ログインAlysson, étudiante en médecine marquée par une humiliation publique passée, sauve accidentellement la vie de Dorian, Alpha d'une meute puissante. Un lien surnaturel les unit malgré eux. Dorian porte le regret d'avoir jadis rejeté sa véritable compagne pour préserver son pouvoir , un choix qui le ronge depuis. Alysson refuse d'être un "second choix". Leur histoire devient une reconquête mutuelle, pendant qu'une meute rivale, liée à l'ancienne compagne rejetée, Mélisandre, les traque tous les deux.
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La pluie frappe les vitres de l'hôpital comme des milliers de doigts impatients. Je regarde les gouttes tracer des chemins aléatoires sur le verre, chacune suivant une trajectoire imprévisible, chacune finissant par se fondre dans une autre ou disparaître. C'est exactement ce que je ressens depuis trois ans. Une goutte qui a perdu son chemin, qui se demande encore comment elle a pu tomber aussi bas, aussi vite, aussi brutalement. Je devrais me concentrer sur le dossier ouvert devant moi. Madame Bréhier, soixante-douze ans, insuffisance cardiaque, admission à vingt-trois heures douze. Les mots dansent devant mes yeux, refusent de se laisser apprivoiser. Mon cerveau, d'habitude si discipliné, si avide de connaissances médicales, se refuse à coopérer ce soir. Trop de fatigue. Trop de souvenirs. Trop de cette pluie qui n'en finit pas de tomber. Le service des urgences est étonnamment calme pour un mardi de novembre. Quelques patients dorment dans les box, les moniteurs cardiaques émettent leur bip régulier et rassurant, les infirmières parlent à voix basse à la station centrale. Je devrais profiter de cette accalmie pour avancer dans mes révisions, préparer mon prochain examen de pharmacologie, ou simplement fermer les yeux cinq minutes. Mais chaque fois que mes paupières se baissent, je revois son visage. Thomas. Même son prénom me fait encore mal, comme une cicatrice qui refuse de guérir complètement. Trois ans ont passé depuis cette nuit horrible, depuis la vidéo, depuis les rires, depuis les regards qui se détournaient dans les couloirs de la fac. Trois ans que j'essaie de me reconstruire, de devenir quelqu'un d'autre, quelqu'un de plus fort, de plus méfiant, de plus intelligent. Et pourtant, il suffit d'une nuit pluvieuse, d'un moment de faiblesse, pour que tout remonte à la surface. La sonnerie de mon téléphone me fait sursauter. Je le sors de ma poche, le cœur battant, avant de reconnaître le numéro d'Inès. — Tu es encore à l'hôpital ? demande-t-elle sans préambule. Sa voix est chaude, vivante, pleine de cette énergie que je n'ai jamais su imiter. Inès est ma colocataire depuis deux ans, et probablement la seule personne au monde qui connaisse vraiment mon histoire. Pas la version officielle, pas les rumeurs, mais la vérité nue et douloureuse. — Je termine dans une heure, dis-je en me frottant les yeux. — Tu as mangé ? Je jette un regard coupable au sandwich entamé qui traîne sur le coin de mon bureau. Le pain est sec, le fromage a suinté sur le papier d'emballage. Il est là depuis au moins quatre heures. — Oui, mentis-je. — Menteuse. Je te prépare des pâtes, tu rentres directement après ton service, compris ? — Oui, maman, soupiré-je avec une pointe d'affection malgré moi. — Je ne suis pas ta mère, je suis pire. Allez, courage, plus qu'une heure. Elle raccroche avant que je puisse répondre. C'est tout Inès. Elle ne laisse jamais de place à la protestation, à la négociation. Elle prend soin des gens, un point c'est tout, même quand ils ne le méritent pas, même quand ils essaient de la repousser. Surtout quand ils essaient de la repousser. Je repose mon téléphone et me force à me concentrer sur le dossier de Madame Bréhier. Je dois vérifier ses constantes, ajuster son traitement, préparer son transfert vers le service de cardiologie. Des gestes simples, répétitifs, que j'ai appris à maîtriser au fil de mes stages. La médecine est devenue mon refuge, ma forteresse. Dans ce monde de protocoles et de diagnostics, je peux exister sans être jugée, sans être définie par mon passé. Mon passage dans le box de Madame Bréhier se déroule sans incident. La vieille dame dort paisiblement, sa respiration régulière visible sur le moniteur. Je note ses constantes, vérifie sa perfusion, échange quelques mots avec l'infirmière de garde. Des gestes que j'ai accomplis des centaines de fois, qui me procurent un semblant de normalité. Mais tandis que je remonte le couloir central, une sensation étrange me traverse soudainement. Une chaleur au creux de la poitrine, comme si quelqu'un avait posé une main brûlante sur ma peau. Je m'arrête net, les jambes soudainement flageolantes, et je m'appuie contre le mur. Le couloir est vide. Les néons bourdonnent au-dessus de ma tête. Rien d'anormal ne se passe, et pourtant, mon corps entier est en alerte. La sensation disparaît aussi vite qu'elle est apparue. Je respire profondément, me force à me redresser. La fatigue. Ce n'est que la fatigue. J'ai enchaîné trop de gardes ce mois-ci, j'ai trop peu dormi, trop peu mangé. Mon corps m'envoie des signaux d'alarme, rien de plus. Mais au fond de moi, une petite voix murmure que quelque chose vient de changer. Que quelque chose vient de commencer. Je l'ignore. J'ai appris à ignorer les petites voix, surtout celles qui racontent des histoires impossibles. La médecine m'a appris une chose précieuse : le monde est rationnel, le monde s'explique, le monde se mesure. Les sensations étranges, les prémonitions, les coïncidences troublantes, tout cela a une explication scientifique. Il suffit de chercher assez longtemps. Je retourne à mon poste et je me plonge dans mes dossiers, déterminée à oublier cette chaleur inexplicable, ce battement de cœur qui n'était pas tout à fait le mien. La fin de mon service arrive enfin. Je signe les derniers documents, transmets les informations à l'équipe de relève, et je me change dans le vestiaire. En enfilant mon manteau, je jette un regard à mon reflet dans le miroir. Une jeune femme de vingt-trois ans, les cheveux châtains tirés en queue de cheval, des cernes sous les yeux, une expression fermée que je ne reconnais parfois plus. Où est passée la fille qui riait facilement, qui faisait confiance, qui croyait en l'amour ? Elle est morte dans un couloir de faculté, piétinée par des rires et des rumeurs. Je secoue la tête et je sors de l'hôpital. La pluie m'accueille immédiatement, glaciale et pénétrante. Je relève mon col et je m'engage dans les rues familières qui mènent à notre appartement. Le trajet à pied prend vingt minutes, vingt minutes de solitude entre les immeubles gris et les voitures qui passent en faisant jaillir des gerbes d'eau sale. C'est en traversant le parc habituel, ce raccourci que je prends toujours pour éviter les grands boulevards trop bruyants, que je l'entends. Un gémissement. Faible, étouffé, mais indéniablement humain. Je m'arrête, tous mes sens en alerte. Le parc est désert à cette heure, les lampadaires diffusent une lumière orange et incertaine. Le gémissement provient d'une ruelle adjacente, un de ces passages étroits entre deux immeubles que j'évite habituellement avec soin. — Il y a quelqu'un ? demandé-je d'une voix qui se veut ferme. Pas de réponse. Le gémissement cesse, remplacé par un silence encore plus menaçant. Je devrais partir. Je devrais appeler la police, prévenir quelqu'un, ne surtout pas m'aventurer dans cette ruelle sombre. Toutes les femmes apprennent cette peur dès leur plus jeune âge. Ne pas sortir seule tard le soir. Ne pas traîner dans les endroits mal éclairés. Ne pas parler aux inconnus. Mais un autre gémissement s'élève, plus faible encore, chargé d'une souffrance si réelle que ma formation médicale prend le dessus. Quelqu'un est blessé. Quelqu'un a besoin d'aide. Et moi, Alysson Morel, étudiante en médecine, je ne peux pas tourner le dos à quelqu'un qui souffre. Je m'avance prudemment dans la ruelle. L'obscurité est presque totale, seulement percée par la lueur lointaine d'un lampadaire. Je sors mon téléphone pour l'utiliser comme lampe torche, et le faisceau balaie les murs de briques sales, les poubelles alignées, les cartons détrempés par la pluie. Et soudain, je le vois. Un homme est affalé contre le mur, les jambes repliées, une main pressée contre son flanc. Il est immense, même affaissé, ses épaules larges se dessinent dans la pénombre. Ses vêtements sombres sont déchirés, maculés de sang, et une blessure profonde saigne à travers ses doigts.Sa voix est calme, mais je perçois la colère qui couve en elle, l'indignation d'une femme qui a déjà trop perdu et qui refuse de perdre davantage. — Vous avez raison, concédé-je. Ce n'est pas juste. Et je suis désolé de vous imposer cela. Mais c'est la seule solution pour l'instant. Elle détourne le regard, serrant la couverture autour de ses épaules. Le vent se lève, chargé de l'odeur de la pluie, et je sens qu'elle frissonne. — Entrons, dit-elle soudainement. J'ai froid. Je me lève et la suis à l'intérieur. L'appartement est silencieux, baigné d'une lumière grise et pâle. Alysson s'installe sur le canapé, les jambes repliées sous elle, et je vais préparer du café dans la cuisine. Quand je reviens avec deux tasses fumantes, elle a sorti le pendentif de sa poche et l'observe attentivement, les sourcils froncés. — Vous avez dit que ce pendentif est imprégné de votre énergie, dit-elle sans lever les yeux. Comment est-ce possible ? — C'est un artefact ancien, transmis de générati
Dorian L'aube se lève sur la ville, et je n'ai pas fermé l'œil de la nuit. Je suis assis dans l'escalier de secours, à l'extérieur de l'appartement, les yeux fixés sur les toits qui s'étendent à perte de vue. Le froid de novembre me mord la peau, mais je ne le sens pas. Mon corps de lycan est habitué à des températures bien plus extrêmes, et la chaleur qui brûle en moi depuis cette nuit me tient compagnie. Elle dort. Je le sais parce que je le sens. Le lien d'âme, ce fil invisible qui nous unit désormais, vibre doucement au rythme de sa respiration. C'est une sensation étrange, presque intime, comme si une partie de son être vivait en moi. Je peux percevoir sa fatigue, son anxiété, la tension qui habite encore ses muscles même dans le sommeil. Mais je peux aussi sentir autre chose, quelque chose de plus profond, de plus complexe, que je n'arrive pas encore à identifier. Elle est courageuse. Je l'ai compris dès l'instant où elle s'est agenouillée près de moi dans cette ruelle, sa
Il s'arrête et me regarde, surpris. — Vous êtes déjà au courant ? — Mon amie a trouvé un vieux livre avec le symbole du pendentif. Il y était question d'une meute appelée les Enfants de la Lune. J'ai pensé que... je ne sais pas ce que j'ai pensé. — Les Enfants de la Lune, répète-t-il avec un sourire amer. C'est le nom que les humains nous donnaient autrefois. Un nom ancien, presque oublié. Je le regarde, cherchant des signes de mensonge, d'exagération, de folie. Mais son visage est grave, ses yeux lucides, et tout dans son attitude confirme la véracité de ses paroles. — Vous êtes vraiment un loup-garou, dis-je d'une voix blanche. — Le terme correct est lycan. Nous ne sommes pas des monstres, nous ne sommes pas possédés par la lune. Nous sommes une espèce ancienne, qui vit cachée parmi les humains depuis des millénaires. — Une espèce ancienne, répété-je. Avec des capacités de guérison surhumaines. — Et une force, une vitesse, une longévité supérieures à celles des humains. Oui
Alysson Mes jambes brûlent. Mes poumons sont en feu. Chaque foulée est une torture, chaque respiration un déchirement. Et pourtant, je cours sans m'arrêter, entraînée par la poigne puissante de l'homme qui me tire à travers les ruelles sombres de la ville. Derrière nous, des bruits de pas précipités résonnent sur le pavé. Des cris étouffés, des grognements sourds, des bruits de lutte. Nos poursuivants ne sont pas seuls, et ils ne comptent pas abandonner si facilement. — Plus vite, dit l'homme sans se retourner. Sa voix est tendue, urgente, mais ne trahit aucune peur. Il court avec une aisance déconcertante, son corps massif se déplaçant avec une grâce fluide et puissante. Je me sens ridiculement maladroite à côté de lui, mes jambes tremblantes menaçant de se dérober à tout moment. Nous débouchons sur une avenue plus éclairée, où quelques voitures passent encore malgré l'heure tardive. L'homme ralentit soudainement, puis s'arrête derrière un camion de livraison garé sur le trotto






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