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Chapitre 3 : Le pacte du diable

Penulis: Morgane CTS
last update Terakhir Diperbarui: 2026-02-07 05:08:49

Le silence qui suivit sa proposition dans l'ascenseur fut coupé par le ding métallique des portes qui s'ouvraient sur le hall de marbre. Julien ne bougea pas. Il bloqua la fermeture des portes d'une main ferme, son regard gris ancré dans le mien.

— Vous n'êtes pas sérieux, soufflai-je. Vous voulez m'acheter comme vous achetez un terrain ?

— Je vous propose un partenariat, Victoria. Rien de plus ni de moins.

Je sortis de l'ascenseur, mes talons claquant sur le sol froid. Il me suivit, sa silhouette imposante projetant une ombre longue sur le mur.

— Un partenariat ? Je vous déteste, Julien. Et vous, vous ne supportez pas que je bloque votre chantier. Comment le monde entier pourrait croire qu’on va se marier ?

Il s'arrêta devant moi, m'obligeant à lever la tête.

— Justement. Les opposés s'attirent, n'est-ce pas ? C’est ce que les gens veulent lire dans les magazines. Le milliardaire impitoyable et la pâtissière rebelle. C’est... romantique.

Il prononça le mot comme s'il s'agissait d'une stratégie marketing, ce qui me fit bouillir le sang.

— Et pour Stan ? Et l'huissier ? demandai-je, la voix étranglée par l'émotion.

— Si vous signez ce contrat de fiançailles, vous devenez intouchable. Je rachète vos dettes à la banque dans l'heure. Stan ne pourra plus vous approcher sans avoir affaire à mes avocats. Et votre boutique ? Je ferai modifier les plans du Plaza pour en faire le joyau central de la place. Elle ne sera plus "rasée", elle sera sublimée.

C'était trop beau pour être vrai. Mais c'était la seule porte de sortie avant l'abîme.

— Quelles sont vos conditions ? murmurai-je.

Un demi-sourire presque imperceptible apparut sur ses lèvres. Il sortit un stylo en argent de sa poche intérieure.

— Trois mois. Trois apparitions publiques par semaine. Logement partagé dans mon penthouse pour rendre la chose crédible aux yeux de la presse spécialisée qui me surveille. Et surtout... pas de relations avec d'autres hommes.

— Et pas de relations avec vous non plus, ajoutai-je immédiatement.

Son regard descendit sur mes lèvres avant de remonter vers mes yeux.

— C'est une clause que je n'aurai aucun mal à respecter, Victoria. Je ne mélange jamais les affaires et le plaisir.

Il me tendit un document qu'il avait déjà préparé. Il savait. Il savait que je n'aurais pas le choix. Je saisis le stylo, ma main tremblant légèrement. Si je signais, je sauvais la pâtisserie de ma grand-mère, mais je devenais la propriété de l'homme que je craignais le plus.

Je griffonnai ma signature, enfin ce qui s’en rapprochait le plus, en bas de la page.

— Bien, dit-il en récupérant le papier. Préparez vos bagages. Un chauffeur passera vous prendre demain matin à l'aube. Notre première "sortie" est demain soir : le gala de charité de la ville.

Il se rapprocha de mon oreille, l’odeur de son parfum m’enivrant, son souffle chaud contrastant avec la froideur de ses paroles :

— Tâchez d'avoir l'air amoureuse, Victoria. Votre boutique « L’instant sucré » en dépend.

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