LOGINMariée au Sénateur qui Devait me Détruire Résumé : Le puissant sénateur Adrian Velkor épouse Alina Sorel, la fille de l'homme qu'il a envoyé en prison. Elle accepte ce mariage pour le faire tomber. Lui ne voit en elle qu'une alliance politique. Mais derrière les discours impeccables se cache un réseau de corruption prêt à tuer pour conserver le pouvoir. Quand Adrian est accusé d'avoir assassiné un ministre, Alina est la seule à connaître la vérité. Le sauvera-t-elle... ou accomplira-t-elle enfin sa vengeance ?
View MoreChapitre 1
Alina
L'air du tribunal est lourd, saturé d'une odeur de vieux papier, de bois ciré et de sueur froide, et chaque inspiration me coûte, comme si l'atmosphère elle-même se faisait complice de l'étau qui se resserre autour du destin de mon père. Mon cœur est un oiseau affolé qui se débat contre les barreaux de ma cage thoracique, et mes yeux restent rivés sur la silhouette de l'homme qui se tient debout dans le box des accusés, droit, presque arrogant dans sa posture impeccable, et qui me cherche du regard dans le public clairsemé. Lorsqu'il trouve mon visage baigné de larmes silencieuses, il m'offre un sourire d'une tristesse abyssale, ce sourire qui dit « je suis désolé » sans qu'un seul mot ne franchisse ses lèvres, ce sourire qui me brise en mille morceaux impossibles à recoller.
— Vingt ans de réclusion criminelle.
La voix du greffier est monocorde, presque indifférente, et le mot tombe dans le silence comme une pierre dans un puits sans fond. Vingt ans. Vingt années volées à la lumière. Un hoquet collectif parcourt l'assemblée, puis très vite, ce hoquet se transforme en un grondement d'approbation, en un tonnerre d'applaudissements qui se déchaîne avec une ferveur obscène. Les journalistes applaudissent, le public applaudit, les mains claquent les unes contre les autres dans une ovation qui célèbre la chute de l'homme que j'aime par-dessus tout, et ce bruit immonde s'imprime dans ma chair comme un fer rouge.
C'est alors que je le vois. Adrian Velkor se tient au premier rang, le dos bien droit contre le banc de bois lustré, et sur son visage aux traits ciselés par une perfection presque cruelle flotte une expression de satisfaction tranquille qui me donne la nausée. Ses yeux, d'un gris glacial semblable à la surface d'un lac en hiver, ne trahissent aucune émotion. Il se penche légèrement vers son assistant.
— Les chiffres des sondages vont grimper dès ce soir, murmure l'assistant avec un sourire obséquieux.
— Préparez le communiqué de presse, répond Adrian d'une voix basse et posée qui porte pourtant jusqu'à moi malgré le brouhaha. Je veux qu'il soit diffusé avant le journal de vingt heures.
Son costume est d'une coupe irréprochable, un tissu sombre qui épouse la largeur de ses épaules avec une précision quasi architecturale, et il porte cette tenue comme on porte une armure. Sa mâchoire est ferme, volontaire, ses lèvres pleines mais dénuées de la moindre douceur, et il dégage une aura de puissance contrôlée qui semble repousser l'air autour de lui.
Je le hais. Je le hais avec une intensité qui me submerge, qui noie mon chagrin sous une vague de rage pure et cristalline. Les larmes roulent sur mes joues, brûlantes et salées, et je les essuie d'un geste rageur tandis que mon père, menottes aux poignets, se tourne une dernière fois vers moi avant que les gardes ne l'entraînent.
— Pardonne-moi, Alina, articule-t-il silencieusement.
— Papa, murmuré-je, ma voix brisée se perdant dans le tumulte, je te sortirai de là, je te le jure.
Puis il disparaît, avalé par l'ombre du couloir, et je reste seule, pétrifiée au milieu des applaudissements qui continuent de pleuvoir. Je grave chacun des traits d'Adrian Velkor dans ma mémoire comme on grave une sentence de mort, je photographie mentalement la courbe de son cou, l'arête de son nez, le dessin précis de sa bouche, pour ne jamais oublier le visage de mon ennemi.
Dans le sanctuaire secret de mon cœur, je jure en silence que je détruirai cet homme, que je démolirai sa carrière, sa réputation, sa vie, avec la même méticulosité qu'il a employée pour anéantir mon père.
Je ne sais pas encore comment je m'y prendrai. Je ne sais pas encore quel chemin ma vengeance empruntera. Mais une chose est certaine : Adrian Velkor vient de signer sa propre condamnation, et je serai l'instrument de sa chute.
Chapitre 49AlinaAdrian s’endort. Sur le canapé. Sa tête inclinée. Ses traits détendus. Presque enfantins.Je le regarde. Longuement.Et je comprends.Je n’ai plus envie. De le détruire.La pensée me frappe. En pleine poitrine. Comme une lame.Je n’ai plus envie. De le faire tomber. De le réduire en cendres. De le voir souffrir. De le voir s’effondrer. Comme mon père. Le jour du verdict.Je n’ai plus envie. De vengeance. De haine. De colère.Je n’ai plus envie. Que de lui.Et cette pensée. Me terrifie.Je me lève. Doucement. Pour ne pas le réveiller. Je marche. Vers la fenêtre.Et je me sens. Coupable.Coupable. D’avoir trahi. Mon père. Coupable. D’avoir oublié. Ma promesse. Coupable. D’aimer. L’homme. Qui l’a dét
Chapitre 48AdrianJe ne quitte pas le manoir cette nuit. Pour la première fois depuis des semaines. Des mois. Je ne retourne pas dans mon bureau. Je ne m’enferme pas avec mes dossiers. Je ne me cache pas derrière mes secrets.Je reste avec elle.Nous sommes dans le salon. Le feu crépite. Les ombres dansent. Sur les murs. Sur nos visages. Alina est assise sur le canapé. Ses jambes repliées. Sous elle. Sa robe de chambre. En soie pâle. Ses cheveux. Défaits. Ses yeux verts. Posés sur moi.— Tu ne dors pas ? demande-t-elle.— Non. Je n’ai pas sommeil.— Moi non plus.Un silence. Tiède. Complice.— Tu veux qu’on parle ?— De quoi ?— De tout. De rien. De nous.Elle sourit. Ce sourire. Qui me désarme. Qui me brise. Qui me sauve.&nbs
Chapitre 47AlinaLa limousine s’engage dans l’allée du manoir. Les phares trouent l’obscurité. Je suis assise à côté d’Adrian. Sa veste est encore sur mes épaules. Je la serre contre moi. Elle sent son parfum. Je respire. Une fois. Deux fois. Pour me calmer. Pour réaliser. Ce qui vient de se passer. Ce qu’il a dit. Devant tous. Devant les caméras. Devant le monde.La voiture s’arrête. Le chauffeur ouvre la portière. Nous descendons. Le gravier crisse sous nos pas. Le manoir est silencieux. Les domestiques sont couchés. Le hall est désert.Je m’arrête au milieu du hall. Je me tourne vers lui.Il est là. Debout. La chemise entrouverte. Les traits tirés. Les yeux gris. Posés sur moi. Avec une intensité. Qui me coupe le souffle
Chapitre 46VictoriaJe suis dans ma limousine. Les mains crispées sur le cuir. Le regard fixe. Le visage brûlant. De honte. De rage. De haine.Je viens de le voir. Devant les caméras. Devant la nation. Devant moi.Il a pris sa main. Il l'a levée. Il a dit ces mots. Ces mots qui m'ont transpercée. Comme une lame.— Cette femme. Alina Velkor. Est mon unique épouse. Mon unique amour. Ma vie.Les mots tournent dans ma tête. En boucle. Un carrousel. Infernal.Il l'aime. Adrian aime Alina. Ce n'est plus une alliance. Ce n'est plus un contrat. C'est de l'amour. Un amour véritable. Profond. Sincère. Un amour que je n'ai jamais réussi à susciter chez lui. Malgré toutes mes tentatives. Malgré toutes mes manœuvres. Malgré ces années. P


















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