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Aujourd'hui devait être le plus beau jour de ma vie.
Je fêtais mes vingt-quatre ans.
Depuis mon réveil, j'avais l'impression de flotter. Tout me paraissait parfait. Dans quelques heures, je serais entourée de ma famille, de mes amis... et de Maxime Kev, l'homme que j'aimais de tout mon cœur.
Dans quelques mois, nous deviendrions mari et femme.
Je me regardai une dernière fois dans le miroir de ma chambre. Ma robe blanche tombait parfaitement sur mes hanches et mettait ma silhouette en valeur. J'avais pris mon temps pour me préparer. Chaque détail comptait.
Ce soir n'était pas seulement mon anniversaire.
Maxime avait prévu d'annoncer officiellement nos fiançailles devant tous nos proches.
Rien que d'y penser, je sentais mes joues chauffer. J'avais du mal à retenir mon sourire.
Mon téléphone vibra sur la coiffeuse.
Je le saisis aussitôt.
Maxime : Mon amour, je suis en retard. Les préparatifs prennent plus de temps que prévu. Je t'attends à vingt heures au Crystal Palace. Tu vas adorer la surprise.
Je relus son message deux fois avant de sourire.
C'était bien lui. Toujours à vouloir faire les choses en grand.
— Tu es magnifique.
Je levai les yeux vers le miroir.
Ma mère, Tatiana Johnson, venait d'entrer sans faire de bruit. Elle me regardait avec une tendresse qui me réchauffa le cœur. Ses yeux brillaient déjà.
Je laissai échapper un petit rire.
— Maman... ne me regarde pas comme ça. Tu vas finir par me faire pleurer.
Elle s'approcha et remit doucement une mèche de cheveux derrière mon oreille avant de m'enlacer.
— Tu mérites d'être heureuse, ma chérie. Plus que n'importe qui.
Je fermai les yeux quelques secondes contre son épaule.
— Merci...
La voix grave de mon père nous fit tourner la tête.
— Bon, c'est fini les larmes.
Christiano Johnson s'appuya contre le cadre de la porte, les bras croisés, avec son éternel sourire protecteur.
— Et si ce garçon te fait souffrir un jour, il devra d'abord répondre à quelques questions... avec moi.
Je ris de bon cœur.
— Papa...
— Je suis sérieux.
— Maxime m'aime.
Les mots étaient sortis naturellement. Je n'avais pas eu besoin d'y réfléchir.
J'en étais persuadée.
Du moins... c'est ce que je croyais.
Quelques minutes plus tard, je quittai la maison au volant de ma voiture.
Les lumières de la ville défilaient devant moi tandis que la radio diffusait une chanson que j'adorais. Je la fredonnais sans même m'en rendre compte.
Mon cœur débordait de bonheur.
Je m'imaginais déjà la surprise de Maxime, les applaudissements de nos proches, nos regards qui se croiseraient lorsque nos fiançailles seraient annoncées...
J'étais loin d'imaginer ce qui m'attendait.
Lorsque j'arrivai devant le Crystal Palace, je ralentis aussitôt.
Le parking était presque vide.
Je coupai le moteur et restai quelques secondes immobile.
C'était étrange.
Maxime m'avait pourtant assuré que tout était prêt et que tout le monde était déjà sur place.
Je sortis de la voiture et me dirigeai vers l'entrée.
En poussant les portes du bâtiment, un frisson me parcourut.
Le silence.
Pas de musique.
Pas de rires.
Aucune décoration.
Aucun invité.
Je fronçai les sourcils.
— Maxime ?
Ma voix résonna dans le grand hall avant de disparaître.
Personne ne répondit.
À cet instant, mon téléphone sonna.
Le nom de Sarah apparut à l'écran.
Je décrochai aussitôt.
— Sarah ? Tu es où ?
Au bout du fil, sa respiration était irrégulière.
Comme si elle avait couru... ou pleuré.
— Élina... je...
Sa voix tremblait.
Mon ventre se noua.
— Qu'est-ce qu'il y a ?
Quelques secondes passèrent.
Puis elle souffla presque à voix basse :
— Je crois que tu devrais monter au deuxième étage.
Mon cœur accéléra.
— Pourquoi ? Dis-moi ce qui se passe.
Aucun mot.
Seulement un long silence.
Puis sa voix revint, plus faible encore.
— Va voir par toi-même...
La communication se coupa.
Je restai figée un instant, le téléphone serré dans ma main.
Une sensation désagréable me comprima la poitrine.
Je secouai la tête.
Non.
Il devait forcément y avoir une explication.
Je montai les escaliers d'un pas rapide.
Plus j'avançais, plus mon souffle devenait court.
Mes talons résonnaient dans le couloir vide.
Arrivée devant une porte entrouverte, je m'arrêtai.
Des éclats de rire s'échappaient de la pièce.
Puis une voix.
Cette voix...
Je l'aurais reconnue entre mille.
C'était Maxime.
Ma main se posa lentement sur la poignée.
Pendant une fraction de seconde, j'hésitai.
Puis je poussai la porte.
Et en un seul regard...
Tout ce en quoi je croyais vola en éclats.
La voiture avançait dans la nuit, presque sans un bruit.Élina avait le front appuyé contre la vitre. Les lumières de la ville glissaient devant ses yeux, disparaissant aussi vite qu’elles apparaissaient. Elle aurait aimé penser à autre chose, mais ce qui venait de se passer au centre d’entraînement revenait sans cesse dans son esprit.À côté d’elle, Christiano tenait toujours la cassette de son père.Il ne l’avait pas quittée une seule seconde depuis leur fuite.Ses doigts étaient crispés autour de l’objet. Son visage, lui, était fermé, mais ses traits tirés montraient à quel point il était épuisé.Élina tourna légèrement la tête vers lui.— Tu veux qu’on s’arrête ?Christiano ne la regarda même pas.— Non.Il prit une inspiration lente.— Je veux comprendre.Sa voix était posée. Pourtant, Élina entendait la tension derrière ces quelques mots.Au volant, Julian gardait les yeux fixés sur la route.Après quelques secondes, il finit par parler.— On devrait remettre la cassette à la po
La fumée commençait déjà à envahir toute la pièce.Élina se couvrit la bouche avec sa main, mais cela ne suffisait pas. Elle toussa plusieurs fois, les yeux déjà irrités.— Christiano...Il se tourna aussitôt vers elle.— Reste près de moi.Julian, lui, s'était déjà précipité vers la porte.Il attrapa la poignée et tira de toutes ses forces.Rien.Il recommença, plus violemment.Toujours rien.— Elle est bloquée de l'extérieur !Christiano leva les yeux vers les murs, cherchant désespérément une solution.— Il doit y avoir une autre sortie.Ils se mirent immédiatement à fouiller la pièce.Le temps leur manquait.Des flammes commençaient à apparaître dans le couloir. La chaleur montait rapidement et l'air devenait de plus en plus difficile à respirer.Élina ouvrit une vieille armoire.Vide.Elle repoussa la porte avec frustration et se retourna.Son regard s'arrêta soudain sur une étagère.Quelque chose dépassait derrière.— Là !Christiano et Julian se précipitèrent vers elle.En dépl
L'ancien centre d'entraînement donnait l'impression d'avoir été oublié depuis une éternité.La peinture s'était écaillée sur les murs. De longues fissures couraient le long des façades et, derrière les fenêtres couvertes de poussière, la lumière du jour n'entrait plus qu'en fines bandes pâles.Christiano s'arrêta devant l'entrée.Pendant quelques secondes, il resta silencieux, les yeux fixés sur le vieux bâtiment.— C'est ici que j'ai commencé à jouer.Élina tourna lentement la tête vers lui.— Ton père travaillait ici ?— Oui.Il marqua une courte pause avant d'ajouter :— C'est aussi ici que Victor l'a rencontré.Julian, lui, ne semblait pas intéressé par les souvenirs. Il regardait autour d'eux, attentif au moindre mouvement.— Personne.Ils poussèrent la vieille porte et entrèrent.Un silence lourd les accueillit.Leurs pas résonnaient dans le couloir désert. Par moments, un léger courant d'air faisait grincer une fenêtre quelque part dans le bâtiment.Christiano avançait lentemen
La nuit avait déjà enveloppé la ville lorsque Christiano sortit de la maison de sa mère.La petite boîte métallique était toujours dans sa main. Il la tenait fermement, comme s’il craignait qu’on puisse la lui arracher.Élina avançait à ses côtés sans dire un mot.Après quelques mètres, elle finit par briser le silence.— Tu vas bien ?Christiano eut un léger mouvement de tête.— Je ne sais plus ce que je dois croire.Il regarda la boîte.— Toute ma vie, j’ai pensé connaître mon père. Et maintenant, j’apprends qu’il avait des secrets avec Victor.Élina s’arrêta.Christiano fit encore deux pas avant de remarquer qu’elle ne le suivait plus.Elle le regarda avec douceur.— Ton père a peut-être fait des erreurs.Elle marqua une courte pause.— Mais ses erreurs ne font pas de toi un coupable.Christiano resta silencieux.Ces quelques mots lui firent plus de bien qu’il ne voulait l’admettre.Il se tourna vers elle.— Comment tu fais pour toujours trouver les bons mots ?Un sourire discret s
La voiture de Christiano s’immobilisa devant la maison de sa mère alors que le jour commençait doucement à décliner.Il coupa le moteur, mais ne bougea pas.Ses mains restèrent posées sur le volant.Cela faisait plusieurs semaines qu’il n’était pas venu ici. D’habitude, cette maison lui apportait une étrange sensation de calme. C’était l’endroit où il avait grandi, celui où il pouvait encore avoir l’impression d’être simplement le fils de sa mère.Mais aujourd’hui, il la regardait autrement.La façade familière lui paraissait presque étrangère.Élina tourna légèrement la tête vers lui et posa une main rassurante sur son bras.— Tu veux que je vienne avec toi ?Christiano prit une profonde inspiration.Il savait qu’il aurait préféré affronter cette conversation seul. Pourtant, il ne voulait pas non plus se retrouver face à ce qu’il allait découvrir sans elle.— Oui.Il lui adressa un regard fatigué.— Je crois que j’aurai besoin de toi.Ils sortirent de la voiture.Julian resta près du
Le silence qui régnait dans le bureau devenait presque étouffant.Élina fixait le document affiché à l’écran. Son regard s’était arrêté sur la signature, comme si elle espérait y trouver une autre explication.Elle finit par lever les yeux vers Christiano.— Tu es certain que c’est bien la signature de ton père ?Christiano acquiesça lentement.— Oui. Je l’ai vue des centaines de fois.Julian s’approcha de l’écran et plissa les yeux.— D’après ce document, une grosse somme d’argent a été versée à une société contrôlée par Victor Donald.Christiano fronça aussitôt les sourcils.— Mais pourquoi mon père aurait-il fait ça ?Julian resta quelques secondes silencieux avant de répondre :— Il faut le découvrir.Christiano ne dit rien.Son père était mort depuis plusieurs années. Jusqu’à présent, il avait toujours cru que sa famille n’avait jamais eu le moindre lien avec les affaires de Victor.Cette signature venait pourtant de faire voler cette certitude en éclats.Élina posa doucement sa







