共有

Chapitre 5

last update 公開日: 2025-11-07 15:04:11

 Chapitre 5

 Point de vue de Ferdinand

Je sortis de ma voiture, claquant la portière derrière moi, tandis que le vigile s’empressait d’amener mon véhicule au parking privé. J’ajustai ma veste sombre, taillée sur mesure, et redressai le col avec la précision maniaque qui me caractérisait. Mes lunettes de soleil dissimulaient mes yeux, mais pas l’éclat de satisfaction qui traversait mon visage.

Devant moi, s’élevait ma fierté : **la Maison Bellaflorence**, mon empire textile, la preuve tangible de ma puissance. Aucun concurrent n’avait jamais pu égaler mes innovations, ni la qualité des créations qui sortaient de ces murs. Ce n’était pas seulement une entreprise : c’était un joyau, un trésor, une arme économique qui m’appartenait corps et âme.

Un sourire froid effleura mes lèvres. J’étais intouchable, et chaque pierre de ce bâtiment était une preuve de ma suprématie.

Je sortis mon téléphone de ma poche, décrochai un appel, et continuai ma marche vers l’entrée principale. Ma démarche était assurée, étudiée, digne d’un roi s’avançant vers son trône. Rien ne devait troubler ce rituel quotidien.

Rien… sauf qu’au détour de quelques marches, une **touffe de cheveux bruns** se heurta brusquement à moi.

Le choc, léger mais inattendu, fit voler en éclats ma concentration. Une sourde colère monta immédiatement en moi, dévorante, brutale. Comment osait-on me toucher ? Moi, Ferdinand Anton, que personne n’approchait sans invitation ?

Je me raidis, crispant ma mâchoire. Devant moi, une jeune femme se baissa précipitamment pour ramasser ses effets. Le vent s’était levé, emportant ses dossiers en une pluie de feuilles blanches qui virevoltaient comme des papillons.

— Je suis désolée ! Oh mon Dieu, pardon… je ne regardais pas devant moi !

Sa voix douce, presque tremblante, se faufila dans mon esprit comme une mélodie interdite. Je voulus la rejeter, l’écraser, mais elle résonna en moi avec une insistance que je ne comprenais pas.

Une feuille se posa à mes pieds. Je me baissai lentement, l’attrapai, et posai mes yeux sur son contenu. C’était son CV. Parfait, organisé, impressionnant. Je relevai la tête au moment où son visage se dévoila complètement.

Et là, mon monde bascula.

Ses traits, sa beauté… elle ressemblait à **Elise**. À s’y méprendre. Mes entrailles se nouèrent d’un mélange de rage et de douleur. Je détestai aussitôt cette inconnue. Comment osait-elle porter ce visage ? Comment osait-elle réveiller mes souvenirs ?

Je la haïssais déjà. Je la haïssais au point de vouloir la détruire.

— Je suis sincèrement désolée, continua-t-elle d’une voix encore plus douce. Je… je ne voulais pas…

Je ne répondis pas. Je la fixai, les mâchoires serrées, incapable de détourner les yeux. Ses cheveux brillaient sous le soleil, ses yeux… ces yeux bleu clair qui semblaient percer mon armure glaciale. Une part de moi voulait la laisser partir, lui épargner la souffrance que je m’étais juré d’infliger aux femmes. Mais une autre part de moi, plus sombre, plus cruelle, se disait qu’elle serait parfaite pour jouer ce rôle.

— Pourquoi êtes-vous là ? demandai-je finalement, d’une voix basse et glaciale.

Elle déglutit, mal à l’aise, mais trouva le courage de répondre :

— Pour… pour l’entretien d’assistante secrétaire. Mais… c’est raté.

Ses épaules s’affaissèrent, et je vis dans ses yeux la détresse sincère de quelqu’un qui avait besoin de ce travail. Je lus dans son regard une fatigue profonde, une résignation qui n’était pas feinte. Et cela m’amusa.

Son CV était solide, presque irréprochable. Sa situation désespérée rendait l’ensemble… encore plus intéressant.

Parfait.

— Suivez-moi, ordonnai-je d’un ton sec.

Elle me regarda, incrédule, les lèvres entrouvertes. Mais je ne répétai pas. Je tournai les talons et elle, hésitante, finit par m’emboîter le pas.

La partie pouvait commencer.

Point de vue d’Elenie

Quand je franchis de nouveau les portes de la **Maison Bellaflorence**, aux côtés de cet homme à la beauté glaciale, je sentis tous les regards converger vers nous. Les employés, les secrétaires, même les vigiles… tous écarquillèrent les yeux, stupéfaits. Je ne comprenais pas pourquoi.

Puis, détail troublant : chacun, sans exception, baissa la tête devant lui. Comme si sa simple présence exigeait soumission et respect.

Je marchais à ses côtés, minuscule et tremblante. Mon cœur battait si fort qu’il cognait contre ma poitrine.

Dans l’ascenseur, l’air devint étouffant. J’entendais le cliquetis des boutons qu’il pressait d’un geste assuré. Je voulais lui demander qui il était, mais ma gorge se noua. Aucun son ne sortit. Sa prestance m’intimidait, son aura m’écrasait.

Quand les portes s’ouvrirent, nous pénétrâmes dans un vaste étage où les travailleurs s’affairaient autour de gigantesques machines. Les métiers à tisser automatiques ronronnaient, le bruit du textile en production emplissait l’air. Tout le monde s’inclina presque instinctivement à son passage.

— Bonjour, monsieur ! murmurèrent-ils, respectueux.

Mon esprit tourna. Qui était-il ?

Nous reprîmes un autre ascenseur. Je commençais à perdre mes repères, comme si ce bâtiment était un labyrinthe conçu pour me désorienter. Mon souffle se fit court.

Enfin, nous atteignîmes un étage silencieux, isolé. Devant nous, une porte immense s’ouvrit automatiquement. Je suivis l’homme, mes jambes flageolantes.

L’intérieur était… indescriptible. Un bureau immense, moderne, vitré du sol au plafond, offrant une vue spectaculaire sur **New York**. La ville s’étendait à mes pieds, majestueuse, scintillante.

— Mon Dieu… soufflai-je, émerveillée.

J’étais encore perdue dans ma contemplation quand sa voix glaciale brisa le silence :

— Vous êtes embauchée.

Je crus que mon cœur s’arrêtait. Mes yeux s’écarquillèrent et ma main se porta à ma bouche, retenant un cri de surprise.

— Em… embauchée ? répétai-je, incrédule.

Il ne montra aucune émotion. Sa voix était tranchante, distante, comme un couperet. Mais qu’importe ! Le verdict était tombé : j’avais le poste.

— Quand… quand vais-je commencer ? demandai-je, la voix tremblante d’excitation. Et je serai la secrétaire de qui ?

Il ôta lentement ses lunettes, plongeant son regard froid dans le mien. Mes genoux faillirent céder sous l’intensité de ses yeux. Je n’avais jamais vu un homme d’une telle beauté glaciale, d’une telle froideur. Il me glaçait le sang, littéralement.

Mais je me redressai. Je ne pouvais pas abandonner maintenant. Pas après tout ce que j’avais traversé.

— Ce n’est pas important, répondit-il sèchement. Vous serez l’assistante de monsieur Ferdinand Anton, le patron de cette entreprise. Il sera là lundi.

Je laissai échapper un long soupir, soulagée. Dieu merci… au moins ce n’était pas lui. Cet inconnu au regard noir, arrogant, froid et tranchant n’était pas mon futur patron. Je ne voulais pas travailler à ses côtés.

Je me penchai légèrement, les mains jointes :

— Merci pour cette opportunité. Je ferai tout pour ne pas décevoir mon futur patron.

Il ne répondit pas. Pas un mot, pas un geste. Le silence devint pesant.

Je pris une inspiration et ajoutai, timidement :

— Je… je vais y aller, maintenant.

Je me dirigeai vers la porte. Avant même que je ne la touche, elle s’ouvrit d’elle-même dans un chuintement. Je fis un pas, soulagée, quand sa voix glaciale me coupa net :

— Ne revenez pas habillée comme une vulgaire chose, lundi. Si vous voulez garder ce travail.

Mes yeux s’emplirent de larmes. Je ne répondis rien, mais chaque mot résonna dans mon esprit comme une gifle. Je quittai la pièce, le cœur lourd mais déterminé.

Il ne savait pas qui j’étais. Il ne savait pas ce que j’avais traversé. Et moi, je ne savais pas encore qui il était…

Mais je sentais, au fond de moi, que cet homme allait bouleverser ma vie.

この本を無料で読み続ける
コードをスキャンしてアプリをダウンロード

最新チャプター

  • Le play boy sans cœur    Chapitre 95

    Chapitre 95ÉpilogueCinq ans plus tard.Point de vue d’ÉlenieCinq ans s’étaient écoulés depuis les événements qui avaient bouleversé ma vie, et pourtant, tout semblait aujourd’hui parfaitement calme et heureux. Debout sur le tapis rouge de l’inauguration de mon sixième restaurant, je coupai le ruban avec élégance, le sourire aux lèvres, sentant l’excitation et la fierté m’envahir. Chaque regard posé sur moi me rappelait le chemin parcouru : de ces moments sombres où ma famille et moi avions été menacés, à ce succès fulgurant que je vivais désormais dans le monde culinaire new-yorkais.Le restaurant, *Les Plats Culinaires d’Élenie*, était devenu une véritable référence à New York. Les gens venaient de partout pour goûter mes créations, et mon nom circulait déjà dans les cercles gastronomiques les plus influents. Je donnais régulièrement des cours de cuisine aux adultes et aux enfants, partageant ma passion et mon savoir-faire, et chaque sourire reconnaissant me remplissait de bonheur

  • Le play boy sans cœur    Chapitre 94

    Chapitre 94 Point de vue de BéthanieDes semaines plus tard...Je me tenais au centre de la salle de fête, et mon cœur battait à tout rompre. Tout avait été préparé avec soin et amour : les ballons, les banderoles scintillantes, les guirlandes lumineuses, les bouquets de fleurs fraîches, et les nappes parfaitement pliées et décorées. Chaque détail reflétait mon désir de créer une atmosphère chaleureuse, élégante et joyeuse pour célébrer mes petits-enfants, Owen et Liana.Tout le monde était là : famille, amis proches, collègues, et même des invités que je connaissais à peine, venus pour partager ce moment de bonheur. Je me tenais droite, habillée de ma plus belle robe rouge bordeaux, mes escarpins à talons fins ajoutant de l’élégance à ma silhouette. Je souris en observant la scène, respirant l’air chargé d’excitation et de joie. Les invités étaient fascinés par les jumeaux. Leurs petites mains, leurs gazouillis innocents, leurs yeux brillants captivèrent l’attention de tous.De loin

  • Le play boy sans cœur    Chapitre 93

    Chapitre 93Point de vue de FrédéricJe ne savais plus où donner de la tête dans la villa Anton. La lumière du matin filtrait à travers les grandes baies vitrées et illuminait chaque pièce, et tout semblait respirer la paix et la joie après les jours de cauchemar que nous avions traversés. Béthanie et moi étions littéralement gaga de nos petits-enfants. Owen et Liana… oh, mes petits trésors, ils étaient vraiment magnifiques. Deux jours plus tôt, tout était sombre, angoissant, et douloureux. Deux jours où j’avais senti mon cœur se briser à chaque instant passé loin de ma fille et de ses enfants. Mais aujourd’hui… aujourd’hui, c’était la lumière après la tempête. Je les regardais jouer dans le salon.Le médecin venait juste de terminer l’examen des enfants. Il avait confirmé ce que je pressentais déjà : ils étaient en parfaite santé. Je n’avais jamais ressenti un soulagement aussi intense. Mon regard se posa sur Élenie, fraîche après sa douche, les cheveux encore humides tombant sur se

  • Le play boy sans cœur    Chapitre 92

    Chapitre 92Point de vue de FerdinandJe serre Élenie contre moi, mes bras enveloppant son corps fragile mais si fort, si déterminé. Mes doigts se mêlent à ceux de nos enfants et je sens une émotion incontrôlable me submerger. Mon garçon… mon petit garçon ressemble tellement à Owen, mon fils que j’avais perdu il y a des années. Et ma fille… oh ma fille, elle porte toute la beauté et la force de sa mère. Chaque trait de son visage me fait sourire malgré la peur qui m’a rongé pendant deux jours. Chaque respiration de mes enfants me rappelle que tout cela est réel, que nous sommes enfin réunis.— Élenie… je murmure, la voix étranglée par l’émotion. Vous êtes enfin là… vous êtes en sécurité… je ne peux pas… je n’arrive pas à croire que nous sommes tous ensemble.Élenie me regarde, le visage marqué par l’épuisement et la peur, mais son regard brille de triomphe. Elle me raconte avec calme comment elle a affronté Elise, comment elle a pris le contrôle de la situation, comment elle a défendu

  • Le play boy sans cœur    Chapitre 91

    Chapitre 91Point de vue de Ferdinand Je me suis habillé simplement ce matin-là, un jean sombre et un t-shirt gris. Pourtant, malgré cette tenue décontractée, je me sentais nerveux, comme si le poids du monde reposait sur mes épaules. Je m’étais réfugié dans mon bureau, seul, seul avec mon téléphone, seul avec mon angoisse. Deux jours… deux jours entiers loin d’Élenie et de mes enfants. Deux jours pendant lesquels mon cœur n’avait cessé de battre dans la peur, dans l’inquiétude, dans l’angoisse. Deux jours pendant lesquels chaque sonnerie de téléphone me faisait sursauter, chaque vibration me donnait l’impression qu’il s’agissait de la nouvelle que j’attendais depuis trop longtemps.Mon esprit était envahi de souvenirs, de douleurs, de la peur que quelque chose d’irréparable soit arrivé. La cruauté d’Élise me semblait inimaginable. Comment avait-elle pu revenir dans nos vies après tout ce qu’elle avait déjà détruit il y a cinq ans ? Et maintenant, elle avait osé toucher à ma famille

  • Le play boy sans cœur    Chapitre 90

    CHAPITRE 90Point de vue d’Élenie Deux jours. Deux jours que je vivais dans cette pièce froide, que j’avalais la peur comme s’il s’agissait d’un aliment quotidien. Deux jours que je sentais l’odeur chaude de l’alcool d’Élise comme une menace permanente. Deux jours que mes poignets étaient meurtris par des nœuds mal serrés, par la violence d’un matin qui n’en finissait pas. Le monde s’était réduit à trois choses : le berceau où dormaient mes jumeaux, le visage d’Élise qui surgissait parfois comme un cauchemar éveillé, et la petite flamme d’espoir qu’était Ferdinand — sa voix, ce qu’il avait dit, la promesse qui résonnait encore dans ma tête.La nuit était tombée. La chambre était plutôt sombre ; la faible lampe suspendue grinçait comme pour nous rappeler que tout ici était branlant. ÉlisE ronflait sur le sol, allongée sur le dos, un sac plastique à portée de main, la bouteille vide à côté d’elle. Son souffle était irrégulier, son haleine empestait. À certains moments j'entendais des m

  • Le play boy sans cœur    Chapitre 89

    Chapitre 89**Point de vue de Ferdinand**L’eau chaude venait à peine de s’éteindre que je restai un moment immobile, les yeux rivés sur le sol carrelé de la salle de bain. Mes pensées tournaient en boucle, étouffantes, incontrôlables. La buée sur le miroir cachait mon visage, et c’était mieux ains

  • Le play boy sans cœur    Chapitre 88

    Chapitre 88**Point de vue d’Elenie**Le temps semblait s’être arrêté depuis que cette femme avait prononcé son nom. Elise. Cette idiote, cette malade, cette âme perdue… Non, pas seulement perdue. Une sorcière. Une vipère sans cœur. Maintenant que son identité était révélée, son visage me dégoûtait

  • Le play boy sans cœur    Chapitre 87

    Chapitre 87Point de vue de FerdinandJe passais ma main nerveusement dans mes cheveux pour la centième fois. Mes yeux me brûlaient, tant à cause de la fatigue que des images qui défilaient encore et encore devant moi. Cela faisait des heures que j’étais assis dans cette petite salle de surveillanc

  • Le play boy sans cœur    Chapitre 86

    Chapitre 86Point de vue d’Elenie Je me réveillai avec l’impression que mon corps avait été écrasé sous des tonnes de pierres. Chaque muscle brûlait. Ma tête tournait, mes paupières tremblaient, lourdes, et quand je parvins enfin à les ouvrir, un plafond fissuré, sale, me sauta aux yeux. Une odeur

続きを読む
無料で面白い小説を探して読んでみましょう
GoodNovel アプリで人気小説に無料で!お好きな本をダウンロードして、いつでもどこでも読みましょう!
アプリで無料で本を読む
コードをスキャンしてアプリで読む
DMCA.com Protection Status