LOGINIsabelleJe me souviens de tout.Je me souviens de ce soir-là. Je me souviens de cette nuit-là. Je me souviens de chaque seconde, de chaque minute, de chaque heure. Je me souviens de tout, comme si c'était hier, comme si c'était maintenant, comme si c'était toujours.J'étais dans l'appartement d'Alexandre. Je l'avais embrassé. Je lui avais dit que je l'aimais. Je l'avais regardé partir. Et puis j'avais attendu. J'avais attendu qu'il soit sur la route. J'avais attendu qu'il soit seul. J'avais attendu qu'il soit vulnérable.Et puis j'avais appelé.Je l'avais appelé pour lui dire que je l'aimais. Je l'avais appelé pour lui dire que j'avais besoin de lui. Je l'avais appelé pour le distraire. Je l'avais appelé pour le détruire.Je ne voulais pas qu'il meure. Je ne voulais pas que Thomas meure. Je voulais juste qu'il ait peur. Je voulais juste qu'il souffre. Je voulais juste qu'il revienne vers moi. Je voulais juste qu'il m'a
AlexandreCinq ans plus tôt.Je me souviens. Je me souviens de tout. Je me souviens de ce soir-là. Je me souviens de cette nuit-là. Je me souviens de chaque seconde, de chaque minute, de chaque heure. Je me souviens de tout, comme si c'était hier, comme si c'était maintenant, comme si c'était toujours.J'étais dans mon appartement, à Montréal. Un appartement luxueux, un appartement de riche, un appartement de PDG. Des fenêtres immenses qui donnaient sur le fleuve, des meubles design, des œuvres d'art, des tapis persans. Un appartement froid, impersonnel, vide. Un appartement qui ne me ressemblait pas. Un appartement qui n'était qu'un décor, qu'une façade, qu'une illusion.Isabelle était là.Elle était assise sur le canapé, les jambes croisées, un verre de champagne à la main. Elle portait une robe de soie rouge, des talons hauts, des bijoux étincelants. Elle était belle. Elle était radieuse. Elle était éblouissante. Elle était t
IsabelleJe les ai vus.Je les ai vus, hier soir, dans le bureau d'Alexandre. Je les ai vus, par la porte entrouverte, par l'entrebâillement, par la fente de lumière. Je les ai vus, et j'ai vu ce baiser. Ce baiser qui m'a brûlée. Ce baiser qui m'a détruite. Ce baiser qui m'a tuée.Je suis dans ma chambre, assise devant le miroir, et je me regarde. Je vois une femme belle, élégante, sophistiquée. Je vois une femme qui a tout pour elle. Je vois une femme qui pourrait avoir n'importe quel homme. Je vois une femme qui a tout perdu.Je serre les poings. Je serre les dents. Je serre tout mon corps comme si je voulais me retenir de hurler. Comme si je voulais me retenir de tout casser. Comme si je voulais me retenir de tout brûler.Il l'a embrassée.Alexandre a embrassé Charlotte.Il ne m'a jamais embrassée comme ça. Il ne m'a jamais regardée comme ça. Il ne m'a jamais aimée comme ça. Il m'a aimée, oui. Il m'a désirée
Charlotte Je n'ai pas dormi. Pas une minute. Pas une seconde. Pas un instant. J'ai passé la nuit les yeux grands ouverts dans le noir, à fixer le plafond, à repenser à ce baiser, à ce moment suspendu, à cette seconde d'éternité qui a tout changé. Je revois ses lèvres sur les miennes, chaudes, douces, hésitantes. Je revois sa main sur ma nuque, ferme, tendre, possesssive. Je revois son regard, troublé, effrayé, brûlant. Je revois tout ça, encore et encore, comme un film qui tourne en boucle dans ma tête, et je ne sais pas quoi faire. Je ne sais pas quoi penser. Je ne sais pas quoi ressentir. Il m'a embrassée. Alexandre m'a embrassée. Et puis il s'est reculé. Il a dit que c'était une erreur. Il a dit d'oublier. Il a dit d'oublier ce baiser, d'oublier tout, d'oublier lui. Il a dit tout ça, et il s'est détourné, et il a regardé par la fenêtre, et il n'a plus rien dit. Il n'a plus rien fait. Il a attendu. Il a att
Charlotte Je ne comprends pas. Je suis dans le bureau d'Alexandre, debout devant son ordinateur, et je regarde les mouvements suspects sur mon compte. Je regarde les virements, les retraits, les paiements. Je regarde tout ça, et je ne comprends pas. Je n'ai jamais fait ces transactions. Je n'ai jamais contacté ces sociétés. Je n'ai jamais reçu cet argent. Je ne comprends pas. — Alexandre, dis-je d'une voix tremblante. Je te jure. Je n'ai rien fait. Je ne sais pas d'où viennent ces mouvements. Je ne sais pas qui les a faits. Je ne sais pas... — Alors explique-moi. Explique-moi comment ces mouvements sont apparus sur ton compte. Explique-moi comment ces transactions ont été effectuées. Explique-moi tout. Et ne me mens pas. Ne me mens pas, Charlotte. Ne me mens pas. Je le regarde. Je le regarde, et je vois dans ses yeux une lueur de colère, une lueur de déception, une lueur de douleur. Il ne me croit pas. Il ne
Alexandre Je ne devrais pas. Je ne devrais pas écouter Isabelle. Je ne devrais pas douter de Charlotte. Je ne devrais pas vérifier les comptes, les appels, les messages. Je ne devrais pas laisser le poison d'Isabelle s'infiltrer dans mon esprit. Je ne devrais pas. Mais je le fais. Je suis assis devant mon ordinateur, les mains sur le clavier, les yeux rivés sur l'écran. Je regarde les comptes bancaires de Charlotte, les mouvements financiers, les transactions. Je regarde tout ça, et je sens quelque chose se serrer dans ma poitrine. Quelque chose qui ressemble à de la peur. À de la trahison. À de la douleur. Il y a des mouvements suspects. Des virements vers des comptes inconnus. Des retraits en liquide. Des paiements à des sociétés écrans. Des mouvements qui n'ont aucun sens, aucune logique, aucune explication. Des mouvements qui, aux yeux de n'importe qui, ressemblent à de la fr







