Beranda / Romance / Le secret du loup d’Onyx / Chapitre 4 : Cage dorée et café noir

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Chapitre 4 : Cage dorée et café noir

Penulis: Morgane CTS
last update Terakhir Diperbarui: 2026-02-07 05:10:54

Le chauffeur m'attendait à 6h00 précises. En jetant un dernier regard à ma petite chambre au-dessus de la pâtisserie, j'eus l'impression de trahir mes souvenirs. Mais la lettre de l'huissier, désormais barrée de la mention "ANNULÉ" grâce au virement de Julien, me rappelait la réalité.

Le penthouse de Julien Castille se situait au sommet de la Tour Onyx, un pic de verre et d'acier qui dominait la ville. Lorsque l'ascenseur privé s'ouvrit directement dans le salon, je manquai de lâcher ma valise.

C'était immense. Minimaliste. Froid. Le sol était un marbre blanc veiné de gris, et les murs n'étaient que d'immenses baies vitrées offrant une vue plongeante sur le quartier que Julien s'apprêtait à transformer. Pas une photo de famille, pas une plante, pas un grain de poussière. On aurait dit une page de magazine d'architecture, sans aucune trace de vie humaine.

— Votre chambre est au bout du couloir, à droite, dit une voix grave derrière moi.

Je sursautai. Julien était déjà là, debout près d'un îlot de cuisine en granit noir. Il portait une chemise blanche entrouverte au col, sans cravate, et tenait un espresso à la main. Ses cheveux étaient encore légèrement humides.

— Vous ne dormez jamais ? demandai-je en m'avançant timidement.

— Le sommeil est un luxe que je m'autorise rarement. Installez-vous. Une styliste passera à quatorze heures pour préparer votre tenue pour le gala de ce soir.

Je déposai ma valise, me sentant comme une intruse avec mon jean élimé et mon vieux pull en laine.

— Une styliste ? Je sais m'habiller seule, Monsieur Castille.

Il posa sa tasse et me détailla de la tête aux pieds. Son regard s'attarda un instant de trop sur mes hanches, avant de redevenir glacial.

— Pour le monde dans lequel nous allons entrer ce soir, vous avez besoin d'une armure, pas d'une robe. L'élite de cette ville va vous scanner comme un bug dans le système. Si une seule couture dépasse, ils sauront que notre histoire est une mise en scène.

— Je croyais que vous vouliez quelqu'un d'"authentique" ? répliquai-je avec ironie.

Il fit un pas vers moi, réduisant la distance. Son parfum — un mélange de cèdre et d'orage — m'envahit les narines.

— L'authenticité est une base, Victoria. Le vernis, c’est pour les investisseurs.

Il sortit une carte de crédit noire de sa poche et la posa sur le comptoir.

— Elle est à votre nom. Utilisez-la. Achetez ce qu'il faut pour que personne ne soupçonne que vous passiez vos journées couverte de farine.

Je regardai la carte comme s'il s'agissait d'un serpent.

— Je n'en veux pas. Je suis ici pour un contrat, pas pour être votre femme entretenue.

Julien eut un petit rire sombre, un son rare qui me fit frissonner malgré moi.

— Vous êtes têtue. C'est ce qui fera votre charme... ou votre perte. Gardez-la. C'est une dépense professionnelle.

Il s'apprêta à sortir, mais s'arrêta au niveau de mon épaule.

— Ah, et Victoria ? Ne touchez pas à mon bureau. C'est la seule pièce interdite.

La porte claqua. J'étais seule dans ce palais de verre, avec une carte de crédit illimitée et un sentiment de vertige. Je m'approchai de la fenêtre. De là-haut, ma pâtisserie n'était qu'un minuscule point dans la ville. J'avais sauvé les murs, mais à quel prix ?

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