Mag-log inChapitre 61
Adrian
J’ouvre les yeux. Lentement. Péniblement. La lumière. Blanche. Crue. M’agresse. Je cligne. Plusieurs fois. Pour m’habituer.
La douleur est là. Quelque part. Dans mon corps. Sourde. Diffuse. Mais je ne la sens pas vraiment. Pas encore. Mon esprit. Est ailleurs. Flottant. Entre deux eaux. Entre deux mondes.
Je tourne la tête. Doucement. Très doucement. Et je la vois.
Alina
Chapitre 61AdrianJ’ouvre les yeux. Lentement. Péniblement. La lumière. Blanche. Crue. M’agresse. Je cligne. Plusieurs fois. Pour m’habituer.La douleur est là. Quelque part. Dans mon corps. Sourde. Diffuse. Mais je ne la sens pas vraiment. Pas encore. Mon esprit. Est ailleurs. Flottant. Entre deux eaux. Entre deux mondes.Je tourne la tête. Doucement. Très doucement. Et je la vois.Alina. Endormie. La tête posée. Sur le bord. De mon lit d’hôpital. Ses cheveux blonds. Répandus. Sur le drap blanc. Comme un voile de soie. Son visage. Pâle. Marqué. Par la fatigue. Et les larmes. Mais apaisé. Par le sommeil.Sa main. Toujours serrée. Dans la mienne.Je la regarde. Longuement. Sans bouger. Sans parler. Sans respirer. Presque.Et pour la première fois. Depuis des années. Je ne pense. Ni à la politique. Ni à mes ennemis. Ni
Chapitre 60AlinaL’hôpital est un monde à part. Un univers de couloirs blancs. De néons agressifs. D’odeurs d’antiseptique. Qui prennent à la gorge.Je suis assise au chevet d’Adrian. Depuis des heures. Depuis des jours peut-être. Je ne sais plus. J’ai perdu la notion du temps.Il est là. Immobile. Pâle. Sous les draps blancs. Relié à des machines. Qui bipent. Et qui clignotent. Qui mesurent son cœur. Sa respiration. Sa vie.Cette vie. Qui ne tient plus. Qu’à un fil.Les médecins ont fait ce qu’ils pouvaient. Ils ont opéré. Ils ont recousu. Ils ont réparé. Ce qui pouvait l’être. Et maintenant. Ils attendent. Ils observent.Comme j’attends. Comme j’observe. Comme je p
Chapitre 59AdrianLe Sénat se dresse devant nous. Majestueux. Imposant. Ses colonnes de marbre brillent sous le soleil. Nous venons de passer la matinée dans mon bureau. À préparer les derniers documents. Pour le procès. À éplucher les preuves. Contre Marcus Dorian. À bâtir pas à pas. L’argumentation. Qui le fera tomber.Je tiens la main d’Alina dans la mienne. Nos doigts entrelacés. Nos regards échangés. Nos cœurs battant à l’unisson.Nous descendons les marches. Nous nous dirigeons vers la voiture. Qui nous attend. Au bord du trottoir.Je parle à Alina. De la stratégie. Que je compte adopter. Pour le procès. Des témoins. Que je vais citer. Des preuves. Que je vais présenter. Elle m’écoute. Attentivement. Ses ye
Chapitre 58VictoriaMon bureau est plongé dans la pénombre. Les rideaux tirés. Les lampes éteintes. Je suis assise dans mon fauteuil. Les doigts crispés sur les accoudoirs. Le regard fixe.Tout s’effondre. Autour de moi.Adrian a déclaré son amour pour Alina. Devant toute la nation. Il l’a défendue. Protégée. Il a promis de passer le reste de sa vie à ses côtés.Et moi. Je suis seule. Humiliée. Oubliée.Mon téléphone sonne. Je décroche. D’une main lasse.— Victoria. C’est Marcus.Sa voix. Suave. Mielleuse. Cette voix que je connais bien. Cette voix qui promet monts et merveilles. Et qui ne tient jamais ses promesses.— Je sais. Que vous a
Chapitre 57AlinaJe ne dors pas. Les remords me dévorent. Chaque mot. Chaque regard. Chaque geste. Toute cette haine. Que je lui ai infligée.Je me lève. Je marche dans le couloir. Je m'arrête devant la porte de son bureau. La lumière est allumée. Je frappe.— Entre.J'ouvre. Il est là. Assis. Derrière son bureau. Il lève les yeux vers moi.— Alina. Qu'est-ce que tu fais debout à cette heure ?— Je ne peux pas dormir.— Viens.Je m'approche. Je m'assois dans le fauteuil face à lui. Mes mains tremblent. Ma gorge se serre.— Adrian. Il faut que je te dise quelque chose. Quelque chose que je n'ai jamais dit à personne.Il repose son stylo. Il me r
Chapitre 56AdrianElle est là. Devant moi. Les yeux rougis. Les joues striées de larmes.— Adrian. Il faut que tu me dises la vérité. Toute la vérité. Sur le procès de mon père.Je la regarde. Longuement. Je prends une inspiration.— Je n'ai jamais voulu condamner ton père, Alina. Jamais.Elle ne dit rien. Elle attend.— Les preuves. Celles qui ont été présentées à son procès. Elles étaient falsifiées. Avant même d'arriver sur mon bureau. Avant même que je puisse les examiner.— Falsifiées. Par qui ?— Par Marcus Dorian. Par ses hommes. Par tout son réseau.Je m'approche d'elle. Je prends ses mains dans







