تسجيل الدخولL’enquête discrète menée par les avocats de Nathan sur les circonstances de la mort de Julien Bernard aboutit plus rapidement que prévu, les résultats arrivant seulement trois jours après l’appel alarmant de Sophie.— Nathan, dit Maître Dubois en entrant dans le bureau, un dossier à la main et une expression étonnamment soulagée. Nous avons retrouvé le rapport de police original de l’époque, ainsi que le témoin qui avait mené l’enquête sur place. C’était bien un accident.Nathan se redressa, échangeant un regard avec Camille avant de se concentrer sur Maître Dubois. — Expliquez-moi.— Julien Bernard a bien péri dans un accident de voiture sur une route de montagne verglacée, confirma l’avocat. Cependant, il est vrai qu’il travaillait sur un reportage concernant les pratiques du groupe Moreau. Un employé de l’époque, désormais retraité, se souvient qu’un cadre supérieur pas Antoine lui-même, mais un directeur régional nommé Philippe Aubry avait appris l’existence de ce reportage et av
Marc Fontaine observait les nouvelles avec une frustration grandissante depuis son bureau, chaque jour apportant son lot d’articles élogieux sur la transparence radicale de Nathan Moreau. Ce qui devait être une arme de destruction massive contre l’empire Moreau se transformait, sous ses yeux impuissants, en un triomphe de relations publiques pour son adversaire.Il composa un numéro qu’il n’avait pas utilisé depuis des années, celui d’un contact bien plus dangereux que Lefèvre Group.— C’est Marc Fontaine, dit-il quand la voix répondit à l’autre bout du fil. J’ai besoin de récupérer quelque chose que mon père m’a laissé. Des documents concernant la mort de Julien Bernard.Pendant ce temps, au penthouse, Nathan et Camille profitaient d’une rare soirée tranquille, l’audit approchant enfin de sa conclusion après des semaines d’investigation méticuleuse.— Maître Dubois pense que nous pourrons publier les résultats complets d’ici deux semaines, dit Nathan, un soulagement visible transform
L’annonce de l’audit indépendant fit l’effet d’une bombe médiatique, les journaux financiers s’emparant immédiatement de la nouvelle avec des titres oscillant entre admiration pour ce geste de transparence radicale et scepticisme quant aux motivations réelles de Nathan Moreau.— Vous êtes sûr de vouloir faire ça publiquement ? demanda Maître Dubois lors d’une réunion de crise, son inquiétude professionnelle évidente. Nous aurions pu gérer cet audit discrètement, en interne.— La discrétion, c’est exactement ce qui a permis à ces pratiques douteuses de perdurer pendant des décennies, répondit Nathan fermement. Si je veux vraiment changer la culture de cette entreprise, ça doit commencer par une transparence totale, même si elle est inconfortable.Camille, assise à ses côtés dans la salle de réunion, sentit la tension palpable parmi les cadres dirigeants du groupe Moreau, certains visiblement mal à l’aise face à cette approche radicalement différente de celle qu’Antoine Moreau avait pra
Le rendez-vous avec Marc Fontaine fut organisé dans un cadre neutre, un salon privé d’un hôtel discret loin des regards médiatiques, Nathan ayant insisté pour que Camille l’accompagne malgré les objections initiales de Maître Dubois quant à sa présence dans une négociation aussi délicate.— Vous êtes plus perspicace que n’importe quel avocat que j’ai employé, avait dit Nathan pour justifier sa décision. Et j’ai besoin de votre regard sur cette situation.Marc Fontaine les attendait déjà, un homme d’une quarantaine d’années au regard calculateur qui rappelait immédiatement à Camille les récits d’Hélène sur son père.— Monsieur Moreau, dit-il avec un sourire qui manquait de chaleur authentique. Je me demandais quand vous alliez enfin me contacter directement, plutôt que de laisser vos avocats gérer cette affaire à distance.— Vous avez collaboré avec Lefèvre Group, dit Nathan directement, sans préambule. Je veux savoir pourquoi, et ce que vous cherchez réellement à obtenir de cette conf
Hélène se leva, s’approchant de la fenêtre comme pour puiser du courage dans la vue familière de Paris qui s’étendait devant elle. Nathan et Camille échangèrent un regard inquiet, sentant qu’une nouvelle révélation, plus lourde encore que les précédentes, s’apprêtait à bouleverser leur compréhension du passé.— Il y a vingt-trois ans, commença Hélène d’une voix hésitante, ton père a découvert que son propre associé, Richard Fontaine, détournait des fonds de l’entreprise vers des comptes offshore. Des millions d’euros, accumulés sur plusieurs années grâce à des contrats fictifs avec des fournisseurs qui n’existaient pas vraiment.— Richard Fontaine, répéta Nathan, le nom résonnant vaguement dans sa mémoire d’enfance. Le cofondateur du groupe hôtelier ?— Oui, confirma Hélène. Ton père l’a confronté discrètement, cherchant à récupérer l’argent sans scandale public qui aurait pu détruire la réputation naissante de l’entreprise. Richard a accepté de rembourser une partie des fonds détourn
Trois jours après la demande en mariage, l’euphorie du bonheur nouveau fut brutalement interrompue par un appel du directeur juridique, Maître Dubois, sa voix tendue trahissant une urgence sérieuse.— Nathan, nous avons un problème. Lefèvre Group vient de déposer une plainte officielle contre le groupe Moreau pour diffamation et concurrence déloyale, en réponse à notre plainte pour espionnage industriel.Nathan fronça les sourcils, s’installant à son bureau avec Camille à ses côtés, échangeant un regard inquiet. — Sur quelle base ?— Ils prétendent que votre interview télévisée constituait une attaque calculée contre leur réputation, orchestrée pour détourner l’attention de véritables problèmes de gouvernance au sein du groupe Moreau. Ils menacent de révéler des documents financiers qu’ils affirment prouver des irrégularités comptables antérieures à votre prise de direction.— C’est absurde, dit Nathan, la colère durcissant sa voix. Ils inventent des accusations pour se venger de l’é







