LOGINChapitre 2 , L’avocat qui refuse de parler
Point de vue de Sélyane Arvenys
Je n’avais pas réussi à dormir.Toute la nuit, le même nom revenait dans mon esprit. Son regard, son calme presque agaçant, cette façon qu’il avait de choisir chaque mot comme s’il craignait d’en dire un de trop… Tout chez cet homme indiquait qu’il cachait quelque chose. Et je détestais les secrets. Surtout ceux qui entouraient une disparition vieille de dix ans. Assise dans mon bureau au journal, je fixais les documents étalés devant moi. Des articles anciens, des photos d’Elvire Cassandre, des rapports incomplets. Une jeune femme disparaît. Une enquête bâclée. Un dossier qui contient le nom d’un avocat qui prétend ne rien savoir.
Trop de coïncidences.
– Tu vas finir par brûler ce dossier si tu continues à le regarder comme ça.
Je levai les yeux. Maëlys D’Auriane se tenait devant mon bureau, un café à la main et son appareil photo accroché à son épaule. Elle me connaissait assez pour savoir quand quelque chose m’obsédait.
– Bonjour à toi aussi.
Elle posa le café devant moi.
– Bonjour. Maintenant explique-moi pourquoi tu as passé ta soirée à chercher des informations sur une héritière disparue depuis dix ans.
Je soupirai.
– Parce que quelqu’un m’a envoyé un message hier.
Son sourire disparut légèrement.
– Quel genre de message ?
Je lui tendis mon téléphone.
Elle lut rapidement avant de relever les yeux vers moi.
– Sélyane…
– Je sais.
– Non, tu ne sais pas. Tu as cette expression.
– Quelle expression ?
– Celle qui dit que tu vas volontairement courir vers le danger parce que tu penses pouvoir le battre.
Je souris légèrement.
– C’est une analyse très exagérée.
– Non, c’est une analyse basée sur les années où je te connais.
Je pris une gorgée de café.
– J’ai trouvé le nom d’un homme dans le dossier.
– Qui ?
Je marquai une pause.
– Lior Veydran.
Maëlys fronça les sourcils.
– L’avocat ?
– Oui.
– Sélyane, tout le monde connaît Lior Veydran. Il est considéré comme l’un des meilleurs avocats de Suisse.
– Justement.
Elle croisa les bras.
– Tu penses qu’un homme avec une réputation parfaite serait impliqué dans une disparition ?
– Je pense qu’un homme avec une réputation parfaite est souvent celui qu’on regarde le moins.
Maëlys secoua la tête.
– Tu es impossible.
– Je suis journaliste.
– Non. Tu es une journaliste qui pense être une détective.
Je souris malgré moi. Mais au fond, elle avait raison sur une chose. Je savais que je m’approchais d’un terrain dangereux. Dans l’après-midi, je retournai au cabinet Veydran & Associés. Cette fois, je n’avais pas l’intention de repartir avec seulement quelques phrases mystérieuses. La réceptionniste me reconnut immédiatement.
Son visage se ferma légèrement.
– Vous êtes revenue.
– Oui.
– Maître Veydran n’est pas disponible.
Je posai mon sac sur le comptoir.
– Je n’ai pas besoin d’un rendez-vous.
Elle soupira.
– Mademoiselle Arvenys…
– Je vais attendre.
Elle sembla vouloir protester, mais mon regard lui fit comprendre que je ne changerais pas d’avis. Je m’installai dans le hall. Une heure passa. Puis deux. Les employés quittaient progressivement le bâtiment, mais moi, je restais là. Finalement, les portes de l’ascenseur s’ouvrirent. Lior Veydran apparut. Son regard se posa immédiatement sur moi. Il n’avait pas l’air surpris.
Comme s’il savait que je reviendrais.
– Vous avez beaucoup de patience.
Je me levai.
– Vous avez beaucoup de secrets.
Un silence passa entre nous. Les employés restants firent semblant de ne pas écouter. Lior ajusta la veste de son costume.
– Venez dans mon bureau.
Je le suivis.
Cette fois, l’atmosphère était différente. La première fois, il voulait simplement me faire partir. Aujourd’hui, il semblait vouloir comprendre pourquoi je refusais d’abandonner. Il s’assit derrière son bureau.
– Pourquoi cette affaire vous intéresse autant ?
Je posai mes mains sur la table.
– Parce qu’une personne a disparu et que personne n’a vraiment cherché à savoir pourquoi.
– Vous ne savez pas ce qui s’est passé.
– C’est justement le problème.
Son regard se durcit.
– Vous pensez que la vérité est toujours meilleure que le silence ?
Je répondis sans hésiter.
– Oui.
Il eut un léger rire sans joie.
– Vous êtes jeune.
Je fronçai les sourcils.
– Et vous êtes trop habitué à protéger les mensonges.
Son regard se fixa sur moi. Pendant quelques secondes, aucun de nous ne parla.
Puis il se leva.
– Vous devriez partir.
– Pourquoi ?
Il resta silencieux.
Puis il répondit d’une voix plus basse.
– Parce que la dernière personne qui a cherché à découvrir la vérité sur Elvire Cassandre a fini par perdre beaucoup plus qu’une simple enquête.
Un frisson parcourut mon corps.
– Qu’est-ce que ça veut dire ?
Mais Lior avait déjà détourné le regard.
– Cela veut dire que cette histoire n’est pas faite pour vous.
Je pris mon dossier.
– Vous avez tort sur une chose, Maître Veydran.
Il me regarda.
– La vérité n’appartient pas à ceux qui veulent la cacher.
Je quittai son bureau. Mais cette fois, je n’étais plus seulement curieuse. J’étais certaine d’une chose. Lior Veydran savait exactement ce qui était arrivé à Elvire Cassandre. Et j’allais découvrir pourquoi.
Chapitre 40Point de vue de l’auteurLa porte secrète s’ouvrit dans un grincement lent.Personne ne bougea.Le compte à rebours continuait de défiler.00:5400:53Sélyane fixa l’ouverture noire.– Le troisième enfant est là ?Lior ne répondit pas.– Lior !– Je ne sais pas.– Tu viens de dire qu’il est vivant.– C’est ce que Maëlys m’a dit.– Et tu as gardé ça pour toi pendant tout ce temps ?– J’avais trois ans, Sélyane !Sa voix claqua dans la pièce.Il passa une main sur son visage.– Je ne me souvenais même pas de cette conversation. Les souvenirs me sont revenus lorsque j’ai vu cette clinique.Sélyane se tut.Elle savait qu’il disait vrai.Mais elle était épuisée par les secrets.Elias s’approcha de la porte.– Nous devons sortir d’ici.Kaëron regarda le compteur.00:41– On n’a plus le temps.– Il faut trouver le dossier, répondit Elias.Sélyane se précipita vers la table.Elle ouvrit le dossier portant son nom.À l’intérieur se trouvaient plusieurs feuilles.Des documents médic
Chapitre 39 Point de vue de l’auteur– Bienvenue chez toi.La voix résonna dans le tunnel.Sélyane s’arrêta net.Lior leva son arme.Kaëron éclaira l’obscurité avec sa lampe.– Montrez-vous.La silhouette avança lentement.Un homme d’une cinquantaine d’années apparut dans la lumière.Il portait un long manteau sombre et tenait un vieux dossier contre lui.Sélyane ne le connaissait pas.Mais son regard…Elle avait déjà vu ces yeux.Sur une photographie.– Qui êtes-vous ?L’homme regarda Lior.– Je pourrais te poser la même question.Lior fronça les sourcils.– Je m’appelle Lior Veydran.L’homme eut un sourire étrange.– Non.Il se tourna vers Sélyane.– Lui, c’est celui qu’ils ont appelé Lior Veydran.Puis il la fixa.– Et toi, tu es celle qu’ils ont appelée Sélyane Arvenys.Sélyane sentit un frisson.– Alors qui sommes-nous ?L’homme s’approcha du mur.– Les deux enfants que personne n’aurait dû séparer.Il posa le dossier sur une vieille table.– Je m’appelle Elias.Kaëron resta méf
Chapitre 38 Point de vue de l’auteurLa voix résonna encore dans le couloir.– Remettez-nous les deux héritiers… et Maëlys restera en vie.Sélyane sentit la main de sa mère se resserrer autour de la sienne.Lior s’était placé devant elles.Gabriel, lui, tenait son arme fermement.– Vous n’aurez personne, lança-t-il.Un rire froid répondit derrière la porte.– Tu n’as toujours rien compris, Gabriel.– Montrez-vous.– Avec plaisir.Des pas se rapprochèrent.Lents.Calmes.Puis une silhouette apparut derrière la vitre de la porte.Un homme âgé, vêtu d’un costume noir, les observait.Il n’avait pas l’air d’un homme venu se battre.Il avait l’air d’un homme venu récupérer quelque chose qui lui appartenait.– Monsieur Cassandre, murmura Soren.Sélyane regarda Gabriel.– C’est lui ?Gabriel hocha légèrement la tête.– Le dernier des Cassandre.L’homme sourit.– Pas le dernier.Il posa une main contre la vitre.– Pas encore.Lior leva son arme.– Qu’est-ce que vous voulez ?– Les enfants.–
Chapitre 37 Point de vue de l’auteurLa porte se referma derrière eux dans un grincement sinistre. À l’intérieur, l’air était froid et humide. La clinique semblait abandonnée depuis des années, mais quelque chose clochait. Les couloirs étaient plongés dans l’obscurité. Pourtant, une faible lumière brillait au bout du bâtiment. Sélyane avança lentement. Lior marchait juste derrière elle.Gabriel et Soren fermaient la marche, tandis que Kaëron surveillait les alentours.– Ne vous éloignez pas, murmura Gabriel.Sélyane ne répondit pas.Elle avait l’impression de connaître chaque couloir.Chaque porte.Chaque escalier.Elle s’arrêta devant une chambre.La porte était entrouverte.Son cœur se mit à battre plus vite.– C’est ici.Lior regarda la plaque rouillée.Chambre 217.– Comment tu peux le savoir ?– Je ne sais pas.Elle poussa doucement la porte.Une vieille chambre apparut.Deux lits étaient encore présents.Deux petits berceaux.Sélyane s’approcha du premier.Ses doigts tremblaien
Chapitre 36Point de vue de l’auteurLe silence qui suivit la coupure fut plus terrifiant que les coups de feu. Sélyane fixait le téléphone tombé au sol. Elle avait enfin entendu la voix de sa mère. Après vingt-cinq années de questions. Vingt-cinq années à croire qu’elle avait été abandonnée. Et en quelques secondes, tout venait encore de lui échapper.– Elle est en danger.Gabriel ramassa son arme.– Oui.– Alors on va la chercher.– Non.Sélyane se tourna vers lui.– Pardon ?– Tu ne sais pas dans quoi tu mets les pieds.– C’est ma mère !– Justement.– Vous venez de me dire qu’elle ne m’a jamais abandonnée. Elle a essayé de me parler. Elle m’a appelée.Sa voix se brisa.– Je ne vais pas rester ici pendant qu’ils lui font du mal.Gabriel la fixa longuement.– C’est exactement ce qu’ils veulent.Lior s’approcha.– Où est-elle ?Gabriel ne répondit pas immédiatement.Soren prit la parole.– Je peux retrouver l’endroit où l’appel a été passé.Kaëron sortit son téléphone.– Donne-moi le
Chapitre 35 Point de vue de l’auteur– Et j’étais là.Ces quatre mots frappèrent Sélyane plus violemment qu’une balle.Elle regarda Lior sans comprendre.– Tu étais là ?Il baissa les yeux.– Oui.– Quand ma mère a été enlevée ?– Oui.– Et tu ne m’as jamais rien dit ?Lior resta silencieux.Sélyane recula lentement.Elle avait envie de hurler.De le frapper.De pleurer.Mais aucun son ne sortait de sa gorge.– Depuis le début…Sa voix tremblait.– Depuis le début, tu savais qu’elle était vivante.– Je ne savais pas où elle était.– Mais tu savais qu’elle avait été enlevée.– Oui.– Et tu m’as regardée chercher ma mère pendant tout ce temps.– Je voulais te protéger.Elle eut un rire amer.– Encore cette excuse.Lior fit un pas vers elle.– Sélyane…– Ne m’approche pas.Il s’arrêta.Gabriel observait la scène en silence.Soren, lui, avait posé le coffre sur une table.– Lior n’est pas responsable de tout ce qui s’est passé, dit-il.Sélyane se retourna brutalement.– Vous voulez le dé







