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Chapitre 3

مؤلف: Histoire
last update تاريخ النشر: 2026-06-15 22:33:16

Chapitre 3

Adrian

Je ne lâche pas prise. Pas cette fois. Elle a dit son prénom, elle a tendu mon manteau, elle m'a à peine regardé, et pourtant je suis encore là, planté devant elle comme un débutant, à chercher une faille dans son armure.

_ Elara. Un très joli prénom. Savez-vous qui je suis ?

Je déploie mon charme légendaire, celui qui a fait succomber des actrices, des mannequins, des héritières. Ma voix est chaude, enveloppante, teintée d'une pointe d'amusement. Je la regarde avec intensité, comme si elle était la seule personne dans cette pièce bondée, comme si rien d'autre n'existait qu'elle et moi.

_ Je sais exactement qui vous êtes, monsieur Cross.

Sa voix est toujours aussi calme. Elle n'est pas impressionnée. Elle n'est pas flattée. Elle constate un fait, c'est tout.

_ Alors vous savez que je suis quelqu'un de persévérant. Quelqu'un qui obtient toujours ce qu'il veut.

Je lui souris, de ce sourire qui a fait la une des magazines, qui a orné les couvertures de Forbes, qui a fait tourner des têtes dans le monde entier.

_ Et moi, j'obtiens toujours ce que je veux.

Elle ne sourit pas en retour. Elle me regarde avec ses yeux impénétrables, et je sens mon sourire vaciller imperceptiblement.

_ Vous êtes très belle, Elara. Vous le savez ?

Un compliment. Simple, direct, efficace. Les femmes adorent les compliments. Elles en ont besoin comme de l'air qu'elles respirent. Mais elle, elle ne réagit pas. Elle ne baisse pas les yeux. Elle ne rougit pas. Elle ne joue pas avec une mèche de cheveux. Elle reste parfaitement immobile, parfaitement silencieuse, et son silence est plus éloquent qu'un discours.

_ Je me demandais si vous accepteriez de boire un verre avec moi. Après votre service. Juste un verre. Pour apprendre à nous connaître.

Je plonge mon regard dans le sien. C'est ma technique préférée, celle qui ne rate jamais. Un regard intense, soutenu, qui crée une intimité artificielle, qui fait croire à l'autre qu'il est unique, qu'il est spécial, qu'il est choisi.

Un silence s'installe. Long. Lourd. Je sens mes amis derrière moi qui retiennent leur souffle. Je sens la tension dans l'air, cette attente électrique qui précède la capitulation.

Et puis elle lève les yeux vers moi. Vraiment. Pour la première fois depuis que je me suis approché, elle me regarde vraiment, et ce que je vois dans son regard me glace le sang. Ce n'est pas de l'intérêt. Ce n'est pas de la séduction. C'est une évaluation clinique, comme si elle pesait mon âme et la trouvait légère.

_ Non, merci.

Deux mots. Simples. Polis. Définitifs. Pas d'excuse, pas d'explication, pas d'hésitation. Elle a dit non comme on dit bonjour, comme on constate un fait, comme on ferme une porte.

Elle retourne à son travail. Elle prend un manteau, le range sur un cintre, lisse le tissu du revers de la main, et continue sa tâche comme si je n'existais plus. Comme si je n'avais jamais existé. Comme si j'étais un fantôme, un courant d'air, un désagrément passager.

Je reste immobile. Derrière moi, j'entends un rire étouffé. Damien. Puis un autre. Marc. Bientôt, tout le groupe rit, de ce rire goguenard et incrédule qui résonne dans le penthouse comme une gifle. Les femmes chuchotent entre elles, les mains devant la bouche. Les hommes me regardent avec une pitié amusée, cette expression de ceux qui assistent à la chute d'un roi.

Pour la première fois de ma vie, une femme ne veut rien de moi.

Je ne dis rien. Je prends mon manteau, celui qu'elle m'a tendu tout à l'heure et que j'ai refusé de reprendre. Il est lourd sur mon bras. Je tourne les talons et je retourne vers mes amis sans un mot.

_ Alors, Adrian ? Toujours aussi confiant ?

Damien lève sa flûte, le sourire triomphant. Les autres rient encore. Je prends une gorgée de scotch, et l'alcool brûle ma gorge sans apaiser la tempête qui gronde en moi.

L'humiliation est totale.

Elle m'a dit non. Elle m'a regardé dans les yeux, elle a vu tout ce que je suis, tout ce que je possède, tout ce que je représente, et elle m'a dit non.

Je ne sais pas si c'est de la colère ou de la fascination. Peut-être les deux.

Peut-être quelque chose de pire.

L'obsession aussi.

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