LOGINChapitre 186 : L'ÉvacuationElenaLe cargo fend les eaux calmes de la Méditerranée dans un ronronnement sourd de machines, et je reste assise sur le pont, le dos contre une caisse de matériel, Gabriel endormi dans mes bras. Il n'a pas bougé depuis que nous avons quitté l'île, comme si son petit corps épuisé avait enfin trouvé le repos après des mois de terreur. Ses doigts sont toujours crispés sur le col de ma veste, et son souffle est lent, régulier, paisible. Je n'ose pas le lâcher. Chaque fois que j'essaie de desserrer mon étreinte, il gémit dans son sommeil, et je le serre à nouveau contre moi, plus fort, comme pour lui faire comprendre par la seule force de mes bras qu'il est en sécurité maintenant, qu'il est libre.Alexander est assis en face de moi, silencieux, les coudes posés sur les genoux. Il a retiré son gilet pare-balles, et je vois les traces de l'assaut sur son visage, une estafilade sur sa joue, une ecchymose qui commence à gonfler près de sa tempe. Il ne s'est pas pla
Chapitre 185 : La Mort de KoslovViktorLe cargo est en vue, masse sombre et rassurante qui se découpe sur l'horizon pâlissant, quand je donne l'ordre au pilote du zodiac de faire demi-tour. Alexander me regarde comme si j'avais perdu la raison. Elena, elle, ne dit rien. Elle tient Gabriel endormi contre elle, et ses yeux me transpercent dans la pénombre. Elle sait ce que je vais faire, et elle ne me retient pas.— Viktor, qu'est-ce que tu fais ? demande Alexander.— Je retourne sur l'île. Koslov est encore vivant.— Tu n'en sais rien. La villa est en flammes, les mercenaires sont en fuite. Il est peut-être déjà mort, brûlé dans l'incendie.— Non. Je l'ai vu, au moment où nous quittions la plage. Il était sur la falaise sud, près de l'ancien bunker. Il n'est pas mort. Et il ne s'enfuira pas. Pas cette fois.— C'est du suicide. L'île grouille encore de renforts, les alarmes sont réactivées, et tu veux y retourner seul ?Je ne réponds pas tout de suite. Je regarde Elena, qui berce douce
Chapitre 184 : La Fuite Sous le FeuElenaL'alarme se déclenche au moment où nous atteignons le rez-de-chaussée. Une sirène stridente, assourdissante, qui déchire le silence de la nuit et réveille tous les démons de l'île. Les lumières de secours s'allument par intermittence, projetant des ombres dansantes sur les murs de béton, et j'entends déjà les cris des gardes qui convergent vers le hall principal.— Ils ont réactivé le système ! hurle Viktor dans l'oreillette. Svetlana, qu'est-ce qui se passe ?— Les renforts ! répond la voix paniquée de Svetlana. Ils ont un deuxième poste de contrôle, dans le bunker souterrain. Je ne le savais pas ! Ils ont repris la main sur les alarmes !— Combien de temps avant qu'ils ne verrouillent les issues ?— Deux minutes, peut-être moins. Dépêchez-vous !Je serre Gabriel contre moi, et je sens son petit corps se raidir de terreur. Il ne pleure pas, ne crie pas, il se contente de s'accrocher à mon cou avec une force désespérée, comme s'il savait que l
Chapitre 183 : Les Bras de la MèreElenaLe couloir est silencieux maintenant. Les bruits de la fusillade se sont éloignés, étouffés par l'épaisseur des murs de béton, et il ne reste plus que le bourdonnement lointain des systèmes d'alarme que Svetlana a désactivés. Je tiens Gabriel contre moi, et je ne sens plus mes jambes, je ne sens plus mon dos endolori par l'ascension de la falaise, je ne sens plus rien d'autre que ce petit corps chaud et tremblant qui s'accroche à mon cou comme à une bouée dans la tempête.— Il faut y aller, dit Alexander derrière moi. Sa voix est douce, pressante mais pas brusque. L'hélicoptère d'évacuation sera là dans dix minutes. Si nous ne sommes pas sur la plage à ce moment-là, il devra repartir sans nous.— Dix minutes, dis-je. C'est plus qu'il n'en faut.Je ne veux pas courir. Je ne veux pas bousculer cet instant. Pendant trois ans, j'ai rêvé de ce moment, je l'ai imaginé, je l'ai redouté, je l'ai espéré contre toute raison. Aujourd'hui, il est là, dans
Chapitre 182 : La Nourrice CruelleElenaGabriel est dans mes bras. Son corps minuscule tremble contre ma poitrine, et je sens ses doigts s'agripper à mon cou avec une force désespérée, comme s'il craignait que je disparaisse si jamais il me lâchait. Il ne parle pas, il ne pleure pas, il se contente de s'accrocher à moi, et ce silence est plus déchirant que tous les cris du monde. Mon fils est vivant. Mon fils est libre. Mais la terreur dans ses yeux ne s'effacera pas d'un coup, et les bleus sur ses bras ne disparaîtront pas en un jour.— Il faut partir, dit Alexander derrière moi. Les renforts de Koslov ne vont pas tarder. Viktor ne pourra pas les retenir éternellement.— Pas encore, dis-je d'une voix sourde. Pas avant d'avoir réglé mes comptes.Je me tourne vers le fond de la chambre, là où une silhouette massive se tapit dans l'ombre, près du placard où elle enfermait mon fils. Magda. La nourrice. La tortionnaire. Elle a essayé de fuir quand la porte blindée s'est ouverte, mais Ale
Chapitre 181 : L'Infiltration NocturneElenaLa mer est d'huile, noire et lisse comme un miroir d'obsidienne. Les zodiacs glissent sans bruit sur les eaux calmes de la Méditerranée, leurs moteurs électriques émettant à peine un bourdonnement que le clapotis des vagues suffit à masquer. Je suis accroupie à l'avant du premier bateau, les mains crispées sur la corde de sécurité, les yeux fixés sur la silhouette sombre de l'île qui se découpe sur l'horizon étoilé. Nous sommes dans la fenêtre de recalibrage du radar, ces dix minutes précieuses pendant lesquelles la forteresse de Koslov est aveugle. Dix minutes pour atteindre la plage, dix minutes pour franchir le mur d'enceinte, dix minutes pour pénétrer dans la villa. Pas une seconde de plus.— Deux minutes avant la côte, murmure Viktor dans l'oreillette. Préparez-vous.Je vérifie mon arme pour la dixième fois. Un pistolet automatique, compact, silencieux, que Viktor m'a choisi lui-même. Mes doigts ne tremblent pas en caressant la crosse,
Chapitre 6 : Le Compartiment SecretLe bureau de Damien est une cathédrale dédiée à son propre culte. L’air y est épais, chargé d’une odeur de cuir ancien, de bois ciré et du parfum puissant et épicé qu’il porte. Chaque objet, du presse-papier en malachite au stylo plume en or massif, semble me reg
Le contrat du milliardaire Chapitre 5 : La Fouille ClandestineElenaLe brouillard de l'aube n'a pas encore percé les fenêtres de l'appartement. Dehors, Central Park n'est qu'une étendue floue d'ombres et de brume, un monde en suspens qui attend la délivrance du jour. J'entends le claquement feutr
Le contrat du milliardaire Chapitre 4 : L'Insomnie du DouteElenaLe sommeil ne viendra pas. Je le sais à l'instant même où ma tête touche l'oreiller de soie, cet oreiller brodé à mes initiales, E.C., Elena Cross, un nom qui n'est peut-être pas le mien. La chambre conjugale s'étend autour de moi c
Le contrat du milliardaire Chapitre 1 : La Femme du MilliardaireElenaLe lustre au-dessus de la salle de bal est une cascade de cristaux gelés, une chute d’eau saisie en plein mouvement par un froid surnaturel. Ses milliers de prismes taillés capturent la lumière et la brisent en une constellatio







