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CHAPITRE 73 : LA MAIN QUI RECOUVRE 2

Auteur: Déesse
last update Dernière mise à jour: 2026-01-18 01:31:38

Élise

Moreau les a tous les trois sur son bureau maintenant. Il cherche le pinceau derrière le vernis. Il cherche la main qui a tenu le scalpel, la seringue, qui a limé la détente.

Il ne trouvera pas de pinceau. Il trouvera un instrument, différent à chaque fois. L’outil adapté à la toile. Ma signature n’est pas un trait, c’est une absence : l’absence de bavure, l’absence de doute, l’absence de trace qui mène à autre chose qu’à une fin logique, close, acceptable.

Moreau croit peut-être que je suis une justicière. Il se trompe. La justice est un concept bancal, humain, lent. Moi, je suis une nécessité. Une force de cohérence. Quand l’équilibre est rompu et que rien ni personne ne peut, ou ne veut, le rétablir, j’interviens. Je supprime la dissonance. Avec la froideur d’un chimiste qui neutralise un poison. Avec la netteté d’un trait de rasoir.

Mais lui… Moreau n’est pas une dissonance. Il est un témoin. Un témoin têtu qui refuse de se contenter du tableau final. Qui veut voir les esqui
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    ÉliseMoreau les a tous les trois sur son bureau maintenant. Il cherche le pinceau derrière le vernis. Il cherche la main qui a tenu le scalpel, la seringue, qui a limé la détente.Il ne trouvera pas de pinceau. Il trouvera un instrument, différent à chaque fois. L’outil adapté à la toile. Ma signature n’est pas un trait, c’est une absence : l’absence de bavure, l’absence de doute, l’absence de trace qui mène à autre chose qu’à une fin logique, close, acceptable.Moreau croit peut-être que je suis une justicière. Il se trompe. La justice est un concept bancal, humain, lent. Moi, je suis une nécessité. Une force de cohérence. Quand l’équilibre est rompu et que rien ni personne ne peut, ou ne veut, le rétablir, j’interviens. Je supprime la dissonance. Avec la froideur d’un chimiste qui neutralise un poison. Avec la netteté d’un trait de rasoir.Mais lui… Moreau n’est pas une dissonance. Il est un témoin. Un témoin têtu qui refuse de se contenter du tableau final. Qui veut voir les esqui

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    ÉliseLa pluie frappe les vitres de l’atelier comme un rappel. Celui du sang qui goutte, qu’il faut étancher. Qu’il faut recouvrir.Ce n’est pas mon atelier officiel. C’est la chambre de réflexion. Quatre murs nus, une table en acier, un éclairage qui ne pardonne rien. Ici, je ne restaure pas. Je me souviens. Je revois les gestes.Sur la table, il y a trois dossiers. Trois affaires classées. Moreau les a sorties des archives aujourd’hui même. Je le sais parce que l’œil que j’ai placé dans les entrailles du commissariat voit tout. Un cadeau de pénétration, subtil, laissé après l’affaire Morvan. Une porte dérobée dans le système. Une signature, après tout. La mienne.Il a commencé par le bon côté. Par les œuvres finies. Mes œuvres.Le premier dossier : « Affaire Lambert, 2021. Chute d’un promoteur immobilier d’un toit-terrasse. Suicide. » Les enquêteurs ont vu un homme ruiné, un lâche. Moi, j’ai vu un bulldozer à visage humain. Un homme prêt à raser des tombes anciennes pour ériger des

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    MoreauJe parle, à voix basse, pour elle, pour l’ombre qui pourrait être à l’autre bout de la place, derrière une fenêtre, dans le creux d’une porte.— Tu as voulu me rendre complice. Tu as réussi. Je vois ton tableau maintenant. Mais un tableau, ce n’est pas la réalité. C’est une interprétation. La tienne.Je tire une bouffée. La braise rougeoie dans l’obscurité.— Tu restaurais quoi, avec Kerbrat ? Une paix ? Un équilibre ? Tu as recouvert le sang avec une couche de psychologie de pacotille. C’est propre. Mais ce n’est pas juste.Je jette la cigarette, l’écrase sous ma chaussure.— Mon tour, maintenant. Je ne vais pas te traquer, Élise. Je vais te comprendre. Et comprendre ce que tu protèges vraiment. Et quand je saurai… je ne détruirai pas ton œuvre. Je vais y ajouter ma propre couche. La couche de la vérité. Pas la tienne. Pas celle du procureur. La mienne.Je lève les yeux vers les fenêtres noires. Aucune ne s’allume. Aucun rideau ne bouge.Mais je le sens. Le frisson dans la nuq

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    MoreauLa lumière du bureau est trop crue. Elle dévore les ombres, ne laisse aucune place au doute, à la nuance. C’est une lumière d’interrogatoire. Je suis à la fois l’enquêteur et le suspect.La boîte métallique est là, sur mon bureau, sous un sac en plastique transparent. Pièce à conviction N°1. Elle a perdu son aura de relique secrète. Elle est devenue un objet administratif, étiqueté, stérile. Comme tout le reste.J’ai signé les rapports de scellés. J’ai validé les photos. Je n’ai pas signé la conclusion.Le substitut a appelé. Une voix onctueuse, satisfaite.— Une belle résolution, Moreau. Tragique, mais propre. La presse aura une belle histoire humaine. Vous méritez du repos.Une belle histoire humaine. Comme on dit d’une peinture qu’elle est jolie. Un compliment qui tue l’essence de la chose.Je rouvre le sac. Je sors la boîte, avec des gants cette fois. La froideur du métal traverse le latex. Je l’examine non plus pour son contenu, mais pour elle-même. Ses angles, ses micro-b

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    MoreauLa poussière tournoie encore dans le faisceau de ma lampe. L’odeur de moisi et de bois fracturé.Mes doigts, là où ils se sont refermés sur son bras, brûlent d’une sensation étrangère, vive. Une impression de chair, de tendon, de chaleur humaine sous la doublure d’un vêtement sombre. Pas un spectre. Pas une théorie. Une femme. Réelle, forte, et d’une vitesse de décision qui glaçait le sang.Elle m’a regardé. Dans cette obscurité palpable, nos regards se sont croisés. Je n’ai vu ni panique ni haine. J’ai vu une froideur absolue. Une focalisation qui annulait tout le reste, y compris la peur. Un oeil de tempête, parfaitement calme en son centre.Je replace mentalement les fragments. La boîte. Les preuves du chantage de Kerbrat contre Lena. La photo, le billet. C’était ici, la clé. La raison pour laquelle Lena a tiré. La pièce manquante du puzzle conjugal.Mais elle. L’Ombre. Elle était là avant moi. Elle a trouvé la boîte. Elle l’a ouverte. Pourquoi ? Pour s’assurer que les preuv

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    ÉliseLe cœur de Lena. Son remords, sa prison. La pièce manquante.Je l’entends avant de la voir. Un pas léger, prudent, dans le couloir des caves. Un pas qui n’est pas celui d’un voisin venant chercher une bouteille. C’est un pas de chasseur.Moreau.Je n’ai pas le temps de sortir. Je souffle ma lampe. L’obscurité est totale, épaisse, pleine de l’odeur de poussière. Je me recule dans l’angle le plus profond du box, derrière une vieille armoire. La porte, que j’ai laissée entrouverte, grince.La silhouette apparaît dans l’encadrement, se découpant faiblement sur la lumière pâle du couloir. Il n’allume pas. Il écoute. Je retiens mon souffle. Mon corps est un bloc de pierre. Je le vois entrer, lentement. Il sort une petite lampe de poche, en balaie le faisceau. Le rayon passe à quelques centimètres de mes pieds.Il voit la boîte en métal, ouverte sur le sol. Il s’accroupit. Prend la photo, le billet. Il les examine longuement. Son souffle est calme, régulier. Je peux sentir sa concentra

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