로그인Mexico City — Le lendemain matin
Aurora n’avait presque pas dormi de toute la nuit.
Allongée dans son lit, les yeux ouverts dans l’obscurité, elle n’avait cessé de repenser à la même phrase.
« Vos parents ne sont pas morts par accident. »
Ces quelques mots tournaient encore dans sa tête, encore et encore.
Elle avait essayé de trouver une explication logique.
Peut-être que cette personne cherchait simplement à se venger.
Peut-être qu’elle voulait profiter de sa douleur pour la déstabiliser.
Peut-être que tout cela n’était qu’un mensonge.
Mais malgré toutes les raisons qu’elle se donnait pour ne pas y croire…
Un doute persistait.
Depuis trois ans, certaines choses l’avaient toujours dérangée.
Des détails qu’on évitait de lui expliquer.
Des questions auxquelles personne ne répondait clairement.
Des personnes qui changeaient soudainement de sujet dès qu’elle parlait de l’accident.
Comme si tout le monde connaissait une partie de la vérité sauf elle.
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Assise derrière son immense bureau, Aurora fixait le dossier posé devant elle.
Le dossier de l’accident.
Celui qui avait détruit sa vie.
Trois ans auparavant, les enquêteurs avaient conclu que la voiture de Richard et Victoria De la Vega avait perdu le contrôle à cause des fortes pluies.
Une simple perte de contrôle.
Un accident tragique.
L’affaire avait été classée.
Mais Aurora avait toujours trouvé cette conclusion trop facile.
Trop rapide.
Elle ouvrit une nouvelle fois le dossier.
Les photos du véhicule complètement détruit.
Les rapports de police.
Les témoignages recueillis cette nuit-là.
Elle parcourut chaque document avec attention, cherchant le moindre détail qu’elle aurait pu manquer.
Mais comme les autres fois…
Rien.
Aucune réponse.
Aucune preuve.
Seulement ce sentiment étrange qu’une partie de l’histoire lui échappait.
— Vous cherchez quelque chose que vous n’êtes peut-être pas censée découvrir.
La voix de Luis Ortega la sortit brusquement de ses pensées.
Aurora referma immédiatement le dossier et leva les yeux vers lui.
— Vous frappez toujours avant d’entrer, Luis.
L’homme haussa légèrement les sourcils.
— Je l’ai fait.
Il marqua une courte pause.
— Trois fois, même.
Aurora soupira doucement.
— Désolée. Je ne vous ai pas entendu.
Luis posa les documents qu’il tenait sur le bureau avant de l’observer attentivement.
Il connaissait assez Aurora pour remarquer les petits détails que les autres ignoraient.
Son visage fatigué.
Son regard plus dur que d’habitude.
Son silence inhabituel.
— Vous n’avez pas dormi.
Ce n’était pas une question.
Aurora détourna les yeux vers la grande fenêtre derrière elle.
Pendant quelques secondes, elle hésita.
Puis elle finit par parler.
— J’ai reçu un appel hier soir.
Le visage de Luis changea immédiatement.
— Quel genre d’appel ?
Aurora resta silencieuse.
Elle savait que dès qu’elle prononcerait ces mots, tout deviendrait plus réel.
Mais elle n’avait plus envie de fuir.
— Quelqu’un prétend savoir ce qui s’est réellement passé le soir de la mort de mes parents.
Le silence tomba dans le bureau.
Luis resta immobile.
Puis il posa lentement ses mains sur la table.
— Aurora…
Elle releva les yeux vers lui.
— Ne me demandez pas d’abandonner cette recherche.
Sa voix était calme.
Mais sa décision était déjà prise.
— Pendant trois ans, tout le monde m’a répété la même chose. Que c’était un accident. Que mes parents avaient simplement perdu le contrôle de leur voiture.
Elle serra légèrement les doigts.
— Mais personne n’a jamais été capable de m’expliquer pourquoi certains éléments du dossier ont disparu. Pourquoi certaines personnes qui connaissaient mon père ont soudainement arrêté de parler.
Luis fronça les sourcils.
— Quels éléments ?
Aurora le regarda longuement.
Puis elle répondit d’une voix plus basse :
— Vous voyez ?
Un silence passa.
— Même vous, vous ne saviez pas tout.
Cette révélation créa une tension entre eux.
Luis avait toujours été l’une des rares personnes en qui Aurora avait confiance.
Mais elle comprenait maintenant une chose.
Même les personnes proches d’elle n’avaient peut-être jamais eu accès à toute la vérité.
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Au même moment
Appartement d’Ethan Montenegro — Centre de Mexico
Dans un appartement luxueux dominant la ville, Ethan Montenegro était assis devant une table remplie de documents.
Des dossiers confidentiels.
Des photographies.
Des rapports financiers.
Des noms d’entreprises puissantes.
Des mouvements d’argent suspects.
Chaque élément semblait former une pièce d’un puzzle dangereux.
Au milieu de tous ces documents, une photo attirait particulièrement son attention.
Richard De la Vega.
— Tu cherches encore des réponses sur cette affaire ?
La voix de Mateo Rivera retentit derrière lui.
Ethan ne se retourna pas.
Ses yeux restaient fixés sur les dossiers.
— Oui.
Mateo soupira.
— Ethan… cela fait trois ans.
Cette fois, Ethan serra légèrement la mâchoire.
— Trois ans depuis la mort de mon frère aussi.
Le silence envahit la pièce.
Mateo connaissait cette douleur.
Il savait qu’il venait de toucher une blessure qu’Ethan gardait soigneusement cachée.
Le frère d’Ethan était mort alors qu’il enquêtait sur une organisation criminelle que beaucoup considéraient comme impossible à atteindre.
Une organisation dont le simple nom suffisait à faire taire certaines personnes.
Los Cuervos.
— Tu penses toujours que les De la Vega ont découvert quelque chose en lien avec eux ?
Ethan prit un document posé devant lui.
Son regard resta froid.
— Je ne pense pas.
Il marqua une pause.
— J’en suis presque certain.
Mateo regarda les dossiers étalés devant lui.
Puis son regard s’arrêta sur une photo.
— Et Aurora ?
Pendant quelques secondes, Ethan ne répondit pas.
Son regard se posa sur la photo prise lors de la réception de la veille.
Aurora.
Son visage fermé.
Son regard déterminé.
Une femme qui refusait de laisser les autres voir ses blessures.
Finalement, Ethan murmura :
— Elle est en danger.
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Le soir venu
Aurora quitta les bureaux du De la Vega Group beaucoup plus tard que prévu.
Les couloirs étaient presque entièrement vides.
Les lumières encore allumées donnaient au bâtiment une atmosphère froide et silencieuse.
Elle avait passé la journée à chercher des réponses.
Mais plus elle avançait, plus elle avait l’impression d’avoir encore plus de questions.
Elle avait besoin d’air.
Besoin de réfléchir.
Alors qu’elle rejoignait sa voiture, son téléphone vibra.
Un nouveau message.
Encore un numéro inconnu.
Aurora s’arrêta.
Pendant quelques secondes, elle hésita à ouvrir.
Puis elle regarda l’écran.
Une seule phrase apparaissait.
« La vérité a un prix, Aurora De la Vega. Êtes-vous prête à le payer ? »
Son cœur accéléra.
Elle releva les yeux.
La rue était calme.
Trop calme.
Une sensation désagréable parcourut son corps.
Elle sentit une présence derrière elle.
Aurora se retourna rapidement.
Personne.
Seulement le silence.
Les lumières de la ville.
Et le vent froid de la nuit.
Puis elle remarqua quelque chose.
Une enveloppe blanche était posée sur le capot de sa voiture.
Elle s’approcha lentement.
Ses doigts tremblèrent légèrement lorsqu’elle la prit.
À l’intérieur…
Une vieille photographie.
Une photo de ses parents.
Richard et Victoria souriaient dessus.
Heureux.
Comme avant.
Mais ce n’était pas leur sourire qui avait attiré son attention.
C’était la personne qui apparaissait derrière eux.
Un homme.
Un homme qu’elle connaissait.
Un homme qu’elle n’aurait jamais imaginé voir sur cette photo.
Son souffle se bloqua.
Aurora retourna rapidement l’image.
Au dos, quelques mots étaient écrits.
« Demande à celui qui t’a protégée pourquoi il t’a menti. »
Son corps entier se figea.
Parce qu’elle connaissait cette écriture.
Elle l’aurait reconnue même après mille ans.
C’était celle de sa mère.
Celle de Victoria De la Vega.
La femme qui était morte trois ans plus tôt.
Aurora resta immobile, incapable de détacher ses yeux de la photographie.
Ses mains tremblaient.
Pour la première fois depuis longtemps, elle comprit que ses parents lui avaient caché une partie de la vérité.
Et quelqu’un venait de lui ouvrir une porte qu’elle n’était peut-être pas prête à franchir.
Le passage secret s'ouvrit dans un grincement sourd.Un escalier étroit plongeait dans l'obscurité. Une faible lumière rouge éclairait les premières marches, mais le reste disparaissait dans les profondeurs de la maison.Ethan resta devant l'ouverture sans bouger. Son regard se posa sur Aurora.— Je vais revenir.Elle secoua aussitôt la tête.— Non.Il se rapprocha d'elle.— Aurora…— Ne me demande pas de rester ici pendant que tu descends seul dans un endroit où ton père est peut-être prisonnier.Ethan passa une main sur son visage. Il savait qu'elle ne changerait pas d'avis facilement, mais il devait essayer de la protéger.— Alexander veut que je descende seul.Aurora lui saisit la main.— Justement. Depuis le début, il essaie de nous séparer. Il sait que nous sommes plus dangereux ensemble.Ethan baissa les yeux vers leurs doigts entrelacés. Il aurait voulu lui promettre qu'il ne lui arriverait rien, mais il ne pouvait pas lui mentir. Ils ignoraient ce qui les attendait sous cette
La voiture s'immobilisa devant l'ancien domaine De la Vega.Je fixai le portail rouillé à travers la vitre. Les grilles étaient couvertes de mauvaises herbes et la peinture s'écaillait sur les piliers. Le vent faisait grincer une partie du métal, produisant un bruit désagréable dans le silence.Autrefois, cette demeure avait appartenu à ma famille.Aujourd'hui, elle ressemblait à un endroit où plus personne n'aurait dû mettre les pieds.Ethan ouvrit sa portière et descendit. Je le suivis, puis m'arrêtai près de lui.Il ne disait rien. Son regard restait fixé sur la maison.— Tu as peur ? lui demandai-je doucement.Il tourna la tête vers moi.— Oui.Sa franchise me surprit. Je m'attendais à ce qu'il prétende que tout allait bien, comme il le faisait si souvent.— De quoi ?Il baissa les yeux vers nos mains, puis inspira lentement.— De découvrir que toute ma vie était un mensonge.Ces mots me firent mal pour lui. Depuis la révélation d'Adrian, Ethan avait appris que l'homme qu'il consi
Je regardai Ethan, puis la photographie posée devant nous.Je reportai les yeux sur lui, incapable de comprendre ce que j'avais sous les yeux.— Mon frère ?Le mot m'échappa dans un souffle.Adrian ne disait rien. Il gardait les yeux fixés sur la photo, comme s'il redoutait lui aussi ce que nous allions découvrir.— Papa… réponds-moi, je t'en prie.Il passa une main sur son visage et soupira. Pendant quelques secondes, il sembla chercher une façon de m'expliquer les choses sans nous faire encore plus de mal.— Elena n'a jamais eu deux enfants.Je fronçai les sourcils.— Alors pourquoi y a-t-il deux bébés sur cette photo ?Adrian resta muet.Ethan, qui se tenait près de moi, s'approcha de l'écran. Il observa longuement le bébé installé dans les bras de mon grand-père. Son expression changea peu à peu, comme si un détail venait de lui sauter aux yeux.— Attendez…Il releva brusquement la tête vers Gabriel.— Vous avez dit que les Valmont avaient été effacés des archives il y a vingt-cin
La Maison Bleue ne ressemblait plus à la même maison cette nuit-là. Peut-être parce que, pour la première fois, je savais ce qu'elle avait gardé derrière ses murs. En descendant de voiture avec Ethan, je levai les yeux vers les fenêtres. Elles me rappelaient mon enfance. Les journées passées ici. Les sourires de ma mère. Les souvenirs que je croyais vrais. Maintenant, chaque pièce me faisait penser aux mensonges qu'on m'avait racontés. Ethan attrapa doucement ma main. — Tu n'es pas obligée de faire ça ce soir. Je secouai la tête. — Si. Je fixai la maison quelques secondes. Ma poitrine se serra. — J'ai attendu toute ma vie pour connaître la vérité. Ethan ne répondit pas. Il serra simplement un peu plus ma main. Adrian, Gabriel et Daniel arrivèrent à leur tour. Clara, elle, était restée près de la voiture. Je remarquai son hésitation et me tournai vers elle. — Tu viens ? Elle leva les yeux vers moi. Après un bref silence, elle acquiesça. — Oui. Nous entrâmes tous
Je restai immobile pendant un long moment après le départ de mon grand-père. La porte s’était refermée derrière lui, mais sa voix continuait de résonner dans ma tête. « Tu devras choisir entre ton père et ton amour. » Je serrai les poings. Non. Je ne voulais pas y croire. Je ne voulais plus choisir entre ceux que j’aimais. Toute ma vie, quelqu’un d’autre avait pris les décisions à ma place. Richard avait choisi de me cacher la vérité. Adrian avait choisi de disparaître. Elena avait choisi de me protéger en gardant ses secrets. Et maintenant, mon grand-père voulait décider de la personne que je devrais perdre. Je secouai la tête. Cette fois, non. Cette fois, ce serait moi qui choisirais. Je tirai une nouvelle fois sur les liens qui retenaient mes poignets. La chaise grinça sur le sol dans le silence de la pièce. Puis un bruit me fit relever la tête. Des pas. Plusieurs personnes marchaient dans le couloir. Ils se rapprochaient. Mon cœur se mit à battre plus vite.
Une douleur sourde me tira du sommeil. J'avais l'impression que ma tête allait exploser. J'ouvris les yeux avec difficulté. Une lumière blanche, beaucoup trop forte, me força à plisser les paupières. Je voulus bouger. Je n'y arrivai pas. Mes poignets étaient attachés à une chaise. Les liens me serraient tellement que mes mains commençaient déjà à me faire mal. Ma respiration s'accéléra. — Ethan… Ma voix était faible, presque inaudible. Personne ne répondit. Je regardai autour de moi. La pièce était vide. Des murs en béton, une porte métallique et, au plafond, une petite caméra dirigée droit vers moi. Quelqu'un me surveillait. Je tirai sur mes liens. — Laissez-moi ! La porte s'ouvrit. Un homme entra. Je ne l'avais jamais vu. Il s'approcha d'une petite table et y déposa une bouteille d'eau. — Bois. Je le fixai. — Où suis-je ? Aucune réponse. La peur commençait à monter en moi. — Où est Ethan ? Toujours rien. Je tirai encore sur mes liens. — Où est-il ? L'ho







