Início / Romance / Le goût de l'interdit / Ce que je ne peux plus nier

Compartilhar

Ce que je ne peux plus nier

last update Última atualização: 2026-03-16 17:40:43

(Alex)

Le retour du lac avait laissé en moi une sensation étrange, à mi-chemin entre le vertige et la lucidité. Assis à l’arrière de la voiture pendant que Léo parlait sans relâche de la journée, des photos qu’il avait prises, des coins où il voudrait revenir, des gens à qui il allait montrer le paysage comme si ce lieu lui appartenait, je regardais la nuque de Laura sans vraiment la regarder, conscient que le simple fait de lever les yeux un peu trop longtemps vers le rétroviseur pouvait suffi
Continue a ler este livro gratuitamente
Escaneie o código para baixar o App
Capítulo bloqueado

Último capítulo

  • Le goût de l'interdit   Ce que je ne peux plus nier —Partie4

    Quand j’entrai dans la cuisine, Laura était tournée vers l’évier, les mains plongées dans l’eau savonneuse. Elle leva les yeux vers moi dans le reflet de la vitre avant même que je ne parle.— Léo dort ? demanda-t-elle.— Oui.Elle hocha la tête doucement.Puis elle reprit son geste lent, comme si la vaisselle avait soudain pris une importance capitale.Je m’appuyai contre le plan de travail en face d’elle, laissant quelques secondes de silence s’installer entre nous.— Je pars tôt demain, dis-je finalement.Elle ne s’arrêta pas immédiatement.Mais je vis ses mains ralentir dans l’eau.— Je sais.Sa voix était basse.Presque fatiguée.La pluie continuait de tomber derrière la fenêtre, dessinant des traînées brillantes sur le verre.— Laura…Elle leva les yeux vers moi.Et pendant une seconde, je vis clairement dans son regard tout ce qu’elle essayait encore de contenir.— On a fait ce qu’il fallait aujourd’hui, dit-elle doucement.Je restai silencieux.— On a gardé les choses… à leur

  • Le goût de l'interdit   Ce que je ne peux plus nier —Partie3

    Je levai finalement les yeux vers la cuisine, attiré malgré moi par le bruit discret de l’eau qui coulait. Laura était là. Elle se tenait devant l’évier, les mains dans l’eau, le regard perdu dans un point invisible au-delà de la fenêtre. La lumière du matin tombait doucement sur ses épaules et dessinait autour d’elle une silhouette calme qui contrastait violemment avec tout ce que je savais maintenant de ses luttes intérieures. Elle ne m’avait pas encore vu, et pendant une seconde je restai immobile dans l’encadrement du salon, observant simplement cette scène ordinaire avec une intensité que je ne contrôlais plus vraiment. Il y avait quelque chose d’injuste dans la manière dont elle semblait devoir porter seule tout ce que cette histoire représentait. Comme si chaque émotion passait d’abord par elle, comme si c’était à elle de décider, de résister, de tenir la ligne pendant que moi je pouvais encore choisir de partir.Je m’avançai finalement dans la cuisine.Elle leva la tête presqu

  • Le goût de l'interdit   Ce que je ne peux plus nier —Partie2

    Laura descendit plus tard, plus tard que d’habitude, ce qui me fit comprendre qu’elle aussi avait très peu dormi. Elle entra dans la cuisine avec ce visage fermé que prennent les gens lorsqu’ils décident dès le réveil de tenir toute la journée sans laisser une seule brèche visible. Et pourtant, malgré cette maîtrise, la fatigue se lisait dans le creux de ses yeux, dans la tension discrète de sa bouche, dans la manière dont ses épaules semblaient déjà porter plus que le jour ne le demandait encore. Léo se mit aussitôt à parler avec elle, lui racontant sa matinée à moitié commencée, puis un détail sur le garage, puis encore autre chose. Je restai un peu en retrait, volontairement. Et lorsqu’elle leva finalement les yeux vers moi, ce ne fut qu’une seconde, à peine, mais elle suffit pour que tout ce qui s’était dit au lac revienne intact entre nous. Il n’y avait pas de colère dans son regard. Pas même d’agacement. Seulement cette même lutte, plus usée, plus profonde, comme si elle avait t

  • Le goût de l'interdit   Ce que je ne peux plus nier

    (Alex)Le retour du lac avait laissé en moi une sensation étrange, à mi-chemin entre le vertige et la lucidité. Assis à l’arrière de la voiture pendant que Léo parlait sans relâche de la journée, des photos qu’il avait prises, des coins où il voudrait revenir, des gens à qui il allait montrer le paysage comme si ce lieu lui appartenait, je regardais la nuque de Laura sans vraiment la regarder, conscient que le simple fait de lever les yeux un peu trop longtemps vers le rétroviseur pouvait suffire à faire revenir entre nous tout ce qui s’était dit sur ce banc. Il y avait encore, dans l’air confiné de l’habitacle, quelque chose de cette scène au bord de l’eau. Pas dans les gestes. Pas dans les mots, puisque nous n’en échangions presque plus. Mais dans cette manière nouvelle qu’avaient les silences d’occuper l’espace. Avant, il existait encore une part de doute, une possibilité de se raconter que tout cela venait de la fatigue, du hasard, d’une proximité un peu malheureuse. Après le lac,

  • Le goût de l'interdit   Faire comme si de rien n’était —Partie4

    Je baissai les yeux vers le sol, vers les feuilles mortes mêlées aux petits cailloux du sentier. Tout devenait difficile. Même tenir debout dans ce moment. Même choisir de rester ou de partir d’un pas plus loin. Je savais que Léo n’était pas très loin. Qu’il pouvait revenir à tout instant. Et cette proximité aurait dû suffire à me ramener immédiatement à la raison. Pourtant, au lieu de cela, je restais là, à quelques centimètres d’un homme beaucoup trop jeune pour moi, beaucoup trop proche de ma vie, beaucoup trop interdit, et j’avais de plus en plus de mal à prétendre que le simple bon sens suffisait à éteindre ce qui naissait.Léo revint quelques minutes plus tard avec les chaussures légèrement mouillées et l’air triomphant de quelqu’un qui avait découvert un trésor alors qu’il ne s’agissait que d’un nouvel angle pour jeter des pierres. Je repris aussitôt une contenance plus nette, presque reconnaissante de devoir redevenir une version plus lisible de moi-même. Nous continuâmes à ma

  • Le goût de l'interdit   Faire comme si de rien n’était —Partie3

    Je pris une inspiration lente, cherchant à laisser le calme du lac me traverser vraiment. L’air avait cette fraîcheur légère des matinées qui hésitent encore entre la douceur et la fin de saison. Une odeur humide de terre, d’eau et de feuilles montait des berges. Tout aurait dû m’apaiser. D’ordinaire, ce genre d’endroit me faisait du bien presque immédiatement. Il suffisait de quelques minutes au bord de l’eau pour que mes pensées ralentissent, pour que les préoccupations du quotidien perdent un peu de leur poids. Mais aujourd’hui, cette paix extérieure ne parvenait pas à gagner l’intérieur de moi. Parce qu’à chaque seconde, mon corps restait conscient d’Alex. Du bruit discret de ses pas sur le gravier, de sa respiration quand il s’arrêtait près de moi, de ce silence très particulier qui semblait l’accompagner partout et qui me troublait bien plus qu’il ne le devrait. Je n’avais même pas besoin de le regarder pour savoir où il était. C’était devenu presque pire que le désir lui-même :

Mais capítulos
Explore e leia bons romances gratuitamente
Acesso gratuito a um vasto número de bons romances no app GoodNovel. Baixe os livros que você gosta e leia em qualquer lugar e a qualquer hora.
Leia livros gratuitamente no app
ESCANEIE O CÓDIGO PARA LER NO APP
DMCA.com Protection Status