تسجيل الدخولSa voix est calme, mais je perçois la colère qui couve en elle, l'indignation d'une femme qui a déjà trop perdu et qui refuse de perdre davantage. — Vous avez raison, concédé-je. Ce n'est pas juste. Et je suis désolé de vous imposer cela. Mais c'est la seule solution pour l'instant. Elle détourne le regard, serrant la couverture autour de ses épaules. Le vent se lève, chargé de l'odeur de la pluie, et je sens qu'elle frissonne. — Entrons, dit-elle soudainement. J'ai froid. Je me lève et la suis à l'intérieur. L'appartement est silencieux, baigné d'une lumière grise et pâle. Alysson s'installe sur le canapé, les jambes repliées sous elle, et je vais préparer du café dans la cuisine. Quand je reviens avec deux tasses fumantes, elle a sorti le pendentif de sa poche et l'observe attentivement, les sourcils froncés. — Vous avez dit que ce pendentif est imprégné de votre énergie, dit-elle sans lever les yeux. Comment est-ce possible ? — C'est un artefact ancien, transmis de générati
Dorian L'aube se lève sur la ville, et je n'ai pas fermé l'œil de la nuit. Je suis assis dans l'escalier de secours, à l'extérieur de l'appartement, les yeux fixés sur les toits qui s'étendent à perte de vue. Le froid de novembre me mord la peau, mais je ne le sens pas. Mon corps de lycan est habitué à des températures bien plus extrêmes, et la chaleur qui brûle en moi depuis cette nuit me tient compagnie. Elle dort. Je le sais parce que je le sens. Le lien d'âme, ce fil invisible qui nous unit désormais, vibre doucement au rythme de sa respiration. C'est une sensation étrange, presque intime, comme si une partie de son être vivait en moi. Je peux percevoir sa fatigue, son anxiété, la tension qui habite encore ses muscles même dans le sommeil. Mais je peux aussi sentir autre chose, quelque chose de plus profond, de plus complexe, que je n'arrive pas encore à identifier. Elle est courageuse. Je l'ai compris dès l'instant où elle s'est agenouillée près de moi dans cette ruelle, sa
Il s'arrête et me regarde, surpris. — Vous êtes déjà au courant ? — Mon amie a trouvé un vieux livre avec le symbole du pendentif. Il y était question d'une meute appelée les Enfants de la Lune. J'ai pensé que... je ne sais pas ce que j'ai pensé. — Les Enfants de la Lune, répète-t-il avec un sourire amer. C'est le nom que les humains nous donnaient autrefois. Un nom ancien, presque oublié. Je le regarde, cherchant des signes de mensonge, d'exagération, de folie. Mais son visage est grave, ses yeux lucides, et tout dans son attitude confirme la véracité de ses paroles. — Vous êtes vraiment un loup-garou, dis-je d'une voix blanche. — Le terme correct est lycan. Nous ne sommes pas des monstres, nous ne sommes pas possédés par la lune. Nous sommes une espèce ancienne, qui vit cachée parmi les humains depuis des millénaires. — Une espèce ancienne, répété-je. Avec des capacités de guérison surhumaines. — Et une force, une vitesse, une longévité supérieures à celles des humains. Oui
Alysson Mes jambes brûlent. Mes poumons sont en feu. Chaque foulée est une torture, chaque respiration un déchirement. Et pourtant, je cours sans m'arrêter, entraînée par la poigne puissante de l'homme qui me tire à travers les ruelles sombres de la ville. Derrière nous, des bruits de pas précipités résonnent sur le pavé. Des cris étouffés, des grognements sourds, des bruits de lutte. Nos poursuivants ne sont pas seuls, et ils ne comptent pas abandonner si facilement. — Plus vite, dit l'homme sans se retourner. Sa voix est tendue, urgente, mais ne trahit aucune peur. Il court avec une aisance déconcertante, son corps massif se déplaçant avec une grâce fluide et puissante. Je me sens ridiculement maladroite à côté de lui, mes jambes tremblantes menaçant de se dérober à tout moment. Nous débouchons sur une avenue plus éclairée, où quelques voitures passent encore malgré l'heure tardive. L'homme ralentit soudainement, puis s'arrête derrière un camion de livraison garé sur le trotto
Inès me regarde avec inquiétude, mais ne discute pas. Elle connaît mon entêtement, ma tendance à me renfermer quand je me sens menacée. Elle sait que je ne parle que lorsque je suis prête. Je quitte la librairie et je m'enfonce dans les rues du quartier, la tête baissée, les mains enfoncées dans les poches. Le ciel s'assombrit déjà, les réverbères s'allument un à un, et les ombres s'étirent sur les trottoirs. Je ne sais pas où je vais. Je marche sans but, portée par une agitation intérieure qui me donne le vertige. Loups-garous. Le mot tourne en boucle dans ma tête, absurde et terrifiant. Et puis, je la sens. La présence. Elle est de retour, plus forte que jamais, et cette fois, je ne suis pas à l'intérieur d'un bâtiment bondé. Je suis seule, dehors, dans une rue déserte bordée d'immeubles sombres. Je presse le pas, le cœur battant à tout rompre. Mes chaussures claquent sur le pavé, et le bruit résonne dans le silence environnant. La présence se rapproche, je le sens, co
Je me redresse sur mon siège, tous mes sens en alerte. L'odeur est partout et nulle part à la fois, comme si elle émanait de quelqu'un d'autre, de quelqu'un qui se trouverait à proximité. Mais personne autour de moi ne semble remarquer quoi que ce soit. Les étudiants continuent de prendre des notes, de somnoler, de pianoter sur leurs téléphones.Je tourne la tête lentement, balayant l'amphithéâtre du regard. Les gradins s'étagent devant moi, des centaines de silhouettes indistinctes dans la pénombre. Rien d'anormal. Personne ne me regarde.Et pourtant, je sens qu'on m'observe.C'est une sensation primitive, animale, que je n'arrive pas à expliquer. Un picotement sur la nuque, une tension dans les épaules, une conscience aiguë de mon propre corps exposé aux regards. Je me suis sentie observée des centaines de fois dans ma vie, surtout après le scandale, mais cette fois, c'est différent. Cette fois, c'est intense, ciblé, presque palpable.Le cours se termine enfin, et je me précipite ho







