LOGINSon contrat d’épouse Maëlys Corven accepte un mariage de convenance avec Ethan Wexford un milliardaire réputé incapable d’aimer. Le contrat est clair : douze mois de mariage, aucune question personnelle et aucun sentiment. Maëlys pense pouvoir supporter cette situation. Elle se trompe. Ethan est froid avec elle devant les autres, mais étrangement protecteur lorsqu’elle est en danger. Il devient jaloux lorsqu’un autre homme s’intéresse à elle et refuse de comprendre pourquoi il souffre lorsqu’elle s’éloigne. Puis Maëlys découvre qu’Ethan ne l’a pas choisie au hasard. Il connaissait son passé avant même de lui proposer le contrat. Lorsqu’elle apprend la véritable raison de leur mariage, elle se sent trahie et décide de partir. Mais cette fois, Ethan est prêt à briser son propre contrat pour empêcher la seule femme qu’il aime de disparaître.
View MoreChapitre 1
Maëlys
La voix de mon père est froide, posée, comme s’il récitait une sentence. Je me tiens debout, les bras croisés, mes ongles enfoncés dans mes paumes pour ne pas trahir le tremblement qui monte.
— Tu as trois mois, dit-il sans me regarder. Ensuite, la maison sera saisie.
Chaque mot tombe avec une précision cruelle. Ma belle-mère, assise, lisse sa jupe d’un geste lent, savourant l’instant. Mon demi-frère se tient près de la fenêtre, un sourire mince aux lèvres. Personne ne prend ma défense. Personne ne rappelle que cette maison appartenait à ma mère, qu’elle est tout ce qui me reste d’elle.
— Cette maison était à ma mère, j’articule, la gorge serrée.
Mon père lève enfin les yeux. Son regard est vide, comme s’il ne voyait pas ma douleur. Peut-être ne la voit-il pas, tout simplement.
— Ta mère est morte. Elle a laissé des dettes. Toi, tu n’as rien. Alors ne fais pas l’offensée.
L’humiliation brûle ma nuque, descend dans ma poitrine, s’insinue dans mes veines. Je serre les mâchoires. Je refuse de pleurer devant eux. Je refuse de leur offrir cette satisfaction.
Ils partent. La porte se referme. Le silence retombe, plus lourd que leurs paroles. Je reste debout au milieu de la pièce, les jambes tremblantes, incapable de bouger. L’odeur de la cire et de la lavande séchée flotte encore, mêlée au souvenir de ma mère. Je ferme les yeux, et je la revois, ses mains douces, son rire. Tout cela est en train de m’échapper.
Mon téléphone vibre dans ma poche. Un numéro inconnu. Je décroche sans réfléchir, parce que n’importe quelle voix est préférable à ce silence.
— Mademoiselle Corven ?
La voix est grave, maîtrisée, teintée d’une autorité naturelle qui me fait frissonner.
— Oui.
— Je m’appelle Ethan Wexford. Je souhaite vous rencontrer. Ce soir.
Ethan Wexford. Le nom percute mon esprit comme une déflagration. Le milliardaire aux yeux d’hiver, aux costumes sombres, à la réputation d’homme incapable d’aimer. Tout le monde le connaît. Personne ne le comprend vraiment.
— Je ne comprends pas, je murmure.
— Vous comprendrez bientôt. Soyez à huit heures. On vous conduira à moi.
Il raccroche avant que je puisse répondre. Je fixe l’écran, le cœur battant à tout rompre. Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ?
Je monte dans ma chambre. Mes mains tremblent en ouvrant la penderie. Je choisis une robe noire, la seule qui me donne une allure digne. Je laisse mes cheveux retomber en vagues sombres sur mes épaules. Dans le miroir, mes yeux verts paraissent trop grands, cernés par les nuits sans sommeil. Je n’ai pas l’élégance de ma belle-mère, ni sa cruauté. Mais j’ai quelque chose qu’elle n’aura jamais : la rage de survivre.
À huit heures précises, je pénètre dans un univers feutré, luxueux, étouffant. Je me sens immédiatement déplacée, mais je redresse la tête. Un homme en costume sombre me guide à travers des salons silencieux, jusqu’à une pièce privée.
Ethan Wexford se tient près d’une grande fenêtre, le dos tourné. Il se retourne lentement, et le temps suspend son vol. Il est plus saisissant que toutes les photos, plus sombre, plus dangereux. Ses cheveux noirs encadrent un visage aux angles nets. Sa mâchoire est dure, ses lèvres pleines mais serrées. Ses yeux, surtout, me clouent sur place : d’un bleu arctique, froids comme les profondeurs d’un glacier, mais traversés d’une lueur étrange, presque fiévreuse.
Il porte un costume trois pièces anthracite, d’une élégance naturelle, innée. Sa posture est impériale. Il ne dit rien pendant de longues secondes, se contentant de m’observer avec une intensité qui me met à nu.
— Asseyez-vous, Mademoiselle Corven, dit-il enfin.
Sa voix est exactement celle du téléphone : grave, dangereuse. Je m’exécute, les jambes flageolantes. Il prend place en face de moi, posant ses avant-bras sur la table. Ses mains sont soignées, ses doigts longs.
— Vous devez vous demander pourquoi je vous ai fait venir.
— C’est le moins qu’on puisse dire.
Un léger pli apparaît au coin de ses lèvres, mais ce n’est pas un sourire. C’est plus subtil, plus calculé.
— J’ai une proposition à vous faire. Un contrat, plus exactement.
— Quel genre de contrat ?
Il me fixe sans ciller, comme s’il attendait que je m’impatiente. Le silence entre nous est si dense que j’entends les battements de mon propre cœur.
— J’ai besoin d’une épouse. Douze mois. Pas un jour de plus. Vous serez payée généreusement, vos dettes effacées, la maison de votre mère préservée.
L’air quitte mes poumons. Je le regarde, abasourdie, cherchant dans ses yeux une trace de plaisanterie. Il n’y en a aucune. Seulement cette lueur froide, calculatrice, qui me donne l’impression d’être une pièce sur un échiquier.
— Pourquoi moi ?
Il incline légèrement la tête, comme s’il soupesait ma question.
— Parce que vous êtes désespérée. Et le désespoir fait de vous une candidate idéale.
L’humiliation revient, plus brûlante encore. Je serre les poings sous la table, mes ongles s’enfonçant dans la chair tendre de mes paumes.
— Je ne suis pas à vendre.
— Tout le monde a un prix. Le vôtre est une maison, un héritage, une liberté que votre famille vous refuse.
Il a raison. C’est cette vérité qui fait le plus mal. Je détourne le regard, incapable de soutenir le sien.
— Le contrat est simple, poursuit-il. Douze mois de mariage. Aucune question personnelle. Aucun sentiment. Vous jouerez le rôle d’une épouse aimante en public, et vous vivrez votre vie en privé. Je vous offre une protection, une sécurité financière, et la discrétion la plus totale.
Sa voix est calme, détachée, comme s’il récitait les termes d’un accord commercial. Je relève les yeux.
— Et si je refuse ?
— Alors vous rentrerez dans cette maison que vous aimez tant, et vous attendrez qu’on vous l’arrache.
Le silence retombe, lourd comme une chape. Je pense à ma mère, à son parfum, à ses mains douces. Je pense à mon père, à son mépris. Je pense à tout ce que je vais perdre si je dis non.
— Quelles sont les conditions exactes ? je finis par demander, la gorge serrée.
Ethan esquisse un geste de la main, comme pour écarter le détail.
— Tout sera écrit. Pour l’instant, sachez que si vous acceptez, nous signerons les documents demain. Vous n’aurez que peu de temps pour réfléchir.
Je le dévisage. Son regard bleu ne me lâche pas, insondable. Une inquiétude nouvelle grandit dans ma poitrine, mêlée à une étrange chaleur.
— Pourquoi vous, Mademoiselle Corven ? demande-t-il soudain, comme s’il lisait dans mes pensées.
Je m’immobilise.
— Je ne vous connais pas.
— Non. Mais moi, je vous connais très bien.
Ces mots s’enfoncent en moi comme des échardes. Son regard bleu ne me lâche pas, insondable.
— Que voulez-vous dire ?
Ethan se lève, ajustant sa veste d’un geste précis.
— Vous le saurez bien assez tôt.
Il contourne la table, s’arrête à ma hauteur. Je lève les yeux vers lui, le souffle court. Son parfum, bois de santal et cuir, m’enveloppe d’une intimité soudaine.
— Une dernière chose, Mademoiselle Corven. Si vous signez, sachez que je ne vous aimerai jamais. Je suis incapable de ce sentiment. Ne l’oubliez pas.
Puis il s’éloigne, laissant derrière lui le silence, son parfum, et une promesse qui me glace autant qu’elle me réveille.
Je reste seule. Je devrais fuir. Je devrais oublier cet homme et ses yeux d’hiver.
Mais je ne bouge pas.
Je pense à la maison de ma mère, à ses volets clos, à la lavande fanée dans les tiroirs. Je pense à Ethan Wexford, à sa voix qui me glace, à son regard qui me brûle.
Je ne sais pas encore que ce contrat scellera bien plus qu’un mariage.
Il scellera ma perte.
Et peut-être, d’une certaine manière, sa délivrance.
Chapitre 5MaëlysLa porte se referme derrière moi avec un claquement sourd, et le silence du couloir m’avale. Je reste immobile, le dos contre le mur froid, les jambes tremblantes. Mes doigts s’agrippent au tissu de ma robe, comme si ce geste pouvait m’empêcher de me briser en mille morceaux. Les mots d’Ethan tournent dans ma tête, des lames qui lacèrent tout sur leur passage.« Vous n’êtes plus rien. »« La haine, je la connais mieux que vous. »« Vous pourriez vous brûler plus que vous ne le pensez. »Je ferme les yeux, inspire par à-coups. Mes poumons brûlent, ma gorge se serre. Je refuse de pleurer. Pas ici. Pas dans cette maison qui respire le pouvoir et la froideur. Je ravale la boule qui monte, l’enfonce au creux de ma poitrine, là où la douleur pourra se transformer en colère. La colère, je la maîtrise mieux que les larmes.Je me redresse, lisse ma robe d’un geste mal assuré. Le couloir s’étire devant moi, immense, tapissé de boiseries sombres et ponctué de portes closes. Une
Chapitre 4EthanLe salon est plongé dans une pénombre froide, à peine troublée par la lueur des lampes posées sur les consoles. Je me tiens debout près de la cheminée, les bras croisés, le regard fixé sur la porte. Elle ne va pas tarder. Elle est ponctuelle, je le sais. Je connais ses habitudes, sa manière de se hâter sans courir, ses épaules légèrement voûtées comme si elle s’excusait d’exister. Ce soir, je vais lui rappeler où est sa place.La porte s’ouvre. Maëlys entre, silhouette frêle dans une robe grise qui la rend plus pâle encore. Ses cheveux sont relevés en un chignon lâche, quelques mèches s’échappent déjà. Ses yeux verts balayent la pièce avant de se poser sur moi. Elle s’immobilise, les doigts crispés sur le tissu de sa robe.— Vous vouliez me voir, dit-elle d’une voix qu’elle tente d’assurer.— Approchez.Elle obéit, les pas lents, mesurés. Je ne bouge pas. J’attends qu’elle s’arrête à quelques mètres de moi. Son parfum, léger, fleuri, se mêle à l’odeur du bois ancien.
Chapitre 3MaëlysJe me tiens debout face à Ethan Wexford, dans son bureau immense. Les murs de verre laissent entrer une lumière froide qui écrase tout. Je me sens minuscule, écrasée par la hauteur des plafonds, par le silence, par son regard. Il est assis, les manches relevées, les avant-bras posés sur la table. Ses yeux bleus me transpercent sans effort.— Asseyez-vous, Maëlys.Il a dit mon prénom. Pas « Mademoiselle Corven ». Mon prénom, dans sa bouche, sonne comme une prise de possession. Je m’exécute, les jambes flageolantes. Le cuir du fauteuil est froid sous mes doigts. Je croise les mains pour ne pas trembler.— Douze mois, dit-il en poussant un dossier vers moi. Douze mois de votre vie, en échange de la maison, des dettes, d’une rente confortable.— Et si je refuse ?— Vous refusez quoi ? La possibilité de sauver la seule chose qui compte pour vous, ou la chance de m’échapper ?Je baisse les yeux. Mon nom figure déjà sur les documents, comme si ma décision était une formalit
Chapitre 2EthanLe silence de mon bureau est épais, troublé seulement par le tic-tac régulier de l’horloge ancienne posée sur la cheminée. Je me tiens debout près de mon fauteuil, les mains dans les poches, le regard fixé sur le dossier ouvert devant moi. Des photographies de Maëlys Corven sont étalées sur le sous-main en cuir, comme des pièces à conviction. Elle sortant de chez elle, les épaules voûtées, un vieux manteau sur les bras. Elle à la boulangerie, les yeux baissés, un sourire triste aux lèvres. Elle assise sur un banc, un livre à la main, le visage pâle sous la lumière crue d’un lampadaire.Je connais chaque détail de ces clichés. Je les ai étudiés des heures durant, mémorisant la courbe de sa nuque, la fragilité de ses poignets, la manière dont elle mord sa lèvre inférieure quand elle réfléchit. Ce n’est pas de l’obsession, me dis-je. C’est de la préparation. Une vengeance, ça se construit avec précision. On ne laisse rien au hasard.Je m’assois dans le fauteuil, le cuir






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