LOGIN"Victoria Valois a tout perdu dans l'incendie criminel de sa boutique : son héritage, son rêve et sa liberté. Accusée à tort, elle se retrouve à la merci de Julien Castille, le fils de l'homme qu'elle soupçonne d'avoir tout manigancé. Mais entre les flammes et la trahison, un pacte dangereux naît. Victoria entre dans la tanière du loup, prête à tout pour se venger. Mais que faire quand le cœur commence à battre pour l'ennemi, et que les secrets de famille menacent de tout réduire en cendres une seconde fois ?"
View MoreLe parfum de la brioche à la cannelle était la seule chose qui me rattachait encore à la réalité. Mais ce matin-là, même le sucre avait un goût d'amertume. Je fixais l'avis de mise en demeure posé sur le comptoir en bois de ma pâtisserie.
"L'Instant Sucré" n'était pas seulement mon gagne-pain. C'était l'héritage de ma grand-mère. Et pourtant, en trois mois, Stan avait réussi ce que personne n'aurait cru possible : vider les comptes et me laisser seule face à une montagne de dettes avant de disparaître. La clochette de la porte tinta. Je relevai la tête, m'attendant à voir un client habituel. L'homme qui entra semblait sortir d'un autre monde. Grand, les traits sculptés comme dans du granit, il portait un costume sombre dont la coupe impeccable criait le pouvoir. Pas de gardes du corps, juste une présence magnétique qui semblait faire rétrécir les murs de ma boutique. — Victoria ? demanda-t-il d'une voix grave et posée. — C’est moi. Et vous êtes ? — Julien Castille. Le sang me monta au visage. Le PDG de Castille Holdings. L'homme derrière le projet "Castille Plaza" qui menaçait de raser tout mon pâté de maisons. — Je ne m'attendais pas à une visite du grand patron en personne, dis-je en croisant les bras sur mon tablier taché de farine. Vous venez pour vérifier si les murs sont assez solides pour vos pelleteuses ? Il ne répondit pas tout de suite. Il s'approcha du comptoir et observa la vitrine avec une attention déconcertante. — Un espresso et un financier à la noisette, s'il vous plaît. Je le servis en silence, les mains tremblantes de rage contenue. Il s'installa à une petite table, prit une gorgée de son café, puis posa une tablette sur le bois. — Votre boutique est sur le tracé exact de l'entrée principale du Plaza, Victoria. Votre bail est le dernier obstacle juridique au lancement des travaux. Je suis ici pour vous faire une offre finale de rachat amiable. — Ma réponse n'a pas changé, Monsieur Castille. Je ne vends pas. — Tout le monde finit par vendre, rétorqua-t-il froidement. C’est une question de chiffre, pas de sentiments. C'est à ce moment précis que la porte s'ouvrit à nouveau violemment. Stan. Il avait l'air nerveux, les yeux fuyants. — Vicky, il faut qu'on parle. J'ai reçu un appel de la banque. Si tu ne signes pas les documents pour céder le bail à Castille, ils vont saisir tout le matériel et on ne touchera rien du tout ! — Tu ne toucheras rien, Stan, rectifiai-je, la voix étranglée. Pars d'ici. Stan s'approcha, le visage déformé par la frustration. — Arrête de faire ta sainte ! Signe ce papier et laisse ce monsieur raser cette vieille boutique poussiéreuse. On pourra enfin passer à autre chose. — Monsieur, intervint soudain Julien sans même se lever de sa chaise. Stan se tourna vers lui, surpris de remarquer enfin sa présence. — Quoi ? T'es qui toi ? Julien reposa sa tasse avec une lenteur calculée. — Je suis l'homme à qui vous essayez de vendre quelque chose qui ne vous appartient plus. Et je déteste les gens qui crient dans les lieux publics. Sortez de cette boutique avant que je ne perde patience. L'autorité dans la voix de Julien était telle que Stan recula d'un pas. Il bafouilla une menace sans suite et s'enfuit comme un lâche. Je restai seule face à Julien. Le silence était pesant. — Pourquoi avez-vous fait ça ? demandai-je. Vous voulez ce bail autant que lui. Julien se leva et boutonna sa veste. — Je n'aime pas les déséquilibres de force, Victoria. Et je préfère négocier avec une adversaire qui a du cran plutôt qu'avec un parasite. Il se dirigea vers la sortie, mais s'arrêta sur le pas de la porte. — Réfléchissez à mon offre. Vous avez jusqu'à demain soir. Passé ce délai, mes avocats prendront le relais et vous n'aurez plus personne pour vous défendre contre les "Stan" de ce monde. Il sortit, me laissant seule dans l'odeur de vanille et le froid de la solitude.Le jour de l’inauguration de la Grande Bibliothèque de Cassis ne ressemblait en rien aux cérémonies froides du monde d’avant. Pas de rubans coupés, pas de discours de politiciens en costume. Le soleil de juillet, à son zénith, baignait le dôme de calcaire d’une lumière si blanche qu’il semblait irradier de sa propre énergie. Des milliers de personnes s’étaient rassemblées sur les pentes du Cap Canaille : des Marseillais, des Corses, des survivants de Genève, et même quelques éclaireurs venus des forêts de Paris.Le Passage du FlambeauJulien se tenait sur le parvis, ses mains marquées par la forge et la terre posées sur les épaules de Gabriel-Alexandre. Notre fils avait grandi. Ses yeux ambrés n'étaient plus le signe d'une malédiction, mais le symbole d'une humanité nouvelle, capable de vivre en symbiose avec une nature qu'elle avait failli détruire.— Ce dôme ne contient pas seulement des livres, déclara Julien face à la multitude silencieuse. Il contient notre refus de mourir et not
Le calme était revenu sur Cassis, un calme profond, organique, qui ne ressemblait en rien au silence de plomb des années de guerre. C’était le bruissement des feuilles d’argent des oliviers, le clapotis de l’eau contre les coques des barques de pêche et le rire cristallin des enfants qui couraient dans les ruelles escarpées. La Source, après des années de mutations erratiques et de poussées fiévreuses, s’était enfin apaisée. Elle ne dominait plus la nature ; elle s’y était fondue.La Sève du SavoirJulien, ayant troqué son fusil contre un fil à plomb et ses cartes d'état-major contre des parchemins de géométrie, passait ses journées sur les hauteurs de la presqu'île. Il ne bâtissait plus de remparts. Il posait les premières pierres d'une Bibliothèque Universelle, un dôme de calcaire et de verre destiné à abriter les lambeaux de connaissance sauvés du déluge : traités de médecine de Vaugirard, calculs grecs, herbiers de la Source et récits de notre longue marche.— On ne peut pas laiss
Le solstice d’été approchait, et avec lui, une promesse que personne n'aurait osé formuler lors de notre fuite de Paris : la faim était vaincue. Les terrasses de calcaire, autrefois arides et brûlées par le sel, ployaient désormais sous le poids d’un blé d’or pâle, aux épis denses et lourds, nourris par la Source et la sueur des hommes. À Cassis, l’air ne sentait plus la peur ou le fer froid, mais le pain chaud, le miel sauvage et la résine de pin chauffée par un soleil devenu protecteur.La Grande Table de la CalanquePour célébrer cette première récolte partagée, Julien et Stéphane Renard avaient fait dresser d'immenses tables de bois brut sur le môle, là même où les navires de guerre s'amarraient autrefois. Il n'y avait plus de hiérarchie : les soldats de l'Étoile de Fer s'asseyaient aux côtés des pêcheurs, et les délégués de Genève, restés pour apprendre, partageaient le vin de la Treille avec les anciens de Marseille.Au centre de la fête trônait le premier pain, une miche monume
La Commissaire Aris n’était pas une conquérante, c’était une affamée. Une fois le transmetteur brisé au sol, le masque de la diplomatie s'effrita pour révéler une vérité bien plus triviale : Genève mourait de faim. Leurs réserves de graines anciennes ne prenaient pas dans le sol acide des Alpes, et sans l’antidote de Victoria, leur population s’étiolait.— Nous ne voulons pas vos terres, Victoria, avoua-t-elle un soir, assise seule avec moi dans la cuisine de pierre du moulin. Nous voulons votre savoir. Donnez-nous de quoi nourrir les nôtres, ou nous mourrons tous de toute façon, que ce soit par vos balles ou par la famine.Le dilemme n'était plus de gagner une guerre, mais de choisir qui méritait de vivre. Si je partageais la Source avec Genève, Cassis perdait son exclusivité et son rempart. Si je refusais, je condamnais des milliers d'innocents au nom d'un égoïsme territorial.La Trêve des MainsJulien, lui, avait délaissé les canons. Il passait ses journées dans les champs en terra
Le calme était enfin revenu, non pas comme une trêve fragile, mais comme une terre conquise. Six mois s'étaient écoulés depuis l'embrasement d' Enez ar Marv. Le monde avait tourné sa page, oubliant les scandales du lithium et les murmures du Projet Mnémosyne pour se perdre dans de nouvelles crises,
Le trajet vers la Bretagne fut une longue dérive entre veille et sommeil, rythmée par le ronronnement sourd du moteur et la chaleur du corps de Julien contre le mien. Nous avions récupéré Rose dans une station-service anonyme près de Rennes. La voir s'endormir contre mon épaule, son souffle régulie
Le bonheur est une cible. Pendant trois ans, nous avions cru que les murs de Sankt-Anna et les sommets autrichiens suffiraient à nous effacer de la carte du monde. Rose grandissait, petite créature sauvage aux cheveux de jais, courant entre les sacs de farine et les rangées de blé ancien. Julien ét
Acte 2 : Le retour des Loups.Paris nous a accueillis avec l’arrogance d’une amante délaissée qui sait qu’on finit toujours par ramper vers elle. Le vrombissement des limousines noires sur les pavés de la Place Vendôme avait remplacé le silence sacré de Sankt-Anna. En moins d’une semaine, l’air pur






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