تسجيل الدخولChapitre 3, la raison
Point de vue de Lior Veydran
Je regardai la porte se refermer derrière elle. Sélyane Arvenys. Son nom résonnait encore dans mon esprit. Une journaliste trop curieuse. Trop déterminée. Trop semblable à la personne que j’avais juré de ne plus jamais revoir. Je restai immobile quelques secondes avant de retourner vers mon bureau. Son dossier était encore posé sur la table. Elle l’avait laissé volontairement. Ou peut-être qu’elle voulait voir si j’allais l’ouvrir. Je pris le dossier entre mes mains.
À l’intérieur, il y avait les documents concernant Elvire Cassandre. Cette affaire que je pensais avoir enterrée depuis longtemps. Je fermai les yeux. Dix ans. Dix ans à garder le silence. Dix ans à supporter les conséquences d’une décision que je regrettais encore. Mon téléphone vibra soudainement. Je regardai l’écran. Un seul nom apparut. Alaric Veydran.
Je décrochai.
– Qu’est-ce que tu veux ?
La voix de mon frère résonna immédiatement.
– Toujours aussi agréable.
– Je n’ai pas le temps.
– Pourtant tu as eu le temps de recevoir une journaliste dans ton bureau.
Mon regard se durcit.
– Comment tu sais ça ?
Un silence amusé suivit.
– Tu oublies que je connais beaucoup de personnes à Genève.
Je détestais cette réponse. Alaric avait toujours été comme ça. Il savait tout avant tout le monde.
– Elle pose trop de questions.
– Et tu as peur qu’elle trouve les réponses ?
Je serrai la mâchoire.
– Ce n’est pas un jeu, Alaric.
– Je sais.
Sa voix devint plus sérieuse.
– C’est justement pour ça que je t’appelle.
Je m’approchai de la fenêtre.
– Qu’est-ce que tu veux dire ?
– Tu dois l’arrêter.
Je fronçai les sourcils.
– Elle ne m’écoute déjà pas. Tu crois vraiment qu’elle écoutera quelqu’un d’autre ?
– Alors trouve un autre moyen.
Je restai silencieux.
Cette conversation confirmait ce que je craignais. Sélyane n’était pas seulement en train de fouiller une vieille histoire. Elle était en train de réveiller quelque chose que certaines personnes voulaient garder enterré.
– Je m’en occupe.
– Lior…
Je m’arrêtai.
– Quoi ?
– Ne refais pas la même erreur.
La phrase resta suspendue. Je raccrochai sans répondre. Parce qu’il avait raison. Il y a dix ans, j’avais pensé pouvoir sauver tout le monde. Au final, je n’avais réussi qu’à perdre une personne.
Point de vue de Sélyane Arvenys
En quittant le cabinet de Lior, je savais que quelque chose avait changé. Il ne m’avait pas donné les réponses que je cherchais. Mais il m’avait donné quelque chose de plus important. Une confirmation. Il avait peur. Pas de moi. De ce que j’allais découvrir. Je rentrai chez moi tard dans la soirée. Genève était magnifique sous les lumières de la nuit. Les rues étaient calmes, les passants rares, mais je n’arrivais pas à profiter du paysage. Mon esprit était ailleurs. J’ouvris mon ordinateur et commençai de nouvelles recherches. Cette fois, je ne cherchais pas seulement Elvire Cassandre. Je cherchais Lior Veydran. Son parcours était impressionnant. Diplômé parmi les meilleurs. Avocat reconnu. Plusieurs affaires gagnées. Mais une période manquait dans son histoire. Deux années. Deux années complètement effacées.
Je plissai les yeux.
– Qu’est-ce que tu cachais pendant cette période, Lior ?
Je continuai mes recherches pendant plusieurs heures. Puis quelque chose apparut. Un ancien article.
Une petite publication presque invisible.
« Un jeune avocat abandonne une affaire importante pour raisons personnelles. »
La date correspondait exactement à la disparition d’Elvire. Mon cœur accéléra. Je cliquai sur l’article. Mais la page était supprimée. Je soupirai. Encore un obstacle.
Soudain, mon téléphone vibra.
Un nouveau message.
Même numéro inconnu.
« Vous avez été trop loin. Arrêtez maintenant. »
Cette fois, il y avait une photo jointe.
Je l’ouvris. Mon sang se glaça. C’était une photo de moi. Prise devant le cabinet Veydran quelques heures plus tôt. Quelqu’un m’observait. Quelqu’un savait ce que je faisais. Je restai immobile devant mon écran. Pour la première fois depuis le début de mon enquête, je ressentis une vraie inquiétude. Mais seulement pendant quelques secondes. Puis la colère prit sa place. Je n’allais pas abandonner. Pas maintenant.
Point de vue de Lior Veydran
Je regardais la ville depuis mon bureau lorsque mon téléphone sonna. Un numéro inconnu. Je répondis.
– Oui ?
Une voix déformée répondit.
– Elle continue.
Mon regard se ferma.
– Je sais.
– Alors faites quelque chose.
Je serrai le téléphone.
– Ne me donnez pas d’ordres.
Un rire froid résonna.
– Vous oubliez une chose, Maître Veydran.
Un silence.
– Vous êtes aussi impliqué que nous.
L’appel se termina.
Je restai immobile. Parce qu’une chose était devenue évidente. Sélyane Arvenys n’était plus seulement une journaliste qui posait trop de questions.
Elle était devenue une menace pour tous ceux qui avaient réussi à cacher la vérité. Et le pire dans tout ça… C’est que je ne voulais plus qu’elle s’arrête.Pour la première fois depuis des années, quelqu’un avait osé regarder là où tout le monde avait détourné les yeux. Et cette personne était la seule capable de détruire mon silence.
Chapitre 6 , La maison au bord du lacPoint de vue de Sélyane ArvenysJe n’avais pas réussi à fermer l’œil de la nuit. La photographie trouvée dans le bureau de Lior Veydran n’arrêtait pas de revenir dans mon esprit. Trois personnes. Lior. Elvire Cassandre. Et cette personne que je connaissais depuis toujours. Une personne que je n’aurais jamais imaginé voir apparaître dans une affaire aussi sombre. Mon père. Je fixais le plafond de ma chambre depuis plusieurs minutes, incapable de comprendre comment tout cela pouvait être possible. Mon père était mort lorsque j’étais encore adolescente. Il n’avait jamais parlé de la famille Cassandre, ni de Lior Veydran, ni d’une quelconque affaire judiciaire. Alors pourquoi son visage apparaissait-il sur cette photo ?Je me levai finalement, incapable de rester sans réponse.La première chose que je devais faire était retourner voir Lior. Mais cette fois, je ne voulais pas seulement poser des questions. Je voulais des explications.Lorsque j’arrivai au
Chapitre 5, Seulement des soupçons Point de vue de Sélyane ArvenysJe restai plusieurs secondes sans bouger après le départ de cet homme. Le silence de la bibliothèque me paraissait soudain beaucoup plus lourd. Quelques minutes auparavant, j’avais seulement des soupçons. Maintenant, j’avais la certitude que quelqu’un essayait de m’arrêter. Et cela ne faisait que renforcer ma détermination. Je refermai doucement le dossier d’Elvire Cassandre et le glissai dans mon sac. Je n’allais pas rester ici. Pas parce que j’avais peur. Mais parce que je venais de comprendre une chose importante. Je n’étais plus en train de chercher une vieille histoire. J’étais en train de déranger des personnes qui avaient passé dix ans à protéger un secret. Lorsque je sortis de la bibliothèque, le froid de Genève me frappa immédiatement.Les rues étaient animées, les passants marchaient rapidement, chacun occupé par sa propre vie. C’était étrange de penser qu’au milieu de cette ville si calme, certaines personne
Chapitre 4 , Un dossier oubliéPoint de vue de Sélyane ArvenysLe lendemain matin, je me réveillai avec une seule pensée en tête.Lior Veydran. Ce qui était particulièrement agaçant. Je n’aimais pas penser autant à une personne que je venais à peine de rencontrer. Pourtant, depuis deux jours, cet homme occupait une place beaucoup trop importante dans mon esprit. Pas parce qu’il m’intéressait.Du moins, c’est ce que je me répétais. Mais parce qu’il était la pièce manquante de mon enquête. Un homme qui refuse de parler cache toujours quelque chose. Je me préparai rapidement avant de rejoindre les bureaux du journal. À peine étais-je entrée que je vis Maëlys installée à mon bureau avec deux cafés.– Tu sais que tu as un problème ?Je déposai mon sac.– Bonjour à toi aussi.Elle me tendit un café.– Bonjour. Maintenant réponds à ma question.Je pris le gobelet entre mes mains.– Quel problème ?– Tu travailles sur une affaire depuis moins d’une semaine et tu as déjà reçu des menaces.Je hau
Chapitre 3, la raison Point de vue de Lior VeydranJe regardai la porte se refermer derrière elle. Sélyane Arvenys. Son nom résonnait encore dans mon esprit. Une journaliste trop curieuse. Trop déterminée. Trop semblable à la personne que j’avais juré de ne plus jamais revoir. Je restai immobile quelques secondes avant de retourner vers mon bureau. Son dossier était encore posé sur la table. Elle l’avait laissé volontairement. Ou peut-être qu’elle voulait voir si j’allais l’ouvrir. Je pris le dossier entre mes mains.À l’intérieur, il y avait les documents concernant Elvire Cassandre. Cette affaire que je pensais avoir enterrée depuis longtemps. Je fermai les yeux. Dix ans. Dix ans à garder le silence. Dix ans à supporter les conséquences d’une décision que je regrettais encore. Mon téléphone vibra soudainement. Je regardai l’écran. Un seul nom apparut. Alaric Veydran.Je décrochai.– Qu’est-ce que tu veux ?La voix de mon frère résonna immédiatement.– Toujours aussi agréable.– Je
Chapitre 2 , L’avocat qui refuse de parlerPoint de vue de Sélyane ArvenysJe n’avais pas réussi à dormir.Toute la nuit, le même nom revenait dans mon esprit. Son regard, son calme presque agaçant, cette façon qu’il avait de choisir chaque mot comme s’il craignait d’en dire un de trop… Tout chez cet homme indiquait qu’il cachait quelque chose. Et je détestais les secrets. Surtout ceux qui entouraient une disparition vieille de dix ans. Assise dans mon bureau au journal, je fixais les documents étalés devant moi. Des articles anciens, des photos d’Elvire Cassandre, des rapports incomplets. Une jeune femme disparaît. Une enquête bâclée. Un dossier qui contient le nom d’un avocat qui prétend ne rien savoir.Trop de coïncidences.– Tu vas finir par brûler ce dossier si tu continues à le regarder comme ça.Je levai les yeux. Maëlys D’Auriane se tenait devant mon bureau, un café à la main et son appareil photo accroché à son épaule. Elle me connaissait assez pour savoir quand quelque chose
Chapitre 1 , La vérité derrière les montagnesPoint de vue de Sélyane La neige recouvrait les sommets des Alpes comme un voile silencieux. Depuis la fenêtre de mon petit appartement situé au cœur de Genève, je pouvais observer les montagnes qui semblaient garder des milliers de secrets. J’avais toujours pensé que les lieux avaient une mémoire. Les murs, les rues, les objets… tout conservait une trace de ce que les humains tentaient d’oublier.C’était probablement pour cette raison que j’étais devenue journaliste d’investigation.Je n’avais jamais été attirée par les histoires faciles. Les interviews de célébrités, les articles sans importance ou les scandales fabriqués pour attirer quelques clics ne m’intéressaient pas. Ce que je cherchais, c’était la vérité. Celle que certaines personnes passaient leur vie entière à cacher. Assise devant mon ordinateur, une tasse de café refroidissant à côté de moi, je relisais encore une fois le dossier qui occupait mon esprit depuis plusieurs jour







