Home / Romance / Les amants maudits / Le Prisme des Interdits

Share

Le Prisme des Interdits

last update publish date: 2026-09-23 03:06:11

L’hôtel de ville scintillait sous les feux de mille chandeliers de cristal. Ce soir-là, le tout-Paris politique, diplomatique et financier se pressait au grand gala annuel de la fondation Valtierre. Sous les plafonds peints de fresques mythologiques, les robes de haute couture frôlaient les smokings impeccables, tandis que le cliquetis des coupes de champagne et le murmure des alliances secrètes composaient la symphonie ordinaire de la haute société.

Pour Hubert de Valtierre, cet événement ét
Continue to read this book for free
Scan code to download App
Locked Chapter

Latest chapter

  • Les amants maudits   Le Vertige des Coulisses

    Le tumulte de la grande salle de bal de l’hôtel de ville parvenait jusqu’aux entrailles du bâtiment sous la forme d'une vibration sourde, un grondement de basse qui faisait trembler les cloisons légères. À l'étage noble, la comédie politique battait son plein. Hubert de Valtierre était alors entouré d’un cénacle de banquiers et de ministres, trop enivré par sa propre influence pour remarquer l’absence de son épouse. Laurale avait prétexté un raccord de maquillage pour s’extirper de la chaleur étouffante des salons. Elle n’avait pas pris la direction des toilettes d'honneur. Guidée par un signal infime, un simple hochement de tête de Basile lorsqu'elle avait franchi les portes de la salle de bal, elle s’était engouffrée dans le dédale des couloirs de service réservés au personnel et aux artistes. Ses escarpins ne faisaient aucun bruit sur le linoléum gris des coursives inférieures. Le velours noir de sa robe royale accrochait les reflets des néons crus qui privaient le lieu de tout

  • Les amants maudits   Le Prisme des Interdits

    L’hôtel de ville scintillait sous les feux de mille chandeliers de cristal. Ce soir-là, le tout-Paris politique, diplomatique et financier se pressait au grand gala annuel de la fondation Valtierre. Sous les plafonds peints de fresques mythologiques, les robes de haute couture frôlaient les smokings impeccables, tandis que le cliquetis des coupes de champagne et le murmure des alliances secrètes composaient la symphonie ordinaire de la haute société. Pour Hubert de Valtierre, cet événement était le théâtre absolu de sa puissance. Il avançait au milieu de la salle de bal, distribuant les poignées de mains fermes et les sourires carnassiers, l’air d’un roi inspectant ses terres. À son bras, Laurale jouait son rôle à la perfection. Elle portait une robe de velours noir, d’une sobriété royale, dont le décolleté asymétrique dévoilait la blancheur laiteuse de son épaule droite. Ses cheveux étaient relevés en un chignon haut, retenu par des épingles de diamants. Elle souriait aux ministres

  • Les amants maudits   L'Ombre du Doute

    L’enceinte fortifiée du domaine des Valtierre n’avait rien perdu de sa froideur géométrique, mais à leur retour de la périphérie, les grilles de fer forgé semblèrent se refermer sur eux avec le clic sinistre d'un couperet. Laurale s’était rapidement éclipsée vers ses appartements, réajustant le col de son trench-coat pour masquer les stigmates invisibles mais brûlants de la chambre 14. Basile, quant à lui, avait repris sa posture de marbre, rangeant la berline de location dans le garage secondaire avant de réintégrer le poste de commandement central. Il pensait avoir effacé toutes ses traces. Il avait nettoyé ses bottes, vérifié sa tenue et replacé chaque pièce du puzzle à sa place réglementaire. Pourtant, dans ce métier, le plus grand danger ne venait pas des indices visibles, mais de l’instinct des hommes formés à la même école de la méfiance. Lambert, le chef de la sécurité globale du domaine, l’attendait dans le bureau vitré qui surplombait la cour d'honneur. Ancien officier de

  • Les amants maudits   L’Exil de la Chair

    L’obscurité de la chambre 14 n’avait rien de la pénombre feutrée et parfumée des appartements du domaine. Ici, l’air emprisonné entre les quatre murs de crépi gris gardait l’odeur rance du linoléum bon marché et des pluies acides qui s'écrasaient sur le parking du Motel des Joncs. Mais dès que le loquet de fer se détendit dans un claquement sec, ce décor de misère s'effaça pour devenir le théâtre de leur plus absolue liberté.Ils n'avaient plus le temps pour les préliminaires feutrés, plus de masques à préserver, plus de serviteurs dont il fallait devancer les pas. Le retour précoce de Hubert et la terreur de la nuit passée avaient agi comme un couperet. Chaque minute arrachée au domaine était un sursis avant l’échafaud.Basile se retourna, le dos plaqué contre la porte de bois vermoulu, le souffle déjà court. Ses yeux gris, presque noirs sous la lueur rousse du néon extérieur, dévorèrent Laurale. Elle avait laissé tomber son trench-coat au sol. Dans sa robe de soie fine, elle trembla

  • Les amants maudits   L'Asile des Ombres

    Le domaine des Valtierre était devenu un piège à l’étanchéité parfaite. Depuis le retour précoce de Hubert, la surveillance s’était durcie sous le prétexte de nouvelles lettres de menace arrivées au cabinet de la Haute Borne. Les caméras du parc fonctionnaient à plein régime, et chaque fait et geste de la maîtresse de maison était consigné. S’aimer entre ces murs lambrissés, sous les plafonds peints qui avaient tout vu, était devenu une impossibilité physique. L'électricité du pacte scellé dans le couloir exigeait un exutoire, une terre franche, loin du luxe étouffant de leur prison commune.L’occasion se présenta un jeudi, sous la forme d’un prétexte d'une banalité désarmante. Laurale avait obtenu l’autorisation de Hubert de se rendre en périphérie de la ville pour une vente aux enchères caritative de tissus anciens, une œuvre dont elle était la marraine officielle. Pour ce déplacement mineur, Hubert avait jugé inutile de mobiliser son lourd convoi. Il avait délégué la tâche à une éq

  • Les amants maudits   Le Pacte des Cendres

    La lumière du jour suivant entra dans la chambre comme une lame d'acier poli, froide et sans concession. Laurale s’était levée avant que Hubert ne s’éveille, fuyant la tiédeur d'un lit qu’elle ressentait désormais comme le lieu d'une profanation programmée. Sous sa douche, elle avait frotté sa peau jusqu’au sang, tentant d’y effacer l'empreinte de son mari pour n’y laisser que la mémoire fantôme des caresses de Basile.Lorsqu'elle descendit pour le petit-déjeuner, Hubert l'attendait dans la salle à manger, déjà plongé dans les cours de la bourse sur sa tablette, une tasse de café fumant à la main. Il ne leva même pas les yeux vers elle lorsqu'elle s'assit. L’étreinte mécanique de la nuit n'avait été pour lui qu'une formalité d'usage, une routine vite oubliée. Pour Laurale, elle avait été le point de bascule absolu.— Je pars pour le cabinet de la Haute Borne à dix heures, déclara Hubert d’un ton sec, sans quitter son écran des yeux. Des détails juridiques à régler après Francfort. Je

More Chapters
Explore and read good novels for free
Free access to a vast number of good novels on GoodNovel app. Download the books you like and read anywhere & anytime.
Read books for free on the app
SCAN CODE TO READ ON APP
DMCA.com Protection Status