête.Personne ne vient pour moi.Le matelas en plastique colle à l’arrière de mes jambes. J’ai retiré mes chaussures parce qu’elles glissaient sans leurs lacets, mais le sol est froid sous mes pieds. Je finis par les remettre, puis je recommence à marcher dans la cellule.Quatre pas jusqu’à la porte. Trois pour revenir jusqu’au mur.À cette heure-ci, Mia doit avoir dîné. Solène lui aura préparé ses pâ







