LOGINPOV de MaëlleJe laisse les volets ouverts quelques secondes de trop.De l’autre côté de la rue, Sacha a toujours les yeux levés vers ma fenêtre. Son appartement paraît presque vide derrière lui : une table, un canapé clair, deux lampes et des cartons encore fermés. Il n’a donc pas réservé une chambre pour le week-end. Il s’est installé.Mon téléphone vibre de nouveau.**Je peux monter ?**Mia dort depuis moins d’une heure. J’imagine déjà Sacha entrer, occuper le salon avec sa carrure et cette certitude qui finit toujours par déplacer mes décisions. Je lui réponds de rester chez lui.Il lit le message, pose son téléphone et disparaît derrière ses rideaux.Je referme les miens avec un soulagement très imparfait.Le lendemain,
POV de MaëlleMon premier matin à Florence commence avec une fuite sous l’évier.L’appartement loué près de l’atelier est plus petit que les photographies, mais Mia adore sa chambre jaune et le balcon qui donne sur une cour intérieure. Pendant que je cherche le robinet d’arrêt, elle aligne ses chaussures contre le mur et explique à ma mère par téléphone que nous habitons désormais « dans le pays des glaces ».Le propriétaire arrive avant que l’eau atteigne le couloir. Il répare le joint, me montre deux fois comment fonctionne la chaudière et repart avec la promesse de remplacer une plaque de cuisson. À huit heures vingt, je dépose Mia au centre bilingue recommandé par l’atelier. Elle serre ma main devant la porte, observe les autres enfants, puis accepte de suivre une animatrice l
POV de MaëlleUne heure plus tard, Sacha ouvre de nouveau les portes de l’orangerie.Les journalistes attendent derrière les barrières installées au bout de l’allée. La nouvelle de l’arrestation d’Apolline a déjà fait le tour des chaînes d’information. Des objectifs se tournent vers nous lorsque Sacha sort, toujours vêtu de son costume de marié, sans veste ni cravate.Je reste près de Bastien avec Mia dans les bras. Elle s’est réveillée pendant que les techniciens rangeaient la salle et comprend seulement que la fête s’est terminée trop tôt.Sacha s’arrête devant les micros.Il confirme l’annulation du mariage, les poursuites visant Apolline et la remise aux autorités de toutes les preuves liées à l’accident de la chapelle. Il annonce aussi le r
POV de SachaLes grilles se referment avant que mon père atteigne sa voiture.Ses deux gardes hésitent lorsque mes hommes leur demandent leurs armes. Ils travaillaient autrefois pour lui. Depuis ce matin, leurs contrats, leurs salaires et l’accès aux sites dépendent de moi. Ils déposent leurs pistolets sur le capot sans attendre un nouvel ordre d’Armand.Je le fais conduire dans le salon où Apolline devait signer son contrat de mariage. Les fleurs blanches couvrent encore la cheminée. Mon père s’installe dans un fauteuil, demande un verre et regarde les enquêteurs entrer comme s’il recevait des employés en retard.Il ironise sur le tribunal que j’installe dans chaque pièce. Je le laisse parler pendant que le magistrat ouvre le dossier.Le magistrat pose devant lui les pièces liées à la mort de ma mère :
POV de MaëlleLes policiers demandent à Apolline de les suivre.Elle les regarde comme s’ils venaient de commettre une erreur de protocole. Sa robe, les fleurs, les centaines d’invités et les caméras devraient encore la protéger. L’un des agents répète qu’elle est placée en garde à vue pour tentative d’homicide, faux, usage de faux et détournement de fonds.— Mon avocat vient avec moi, répond-elle.Son avocat reste assis.Apolline pose alors une main sur son ventre et exige un médecin avant tout déplacement. L’agent lui répond qu’un examen sera organisé pendant la garde à vue. Sa grossesse ralentit la procédure de quelques minutes, sans faire disparaître les menottes ni les accusations.Le père d’Apolline le remarque et traverse l’allé
POV de MaëlleAdrien éclate de rire.Le son n’a rien de joyeux. Il regarde Apolline, toujours debout dans sa robe de mariée, et déverrouille un nouveau dossier sur son téléphone.— Tu veux vraiment parler de la chapelle ?Apolline descend la dernière marche. Son père tente de la retenir, mais elle arrache son bras.— Tu as engagé cet homme. Les virements viennent de ton compte.— Parce que tu l’as utilisé.Sacha tend la main. Adrien lui remet le téléphone sans discuter. Quelques secondes plus tard, une conversation apparaît sur les écrans.Le nom d’Apolline ne figure nulle part. Les messages viennent d’un numéro prépayé, mais je reconnais les photographies jointes : l’intérieur de la chapelle, l’estrade et la structure métallique suspendue au-dess







