ログインTrois ans plus tard — Mexico City, Mexique
Le bruit régulier des talons d’Aurora De la Vega résonnait dans les longs couloirs du siège principal du De la Vega Group.
À chacun de ses passages, les employés se redressaient légèrement ou baissaient la voix.
Trois ans plus tôt, elle était simplement la fille de Richard et Victoria De la Vega.
Aujourd’hui, elle était celle qui portait leur héritage.
Leur nom.
Leur empire.
Vêtue d’un tailleur noir parfaitement ajusté, les cheveux attachés avec élégance, Aurora avançait d’un pas assuré. Son visage ne laissait rien paraître. Elle avait appris à garder ses émotions derrière une expression calme et presque froide.
Certains la respectaient pour sa détermination.
D’autres préféraient l’éviter.
À seulement vingt-trois ans, elle avait déjà réussi à prendre une place importante dans l’entreprise familiale.
Mais personne ne connaissait vraiment la femme qui se cachait derrière cette apparence contrôlée.
Personne ne savait combien de nuits elle avait passées seule, les larmes aux yeux, en essayant d’accepter l’absence de ses parents.
Trois ans.
Cela faisait trois ans qu’ils avaient disparu.
Trois ans qu’elle avait dû apprendre à vivre sans leurs conseils, sans leur présence, tout en portant sur ses épaules un héritage qu’elle n’avait jamais demandé.
— Mademoiselle De la Vega, votre réunion avec le conseil d’administration commence dans dix minutes, annonça Luis Ortega en marchant à côté d’elle.
Luis était le directeur financier du groupe.
Mais pour Aurora, il représentait bien plus qu’un simple employé. Il était l’un des rares hommes en qui elle avait réellement confiance.
Elle continua d’avancer sans ralentir.
— Les rapports sont prêts ?
Luis hocha la tête.
— Oui. Tout est en ordre… enfin, presque.
Aurora s’arrêta immédiatement.
Elle détestait ce mot.
« Presque ».
Dans son univers, un petit détail ignoré pouvait rapidement devenir un énorme problème.
Elle se tourna vers lui.
— Qu’est-ce qui ne va pas ?
Luis hésita un instant avant de répondre.
— Certains membres du conseil pensent que vous êtes trop jeune pour gérer seule une entreprise aussi importante.
Un léger sourire apparut sur les lèvres d’Aurora.
Ce n’était pas un sourire chaleureux.
C’était celui d’une femme qui avait entendu ce genre de remarque trop souvent.
— Ils disaient déjà ça lorsque j’ai commencé mes études.
Elle reprit sa marche.
— Ils ont changé d’avis après avoir vu mes résultats.
Luis ne put s’empêcher de sourire légèrement.
C’était exactement Aurora.
Elle ne perdait pas son temps à essayer de convaincre les autres avec de belles paroles.
Elle préférait leur prouver sa valeur.
Pourtant, Luis connaissait aussi ce que peu de personnes voyaient.
Derrière cette femme forte se cachait une blessure profonde.
Depuis la disparition de ses parents, Aurora avait construit une distance entre elle et le reste du monde.
Elle vivait pour son travail.
Elle refusait presque toutes les invitations.
Et surtout…
Elle avait fermé la porte à l’amour.
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Quelques heures plus tard
La soirée battait son plein dans une immense salle de réception située au cœur de Mexico.
L’événement avait été organisé par l’une des familles les plus puissantes de la ville.
Aurora n’aimait pas ce genre d’endroit.
Trop de sourires faux.
Trop de compliments qui cachaient des calculs.
Ici, les gens pouvaient se serrer la main avec élégance tout en cherchant secrètement la meilleure manière de nuire à leur voisin.
Mais elle n’était pas venue pour s’amuser.
Elle était là pour représenter le De la Vega Group.
— Aurora !
Cette voix familière suffit à effacer le peu de plaisir qu’elle pouvait ressentir.
Elle se retourna lentement.
Diego Salazar.
Son ancien fiancé.
L’homme qu’elle avait aimé autrefois.
L’homme qui avait détruit sa confiance après l’avoir trahie.
Il s’approcha d’elle avec ce même sourire assuré qu’elle connaissait autrefois si bien.
— Tu es toujours aussi difficile à approcher.
Aurora porta tranquillement son verre à ses lèvres avant de répondre.
— Certaines personnes ne méritent simplement plus qu’on fasse des efforts pour elles.
Pendant une seconde, Diego perdit son assurance.
La froideur dans sa voix semblait l’avoir surpris.
Mais il retrouva rapidement son sourire.
— Tu m’en veux encore ?
Aurora plongea son regard dans le sien.
Aucune colère.
Aucune tristesse.
Seulement du détachement.
— Non.
Elle marqua une courte pause.
— J’ai simplement appris à avancer sans toi.
Les paroles semblèrent l’atteindre plus profondément qu’il ne voulait le montrer.
Diego allait répondre lorsqu’une voix masculine intervint derrière lui.
— Voilà une leçon que certaines personnes devraient apprendre.
Aurora tourna la tête.
Un homme venait d’entrer dans la salle.
Grand.
Élégant.
Vêtu d’un costume noir parfaitement taillé qui semblait avoir été créé uniquement pour lui.
Son regard était assuré, presque intimidant.
Peu à peu, les conversations autour de lui diminuèrent.
Tout le monde savait qui il était.
Ethan Montenegro.
L’héritier de Montenegro Holdings.
Un milliardaire connu dans les médias pour son charme, son arrogance et cette réputation d’homme impossible à atteindre.
Aurora l’observa quelques secondes, sans laisser paraître le moindre intérêt.
Ethan s’approcha d’elle avec un léger sourire.
— Aurora De la Vega.
— Ethan Montenegro.
— J’étais curieux de rencontrer la femme qui a réussi à tenir tête à tout un conseil d’administration.
Aurora haussa légèrement un sourcil.
— Et moi, j’étais curieuse de rencontrer l’homme dont tout le monde parle autant.
Son sourire s’élargit.
— Ma réputation est-elle vraiment si mauvaise ?
— Elle est surtout difficile à ignorer.
Un éclat d’amusement passa dans ses yeux.
Pendant quelques secondes, aucun des deux ne détourna le regard.
Ils avaient quelque chose en commun.
Tous les deux savaient cacher leurs émotions derrière une image parfaite.
Ethan finit par parler d’une voix plus basse.
— Faites attention, Mademoiselle De la Vega. Les personnes qui affirment ne jamais tomber amoureuses sont souvent celles qui perdent le plus facilement le contrôle.
Aurora détourna les yeux.
— Cela ne m’arrivera pas.
Elle le pensait réellement.
Elle ignorait encore à quel point cette promesse serait difficile à tenir.
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Quelques heures plus tard
Aurora quitta enfin la réception.
L’air frais de la nuit lui fit du bien.
Elle avait seulement envie de rentrer chez elle, de retrouver le calme et d’oublier cette soirée remplie de faux sourires.
Mais son téléphone vibra.
Un numéro inconnu apparaissait sur l’écran.
Elle hésita.
Puis elle répondit.
— Allô ?
Aucune voix.
Seulement un silence étrange.
Aurora fronça légèrement les sourcils.
Puis une voix grave résonna enfin.
— Aurora De la Vega…
Son corps se figea.
— Qui êtes-vous ?
Quelques secondes de silence passèrent.
Puis la voix répondit :
— Vous cherchez la vérité sur la mort de vos parents depuis trois ans.
Son cœur manqua un battement.
La disparition de ses parents était un sujet qu’elle évitait depuis longtemps.
Un sujet dont personne ne parlait.
Un sujet entouré de trop de questions.
— Comment savez-vous ça ?
Un rire froid retentit au bout du téléphone.
— Parce que je sais ce qui s’est réellement passé.
Aurora serra son téléphone plus fort.
— Dites-moi qui vous êtes.
Un nouveau silence.
Puis la voix répondit calmement :
— Je suis la personne qui peut détruire tout ce que vous pensez savoir sur votre famille.
L’appel prit fin.
Aurora resta immobile au milieu de la rue.
Pour la première fois depuis trois ans…
Une véritable peur traversa son cœur.
Parce qu’au fond, elle avait toujours refusé d’envisager cette possibilité.
Mais maintenant, elle ne pouvait plus l’ignorer.
Et si la mort de ses parents n’était pas un simple accident ?
Et si quelqu’un avait volontairement caché la vérité ?
Cette nuit-là, quelqu’un venait de réveiller un secret que beaucoup avaient essayé d’enterrer.
La nuit était déjà bien installée lorsque nous arrivâmes à Santa Maria.La vieille gare avait l'air abandonnée depuis des années. Les fenêtres étaient pour la plupart brisées, la poussière recouvrait les murs et une vieille lampe au-dessus de l'entrée clignotait par moments, donnant au bâtiment un aspect encore plus sinistre.Je sortis de la voiture aux côtés d'Ethan.Adrian, Gabriel, Daniel et Clara nous rejoignirent quelques secondes plus tard.Sofia était restée dans un endroit sécurisé.Je levai les yeux vers l'immense bâtiment.J'avais le ventre noué.Je n'aimais pas cet endroit.Ethan sembla le remarquer.— Tu vas bien ?Je hochai rapidement la tête.— Oui.Il me regarda quelques secondes.Il savait que je mentais.Sans rien dire, il prit ma main.— Je suis là.Je lui adressai un petit sourire.— Je sais.Nous poussâmes la porte et entrâmes.Nos pas résonnaient dans le bâtiment désert.Adrian alluma sa lampe et balaya le sol du faisceau.— La salle souterraine se trouve sous les
Je regardais toujours mon téléphone.L'appel avait pris fin depuis quelques secondes, mais la voix de cet homme continuait de tourner dans ma tête.«« Ton père t'a enfin retrouvée. »»Je relevai lentement les yeux vers Adrian.Il avait remarqué mon expression et me fixait avec inquiétude.— Qui était-ce ?J'eus du mal à avaler ma salive.— Il a dit que mon père m'avait retrouvée.Le visage d'Adrian se vida de ses couleurs.— Qu'est-ce que tu racontes ?— C'est justement ce qui me fait peur. Il a dit que son père ne savait pas encore qu'il était vivant.Un silence lourd s'abattit sur la pièce.Ethan s'approcha de moi.— Tu as reconnu cette voix ?Je secouai la tête.— Non.Je marquai une pause.— Mais…Je fronçai les sourcils.Cette voix me rappelait quelque chose. Je ne savais pas quoi, ni pourquoi. C'était comme essayer de saisir un souvenir qui disparaissait chaque fois que je pensais l'avoir retrouvé.Daniel s'avança.— Donne-moi ton téléphone.Je le lui tendis.Il examina le numér
Je fixais Ethan sans réussir à détourner les yeux.La lettre tremblait toujours entre mes doigts.Je relus la phrase encore une fois.«« Ne fais confiance à personne, pas même à celui que tu aimes. Car Ethan porte lui aussi un héritage que personne ne lui a révélé. »»Quelques mots seulement.Pourtant, ils venaient de me glacer jusqu'aux os.— Ethan…Ma voix sortit à peine.Il ne répondit pas.Je fis un pas vers lui.— Tu savais ?Il baissa les yeux.Ce geste me suffit.Mon cœur se contracta douloureusement.— Tu savais quelque chose sur ton passé ?— Aurora…— Réponds-moi !Il releva finalement la tête.Ses yeux rencontrèrent les miens.— Oui.Je reculai d'un pas.Ce simple mot avait eu l'effet d'un coup.— Depuis quand ?Ethan passa nerveusement une main sur son visage.— Je ne savais pas tout.Je le fixai, blessée.— Mais tu en savais assez pour me le cacher.— Je voulais te protéger.Un rire nerveux m'échappa.Il n'y avait rien de drôle.— Tout le monde me dit ça.Ma voix tremblai
Des bruits de pas résonnèrent dans le couloir.Ils se rapprochaient.Un pas.Puis un autre.Lents. Lourds.Dans la pièce, plus personne ne bougea.Même Alexander avait cessé de parler.Je tournai les yeux vers lui. Quelques secondes auparavant, il semblait parfaitement maître de la situation. Pourtant, son visage venait de se fermer, et une inquiétude inhabituelle traversait son regard.Je n'arrivais pas à comprendre ce qui pouvait à ce point l'effrayer.— Qui arrive ? demandai-je.Il ne répondit pas.Ethan vint immédiatement se placer à mes côtés.— Aurora, reste près de moi.Je pris sa main sans discuter. Mes doigts étaient froids.Adrian, lui, fixait la porte avec une expression que je ne lui connaissais pas.— Papa ?Il posa doucement une main sur mon épaule.— Quoi qu'il arrive, ne t'éloigne pas d'Ethan.Je fronçai les sourcils.— Pourquoi ?Il ouvrit la bouche, puis se ravisa. Son silence me donna encore plus froid dans le dos.Finalement, il murmura :— Parce que je ne sais pas
Je regardai Ethan.Ses mains étaient toujours attachées derrière son dos. Un homme se tenait juste à côté de lui, le canon de son arme pressé contre sa tempe.Mes jambes commencèrent à trembler.— Aurora… murmura Ethan.Je secouai doucement la tête.— Ne parle pas.Je ne voulais pas entendre la peur dans sa voix.Je ne voulais surtout pas penser à ce qui pouvait se passer si cet homme appuyait sur la détente.Alexander se tenait devant moi, les bras détendus, comme s'il avait tout son temps.— Les documents, Aurora.Je jetai un coup d'œil au coffre.Puis à Ethan.— Si je vous les donne, vous le laissez partir ?Un sourire apparut sur le visage d'Alexander.— Tu n'es vraiment pas en position de négocier.— Répondez-moi !Ma voix claqua dans la cave.Alexander resta silencieux quelques secondes avant de répondre :— Oui.Ethan secoua aussitôt la tête.— Ne le crois pas.Je tournai les yeux vers lui.— Ethan…— Il ment.Alexander soupira, visiblement agacé.— Toujours aussi méfiant.Etha
Pendant quelques secondes, personne ne bougea.La cave était devenue étrangement silencieuse. Je pouvais entendre ma propre respiration, courte et irrégulière. Mon cœur cognait si fort dans ma poitrine que j'avais presque l'impression que tout le monde pouvait l'entendre.Alexander De la Vega se tenait devant nous.Je n'arrivais pas à détourner les yeux de son visage.Mon oncle.Ces deux mots résonnaient dans ma tête encore et encore.— Mon oncle… soufflai-je.Un léger sourire apparut sur ses lèvres.Mais il n'avait rien de rassurant. C'était un sourire froid, presque sans émotion.— Oui, Aurora. Ton oncle.Je reculai sans même m'en rendre compte.Aussitôt, Ethan se plaça devant moi.— Ne l'approche pas.Alexander posa calmement les yeux sur lui.— Ethan…La façon dont il prononça son prénom me fit froncer les sourcils.Ethan se crispa.— Comment connaissez-vous mon nom ?Alexander laissa échapper un petit rire.— Je connais beaucoup de choses sur cette famille.Son regard glissa ensu







