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Chapitre trois le vol vers le paradis

Author: Geeny Pinky
last update publish date: 2026-10-18 18:01:53

Le lendemain matin, à neuf heures, la boutique de location m'a facturé la robe.

J'ai fixé le montant sur mon téléphone pendant que Mara essayait de fermer sa valise.

— C'est presque la totalité de notre budget vacances, ai-je dit.

Mara a cessé de tirer sur la fermeture éclair.

— Ils ont déjà prélevé l'argent ?

— Oui.

— Appelle-les. Explique ce qui s'est passé.

— Je l'ai fait. La femme m'a dit que l'étiquette doit être attachée quand je rends la robe. C'est dans leurs conditions.

La robe bleue était accrochée derrière la porte de ma chambre. Je l'avais portée moins de trois heures. À présent, elle m'appartenait, même si je n'avais aucune idée de la prochaine fois où je la mettrais.

Mon téléphone s'est allumé avec une nouvelle notification. Cette fois, c'était une photo de Luke et moi quittant la salle de bal ensemble.

J'ai retourné l'écran.

— Luke pourrait la payer, a dit Mara avec précaution.

— Je sais.

— Tu n'as pas besoin de l'épouser pour le laisser t'aider.

— Il ne m'a pas proposé de m'aider. Il m'a proposé de payer si j'acceptais ses conditions.

Mara s'est assise à côté de moi.

— Alors oublie-le. On ira quand même aux Maldives. On a déjà payé les billets d'avion et la pension. On passera toutes nos journées à la plage s'il le faut.

— Cette partie-là me plaît bien.

— Ce sera génial, a-t-elle dit en cognant doucement son épaule contre la mienne. Une fois qu'on aura traversé l'aéroport sans que tu apparaisses sur une autre page people.

Je l'ai regardée d'un air entendu.

— Quoi ? J'essaie de t'encourager.

Mon téléphone a sonné. Le nom de Daniel Reed s'est affiché à l'écran. L'assistant de Luke m'avait appelée deux fois depuis le déjeuner, et je l'avais ignoré les deux fois.

— Tu vas répondre ? a demandé Mara.

— Si je ne réponds pas, il va continuer à appeler.

J'ai décroché.

— Allô ?

— Mademoiselle Williams. Je suis désolé de vous appeler de nouveau.

— Alors arrêtez.

— Je comprends que vous n'ayez pas apprécié la rencontre d'hier. M. Vale aimerait avoir l'occasion de vous parler.

— Je lui ai donné ma réponse.

— Il est prêt à discuter d'autres conditions.

— Il n'y a pas de conditions, Daniel. Je pars en vacances aujourd'hui.

J'ai entendu une brève pause.

— Puis-je vous demander où vous allez ?

— Non.

— C'est justifié. Je ne vous retiens pas.

Il paraissait si raisonnable que je me suis presque sentie impolie. Puis je me suis souvenue de Luke posant un contrat de mariage devant moi avant même que j'aie commandé le déjeuner.

— Au revoir, Daniel.

J'ai mis fin à l'appel. Mara a haussé un sourcil.

— Toujours non ?

— Toujours non.

Une heure plus tard, nous étions en route pour l'aéroport.

Mara a parlé pendant presque tout le trajet, en lisant à voix haute la liste qu'elle avait faite pour notre premier jour aux Maldives. S'enregistrer. Manger quelque chose. Trouver la plage. Prendre une photo pour prouver à sa sœur qu'elle avait enfin utilisé ses congés.

Je l'ai écoutée, reconnaissante de cette distraction. Mais quand nous avons rejoint la file d'attente à l'aéroport, une femme, quelques places devant nous, a levé son téléphone, m'a regardée, puis a chuchoté quelque chose à l'homme à côté d'elle.

Je me suis tournée vers Mara.

— Elle m'a reconnue.

— Peut-être qu'elle aime ton chemisier.

— Elle me montre du doigt.

— Alors elle a très bon goût.

La femme s'est approchée de nous pendant que la file avançait.

— Excusez-moi, a-t-elle dit. Êtes-vous la femme de Luke Vale ?

— Non, ai-je répondu.

Elle a jeté un coup d'œil à ma main gauche, nue.

— Mais vous êtes la femme de la photo.

— Oui. Il y a eu un malentendu.

— Oh, a-t-elle dit, le visage décomposé. Pardon. Je ne voulais pas vous déranger.

Elle est retournée à sa place dans la file. J'ai senti le regard de Mara sur moi.

— Tu as bien géré, a-t-elle dit.

— Je vais devoir le répéter une centaine de fois.

— Peut-être que les gens vont se lasser.

J'espérais qu'elle avait raison.

Après l'enregistrement, j'ai acheté un café avec le peu d'argent qu'il me restait sur mon compte. Mara a refusé que je paie le sien. Elle a aussi refusé d'en discuter, et c'est comme ça que j'ai su qu'elle s'inquiétait.

— Je te rembourserai en rentrant, ai-je dit.

— Je ne t'ai rien demandé.

— Je sais.

Elle a bu une gorgée.

— Tu m'as déjà dépannée. Et puis, tu pourras m'offrir le déjeuner quand le monde aura oublié ton mari accidentel.

— Ce n'est pas mon mari accidentel.

— Va dire ça à Internet.

Mon téléphone a vibré de nouveau. Je m'attendais à un autre gros titre, mais c'était un message d'un numéro inconnu.

Flora, c'est Luke. Daniel m'a donné ton numéro. Je te dois des excuses pour ce que j'ai dit hier. Je me suis servi de la robe pour te mettre la pression, et je n'aurais pas dû me renseigner sur ta vie au-delà de ce qu'il fallait pour te contacter. Tu n'as pas besoin de répondre.

Je l'ai lu deux fois.

— C'est quoi ? a demandé Mara.

— Luke s'est excusé.

— Sincèrement ?

Je lui ai tendu le téléphone. Elle a lu le message et me l'a rendu.

— C'est mieux que sa demande en mariage.

J'ai tapé une réponse, je l'ai effacée et j'ai rangé mon téléphone. Il avait dit que je n'étais pas obligée de répondre. Pour l'instant, je n'en avais pas envie.

Quand notre avion a atterri aux Maldives, j'étais trop fatiguée pour penser à Luke ou à la robe. Un air chaud nous a accueillies à la sortie de l'aéroport. Au-delà de la zone d'arrivée, j'ai aperçu une eau d'un bleu si intense qu'elle en paraissait irréelle.

Mara a vu mon visage et a souri.

— La voilà.

— Qui ?

— La Flora que j'ai emmenée en vacances.

Nous avons pris un bateau pour rejoindre l'île où nous avions réservé notre pension. Elle était petite et accueillante, avec des murs blancs, une cour pleine de plantes et une courte marche jusqu'à la plage. Elle ressemblait exactement aux photos que Mara m'avait envoyées des mois plus tôt, quand elle avait proposé ce voyage.

Notre chambre avait deux lits et un balcon donnant sur une ruelle étroite. Quelque part tout près, j'entendais la mer.

Mara a laissé tomber son sac sur un lit.

— On y est arrivées.

— Oui.

— Pas d'appels de travail. Pas d'Ethan. Pas de mystérieux contrats de mariage.

— D'accord.

J'ai enfilé une robe légère et nous sommes sorties chercher à manger. En chemin, j'ai pris des photos des bâtiments colorés, des bateaux près du rivage et de Mara posant de façon théâtrale sous un palmier. Au dîner, j'avais presque cessé de regarder mon téléphone.

Puis une notification de ma patronne est apparue.

Flora, j'espère que tu es bien arrivée. Appelle-moi dès que tu as un moment. Il y a un souci avec le client du gala.

Je l'ai montrée à Mara.

— Tu es en congé, a-t-elle dit.

— Je sais. Ça ne prendra peut-être qu'une minute.

Je me suis éloignée de la table et j'ai appelé.

— Je suis désolée d'interrompre tes vacances, a dit ma patronne. Le client veut une réunion pendant son séjour aux Maldives. Apparemment, il est ici cette semaine. Il a demandé la personne qui lui a parlé au gala.

J'ai regardé l'eau au loin.

— Il est ici ?

— Oui. Je lui ai dit que tu étais en congé, mais il a répondu qu'il serait ravi de te rencontrer une heure si tu étais d'accord. Tu peux refuser.

Ma patronne disait rarement ça. Le client avait dû faire comprendre qu'il me voulait, moi.

— Quand ? ai-je demandé.

— Demain après-midi. Je t'envoie les détails, et tu décideras.

— D'accord.

Je suis retournée à la table. Mara avait commandé à manger pour nous deux.

— Qu'est-ce qu'elle voulait ?

— Le client que j'ai rencontré au gala est ici. Il veut me parler demain.

Mara a posé sa fourchette.

— S'il te plaît, ne passe pas tes vacances à travailler.

— Ce n'est qu'une heure, et je peux refuser. Laisse-moi d'abord voir ce qu'il veut.

Mon téléphone a sonné : un e-mail de ma patronne. Sous l'heure de la réunion figurait le lieu : un complexe hôtelier privé sur une autre île.

J'ai relu le nom de l'entreprise du client. Au gala, il s'était présenté comme représentant d'un groupe d'investissement. Je n'avais pas pensé à demander à qui il appartenait.

Mara s'est penchée au-dessus de la table.

— Pourquoi tu fais cette tête ?

J'ai ouvert le site de l'entreprise. Le visage de Luke est apparu sous le nom de son fondateur.

J'ai tourné le téléphone vers elle.

Pendant une seconde, Mara n'a rien dit.

Puis elle a levé les yeux vers moi.

— Flora, est-ce que ton client, c'est Luke Vale ?

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